SOCIETE BOTANIQUE

DE FRANCE

13503. Imprimeries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris.

BULLETIN

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

FONDÉE LE 23 AVRIL 1854

ET RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE

PAR DÉCRET DU 17 AOUT 1875

TOME TRENTE-CINQUIÈME

(Deuxième série. TOME X°)

PARIS

AU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ

RUE DE GRENELLE, 84

1888

STATUTS DE LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

Moptés dans la séance du 24 mai 1894, el modifiés dans celles du 23 juillet 1875 et du 22 avril 4887, pour les mettre en concordance avec la jurisprudence du Conseil d'État.

ARTICLE 1*. La Société prend le titre de Société botanique de France.

ART. 2. Elle a pour objet : 1? de con- courir aux progrès de la Botanique et des sciences qui s'y rattachent; 2^ de faciliter, par tous les moyens dont elle peut disposer, les études et les travaux de ses membres.

ART. 3. Pour faire partie de la Société, il faut avoir été présenté dans une de ses séances par deux membres qui ont signé la présentation, et avoir été proclamé dans la séance suivante par le Président. Les Francais, quel que soit le lieu de leur rési- dence, et les étrangers, peuvent également, et au méme litre, étre membres de la Société. Le nombre des membres résidant à Paris ne pourra pas dépasser quatre cents. Celui des membres résidant dans les départements ou à l'étranger est limité à six cents.

ART. 4. La Société tient ses séances habi- tuelles à Paris. Leur nombre et leurs dates sont fixés chaque année, pour l'année sui- vante, dans la derniére séance du mois de décembre. Tous les membres de la Société ont le droit d'assister aux séances. Ils y ont tous voix délibérative. Les délibérations sont prises à la majorité des voix des mem- bres présents.

ART. 5. Les délibérations relatives à des acquisitions, aliénations ou échanges d'im- meubles, et à l'acceptation de dons ou legs, sont soumises à l'autorisation du Gouverne- ment, préalablement à toute exécution.

ART. 6. L'administration de la Société est confiée à un Bureau et à un Conseil, dont le Bureau fait essentiellement partie.

ART. 7. Le Bureau est composé : d'un président, de quatre vice-présidents, d'un secrétaire général, de deux secrétaires, de deux vice-secrétaires, d'un trésorier et d'un archiviste.

ART. 8. Le président et les vice-présidents sont élus pour une année. Le secrétaire général est élu pour cinq années; il est rééligible aux mémes fonctions. Les se- crétaires, les vice-secrétaires, le trésorier et l'archiviste sont élus pour quatre années ; ces deux derniers sont seuls rééligibles. Le Secrétariat est renouvelé par moitié tous les deux ans.

ART. 9. Le Conseil est formé en outre de douze membres, dont quatre sont remplacés chaque année.

ART. 10. Le Président est choisi, à la pluralité des voix, parmi les quatre vice- présidents en exercice. Son élection a lieu dans la derniére séance du mois de décembre. Tous les membres de la Société sont appelés à y participer directement ou par corres- pondance. Les autres membres du Bureau et les membres du Conseil sont élus dans la méme séance, à la majorité absolue des voix des membres présents.

ART. 11. La Société pourra tenir des

séances extraordinaires sur des points de la France qui auront été préalablement déter- minés.— Un Bureau sera spécialement or- ganisé par les membres présents à ces réunions.

ART. 12. Un Bulletin des travaux de la Société est délivré gratuitement à chaque membre. :

ART. 13. Chaque membre paye une coti- sation annuelle de 30 francs. La cotisation annuelle peut, au choix de chaque membre, étre remplacée par une somme de 400 fr. une fois payée. Tout membre qui a payé réguliérement la cotisation sociale pendant au moins dix ans. peut devenir membre à vie en versant seulement 300 fr.

ART. 14. La Société établit chaque année son budget pour l'année suivante. Dans la premiére séance du mois de mars de chaque année, le compte détaillé des recettes et des dépenses de l'année précédente est soumis à son approbation. Ce compte est publié dans le Bulletin.

ART. 15. Les fonds libres sont déposés dans une caisse publique jusqu'à leur emploi définitif. Les sommes recues, qui n'ont pas été employées dans le cours d'un exer- cice, sont placées en rentes sur l'État, en obligations de chemins de fer francais (dont le minimum d'intérét est garanti par l'État), en actions de la Banque de France, ou en obligations du Crédit foncier, sauf celles que la Société juge nécessaires pour couvrir les dépenses de l'exercice suivant. Les valeurs ainsi acquises ne peuvent être alié- nées qu'en vertu d'une délibération de la Société.

ART. 16. La Société est représentée, dans les actions judiciaires qu'elle a à exercer ou à soutenir, et dans tous les actes passés en vertu de ses délibérations, par le Trésorier ou par l'un des membres du Conseil qu'elle a désigné à cet effet.

ART. 17. En cas de dissolution, tous les membres de la Société sont appelés à déci- der sur la destination qui sera donnée à ses biens, sauf approbation du Gouvernement.

AnT. 18. Les Statuts ne peuvent étre modifiés que sur la proposition du Conseil d'Administration ou sur une proposition de vingt-cinq membres présentée au Bureau. Dans l'un ou l'autre cas, la proposition doit étre faite un mois au moins avant la séance dans laquelle elle est soumise au vote de la Société.

L'assemblée extraordinaire, spécialement convoquée à cet effet, ne peut modifier les Statuts qu'à la majorité des deux tiers des membres présents ou votant par corres- pondance.

Le nombre des membres présents à la séance ou votant par correspondance doit étre égal, au moins, au quart des membres de la Société.

Ces slatuls ont été délibérés et adoplés par le Conseil d'État, dans sa séance du 5 août 1875: ils ont été modifiés en 1887 avec l'autorisation du Gouvernement.

LISTE DES PUBLICATIONS

QUI SONT RECUES EN ÉCHANGE

DU BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ

De Paris.

Nouvelles Archives du Muséum d'Histoire naturelle (par le Ministère de l'Instruc- tion publique).

Annales des sciences naturelles, Botanique (sous la direction de M. Van Tieghem) (1).

Bibliothéque de l'Ecole des hautes études.— Section des sciences naturelles (par le Ministére de l'Instruction publique).

Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie (par le Ministère de l'In- struction publique).

Bulletin de la Société géologique de France.

Revue des travaux scientifiques, publiée sous la direction du comité des travaux historiques et scientifiques au Ministére de l'Instruction publique.

Bulletin mensuel de la Société zoologique d'acclimatation.

Journal de la Société nationale et centrale d'Horticultuve.

Annales agronomiques (sous la direction de M. Dehérain).

De France.

Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux (par le Ministère de l'instruction publique).

Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg.

Annales de la Société botanique de Lyon.

Mémoires et Bulletin de la Société Linnéenne du nord de la France (par le Ministère de l'Instruction publique).

Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne (par le Ministère de l'Instruction publique).

(1) Ce recueil scientifique est donné à la Société par son directeur actuel M. Van

Tieghem, qui a bien voulu continuer ainsi une libéralité de son prédécesseur, J. De- caisne.

LISTE DES PUBLICATIONS. 1

3 D'Allemagne.

Sitzungsberichte der K. preussischen Akademie der Wissenschaften zu Berlin.

Berichte der deutscheu botanischen Gesellschaft.

Botanischer Jahresbericht (sous la direction de M. Koehne).

Verhandlungen des naturhistorischen Vereius der preussischen Rheinlande und Westfalens (sous la direction de M. le D" C. J. Andrä).

Jahrbücher für wissenschaftliche Botanik (sous la direction de M. Pringsheim).

Nova Acta Academiæ cæsareæ Leopoldino-Carolinæ germanicæ Nature Curio- sorum.

Botanische Zeitung (sous la direction de M. L. Just).

Botanische Jahrbücher für Systematik, Pflanzengeschichte und Pflanzengeogra- phie (sous la direction de M. A. Engler).

D'Autriche-Hongrie.

Sitzungsberichte der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften (matematisch- naturwissenschaftliche Classe). Verhandlungen der k.-k. zoologisch-botanischen Gesellschaft in Wien. (Esterreichische botanische Zeitschrift (sous la direction de M. Al. Skofitz). De Baviere.

Sitzungsberichte der mathematisch-physikalischen Classe der k. b. Akademie der Wissenschaften zu München. Flora (sous la direction de M. le docteur Singer). De Belgique.

Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique.

7 De Danemark.

Oversigt over det Kongelige danske Videnskabernes Selskabs Forhandlingar. Videnskabelige Meddelelser fra den naturhistoriske Forening i Kjóbenhavn. Dotanisk Tidsskrift.

D'Espagne.

Anales de la Sociedad española de historia natural.

Des États-Unis.

Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, Boston. Proceedings of the Boston Society of natural History.

Proceedings of the Academy of natural Sciences of Philadelphia.

The American Journal of Science (sous la direction de MM. Silliman et Dana).

8 LISTE DES PUBLICATIONS.

10^ De la Grande-Bretagne.

Journal of the Proceedings of the Linnean Society.

Journal of the Royal Microscopical Society.

The Journal of Botany (sous la direction de M. J. Britten). The Gardeners' Chronicle (sous la direction de M. Masters). Pharmaceutical Journal and Transactions.

Transactions of the Botanical Society, Edinburgh.

11» D'Italie.

Rendiconto dell’ Accademia delle scienze physiche e matematiche di Napoli. Atti del Reale Istituto Veneto di scienze, lettere ed arti.

Atti della Società italiana di scienze naturali in Milano.

Nuovo Giornale botanico italiano (sous la direction de M. Caruel).

12» Des Pays-Bas.

Verslegen en Mededeelingen der Koninklijke Akademie van der Weten schappen.

Nederlandsch Kruidkundig Archief.

13» De Russie.

Mémoires de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. Bulletin de l'Académie impériale des sciences de Saint- -Pétersbourg. Bulletin de la Société des naturalistes de Moscou.

Travaux du Jardin botanique impérial de Saint-Pétersbourg. Notiser ur Sállskapets pro Fauna et Flora fennica Fórhandlingar.

14^ De Suéde et Norvége.

Ofversigt af Kongliga Svenska Vetenskaps-Akademiens Fórhandlingar. Bihang till Kongliga Svenska Vetenskaps Akademiens Handlingar.

15° De Suisse.

Mittheilungen der naturforschenden Gesellschaft in Bern. Archives des sciences physiques et naturelles de Genève.

LISTE DES MEMBRES

DE LA

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE?

DOM PEDRO II DALCANTARA

EMPEREUR DU BRÉSIL, MEMBRE ASSOCIÉ ÉTRANGER DE L'INSTITUT DE FRANCE.

MEMBRES PERPÉTUELS (2).

+ THIBESARD (Josern). + LAGRANGE (D^).

M. DUCHARTRE (PIERRE), membre de l'Institut, rue de Grenelle, 84, à Paris.

L'astérisque indique les membres à vie.)

MM. * ABZAC DE LA DOUZE (marquis D") au château de Borie-Petit, par Péri- gueux. * ALANORE, pharmacien, à Clermont-Ferrand. ALLARD (GASTON), propriétaire, à la Maulévrie, route des Ponts-de-Cé, à Angers. ALMANSI (EuMANUEL), Borgo San-Croce, 54, à Florence (Italie). AMBLARD (Louis), docteur en médecine, rue Paulin, 14 bis, à Agen. AMBROSI (Fn.), directeur du Musée, à Trente (Tyrol, Autriche). AMÉ (Georges), rue Naujac, 37, à Bordeaux. ANDOUARD (A.), professeur à l'École de médecine, rue Clisson, 8, à Nantes. ANDRÉ (Épouanp), rédacteur de la Revue horticole, rue Chaptal, 30, à

Paris. ANDREJE (V.), pharmacien, à Fleurier, canton de Neufchâtel (Suisse).

(1) Arrétée au 1% mars 1888.

(2) Sont Membres perpétuels ceux qui ont donné à la Société un capital dont la rente représente au moins la cotisation annuelle; le nom du donateur est maintenu à perpé- tuité sur la liste des membres de la Société. (Décision du Conscil, approuvée par la Société dans la séance du 28 mai 1880 : voyez tome XXVII, p. 172.)

T indique les membres à perpétuité décédés.

10 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

ARBAUMONT (Juues D’), président de l'Académie de Dijon, rue Saumaise, 43, à Dijon.

ARBOST (Joser), pharmacien de 1"° classe, rue de Lyon, 1, à Thiers (Puy- de-Dóme).

ARECHAVALETA, professeur de botanique à l'Université, calle Soriano, 53, à Montevideo (Uraguay).

* ARNAUD (CHARLES), à Layrac (Lot-et-Garonne).

ARNAUD (JosEPH-CHARLES), étudiant en médecine, rue Saint-Guillem, 14, à Montpellier.

AROZARENA (D. G. DE), cerro, 549, La Havane (Cuba, Antilles espagnoles).

ASHER, libraire, unter den Linden, 5, Berlin, W.

AVICE, docteur en médecine, à Paimpol (Cótes-du-Nord).

BABINGTON (CHARLES CARDALE), professeur à l'Université de Cambridge (Angleterre).

BAGUET (CHARLES), docteur en droit, rue des Joyeuses-Entrées, 6, à Louvain

(Belgique).

BAICHÈRE (abbé Ep.), professeur au petit séminaire de Carcassonne.

BAILLET, directeur de l'École vétérinaire, à Toulouse.

BAILLIÈRE (ÉwtLE), libraire-éditeur, rue Hautefeuille, 19, à Paris.

BAINIER (GEORGES), pharmacien, rue de Belleville, 44, à Paris.

BALANSA, naturaliste voyageur, en mission au Tonkin (Indo-Chine).

BALL (Joux), Southwell. Gardens, 10, Queen's gate, South Kensington, à Londres, S. W.

BARBEY (William), à Valleyres-sous-Rances, canton de Vaud (Suisse).

BARBICHE (l'abbé T.), curé à Pontoy, par Solgne (Alsace-Lorraine).

BARLA (J.-B.), directeur du Musée, place Garibaldi, 6, à Nice.

BARNSBY (Davip), directeur du Jardin des plantes, quai du Ruau Sainte- Anne, 36, à Tours.

BARRANDON, conservateur du Jardin des plantes, à Montpellier.

* BATTANDIER, professeur à l'École de médecine, rue Desfontaines, 9,

à l'Agha, à Alger-Mustapha.

BAZOT (Lovts-MaRIE), officier de l'Instruction publique, professeur de l'Uni- versité en retraite, propriétaire aux Perriéres, prés Dijon.

BEAUTEMPS-BEAUPRÉ (CHARLES), vice-président du Tribunal de la Seine, rue de Vaugirard, 22, à Paris.

BÉDIER (EDOUARD), professeur au lycée de Saint-Denis (ile de la Réunion).

BEHREND, libraire, unter den Linden, 5, Berlin, W.

BELZUNG, docteur és sciences, professeur agrégé des sciences naturelles au lycée Charlemagne, boulevard Saint-Germain, 13, Paris.

BERTRAND (Cn.-EUGENE), professeur de botanique à la Faculté des sciences de Lille, rue d'Alger, 14, à Amiens.

BESCHERELLE (ÉwiLE), chef de bureau au Ministére des Travaux publies, rue Thiers, 11, à Clamart (Seine).

BESSON (A.), pharmacien, rue de la Villette, 27, à Paris.

BILLTET (P.), percepteur, rue de la Poudriére, 1, à Clermont-Ferrand.

*

*

LISTE DES MEMBRES. 11

BLANC (EDOUARD), inspecteur des Forêts en service en Tunisie Paris, avenue Duquesne, 45).

BLOTTIÉRE (RENÉ), pharmacien, rue de Sèvres, 56, à Paris.

BOBARD (M'* ManiE), rue Jeanne-Hachette, 5, à Paris.

BOIS (D.), aide-naturaliste au Muséum, rue Lacépéde, 7, à Paris.

BOLLE (CARL), docteur és sciences, place de Leipzig, 12, à Berlin.

BONNET (Epmoxp), docteur en médecine, préparateur au Muséum, rue Claude- - Bernard, 11, à Paris.

BONNIER (GasTrON), professeur de botanique à la Faculté des sciences, rue Amyot, 7, à Paris.

BOREL (J.), quai des Brotteaux, 5, à Lyon.

BORNET (Ép.), docteur en médecine, membre de l'Institut, quai de la Tour- nelle, 27, à Paris.

BOSQ (GEORGES), rue des Rosiers, 16, à Paris.

BOUDIER (ÉMILE), pharmacien honoraire, membre correspondant de l'Aca- démie de médecine, rue de Grétry, 20, à Montmorency (Seine-et-Oise).

BOULAY (abbé), docteur ès sciences, professeur à l'Université catholique, boulevard Vauban, 127, à Lille.

BOULLU (abbé), rue de Bourbon, 31, à Lyon.

BOURDETTE (JEAN), ancien professeur, allée Saint-Michel, 13, à Toulouse.

BOURGUILLAUT DE KERHERVÉ (LupGEn), rue du Cherche-Midi, 21, à Paris.

BOYER (G.), répétiteur à l'École nationale d'agriculture de Montpellier.

BRIARD, major en retraite, rue Grosley, 7 bis, à Troyes.

BROCHON (E. HENRY), avocat, rue du Temple, 25, à Bordeaux.

BRONGNIART (CHARLES), préparateur au Muséum, rue Guy-de-la-Brosse, 8,

à Paris. BRUNAUD (PAUL), avoué-licencié, rue Saint-Vivien, 3, à Saintes (Charente- Inférieure).

BUCHINGER, directeur du comptoir d'échange de botanique à Strasbourg (Alsace-Lorraine). Membre honoraire.

BUCQUOY (EucENE), médecin-major au 79* régiment de ligne, à Nancy.

BUFFET (JuLES), pharmacien, rue d'Aboukir, 99, à Paris.

BULLEMONT (L. pe}, à Aulnay-Essommes, par Château-Thierry (Aisne).

BUREAU (Ép.), professeur-admin. au Muséum, quai de Béthune, 24, à Paris.

BURLE (AUGUSTE), rue Villars, 7, à Gap (Hautes-Alpes).

BURNAT (ÉwiLE), à Nant-sur-Vevey, canton de Vaud (Suisse).

CADIX (LÉON), négociant, route nationale, 7, à Charleville (Ardennes).

CAGNIEUL (ALBERT), préparateur à la Faculté des sciences de Bordeaux.

CALLAMAND, bibliothécaire des Facultés, à Grenoble.

CALLAY (A.), pharmacien, au Chesne (Ardennes).

CALMEIL, docteur en médecine, avenue de Fontenay, 4, à Fontenay-sous- Bois (Seine).

CAMUS (EpM0ND-GUSTAVE), pharmacien, boulevard Saint-Marcel, 58, à Paris.

CANDOLLE (ALPH. DE), associé étranger de l'Académie des sciences de Paris, cour Saint-Pierre, 3, à Genéve.

12 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

CANNART D'HAMALE (pe), sénateur, à Malines (Belgique).

CARBONNAT (PROSPER DE), licencié és sciences, place d'Armes, à Aurillac.

CARON (Épovanp), à Rubempré, prés de Villers-Bocage (Somme).

* CARON (Henr), à Bulles (Oise).

* CARUEL (Tu), directeur du Jardin et du Musée botanique à Florence (Italie).

* CASTELLO DE PAIVA (baron DE), à l'Académie polytechnique, à Oporto (Portugal).

CAUVET, professeur à la Faculté de médecine, grande rue Saint-Clair, 130, à Lyon. ;

CHABERT (ALFRED), médecin en chef de l'hópital militaire du Dey, à Alger.

CHAGOT (Mr: JuLEs), avenue Montaigne, 68, à Paris.

CHASTAINGT, conducteur des ponts et chaussées, rue du Commerce, 31, à Tours.

CHATIN (Ap. membre de l'Institut, directeur honoraire de l'École supé- rieure de pharmacie, rue de Rennes, 149, à Paris.

CHATIN (Joannès), professeur agrégé à l'École supérieure de pharmacie, boulevard Saint-Germain, 128, à Paris.

CHAUVAIN (EUGÈNE), pharmacien, rue Martainville, 208, à Rouen.

CHEVALIER (chanoine E.), rue de l'Évéché, 12, à Aunecy.

CHEVALLIER (abbé Louis), professeur, à Précigné (Sarthe).

CINTRACT (DÉSIRÉ-AUGUSTE), boulevard Saint-Germain, 208, à Paris.

CLARY (D' R), médecin chef de ambulance, à Aflou, prov. d'Oran (Algérie).

CLOS (D.), correspondant de l'Institut, professeur de botanique à la Faculté des sciences, directeur du Jardin des plantes, allée des Zéphyrs, 2, à Toulouse.

COCARDAS, pharmacien, place de la Mairie, 7, à Choisy-le-Roi (Seine).

COGNIAUX (ALFRED), professeur de sciences naturelles à l'École normale de l'État, avenue Hanlet, 2, à Verviers (Belgique).

COHN (FERDINAND), professeur de botanique et directeur du laboratoire de physiologie végétale à l'Université, 26, Schweidnitz. panpan, à Breslau (Prusse).

COINCY (DE), au château de Courtoiseau, par Triguéres (Loiret).

COLOMB (G.), docteur ès sciences, rue Claude-Bernard, 33, à Paris.

COLVIN (Rév. Rogert-F.), Church-Hill, Morning-Side, Édimbourg (Écosse).

COMAR (FERDINAND), rue de Rennes, 82, à Paris. :

CONORT (M'*), boulevard Saint-Germain, 250, à Paris.

CONSTANT (ALEXANDRE), villa Niobé, à Golfe-Juan, commune de Vallauris (Alpes-Maritimes).

CONTEST-LACOUR (Epmonp), à Saint-Barthélemy, Marseille.

COPINEAU (CHARLES), juge à Doullens (Somme).

CORNU (MaxiwE), professeur-administrateur au Muséum, rue Cuvier, 27, à Paris.

COSSON (Ernest), docteur en médecine, membre de l'Institut, rue de La Boétie, 7, à Paris.

COSSON (PauL), chez M. le D* Cosson, rue de La Boétie, 7, à Paris.

LISTE DES MEMBRES. 13

COSTANTIN (JULIEN), maitre de conférences à l'École normale supérieure, rue Claude-Bernard, 51, à Paris.

COSTE (abbé HiPPOLYTE), vicaire à Montclar, par Coupiac (Aveyron).

COURCHET, professeur agrégé à l'École supérieure de pharmacie de Mont- pellier (Hérault).

CRÉPIN (FRANÇOIS), directeur du Jardin botanique de l'État, secrétaire de la Société royale de botanique, rue de l'Association, 37, à Bruxelles.

CRÉVÉLIER (J. J.), juge d'instruction, à Confolens (Charente).

DAGUILLON (Aug.), agrégé des sciences naturelles, professeur au lycée de Vanves, rue Linné, 10, à Paris.

DANGEARD (P.-A.), chef des travaux de botanique à la Faculté des sciences, rue des Jardins, à Caen.

DAVEAU (JurEs), inspecteur du Jardin botanique de l'École polytechnique, à Lisbonne.

DEBEAUX (Opon), pharmacien principal à l'hópital militaire, 10, rue Saint- Lazare prolongée, à Toulouse.

DEFLERS (ALBERT), botaniste voyageur, maison Sutherland, au Caire (Egypte).

DEGAGNY (CHARLES), propriétaire, à Beauvois, par Villers Saint-Christophe (Aisne).

DELACOUR (THÉODORE), quai de la Mégisserie, 4, à Paris.

DELAMARE (ERNEST), médecin colonial, à Miquelon (Amérique septentrio- nale).

DEMORTIER (HENRi), à Châtres, par la Bachellerie (Dordogne).

DERBES, allée de la Compassion, n* 9, à la Blancarde, banlieue de Marseille.

DES MÉLOIZES (ALBERT), rue Jacques-Cœur, à Bourges.

DESVAUX, agrégé des sciences naturelles, professeur au lyeée, boulevard de la Tour d'Auvergne, 31, à Rennes.

DEZANNEAU (docteur ALFRED), professeur à l'École de médecine d'Angers, à Saint-Pierre-Montlimart, par Montrevault (Maine-et-Loire).

DOASSANS (ÉMILE), docteur en médecine, à Nay (Basses-Pyrénées).

DOLLFUS (ADRIEN), rue Pierre-Charron, 35, à Paris.

DOULIOT, préparateur au Muséum, rue de Bréa, 25, à Paris.

DOUMET-ADANSON (NaPOLÉON), au château de Baleine, par Villeneuve-sur- Allier (Allier).

DOUTEAU (JuLes), licencié és sciences, à Dinchin, par Chantonnay (Vendée).

DRAKE DEL CASTILLO, rue de Vigny, 7, à Paris.

DREVAULT, jardinier en chef de l'École supérieure de pharmacie, avenue de l'Observatoire, 4, à Paris.

DRUDE (OscaR), directeur du Jardin botanique de Dresde (Allemagne).

DUBREUIL, inspecteur des foréts, à Mauléon (Basses-Pyrénées).

DU COLOMBIER, iuspecteur des lignes télégraphiques, rue des Murlins, 53, à Orléans.

DUFFORT (L.), pharmacien, rue Marengo, 40, à Angouléme.

DUFOUR (L.), docteur és sciences, rue Lacépède, 20, à Paris.

l4 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

* DUHAMEL (HENRY), à Giéres, par Grenoble. DUMÉE (PAUL), pharmacien, vis-à-vis de la cathédrale, à Meaux. DUMONT, professeur au lycée Corneille, rue Martainville, 58, Rouen. DUPUIS (JuLes-Émie), boulevard Saint-Michel, 99, à Paris. DURAND (EUGÈNE), inspecteur des forêts, professeur à l'École d'agriculture, rue d'Obilion, 1, à Montpellier. : DUROUX, major en retraite aux Forges d'Etouars, par Bussières-Badil (Dor- dogne). * DUSSAUD (PrERRE), rue Lafon, 2, à Marseille. ; DUTAILLY (GusrAvE), député, boulevard Saint-Germain, 181, à Paris. * DUTEYEUL (abbé), rue de Valgelé, 4, à Dreux (Eure-et-Loir). DUVAL (Cror.), chef de l'École de botanique au Muséum, rue Poliveau, 2, à Paris. * DUVERGIER DE HAURANNE (E«MANUEL), membre du Conseil général du Cher, à Herry (Cher). >

ÉMERY (H.), doyen de la Faculté des sciences, rue de la Préfecture, 64, à Dijon.

ESTÈVE (comte PAUL), villa Sainte-Lucie, et 17, rue Servier, à Pau.

ESTÈVE (vicomte Henri), à Heudicourt, par Etrépagny (Eure).

FARÉ (HENRI), ancien conseiller d'État, ancien directeur général des foréts, rue de Rivoli, 156, à Paris.

FAURE (abbé), supérieur du petit séminaire du Rondeau, à Grenoble.

FINANCE, pharmacien, boulevard Rochechouart, 5, à Paris.

FINOT (PIERRE-ADRIEN), capitaine d'état-major en retraite, rue Saint-Honoré, 277, à Fontainebleau (Seine-et-Marne).

FLAHAULT (CHARLES), professeur de botanique à la Faculté des sciences, à Montpellier.

FLICHE (PAUL), professeur à l'École forestière, rue Saint-Dizier, 9, à Nancy.

FLOT (LÉoN), professeur au lycée Charlemagne, rue de Clairville, 3, à Mont-- morency (Seine-et-Oise). ;

FORTIER (M'* MARIE), fabricante d'herbiers artificiels, boulevard Poisson - nière, 20, à Paris.

FOUCAUD (Jurien), chef-jardinier botaniste de la marine, au Jardin bota- nique de Rochefort (Charente-Inférieure). ;

FOURNEREAU (abbé), professeur à l'Institution des Chartreux, à Lyon.

FRANCHET, attaché à l'herbier du Muséum, rue Monge, 111, à Paris.

FRANÇOIS, instituteur à Saint-Paul, par Beauvais (Oise).

FRANQUEVILLE (comte ALBERT DE), au cháteau de Bisanos, par Pau.

FREMINEAU (H.), docteur en médecine et és sciences naturelles, place de la République, 21, à Paris.

FUZET (abbé L.), curé de Saint-Constans, par Maurs (Cantal).

GADECEAU (ÉMILE), négociant, rue des Hauts-Pavés, 11, à Nantes. * GALAVIELLE (L£oPoLp), rue Aiguillerie, 34, à Montpellier. GALLE (EMILE), industriel, avenue de la Garenne, 2, à Nancy.

x

LISTE DES MEMBRES. Lo

GANDOGER (Micu£L), à Arnas (Rhône).

* GARIOD, procureur de la République, à Saint-Étienue.

*

x

*

* +

GARNIER (l'abbé GUSTAVE), professeur au petit séminaire de Pignelin, par Nevers.

GARROUTE (abbé), chez M. le marquis de Saint-Exupéry, à Agen.

GAUTIER (Gaston), rue de la Poste, 6, à Narbonne (Aude).

GAUTIER (LÉON), publiciste, rue du Pont-de-l'Hérault, 1, à Cette (Hérault).

GAY (F.), professeur agrégé à l'École supérieure de pharmacie, à Mont- pellier.

GENTY (PAUL), rue de Pouilly, 15, à Dijon.

GERARD (ALBERT), rue Drouot, 8, à Paris.

GÉRARD (CLAUDE), conservateur des hypothèques, à Beaume-les-Dames (Doubs). ;

GÉRARD (R.), professeur de botanique à la Faculté des sciences de Lyon.

GIBAULT (G£ORGES), rue de Saint-Quentin, 38, à Paris.

GILLOT (XAVIER), docteur en médecine, rue du Faubourg-Saint-Andoche, 5, à Autun (Saône-et-Loire).

GIORDANO (JosEPH-CAMILLE), professeur de sciences naturelles à l'Institut technique de Naples (Italie).

GLAZIOU (A.), directeur des Jardins impériaux, à Rio-de-Janeiro (Brésil). Correspondant : M. É. Baillière, libraire, rue Hautefeuille, 19, à Paris.

GODFRIN, chargé de cours à l'École de pharmacie de Nancy.

GOMONT (M.-A.), artiste-peintre, rue du Cherche-Midi, 16, à Paris.

GONOD D'ARTEMARE (Euc.), rue Pascal, 30, à Clermont-Ferrand.

GONSE (E.), pharmacien, rue Duméril, 7, à Amiens.

GONTIER, docteur en médecine, rue Saint-Honoré, 364, à Paris.

GRAND'EURY, ingénieur, cours Saint-André, 23, à Saint-Étienne.

GRANEL (D* MAURICE), professeur agrégé à la Faculté de médecine, rue du Collége, 14, à Montpellier.

GRAVIS (AUGUSTE), professeur à l'Université, directeur de l'Institut bota- nique, rue Bassange, 33, à Liége (Belgique).

GRÉS (Louis), pharmacien, rue de la Forge, 14, à Noisy-le-Sec (Seine).

GRIGNON (EUGÈNE), pharmacien, rue Duphot, 2, à Paris.

GRILLET, boulevard de la Madeleine, 17, à Paris.

GUÉDON (AbpniEN), ancien avoué, cours Pinteville, 41, à Meaux.

GUERMONPREZ, docteur en médecine, rue du Faubourg-de-Tournai, 52, à Fives-Lille (Nord).

GUIARD (abbé V.), rue de Bayeux, 26, à Caen.

GUIGNARD (Léon), professeur de botanique à l'École supérieure de phar- macie, rue des Feuillantines, 1, à Paris.

GUILLAUD (ALEX.), professeur de botanique à la Faculté de médecine, à Bordeaux.

GUILLON (ANATOLE), directeur honoraire des Contributions indirectes, rue Montmoreau, 58, à Angouléme.

GUILLOTEAUX-BOURON (Joannès), villa Saint-Joseph, petit Juas, prés de Cannes (Alpes-Maritimes).

16 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

* GUINIER (ERNEST), inspecteur des foréts, à Annecy.

HARIOT (PauL), pharmacien, attaché au laboratoire de M. Van Tieghem, rue de Buffon, 63, à Paris. * HASSKARL (docteur J. K.), à Cléves (Allemagne). ; HECKEL (ÉpovARD), professeur à la Faculté des sciences et à l'Ecole de médecine, cours Lieutaud, 31, à Marseille. HENNECART (JuLEs), ancien député, rue Neuve-des-Mathurins, 7, à Paris. HENRIQUES (J.-Auc.), professeur à l'Université et directeur du Jardin bota- nique de Coimbre (Portugal). HÉRAIL, maitre de conférences à l'École supérieure de pharmacie, rue Denfert-Rochereau, 36, à Paris. : HÉRIBAUD-JOSEPH (frére), professeur au pensionnat des Fréres des Ecoles chrétiennes de Clermont-Ferrand. Membre honoraire. HERINCQ (F.), conservateur des galeries de botanique au Muséum, rue Cuvier, 57, à Paris. HERVIER (abbé Josepx), Grande-Rue de la Bourse, 31, à Saint-Etienne. * HOVELACQUE (MAURICE), rue des Sablons, 88, à Paris. HOWSE (Tn.), Linnean Society, Burlington House, Piccadilly, London (An- gleterre). * HUE (abbé AuGusTE-MARIE), avenue Montaigne, 43, à Paris. HULLÉ (A.), professeur honoraire d'hydrographie, à Blaye (Gironde). * HUSNOT (Tn.), maire de Cahan, par Athis (Orne). * HY (abbé FÉLIx-CHARLES), professeur à l'Université catholique, rue Loriol- de-Barny, 18, à Angers.

IVOLAS (J.), professeur de physique au collége de Millau (Aveyron). IZAMBERT (EUGÈNE), imprimeur, à Louviers (Eure).

JATTA (ANTONIO), à Ruvo di Puglia, province de Naples (Italie).

JEANPERT (Épouanp), rue Saint-Simon, 9, à Paris.

JEHENNE (ADRIEN), pharmacien, rue des Quatre-Vents, 16, à Paris.

JOHANNSEN (W.), assistant au laboratoire de Carlsberg, prés Copenhague.

JOLEAUD (A.), adjoint à l'intendance militaire, à Chàlons-sur-Marne.

JORDAN (Aexis), rue de l'Arbre-Sec, 40, à Lyon.

JOUSSET (EUGÈNE), pharmacien, rue Lafayette, 1, à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure).

JULLIEN-CROSNIER, conservateur du Musée, rue d’Illiers, 54, à Orléans.

JUMELLE (HENRI), licencié és sciences naturelles, rue Gay-Lussac, 29, à Paris.

KERVILLE (HENRI GADEAU DE), rue Dupont, 7, à Rouen. KLINCKSIECK (PAUL), libraire, rue de Sévres, 15, à Paris. * KRALIK (Louis), à Tresserve, par Aix-les-Bains (Savoie).

* LABOURDETTE, propriétaire, à Quatre- Mares-Sotteville, par Rouen. * LACROIX (FRANCISQUE), pharmacien, à Mâcon.

LISTE DES MEMBRES. 17

LAFFITTE (abbé CHARLES), au grand séminaire de Tarbes.

LAMIC (J.), professeur de botanique à l'École de médecine de Toulouse.

LANDRY (P.), pharmacien, à Dax (Landes).

LANGE (JonaNN), professeur de botanique à l'École royale supérieure d'agri- culture et d'horticulture, à Copenhague.

LANNES, capitaine des Douanes, à Briancon (Hautes-Alpes).

LARCHER (Oscar), docteur en médecine, rue de Passy, 97, à Paris.

LAVAU (G. DE), au cháteau de Moncé, par Pézou (Loir-et-Cher).

LAYENS (G. DE), rue Oudinot, 23, à Paris.

LEBLOIS (M!'* AMÉLIE), licenciée és sciences natur., répétitrice de botanique à l'École normale supérieure des jeunes filles de Sévres (Seine-et-Oise).

LE BRETON (ANpnÉ), boulevard Cauchoise, 43, à Rouen.

LECHEVALIER (JacoQuEs), libraire, rue Racine, 23, à Paris.

LECLERC (AvGUSTE), directeur du laboratoire de chimie végétale de la Compagnie générale des voitures, rue du Ruisseau, 91, à Paris.

* LECLERC DU SABLON, docteur és sciences, aide-naturaliste au Muséum, rue Vauquelin, 1, à Paris.

LECŒUR, pharmacien, à Vimoutiers (Orne).

LECOMTE, professeur agrégé des sciences naturelles au lycée Saint-Louis, rue de l'Estrapade, 15, à Paris.

LE DIEN (Émile), ancien avocat à la Cour de cassation, boulevard Malesherbes, 140, à Paris.

LEFEBVRE (V.), boulevard de l'Ouest, 73, au Raincy, par Villemonble (Seine).

LE GRAND (ANTOINE), agent voyer en chef du Cher, rue Coursarlon, 28, à Bourges.

LEGRELLE (A.), docteur és lettres, rue Neuve, 11, à Versailles.

LEGUAY (baron Léon), au château de la Goujonnaye, par la Membrolle (Maine- et-Loire).

LEGUÉ (Léon), propriétaire, rue Beauvais de Saint-Paul, à Mondoubleau (Loir-et-Cher).

LEMAIRE, chargé de cours au lycée de Nancy.

LEMOINE (Émie), licencié ès sciences naturelles, rue de l'Étang, 32, à Nancy.

LEMOINE (Vicron), professeur à l'École de médecine, rue de la Belle-Image, à Reims (Marne).

LE MONNIER (GEORGES), professeur à la Faculté des sciences, rue Héré, 23, à Nancy.

LE SOURD (EnNEsT), docteur en médecine, directeur de la Gazette des hôpitaux, rue de l'Odéon, 4, à Paris.

LETOURNEUX (AnisriDE), rue de l'École, à Saint-Eugène, près d'Alger.

LEUTWEIN (Cn.), à Diemerswyl, canton de Berne (Suisse).

LHIOREAU (E.), pharmacien, rue du Cháteau-d'Eau, 49, à Paris

LHOTHELIER (AIMABLE), licencié és sciences naturelles, professeur au lycée de Vanves, rue de Vaugirard, 373 bis, à Paris.

LICOPOLI, directeur adjoint au Jardin botanique de Naples.

LIEURY (J.-B.), rue du Petit-Salut, 13, à Rouen.

T. XXXV. (SÉANCES) 2

18 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

* LIEUTAUD (Émile), professeur à l'École de médecine, directeur du Jardin des plantes, boulevard des Lices, 19, À Angers. LIGNIER (OcrAvE), professeur de botanique à la Faculté des sciences de Caen. * LOMBARD-DUMAS (ARMAND), à Sommières (Gard). LORET (HENRI), rue de la Merci, 14, à Montpellier. LOUBRIEU (JEAN-GEORGES), docteur en médecine, inspecteur des plantes officinales aux Halles centrales, rue de Rivoli, 50, à Paris. LOUIT (AvcUsTE), pharmacien, à Fumel (Lot-et-Garonne). LUIZET (ManiE-DowtNIQUE), chimiste, rue du Faubourg-Poissonniére, 60, à Paris.

MAGNIN (ANTOINE), docteur és sciences, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Besancon. MAILLARD (AUGUSTE), docteur en médecine, professeur à l'École de méde- cine, rue du Petit-Potet, 34, à Dijon. * MALINVAUD (ERNEST), secrétaire général de la Société, rue Linné, 8, et au Secrétariat de la Société, rue de Grenelle, 84, à Paris. MALVEZIN (JEAN-EUGENE), attaché à la Cie du chemin de fer d'Orléans, route de Tulle, enclos du Bel-Air, à Aurillac. MANGIN (Louts), docteur és sciences, professeur agrégé d'histoire naturelle au lycée Louis le Grand, rue de la Sorbonne, 2, à Paris. MANTIN (GEORGES), quai de Billy, 54, à Paris. * MARÇAIS (abbé), rue Ninau, 19, à Toulouse. MARCHAND (Léon), professeur de botanique cryptogamique à l'École supé- rieure de pharmacie de Paris, à Thiais, par Choisy-le-Roi (Seine). MARES (PAUL), docteur en médecine, à Khodja-Berry, par Mahelma, province d'Alger (Algérie). MARJOLIN, chirurgien des hópitaux, rue Chaptal, 16, à Paris. MARMOTTAN (HENRI), docteur en médecine, rue Desbordes-Valmore, 31, à Passy-Paris. MARTENS (ÉpovARD), professeur à l'Université de Louvain (Belgique). MARTIN (BERNARDIN), docteur en médecine, à Aumessas, par Arre (Gard). MARTIN (EuiLE), président honoraire du Tribunal civil, à Romorantin (Loir- et-Cher). MARTIN (GABRIEL), avocat, rue de Mailly, 9, à Paris. MARTIN (HENRI), rue de Saint-Quentin, 23, à Paris. MARTIN (JosEPH DE), docteur en médecine, à Narbonne (Aude). MARTIN fils (Louis DE), docteur en médecine, au cháteau de Montrabech, par Lezignan (Aude). MASCLEF (abbé), professeur au petit séminaire, à Arras. MASSON (G.), libraire-éditeur, boulevard Saint-Germain, 120, à Paris. MAUGERET, inspecteur du télégraphe, rue du Cherche-Midi, 102, à Paris. MAUGIN (GUSTAYE), rue du Pont-des-P'ierres, 22, à Douai (Nord). MAUPASSANT (H. DE), villa Hervé de Maupassant, à Juan-les-Pins, par Antibes (Alpes-Maritimes). MAUPON (D^), médecin-major en retraite, quai Duquesne, 4, à Nantes.

*

LISTE DES MEMBRES. 19

MAURY, préparateur à l'École des hautes études, rue Censier, 53, à Paris. MAW (GEORGE), membre de la Société géologique de Londres, Benthall Kenley, Surrey (Angleterre).

MÈGE (abbé JAcQUES), curé de Villeneuve, par Blaye (Gironde).

MÉNIER (Cn.), professeur à l'École des sciences et lettres, place Graslin, 1, à Nantes.

MER (ÉwiLE), attaché à la station de recherches de l'École forestière, rue Israél-Silvestre, 19, à Nancy; et à Longemer, par Gérardmer (Vosges).

MICHEL (AUGUSTE), à Carriéres-sous-Bois, par Maisons-Laffitte (Seine-et- Oise).

MICHELI (Marc), propriétaire, au Crest-Jussy, près de Genève.

MIÉGEVILLE (abbé), à Notre-Dame de Garaison, par Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées).

MONOD (ArrnED), conseiller à la Cour de cassation, rue Jacques Dulud, 39, à Neuilly-sur-Seine (Seine).

MORDAGNE (JEHAN), pharmacien, à Castelnaudary (Aude).

MOREIGNE (HENRI), pharmacien, boulevard de Vaugirard, 86, à Paris.

MORIÈRE (J.), doyen honoraire de la Faculté des sciences, rue de Bayeux, 51, à Caen.

MOROT (Louis), docteur ès sciences naturelles, directeur du Journal de botanique, rue Tournefort, 28, à Paris.

MOTELAY (LÉONCE), cours de Gourgues, 8, à Bordeaux.

MOTELAY (PAUL), cours de Gourgues, 8, à Bordeaux.

MOUGENC DE SAINT-AVID, docteur en médecine, licencié és sciences, pré- parateur de micrographie à l'École supérieure de pharmacie, avenue de l'Observatoire, 4, à Paris; et à Parmain l'He-Adam (Seine-et-Oise).

MOUGEOT (ANTOINE), docteur en médecine, à Bruyères (Vosges).

MOUILLEFARINE (EpM0N»), avoué, rue Sainte-Anne, 46, à Paris.

MUE (HENRI), rédacteur au ministère des finances (Contributions indirectes), rue des Poitevins, 6, à Paris.

NANTEUIL (ROGER DE), avenue de Villars, 10, à Paris.

NEYRAUT (JEAN), dessinateur aux chemins de fer du Midi, rue des Camps, à Bègles, près Bordeaux.

NIEL, propriétaire, rue Herbière, 28, à Rouen.

NYLANDER (WILLIAM), passage des Thermopyles, 61, à Paris. Membre hono- raire.

OLIVEIRA DAVID (D* ANTONIO J.), Cruz da Era (Bemfica), prés de Lisbonne.

OLIVER, pharmacien, à Collioure (Pyrénées-Orientales).

OLIVIER (ERNEST), propriétaire, aux Ramillons, par Moulins (Allier).

OLIVIER (Lours), docteur és sciences, rue Gay-Lussac, 56, à Paris.:

OZANON (CHARLES), à Saint-Emiland, par Couches-les-Mines (Saóne-et- Loire).

PAILLOT (JusTiN), pharmacien, à Rougemont (Doubs). PARIS (général E.-G.), commandant la 38° brigade d'infanterie, à Renmes.

20 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

PARISOT (JEAN-FRANÇOIS), capitaine en retraite, rue d'Alayrae, 57, à Fon- tenay-sous-Bois (Seine). * PASCAUD (EpGar), juge au tribunal de 1'* instance, rue Porte-Jaune, 5, à Bourges. PATOUILLARD, pharmacien, rue du Parc, à Fontenay-sous-Bois (Seine). PAUCHON (D: ALBERT), professeur à la Faculté des sciences et à l'École de médecine, rue Thiers, 20, à Marseille. PAYOT (VENANCE), uaturaliste, à Chamonix (Haute-Savoie). PÉCHOUTRE (FERDINAND), agrégé des sciences naturelles, professeur au lycée de Dijon. PELLAT (AD.), ancien vice-président du Conseil de préfecture de l'Isère, propriétaire à Fontaine, par Grenoble. PELLETIER, avocat àla Cour d'appel de Paris, à Madon, par Blois. * PELTEREAU (ERNEST), notaire, à Vendóme (Loir-et- Cher). PÉNICAUD (GEonGES), rue Taitbout, 27, à Paris. PÉPIN (J.), chef du laboratoire des graines au Muséum, rue de Sévres, 11, à Paris. PIERRE, directeur du Jardin botanique de Saigon (Cochinchine), en mission, avenue de Gravelle, 67, à Charenton (Seine). PIERSON, propriétaire, à Tournan (Seine-et-Marne). PIQUOT (ALPHONSE), propriétaire, place de l'Église, à Vimoutiers (Orne). PLANCHON (J.-ÉMILE), correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté de médecine et directeur du Jardin des plantes, à Montpellier. PLANCHON (Gustave), directeur de l'École supérieure de pharmacie, boule- vard Saint-Michel, 139, à Paris. POIRAULT (GEORGES), licencié és sciences, rue des Trois-Piliers, 36,à Poitiers. POISSON (JuLes), aide-naturaliste au Muséum, rue de Buffon, 63, à Paris. POLI (HENRI DE), avenue Carnot, 21, à Paris. POMEL, ancien sénateur, directeur de l'Institut scientifique, Tournant Ro- vigo, 4, à Alger. PONS (abbé AL.), aumónier des Hospices réunis, à Grasse (Alpes-Maritimes). PONS (abbé CAMILLE), professeur au petit séminaire de Narbonne (Aude). PORTES (Lup.), pharmacien en chef de l'hópital de Lourcine, à Paris. POSADA-ARANGO (Anpres), docteur en médecine, professeur de botanique à l'Université de Medellin (États-Unis de Colombie). PRAY (FéLuix), chimiste, boulevard Saint-Germain, 110, à Paris. PRILLIEUX (ÉpovanD), inspecteur général de l'enseignement agricole, rue Cambacérés, 14, à Paris. PUIVERT (marquis DE), rue Ninau, 19, à Toulouse. Se i m docteur en médecine, officier d'académie, à Hérimoncourt oubs). QUINQUAUD (EUGÈNE), médecin des hôpitaux et professeur agrégé à la Faculté de médecine, rue de l'Odéon, 5, à Paris.

RAMOND (A.), administrateur des Douanes en retraite, trésorier de la Société, rue du Cardinal-Lemoine, 1, à Paris,

LISTE DES MEMBRES. 21

RATTEL (D*), médecin adjoint à l'Institut des sourds et muets, rue Mont- martre, 149, à Paris.

RAUWENHOFF (N. W. P.), professeur à l'Université, directeur du Jardin botanique, à Utrecht (Pays-Bas).

RAVAIN (abbé J.-R.), professeur à l'Université catholique, rue Bernier, 14, à Angers.

REBOUD (V.), méd.-major en retraite, correspondant de l'Institut, à Saint- Marcellin (Isére).

RÉCHIN (abbé), professeur au collége de Mamers (Sarthe).

REMY (JuLES), à Louvercy, par Chálons-sur-Marne.

RENARD (H.), pharmacien, place Saint-Étienne, 20, à Sens (Yonne).

RIBEIRO DE MENDONÇA (F.), docteur en médecine, à l'hópital de Santa Casa da Misericordia, à Rio-de-Janeiro (Brésil).

RICHON (CHARLES), docteur en médecine, à Saint-Amand-sur-Fion (Marne).

ROBERT (Dr J.), médeein-major au 50° d'infanterie, à Périgueux (Dordogne).

ROCHÉ (GEORGES), licencié és sciences naturelles, rue de l'Abbé-Grégoire, 41, à Paris.

ROCHEBRUNE (ALPH. DE), rue Monge, 89, à Paris.

RODIER, agrégé des sciences naturelles, maitre de conférences à la Faculté des sciences, rue David-Johnston, 44, à Bordeaux.

RODRIGUEZ (Juan), rue Isabel 2a, 46, à Mahon, ile de Minorque (Espagne).

ROLLAND (LÉON), rue de Maubeuge, 102, à Paris.

ROUY (GEORGES), secrétaire du syndicat de la presse parisienne, rue Mo- zart, 66, à Paris.

ROYET (Evc.), docteur en médecine, à Saint-Benoit-du-Sault (Indre).

ROZE (ERNEST), chef de bureau au Ministère des Finances, rue Claude-Ber- nard, 72, à Paris.

SACCARDO (P.-A.), professeur de botanique à l'Université de Padoue (Italie).

SAGOT (PAUL), doct. en médecine, boulevard Gambetta, 15, à Melun (Seine- et-Marne).

SAHUT (PAUL), avenue du Pont-Juvénal, 10, à Montpellier.

SAINT-LAGER, docteur en médecine, boulevard Gambetta, 8, à Lyon.

SAINT-MARTIN (Cu. DE), boulevard Montparnasse, 89, à Paris.

SALATHÉ, docteur en médecine, ancien préparateur à la Faculté de médecine de Strasbourg, rue Michel-Ange, 27, à Auteuil-Paris.

SAPORTA (marquis GASTON DE), correspondant de l’Institut, à Aix en Provence (Bouches-du-Rhône).

SARGNON, rue Vaubecour, 15, à Lyon.

SARRAZIN (FRÉDÉRIC), capitaine en retraite, rue Saint-Peravi, 1, à Senlis (Oise).

SAUVAGEAU (CAMILLE), professeur au lycée de Bordeaux, rue Sainte-Cathe- rine, 282, à Bordeaux.

SAUVAIGO (ÉwiLE), docteur en médecine, rue Cassini, 28, à Nice.

SAUZE (abbé), curé de Marcieu, par la Motte-Saint-Martin (Isère).

22 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

*

*

* +

SAVATIER (Lupovic), médecin en chef de la marine en retraite, à Saint- Georges, ile d'Oléron (Charente-Inférieure).

SCHMITT (CHARLES-MARIE-JEAN-BAPTISTE), inspecteur de la pharmacie militaire, rue Jouffroy, 95, à Paris.

SCHŒNEFELD (M!* MARGUERITE DE), rue Vaneau, 19, à Paris.

SEIGNETTE (ADRIEN), professeur agrégé d'histoire naturelle au lycée Fon- tanes, rue Tronchet, 21, à Paris.

SÉJOURNÉ (abbé A.), professeur au petit séminaire de Blois.

SEYNES (JutEs DE), docteur en médecine, rue de Chanaleilles, 15, à Paris ; et au cháteau de Calviac, prés Lassalle (Gard).

SILHOL (JEAN-FÉLIX), instituteur à Saint-Paul-de-Valmale, par Gignac (Hérault).

SUIS, vétérinaire, à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne).

SURINGAR (W. F. R.), prof. de botanique à l'Université de Leyde (Pays-Bas).

TARRADE (A.), pharmacien, avenue du Pont-Neuf, 65, à Limoges.

TASSEL (RaoUL), négociant, rue de la Barrière, 58, à Elbeuf (Seine-Infér.).

TCHIHATCHEF (PIERRE DE), correspondant de l'Institut, place des Zouaves, 1, à Florence (Italie).

TEMPÈRE (J.), professeur, rue Saint-Antoine, 168, à Paris.

THÉRY, docteur en médecine, à Langon (Gironde).

THIERRY (A.-J.), directeur du Jardin botanique, à Saint-Pierre (Martinique).

THOREL (CLovis), docteur en médecine, place d'Eylau, 3, à Passy-Paris.

THOUVENIN (MAURICE), chargé du cours à l’École supérieure de pharmacie de Nancy.

TISSEYRE, professeur à l'École normale d'instituteurs, à Montpellier.

TIMBAL-LAGRAVE (Épouarp), rue Romiguiére, 15, à Toulouse.

TODARO (commandeur AUGUSTIN), sénateur du royaume, directeur du Jardin botanique, via Cintorinari, 7, à Palerme (Sicile).

TOURLET (E.-H.), pharmacien, à Chinon (Indre-et-Loire).

TOWNSEND (FaÉpÉnIC) , Honington-Hall, Shipston-on-Stour (Angleterre).

TRABUT (docteur Louis), professeur à l'École de médecine, rue Desfon- taines, 7, à l'Agha, à Alger-Mustapha. TRIADOU caper (Jean-François), rue Saint-Christol, à Pézénas (Hérault).

TROUILLARD (CHARLES), au château des Coutures, commune de Vivy, prés de Saumur (Maine-et-Loire).

VALLOT (ÉMILE), ingénieur civil, avenue d'Antin, 61, à Paris. VALLOT (Josepx), avenue d'Antin, 61, à Paris.

VAN TIEGHEM (Px.), membre de l'Institut, professeur-administrateur au Muséum, rue Vauquelin, 22, à Paris. VENDRELY, pharmacien, à Champagney (Haute-Saóne).

VENDRYÈS (ALBERT), officier de l'Instruction publique, rue de Vaugirard, 90, à Paris. Membre honoraire.

VESQUE (JULIEN), maitre de conférences à la Faculté des sciences, rue des Jardins, 11, à Vineennes (Seine).

LISTE DES MEMBRES. 23

VIALA (PIERRE), professeur à l'École nationale d'agriculture de Montpellier. VIALLANES (ALFRED), professeur à l'École de médecine, à Dijon. * VIAUD-GRAND-MARAIS (AMBROISE), professeur à l'École de médecine, place

Saint-Pierre, 4, à Nantes.

VIDAL, ancien inspecteur des Contributions directes, rue Ségurane, 2, à Nice.

VIDAL (GABRIEL), garde général des foréts, à Axat (Aude).

VILMORIN (HENRY LÉVÊQUE DE), boulevard Saint-Germain, 149, à Paris.

VILMORIN (MaunICE L. DE), rue de Solférino, 4, à Paris.

VINCENT (ÉMILE), ancien pharmacien, rue Montmoreau, 68, à Angoulême.

VUILLEMIN (PAUL), docteur en médecine et és sciences, rue des Ponts, 9, à Nancy. ©

* WALKER (ARTHUR), doct. en médecine, Chiselhurst, Putney Common. S. W. Prés de Londres. WASSERZUG (ÉTIENNE-BRONISLAW), attaché au laboratoire de M. Pasteur, rue d'Ulm, 45, à Paris. WEBER (M"* A.), née Van Bosse, Sarphaticade, 18, à Amsterdam. WELTER (HuBznT), libraire, rue Bonaparte, 59, à Paris. WIGNIER (CHARLES), propr'*, rue de la Tannerie, 22, à Abbeville (Somme). * WOLF (FERDINAND OrTO), professeur, à Sion (Valais), Suisse.

ZEILLER (RENÉ), ingénieur en chef des Mines, rue du Vieux-Colombier, 8, à Paris.

MM. les Membres de la Société sont priés, dans leur intérét, d'informer sans retard le Secrétariat de leurs changements d'adresse. Les numéros qui viendraient à s'égarer par suite de quelque omission de ce genre ne pourraient étre remplacés.

LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ

RANGÉS PAR PAYS

ET EN FRANCE PAR DÉPARTEMENTS.

Aisne.

Bullemont (de). Degagny.

Allier.

Doümet-Adanson. Olivier (E.).

Alpes (Hautes-).

Purle. Lannes.

Alpes-Maritimes. Barla. Constant. Guilloteaux-Bouron. Maupassant (de). Pons (abbé Al.). Sauvaigo. Vidal.

Ardennes.

Cadix. Callay.

Aube. Briard. Aude.

Baichére. Gautier (G.). Martin (J. de). Martin (L. de). Mordagne. Pons (abbé). Vidal (G.). Aveyron.

Coste (abbé). Ivolas.

Bouches-du-Rhône. Contest-Lacour. . Derbés. Dussaud. Heckel. Pauchon. Saporta (marquis de).

Calvados. Dangeard. Guiard (abbé). Lignier. Morière. Cantal. Carbonnat (de).

Fuzet (abbé). Malvezin.

Charente.

Crévelier. Duffort. Guillon. Vincent.

Charente-Inférieure.

Brunaud. Foucaud. Jousset.

Savatier.

Cher. Des Méloizes.

Duvergier de Hauranne.

Le Grand. : Pascaud.

Cóte-d'Or. Arbaumont (d"). Bazot.

Emery. Genty. Maillard. Péchoutre. Viallanes.

Côtes-du-Nord. Avice. Dordogne.

Abzac de La Douze (mar-

quis d"). Demortier. Duroux. Robert (D»). `

Doubs. Magnin. Paillot (J.). Quélet.

Eure.

Estéve (vicomte H.). lzambert.

Eure-et-Loir. Duteyeul (abbé).

Gard.

Lombard-Dumas (A.). Martin (B.).

Garonne (Haute-). Baillet. Bourdette. Clos. Debeaux, Lamic. Marçais. Puivert (de). Timbal-Lagrave.

Gironde. Amé. Brochon.

i Cagnieul.

Guillaud. cii

ége (abbé). CR (L.. Motelay (P) Neyraut. Rodier. Sauvageau. Théry.

Hérault.

Arnaud. Barrandon. Boyer. Courchet, Durand. Flahault. Galavielle.

Gautier (L.). G

Loret.

Planchon (J.-E.). Silhol.

Sahut (P.). Tisseyre. Triadou.

Viala.

Ille-et-Vilaine. Desvaux. Indre. Royet (Eug.).

Indre-et-Loire. Barnsby. Chastaingt. Tourlet.

Isère. Callamand. Duhamel (H.). Faure (abbé). Pellat.

Reboud. Sauze (abbé).

Landes. Landry.

Loir-et-Cher.

Lavau (de). Legué. Martin (Em.). Pelletier. Peltereau. Séjourné (abbé).

Loire. Gariod.

Grand'Eury. Hervier (abbé).

Loire-Inférieure.

Andouard. Gadeceau. Maup on. Ménier.

Viaud-Grand-Marais.

Loiret. Coincy (de). Du Colombier. Jullien-Crosnier.

LISTE DES MEMBRES.

Lot-et-Garonne.

Amblard. Arnaud. Garroute (abbé). Louit.

Maine-et-Loire.

Allard. Dezanneau. Hy (abbé). Leguay. Lieutaud. Ravain (abbé). Trouillard. Marne. Joleaud. Lemoine.

Remy.

Richon. Meurthe-et-Moselle.

Bucquoy.

Fliche.

Gallé.

Godfrin. °

Lemaire.

Lemoine.

Le Monnier.

Thouvenin.

Vuillemin.

Nièvre. Garnier (abbé).

Nord.

Boulay (abbé). Guermonprez. Maugin.

Oise. Caron (H.). Francois. Sarrazin.

Orne. Husnot. Lecœur. Piquot.

Pas-de-Calais. Masclef (abbé). Puy-de-Dôme.

Alanore.

Arbost.

Billiet.

Gonod d'Artemare.

25 Héribaud (Frère).

Pyrénées Basses-).

Doassans. Dubreuil. Estève (comte P.). Franqueville (de).

Pyrénées (Hautes-).

Laffitte (abbé). Miégeville (abbé).

Pyrénées-Orientales. Oliver.

Rhône.

Borel. Boullu (abbé). Cauvet. Fournereau (abbé). Gandoger. Gérard (R.). Jordan. Saint-Lager. Sargnon.

Saône (Haute-). Vendrely.

Saône-et-Loire. Gillot. Lacroix. Ozanon. Sarthe.

Chevallier (abbé L.). Réchin (abbé).

Savoie. Kralik.

Savoie (Haute-).

Chevalier (abbé E.). Guinier. Payot (V.).

Seine (1).

Bescherelle. Calmeil. Cocardas. Grés. Lefebvre. Marchand. Monod. Parisot. Patouillard. Pierre. Vesque.

(1) Les membres résidant à Paris ne sont pas mentionnés sur cette liste.

20 sOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

Seine-et-Marne. Dumée. Finot. Guédon. Pierson. Sagot.

Seine-et-Oise.

Boudier. Flot. Leblois (Mt). Legrelle. Michel. Mougenc de Saint-Avid.

Seine-Inférieure. Chauvain. Dumont. Kerville (de). Labourdette. Le Breton. Lieury. Niel. Tassel.

Somme.

Bertrand Caron (E.). Copineau. Gonse. Wignier.

Tarn-et-Garonne. Suis.

Vendee.

Douteau,

Vienne. Poirault. Vienne (Haute-). "Tarrade.

Vosges. Mer.

Mougeot.

Yonne. *enard.

Algérie. Jattandier.

Clary (Dr). Letourneux. Pomel. Trabut.

Tunisie. Blanc.

Ile de la Réunion. Bédier.

Tonkin. Balansa. Martinique. Thierry. Ile de Miquelon. Delamare. Allemagne. Asher. Behrend. Bolle. Cohn. Drude. Hasskarl. ° Alsace-Lorraine. Barbiche. Buchinger.

Autriche. Ambrosi.

Belgique. Baguet.

Cannart d'Hamale (de). Cogniaux. Crépin. Gravis. Martens. Danemark. Johannsen. Lange.

Espagne. Arozarena. Rodriguez.

Grande-Bretagne. Babington.

Ball. Colvin. Howse. Maw. Townsend. Walker.

Italie.

Almansi.

Caruel. Giordano.

Jatta.

Licopoli. Saccardo. Tchihatchef (de). Todaro.

Pays-Bas.

Rauwenhoff. Suringar. Weber (Mme).

Portugal.

Castello de Paiva. Daveau. Henriques. Oliveira David (d).

Suisse. Andrea. Barbey. Burnat. Candolle (de). Leutwein, Micheli, Wolf.

Égypte. Deflers.

Brésil. S. M. Dom Pedro Il.

Glaziou. Ribeiro de Mendonca.

Autres États de l'Amérique du Sud.

Arechavaleta. Posada-Arango.

Siége de la Société, rue de Grenelle, 84, à Paris.

Membres décédés en 1887.

BLANCHE. CASPARY. NOUEL. PÉRARD.

Rayé par décision du Conseil d'administration, pour défaut de payement de cotisations arriérées.

MATTOSO-SANTOS, directeur du Musée zoologique à l'École Polytechnique de Lisbonne.

SOCIETÉ BOTANIQUE

DE FRANCE

SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

PRÉSIDENCE DE M. DUCHARTRE.

M. Duchartre, en prenant place au fauteuil, remercie la Société d'avoir bien voulu l'appeler aux fonctions de Président pour la cinquiéme fois.

M. Malinvaud, secrétaire général, donne lecture du procés-ver- bal de la séance du 23 décembre 1887, dont la rédaction est adoptée.

M. le Président a le regret d'annoncer à la Société qu'elle a perdu deux de ses membres : M. Charles-Isidore Blanche, consul de France en retraite, décédé à Beyrouth (Syrie) le 11 décembre dernier, dans sa soixante-cinquiéme année (1); et M. Nouel, directeur du Musée d'Orléans, décédé le 31 décembre 1887.

M. Franchet rappelle que M. Nouel est l'auteur d'intéressantes notices sur la flore du département du Loiret. Il a signalé, le pre- mier, dans une localité peu éloignée des limites de la flore pari- sienne, le Gagea lutea Schult., plante de l'Est ; on lui doit aussi la découverte, dans la rivière du Loiret, du rare Potamogeton Friesii Rupr. (P. (Ederi Mey.), dont on ne connait pas d'autre localité en France.

M. le Président, par suite des présentations faites dans la der- niére séance, proclame membres de la Société :

(1) M. Blanche était membre de la Société depuis l'année de sa fondation; son admission remontait au 26 juillet 1854.

30 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

MM. Lamic (J.), professeur de botanique à l'École de médecine de Toulouse, présenté par MM. Marcais et Timbal-Lagrave. NEYRAUT (Jean), dessinateur aux chemins de fer du Midi, rue des Camps, à Bégles, par Bordeaux, présenté par

MM. Barrandon et Flahault.

M. le Président fait aussi connaitre deux nouvelles présentations. Il propose ensuite, au nom du Conseil d'administration, de nommer membre honoraire le Frère Héribaud-Joseph, professeur au pen- sionnat des Fréres de Clermont-Ferrand, en considération des ser- vices qu'il a rendus à la Société dans plusieurs circonstances.

M. Henry de Vilmorin appuie cette proposition qui est mise aux voix et adoptée à l'unanimité.

Dons faits à la Société :

Brousmiche, Apercu général de l'histoire naturelle du Tonkin.

Clos, Une lacune dans l'histoire de la sexualité végétale.

Le Jardin des plantes de Toulouse et la botanique locale et py- rénéenne.

D" Cosson, Catalogue raisonné de la flore de la Tunisie, feuilles 1 à 4.

Fliche, Étude sur le Pin pinier.

Fortuné, Les Violariées ; étude spéciale du genre Viola.

Cogniaux, Le Flora Brasiliensis de Martius.

Th. Durand, Index generum phanerogamarum : Melastomaceæ et Cucurbitaceæ. :

Gueidan, L'indicateur des semis et travaux de jardin pour la Pro- vence.

Oliver, On the obliteration of the sieves tubes in Laminariec.

Rauwenhoff, Recherches sur le Sphæroplea annulina Ag.

Stizenberger, Lichenes insulæ Madera.

Saldanha da Gama et A. Cogniaux, Bouquet de Mélastomacées bré- siliennes.

Da Rocha Peixoto, O Museu municipal do Porto.

Camus, Catalogue des plantes de France, de Suisse et de Belgique (exemplaire relié et interfolié, offert par M. Jacques Lechevalier).

Statistique agricole annuelle, 1886 (Don du Ministère de l'Agricul- ture). `

Mémoires de la Société émulation du Doubs, 4886 (Don du Minis- tère de l'Instruction publique).

Mémoires de la Société des naturalistes de Kieff, suppl. au t. VIII.

Boletim da Sociedade de geographia de Lisboa, série, n* 1 et 2.

SÉANCE DU 13 JANVIER 1888. 31

Memorias de la Sociedad cientifica « Antonio Alzate », t. 1, n^ 5

Revista dos cursos praticos e theoricos da faculdade de medicina do Rio de Janeiro, numéro de décembre 1886.

Revue du Portugal et de ses colonies, 2 numéros.

Le Conseil, dans sa réunion du 6 janvier, a décidé que les com- missions spéciales mentionnées par le Règlement (1) seraient composées, pour l'année 1888, de la manière suivante :

1* Commission de comptabilité : MM. Bornet, E. Cosson et Roze. Commission des archives : MM. Mangin, Marés et A. Ramond.

Commission du Bulletin: MM. Bonnier, Bornet, Leclerc du Sablon, Maugeret, de Seynes, J. Vallot et Van Tieghem.

4 Comité consultatif chargé de la détermination des plantes de France et d'Algérie soumises à l'examen de la Société : MM. Bainier, Camus, Cornu, E. Cosson, Franchet, Poisson et Rouy.

Commission de la Session extraordinaire et des herborisations de la Société : MM. Camus, A. Chatin, Costantin, Jeanpert, Luizet et houy.

M. le Président fait part à la Société d'une réclamation que lui a adressée, dans une lettre trés détaillée et accompagnée de pièces justificatives, M. Hippolyte Puech, ancien instituteur de Tourne- mire (Aveyron), auquel on doit la découverte du Saponaria bellidifolia sur le plateau du Larzac. M. Ivolas ayant attribué précédemment à M. Morand le mérite de la détermination de cette précieuse espéce (2), M. Puech rappelle, en produisant divers témoignages à l'appui de ses souvenirs personnels, que, moins d'un mois aprés avoir trouvé la nouvelle plante, il était parvenu à la nommer exactement.

M. le Secrétaire général fait remarquer qu'il n'y a aucune con- testation sur le fait principal, qui est la découverte par M. Puech du Saponaria bellidifolia, dont l'étude ne pouvait offrir aucune difficulté particuliére à l'honorable instituteur de Tournemire ha- bitué depuis longtemps aux déterminations spécifiques. Quelque

(1) Voy. art. 19 et suiv. du Règlement. D’après l'article 25, le Président et le Secré- taire général font partie de droit de toutes les commissions.

(2) Voyez le Rapport sur l'herborisation faite par la Société à Tournemire le 14 juin, dans le Bulletin, t. XXXIII (1886), compte rendu de la session extraordinaire à Millau, p. LXXX.

32 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

regrettable que puisse être un désaccord limité d’ailleurs aux dé- tails secondaires de faits remontant à plus de quinze ans, l'entière bonne foi des personnes mises en cause ne saurait être suspectée. « La Société, ajoute M. Malinvaud, n’a pas oublié le bienveillant » empressement avec lequel M. Puech voulut bien se mettre à sa dis- » position pour la conduire sur le Larzac dans la matinée du » 14 juin 1886 ; M. Morand s'était joint aussi à l'herborisation, et » nous avons conservé le meilleur souvenir de l'obligeance de nos » guides. »

M. Rouy fait à la Société la communication suivante :

NOTES SUR LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DE L'EUROPE par M. G. ROUY (i).

III. Plantes nouvelles pour la flore européenne.

Malcomia arenaria DC.

ESPAGNE. lvica, sables des plages (Marès).

Silene juvenalis Del.

GRÈCE. Thessalie : plaine à la base occidentale du mont Pélion, prés de Volo (Heldreich et Holzmann).

Linum Munbyanum Doiss. et Reut.

EsPaGNE. Prov. de Malaga : env. de Ronda (Barincou).

Geranium linearilobum DC. (— G. tuberosum M. B., non L.).

Russig. Gouv. de Saratow : Sarepta (Becker).

Nepa megalorites Webb.

EsPAGNE. Prov. de Cadix : Sierras de Palma, prés Algeciras (Re- verchon).

Ononis fœtida Schousb.

ESPAGNE. Prov. de Cadix : coteaux au-dessus d' Algeciras (Reverchon). Trigonella orthoceras Kar. et Kir.

Russie. Gouv. de Saratow : Sarepta (Becker).

Astragalus mauritanicus Coss. et Dur.

ESPAGNE. Prov. de Murcie : coteau de Lorca (de Coiney).

Vicia brachytropis Kar. et Kir.

Russie. Gouv. de Saratow : Sarepta (Becker).

(1) Voy. le Bulletin, t. XXXIII, pp. 484, 501.

ROUY. NOTES SUR LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DE L'EUROPE. 83

Bupleurum foliosum Salzm.

ESPAGNE. Prov. de Cadix : sierras de Palma, près Algeciras (Rever- chon).

Senecio Decaisnei DC.

EsPAGNE. Prov. de Murcie : coteaux près de Lorca (de Coincy).

Myosotis maritima Hochst.

PonTUGAL : bois humides prés de Villanova de Familicao (Welwitsch). EsPacNE. Prov. de Cadix : marais d' Algeciras (Reverchon).

Echinospermum Vahlianum Lehm.

Russie. Gouv. d'Astrakan : steppes d'Astrakan (Becker).

Micromeria inodora Denth.

EsPAGNE. Majorque : sables prés de Palma (Marès).

Satureia inodora Salzm.

EsPAGNE. Prov. de Cadix : sierras de Palma, prés Algeciras (Rever- chon).

Corispermum i filifolium C. À. Mey.

Russie. Gouv. de Saratow : Sarepta (Becker).

Euphorbia latifolia C. A. Mey.

Russie. Gouv. de Saratow : Sarepta (Becker).

Carex mauritanica Boiss. et Reut.

ESPAGNE. Prov. de Cadix : bords de la rivière Majaceite, près Olgar (Perez-y-Lara).

Leersia hexandra SW.

ESPAGNE. Prov. de Cadix : marais d’ Algeciras (Reverchon).

Catabrosa humilis Trin. Fund. (— Colpodium bulbosum Trin. Mém. Pétersb.).

Russie. Gouv. de Saratow : Sarepta (Becker).

IV. Habitats nouveaux de plantes européennes (1).

Ranunculus macrophyllus Desf.

Conspectus fl. eur., p. 12. Sicile (2).

Loc. nouv. EsPAGNE. Prov. de Cadix : sierra de Palma, près Al- geciras (Hegelmaier); Majorque: Soller, Palma, Ataro (Marès), Arta (Willkomm); Minorque : Barranco del Favaret et d Algendar (Rodri-

(1) Voy. le Bulletin, t. XXXIII, p. 502. (2) La plante sicilienne est le R. heucherifolius Presl.

T. XXXV. (SÉANCES) 3

34 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

guez); Alayor (Gasall.). Corse (Exsicc. Mabille, 202). SAR- DAIGNE (sec. Ascherson et Freyn).

Aquilegia Othonis Orph.

Conspectus, p. 19. Gréce.

Loc. now. Irae. Monts Majella : rochers d'Orfente (H. Groves).

Arabis alpina L.

Conspectus, p. 34. -— Europe, excepté Grande-Bretagne, Sicile, Gréce, Turquie.

Loc. nouv. Écosse. Mont Cuchullin (H. C. Hart).

Thlaspi calaminare Lei.

Conspectus, p. 62. Belgique, Hollande.

Loc. nouv. PRUSSE RHÉNANE : env. de Stolberg (Arbentz).

Aethionema ovalifolium Doiss.

Conspectus, p. 63. Espagne mérid.; Grèce, Crète.

Loc. nouv. EsPAGNE. Prov. de Huesca: Boucharo (Bordère); prov. d'Alicante : sierra Mariola (Rouy). France. Départ. des Hautes-Pyrénées : pic de Crabére (Bordère).

Helianthemum leptophyllum Dun.

Conspectus, p. 14. Espagne mérid.

Loc. nouv. Irazie. Envir. de Tarento (Lacaita).

Silene Sendtneri Boiss. (— S. Schlosseri Vukot. !).

Conspectus, p. 10. Bosnie; Serbie; Monténégro.

Loc. nouv. AUTRICHE. Croatie : Javorje, à Fuzine (Vukotinovic).

Stellaria bulbosa Wulf.

Conspectus, p. 111. Carniole, Croatie, Transylvanie.

Loc. nouv. IrALiEe. Piémont : envir. de Biella (Rostan).

Geranium striatum L.

Conspectus, p. 137. Sicile ; Italie méridionale ; Grèce (sec. Sibth. ); Macédoine.

Loc. nouv. Grèce. Thessalie : Mont Pélion (Heldreich et Holz- mann).

Erodium Cavanillesii Willk.

Hab. Espagne orientale.

Loc. nouv. Sicile : sables à Balestrate (Lojacono).

Rhamnus fallax Boiss,

Conspectus, p. 146. Grèce.

Loc. now. Bosni£. Vallée de la Mijacka près Sarajevo (Beck.).

ROUY. NOTES SUR LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DE L'EUROPE. 35

Astragalus alopecuroides L.

Conspectus, p. 194. Espagne (?); Dauphiné.

Loc. nouv. IraziE. Piémont : vallée de Cogne, à Crettoz (Cesati, Wolf).

Astragalus depressus L.

Conspectus, p. 194. Bétique ; Pyrénées ; Dauphiné; Suisse mérid.; Italie; Dalmatie; Monténégro ; Serbie.

Loc. nouv. HERZÉGOvINE. Mont Prenj (Beck).

Coronilla emeroides Doiss. et Sprun.

Conspectus, p. 185. Gréce; Macédoine; Créte; Rhodes: Tauride.

Loc. nouv. AUTRICHE. Istrie : Fiume, Trieste (Heimerl.).

Cachrys alpina M. D.

Conspectus, p. 314. Tauride.

Loc. nouv. SERBIE. Rochers calcaires de Vis prés de Nisch (S. Pe- trovic). Signalé aussi par M. E. Roth en Bulgarie, dansla Dobrudscha.

Galium íriflorum Michx.

Conspectus, p. 324. Norvège ; Laponie; Suède sept.; Finlande; Russie centrale.

Loc. nouv. Suisse. Grisons : Tarasp (Wagner).

Trichera magnifica Doiss. (— T. robusta Panc.).

Conspectus, p. 347. Macédoine (rare).

Loc. nouv.— SERBIE. Souva Planina prés Nisch (S. Petrovic).

Trichera lyrophylla Vis. et Panc.

Hab. SerBie. Mont Plesch (S. en

Trichera macedonica Boiss.

Conspectus, p. 341. Macédoine occid., Albanie.

Loc. nouv. SERBIE. Entre Pirot et Bela Palanka (S. Petrovic).

Scabiosa triniæfolia Friv.

Conspectus, p. 343. Thrace septentr.; Monténégro.

Loc. nouv. SERBIE : coteau de Belava prés Pirot (Pelivanovic).

Cineraria Aucheri Nym. (— Senecio Aucheri DC.).

Conspectus, p. 251. Thessalie.

Loc. nouv. SERBIE. Plateau du Souva Planina prés Nisch (S. Pe- trovic) (1).

(1) Sur cette méme montagne existe le C. procera Griseb., qui n'est certainement qu'une variété robusta du C. Aucheri, à feuilles plus nettement denticulées, à tige

plus épaisse et à corymbe plus fourni. Nous possédons aussi, de cette méme localité, une forme intermédiaire.

36 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

Cineraria campestris Retz.

Conspectus, p. 351. Angleterre; Suède mérid.; Jutland ; Allemagne; | Autriche-Hongrie ; Suisse mérid.; Serbie ; Pologne ; Russie.

Loc. nouv. FRANCE. Départ. du Jura : entre les Rousses et le Noir- mont (Grenier); territoire francais au-dessus du Brassus (Michalet) ; département des Alpes-Maritimes : mont Siruol prés Saint-Martin de Lantosque (Burnat).

Heliehrysum frigidum Willd.

Conspectus, p. 380. Corse Hab. etiam Sard. sec. Thomas in hb. Schultz bip. nunc Cosson. »).

Loc. nouv. SARDAIGNE. Arrondis. de Tempio : sommet du mont Limbardo (Reverchon).

Centaurea dracunculifolia Duf.

Conspectus, p. 421. Valence (Dehesa de Valencia). Plante rare.

Loc. nouv. France. Départ. des Pyrénées-Orientales : sables des environs de Rivesaltes (Guillon) (1).

Myosotis alpestris Schmn.

Conspectus, p. 519 (Mult. loc. europ.).

Loc. nouv. NouvELLE-ZEMBLE. À Matolschkin-Schar (Sterneck, Kriwoscheja).

Stachys plumosa Griseb.

Conspectus, p. 919. Macédoine septentr.

Loc. nouv. SERBIE. Vignes de Vragna (S. Petrovic).

Calamintha glandulosa Benth.

Conspectus, p. 588. Corse; Sardaigne.

Loc. nouv. EsPAGNE. Majorque : mont Puig mayor de Torella, au- dessous de la maison de la Neu (Porta et Rigo) (2).

Euphorbia Gayi Sal.

Conspectus, p. 653. Corse.

Loc. nouveau. EsPAGNE. Majorque : puig de Masanella, et puig mayor de Torella (Porta et Rigo).

(1) Bonne acquisition pour la flore française. Nous avons trouvé cette intéres- sante plante parmi quelques-unes que M. Guillon a bien voulu soumettre à notre exa- men. La plante de Rivesaltes est identique aux quatre exemplaires que nous avons en herbier et qui ont été récoltés par Léon Dufour lui-méme dans la Dehesa de Valencia.

(2) Dans le Catalogue des plantes vasculaires des Baléares (p. 216), M. Marès indique cette espèce également au Puig mayor de Torella, d’après M. Barcelo; mais, suivant ce dernier auteur (Flora Balear, p. 362), la plante qu'il avait prise pour le C. glandulosa est le C. Nepela Hg et Lk; d’où il résulte que la seule localité certaine du C. glandu- losa Benth. à Majorque est celle indiquée par MM. Porta et Rigo (1885).

ROUY. NOTES SUR LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DE L'EUROPE. 37

Allium stramineum Doiss. et Reut.

Conspectus, p. 131. Sierra de Toledo.

Loc. nouv. EsPAGNE. Prov. de Cadix : sierra del Aljibe et Dehesa del Abanto (Perez-y-Lara); sierras de Palma prés Algeciras (Rever- chon).

Juneus tenuis Willd.

Conspectus, p. 149. France occid. (et centrale, G. R.); Belgique ; Hollande; Allemagne; Bohéme.

Loc. now. Écosse : env. de New-Galloway (J. M. Andrew).

Heteropogon glaber Pers.

Conspectus, p. 186. France (Roussillon) ; Italie sept. ; Sicile ; Dal- matie.

Loc. nouv. EsPAGNE. Prov. de Valence : rochers de Sagonto (L. Dufour in hb. Rouy); prov. de Castellon : coteaux entre Castellon et Morella (de Coincy). Existe également en Andalousie (prov. de Malaga ou de Cadix?), d'aprés des exemplaires récoltés par Clemente, en 1803, et que nous possédons, mais sans indication de localité précise.

Maillea Urvillei Parlat. (— Phalaris crypsoides d'Urv.).

Conspectus, p. 191. Gréce; ile de Chio.

Loc. nouv. SARDAIGNE. Arrond. de Tempio : sables de la plage à Aréne Major prés Santa Teresa Galura (Reverchon).

Melica picta C. Koch.

Conspectus, p. 818. Russie mérid.; Bulgarie ; Serbie ; Banat.

Loc. nouv. AvurRICHE. Bohême: Wonoklas prés Dobrichowitz (P. Hora).

Poa attica Doiss. et Heldr.

Conspectus, p. 834. Italie mérid.; Ischia ; Sicile; Gréce; Istrie.

Loc. nouv. EsPAGNE. Prov. de Cadix : Jerez, Grazalema (Perez-y- Lara): Minorque (Rodriguez). Existe aussi en Dalmatie, suivant M. Willkomm.

Aspidium remotum À. Br. (— À. Filix-mas >< spinulosum).

Conspectus, Suppl. I, p. 7. Allemagne : Bade, Prusse rhénane, etc.; Angleterre : Westemor.

Loc. nouv. AUTRICHE. Tyrol septentr. : bois ombragés prés Ratten- berg, entre les parents (Woynar).

38 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

M. l'abbé Hue fait à la Société la communication suivante :

LICHENS DE MIQUELON ENVOYÉS AU MUSÉUM par M. le D' DELAMARE et déterminés par M. l'abbé HUE.

Notre confrère, M. le D' Bonnet, constate dans la préface de sa Florule des îles de Saint-Pierre et Miquelon, publiée dans le Journal de botanique du 1% août 1887, que la flore de Miquelon, possession française depuis plus de deux siècles, nous est cependant demeurée à peu près inconnue jusqu’à ces dernières années. Si au point de vue phanérogamique les renseignements un peu anciens sont rares, ils font complètement défaut sous le rapport cryptogamique. M. Bonnet, dans la partie bibliogra- phique de son travail, ne peut citer qu’un fascicule d’Algues de Miquelon, publié en 1829 par Bachelot de la Pylaie ; quant aux Mousses et aux Li- chens, on ne trouve sur eux aucun document. Un de nos confrères, M. le D' Delamare, médecin de la marine, qui habite Miquelon depuis plu- sieurs années, a travaillé à combler cette lacune. Il a recueilli, avec un zèle éclairé, de nombreux et beaux échantillons de Lichens, qu'il a envoyés au Muséum de Paris. Ce sont ces Lichens qui font l'objet du présent travail, et à la suite du nom de chaque espéce, j'ai relevé avec grand soin toutes les indications manuscrites fournies par M. Delamare. Aux espéces dontles échantillons sont conservés au Muséum, j'en ai ajouté quelques-unes que m'a obligeamment communiquées M. le D* Viaud- Grand-Marais, de Nantes ; elles proviennent d'ailleurs de la méme source.

M. Delamare, dans sa lettre à M. Malinvaud insérée au Bulletin de lan- née derniére (p. 137), annonce la prochaine publication des Mousses et des Lichens de Miquelon. M. le capitaine Renault, d'Aurillac, s'occupe de l'examen des Mousses; quant aux Lichens, M. le D" Arnold, le liché- nologue bien connu de Munich, a donné, dans la Revue mycologique de juillet dernier, une liste de 113 espéces recueillies par M. Delamare. Deux ans auparavant, en mai 1885, la Revue horticole de Marseille avait publié les noms de 41 espéces de Lichens récoltées à Miquelon par M. le comte de Saint-Phalle, commandant des iles, et déterminées par M. le professeur Nylander. Sur ce nombre de 41, 4 espéces ne sont pas men- tionnées sur la liste de M. Arnold et n'ont pas été envoyés au Muséum, et enfin sur les 66 espéces conservées au Muséum, 15 ne sont pas parmi celles qui ont été déterminées par MM. Nylander et Arnold; nous arrivons ainsi à un total de 132 espéces de Lichens connues jusqu'à ce jour pour l'ile Miquelon. Ce nombre est assez considérable, si l'on a égard à la superficie de cette ile, qui n'a qu'un peu plus du tiers du département de la Seine,

HUE. LICHENS DE MIQUELON. 39

Comme le fait remarquer M. l'abbé Dominique dans la charmante intro- duction qu'il place en téte de la nomenclature des insectes de cette ile (Feuille des jeunes Naturalistes, 1* mars 1887), Miquelon est située moins au nord qu'une partie de la France, mais son été est sans chaleur, et par son climat elle appartient à la zone froide. Il ne faut donc pas s'é- tonner de trouver une bonne partie des espèces arctiques. Cependant, il faut remarquer que certains Lichens, qui sous ce climat « sont chez eux »,comme le dit M. l'abbé Dominique, y fructifient difficilement. Ainsi les Cladina rangiferina et silvatica, qui tapissent de grands espaces dans l'ile, offrent trés rarement des apothécies. En dehors des espéces arctiques, la plupart des autres sont cosmopolites ; une seule appartient aux climats plus tempérés, le Nephromium lusitanicum (Schær.).

1. Sphærophoron coralloides Pers.

115, sur la terre, butte d'Abondance. 429, sur la terre, quelquefois sur les roches. 470, sur la terre parmi les Mousses ; 18 aoüt 1882.

Trés commun ; le second échantillon seul est fertile.

2. S. fragile Pers. Sans localité et stérile. 3. Bæomyces iemadophilus Nyl. 503, sur la terre et les Mousses ; novembre 1882. Rare. Sporæ 1-3-septatæ, longit. 0,024-26, crass. 0,005 millim. Gelatina hymenia- lis I cærulescit, dein pro maxima parte decoloratur, thecis vinose rubescen- tibus. À. Stereocaulon coralloides Fr. Roches schisteuses du Calvaire ; 12 aoüt 1882. Thallus bene evolutus numerosaque praebens apothecia. Sporæ fusiformes 3-septatæ, longit. 0,024-26, crass. 0,004 millim. 9. S. denudatum Fk. 461, sur des roches granitiques au fond d'un ravin, prés du ruisseau du Renard. Ordinairement on ne trouve ce Lichen à Miquelon que sur des roches schisteuses, il croit en com- pagnie du S. coralloides ; aoüt 1882.— N^489, sur un amas de pierres occupant le fond d'un ravin couvert d'une trés grande épaisseur de neige en hiver et transformé parfois en ruisseau à la fonte des neiges, environs du ruisseau du Renard; 15 sep- tembre 1882. 491, sans localité.

Apothecia satis rara ; sporæ fusiformes 3-5 septatæ, longit. 0,033-38, crass. 0,004 millim. Cephalodia numerosa plus minusve fuscescentia; in his cons-

40 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888,

piciuntur gonimia virescenti vel lutescenti-glauca, forma ssepius oblonga, lougit. 0,007-9 millim.

6. Cladonia pyxidata Fr. f. simplex Ach.

T1, montagne du Chapeau, sur les roches ou dans leurs fis- sures; 26 mars 1882.

7. €. ehlorophzea L.; Fik. de C. comm. p. 10; Norrlin, Ezsicc. 404.

N* 80, sur les Mousses qui couvrent les branches des Sapins à un pied du sol, versant sud du Chapeau : 9 juin 1882.

8. €. gracilis var. chordalis Flk.

N^ 131, sur la terre, peu commun. 453, sur la terre, butte d'Abondance; 18 août 1882. 468, méme localité, moins commun que les autres Cladonia.

Var. elongata Ach.

Sur la terre, parmi les autres Cladonia. Communiqué par M. le

D" Viaud-Grand-Marais. var. macroceras Àch.

71, sur la terre, montagne du Calvaire; 15 mai. 451, sur

la terre, butte d'Abondance ; août 1882, Assez commun. f. abortiva Schær.; Nyl. Synop. I, p. 197.

452, sur la terre, butte d'Abondance; août 1882. Assez

commun.

Podetia 9-17 cent. alta, in basi et in media parte pallide virescentia, in apice autem infuscata. Quedam sunt ramosa et subulata, sed pleraque. recurva vel hamata.

9. €. verticillata Hoffm. 122, sur la terre, au pied des mornes de Mirande; 18 août 1882. forma phyllophora Flk. (avec le type).

466, dans les parties les plus sèches et les plus dénudées des plaines de la terre grasse et de celles entre la terre grasse et les mornes de Mirande. Commun.

10. €. degenerans Fik.

Juin 1882, août 1883. Communiqué par M. le D" Viaud-Grand- Marais.

f. gracilescens Flk. Sans numéro, sur la terre, 18 aoüt 1882.

TIE

12.

13.

14.

15.

16.

AT.

18.

19.

HUE. LICHENS DE MIQUELON. A

€. scabriuscula Del. N 58 et 59, buttes Granjean ; 15 juin 1882 et octobre 1881.

C. furcata f. subulata Del. 60, butte d'Abondance ; octobre 1881.

f. squamulosa Schær. 428, sur la terre ; 18 août 1882. f. fissa Flk. de C. comm., p. 151. N? 439, sans localité. Var. corymbosa Nyl. 118, sur la terre, buttes Granjean ; 27 juin 1882.

var. racemosa Hoffm. Communiqué par M. le D" Viaud-Grand-Marais.

€. pungens Ach. Sans numéro ni localité.

€. erispata (Ach.) Nyl. 487, dans les plaines autour du ruisseau du Renard ; 15 sep- tembre 1882. Peu commun. C. squamosa Hoffm. Août 1882. Communiqué par M. le D” Viaud-Grand-Marais.

€. cornucopioides Fr. 11, sur les roches ou dans leurs fissures, montagne du Cha- peau; 26 mars 1882. €. digitata Hoffm. Mai 1883. Communiqué par M. le D* Viaud-Grand-Marais.

€. bacillaris Ach. Sans numéro, roches schisteuses du Calvaire ; 12 aoüt 1882.

Cladina rangiferina Hoffm. 85, 114, 116, 432, 436, 444, 450, 451, 459, 460, 461, 465, sur la terre, butte d'Abondance. N 444, 447 et 449, plaines du Renard; juin et août 1882. Trés commun.

Raro fertilis; variat podetiis gracilioribus (N° 433, sur la terre, butte d'Abon- dance).

var. gigantea Ach.

42 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888. N^ 53, butte d'Abondance; octobre 1881. 456, sur la terre dans toutes les plaines tourbeuses ; août 1882. Stérile. Var. adusta Del. 88, butte d'Abondance; 15 juin 1882. Stérile. 20. Cladina siivatica Hoffm.

N^ 32, 55, 83, 84, 190, 455, 456, 458 et 403, sur la terre, butte d'Abondance. Octobre 1881; juin et août 1883. 117, au Calvaire ; juin 1882. 445, plaines du Renard, août 1882. Trés commun.

Podetia sunt albida vel straminea, levia vel verrucosa, sed semper K+. Distinguenda est forma apicibus podetiorum brevissimis, infuseatis sed rectis. (N° 442, butte d'Abondance et 448, plaine du Renard). Fere semper sterilis.

var. alpestris Ach.

53, au milieu des Mousses et des Bruyères trés commun partout ; 443, bulte d'Abondance; 443, plaines du Renard; aoüt 1882. Stérile.

Var. pumila Ach. 431, sur la terre, sans localité ; août 1882. 21. €. uncialis Hoffm. N^ 57 et 87, sur la terre, butte d'Abondance ; octobre 1881, 15 juin 1882. Var. biuneialis Hoffm. var. obtasata Schær. Sans numéros ni localités; ces deux variétés sont stériles, ainsi que le type. Var. turgescens Fr. 471, sans localité. Stérile. 22. €. lacunosa Del.

54, 421, 430, 435 et 438, sur la terre, butte d’Abondance ; août 1881 et 1882. 471, sans localité. Sæpius crescit sterilis, sed in nonnullis numeris, 471, etc., bene fructifica-

tur. Sporz simplices longit. 0,008-11, crass. 0,004 millim. Gelatina hymenialis I cærulescit et dein vinose fuscescit, thecis intensius coloratis.

23. Usnea dasypoga Ach.

68, sur les vieux Pins, au bord du ruisseau de la Carcasse ; 17 mars 1882. Stérile.

HUE. LICHENS DE MIQUELON. 43

24. U. plicata Fr. 1882 ; communiqué par M. le D" Viaud-Grand-Marais. Stérile. 25. U. intestiniformis Nyl. Communiqué par le méme. Stérile. 26. Alcetoria divergens (Ach.) Nyl. 440, sur la terre, plaines tourbeuses, près du ruisseau du Renard, aoüt 1882.

Medulla K (CaCl) + erythrinosa evadit. Thallus gracilior quam in sequente, minus niger et inferne lutescens.

464, sur la terre, butte d'abondance ; août 1882.

Planta typica ; ambo steriles

Zh © nigrieans (Ach.) Nyl. 469, sur la terre, parmi les Mousses, butte d'Abondance; aoüt 1882. Stérile. 28. A. jubata var. chalybeiformis Ach. 68, sur les vieux Sapins, prés ‘du ruisseau de la Carcasse ; 17 mars 1882. Stérile. 20. A. ochroleuca (Ehrh.) Nyl. 86, sur la terre, parmi les Sphagnum, butte d'Abondance. Stérile. var. cineinnata Fr. 121, sur une roche du Chapeau ; 18 août 1882. Stérile.

30. Ramalina pollinariella Nyl. 70, sur les vieux Sapins, au bord du ruisseau de la Carcasse; 17 mars 1882. Stérile. 31. Cetraria islandica Ach. 126, sur la terre, en société des Cladonia ou isolé. 472, sur la terre, parmi les Mousses, 18 août 1882. Stérile. f. erispa Ach. Sans numéro, sur la terre, émergeant du milieu des Mousses ou des Cladina rangiferina ; 18 août 1882. Stérile. 32, €. acule-ta Fr.

N^ 113 et 426, sur la terre, butte d'Abondance: 18 août 1882. Parfois fertile.

44 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

ead. et var. muricata Ach.

84, sur la terre et les roches schisteuses, au Calvaire (altitude 112 métres). Le méme Lichen se trouve rarement sur le roc, quand celui-ci est rongé, porphyroide, ou sur le granite. Ainsi on ne le récolte qu'à terre au pied du roc sur la montagne du Chapeau, dont la roche est différente de celle du Calvaire ; 10 juin 1882. Stériles.

39. Platysma ciliare Nyl. l

69, sur les vieux Sapins des bords du ruisseau de la Carcasse ;

17 mai 1882.

Apothecia 2-40 millim. lata, fere totam thalli superficiem tegentia. Sporæ globulosæ diam. 0,004-5 millim. Gelatina hymenialis I cærulescens, dein ful- vescens. Est forma ciliis fere omnino deficientibus.

34. P. Pinastri (Scop.) Nyl.

72, sur les branches des vieux Sapins des bords du ruisseau de la Carcasse; 47 mai 1882. Stérile.

35. P. glaucum Ach. Communiqué par M. le D' Viaud-Grand-Marais. Stérile. f. fuseum Flot.

435, sur la terre, au cap Miquelon ; habite aussi sur les roches ; août 1882. Stérile.

36. Parmelia centrifuga Ach.

N^ 74 et 76, sur les rochers de la montagne du Chapeau ; 24 et 26 mai 1882.

Pars supera thalli K flavescit, dum intacta remanet medulla, sed K (CaCl) hæc erythrinosa evadit. Fertilis.

31. P. saxatilis Ach.

66, sur les rochers du Calvaire ; 12 mai. 79, sur les rochers de la butte aux Truites ; 29 mai 1882. Fertile.

f. furfuracea L.

67, sur les roches granitiques et schisteuses; 17 mai 1882.

38. P. fraadans Nyl. Scand. p. 100; Add. (4) 301; Norrl. Ezsicc., 25.

73, sur les Pins dans le bois de Bellivaux ; 20 mai 1882. Apothecia badio-rufa, latit. 1-4 millim.; sporæ longit. 0,015, crass. 0,009 mil.,

(1) Addenda ad Lichenographiam europæam celeberrimi Nylander dispos. A. Hue.

HUE. LICHENS DE MIQUELON. 45

episporio crasso. Gelatina hymenialis I cærulescens, dein vinose rubens, the- carum apice intensius tincto. Optime dignoscitur hec Parmelia sporis, sore- diisque in margine et in superficie thalli dispositis et semper sparsis, nec non laciniis subtus rugosis, non lævibus et nitidis ut in P. sazatili.

39.

40.

41.

42.

43.

49.

46.

41.

48.

P. Omphalodes Ach.

N* 14, roches du Chapeau ; 24 mai 1882. Stérile.

Des échantillons, récoltés le 11 mai de la méme année, sur les rochers de la montagne du Calvaire, ont de belles apothécies ; communiqués par M. le D" Viaud-Grand-Marais.

P. fuliginosa (Fr.) Nyl. 502, sur les roches, au pied du cap Miquelon, à 100 mètres de la rade ; 23 octobre 1882. Stérile. P. physodes Ach. 61, sur les rochers; mai 1882. Stérile. Stictina croeata Nyl.

1882, communiqué par M. le D* Viaud-Grand-Marais.— Stérile.

Lobaria pulmonacea (Ach.) Nyl. I 42, 62 et 64, sur les Sapins et les Spruces (Abies canaden- sis), prés du lac aux Canards; 26 mars 1882. Stérile.

. Lobarina scrobiculata (Scop.) Nyl.

65, sur les Sapins, dans les environs du lac aux Canards; 26 mars 1882. Fertile.

Nephroma arcticum Fr. Juillet 1883. Communiqué par M. le D' Viaud-Grand-Marais. Fertile.

Nephromium lusitanicum (Schær.) Nyl. 193, sur les Sapins ; 18 août 1882.

Peltidea aphtosa Hoffm. 78, au milieu des Mousses, sur la montagne du Chapeau (altit. 112 mètres), prés du sommet ; 26 mai 1882. Stérile.

Peltigera seabrosa Th. Fr. Lich. Arct. p. 45; Norrl. Exsicc., n? 116. 419, roches du Calvaire dont l'altitude au sommet est de 16 métres.

Pagina supera thalli sub lente scabra apparet, sporæ longit. 0,077, crass. 0,004 millim.

46 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

49. Physcia parietina Var. polycarpa (Ehrh.) Nyl. 72, sur les petits rameaux des Sapins, près du ruisseau de la Carcasse ; 11 mai 1882. Fertile.

90. P. subobseura Nyl. Scand. p. 368; Add. 368; Arnold, Lich. de Miquelon, 46, sub Parmelia marina E. Nyl.

N? 507, sur une roche prés de la mer, cóté nord-est de la rade, mais hors de l'atteinte des marées ; 24 octobre 1882.

Thallus K +; sporz fuscæ, 1-septatæ, longit. 0,014-18, crass. 0,009-10 mil. Spermatia cylindrica, longit. 0,004-45, crass. 0,0008 millim.

51. P. aipolia (Ach.) Nyl. Add. 373.

63, sur les Spruces (Abies canadensis), dans le bois de Belli- vaux ; 10 mars 1882.

52. Umbilicaria pustulata Hoffm. Sans localité ; communiqué par M. le D' Viaud-Grand-Marais.

Non est typus in saxis Galliæ vulgaris, sed forma thallo parum expanso, latit. 5-6 centim. Pagina infera nunquam nigricans, sed semper fuscescens vel sordide cinerascens. Apothecia satis parva (latit. 0,5 vel 4 millim.) facile in parvulis acervis agglomerantur.

var. papulosa Ach.; Nyl. Synop. II, p. 4. N°: 23 et 75, sur les roches du Chapeau ; 26 mai 1882.

Thallus paulo major (latit. 7 cent.) quam in præcedente forma, sed utriusque medulla CaCl erythrinosa evadit. Illius Lichenis pagina supera vix est pruinosa versus centrum, infera autem pallide fuscescit vel cinerascit. Epithecium K ru- bro dissolvitur.

ambas Umbilicariæ, vel saltem una aut altera pluries distribute fuerunt sub nomine U. pensylvanica Hoffm. Cl. Arnold, in suis exsiccatis, sub 1104 hanc dedit varietatem, et in « Lichens de l'ile Miquelon », hoc servat nomen pensylvanicum ut var. U. pustulatæ. Censeo autem nomen pensylvanicum, ob confusionem vitandam, ibi delendum. Nam adest U. pensylvanica Hoffm. ab U. papulosa Ach. differens jam colore thalli et sporarum mensura. In utraque, h. e. in U. papulosa et in U. pensylvanica, thecæ sunt monosporæ, sed in priore sporz sunt longit. 0,045-101, et crassit. 0,026-51 millim.; in pos- teriore vero, h. e. in U. pensylvanica Hoffm., sporæ magis fuscescentes sunt tantum longit. 0,046-58, crass. 0,021-34 millim., saltem in speciminibus a cl. Lojka in Caucasio lectis. In utraque etiam spermatia arthrosterigmatibus infixa sunt longit. 0,003-4, crass. 0,001 millim. Apud Nylander, loc. cit. p. 5, spore paulo majores indicantur.

99. U. dictyiza Nyl. loc. cit. Sur les rochers, 1886. Communiqué par M. le D* Viaud-Grand-Marais.

Hzc Umbilicaria omnino similis est specimini in Herb. Musei parisiensis asser- vato, quoad formam et colorem thalli rugasque inter papulas sitas. Apothecia latit. 0,035 millim. raro dispersa sunt; in glomerulis latit. 2 millim. Sæpius

HUE. LICHENS DE MIQUELON. 47

acervantur. Thecæ monosporæ; spora primum incolor, dein fuscescens vel nigricans, longit. 0,060--73, crass. 0,028-35 millim. Gelatina hymenialis l cæ- rulescens, dein vinose rubens et sporæ ita tinguntur.

94, Gyrophora proboscidea DC. Butte du Chapeau; juillet 1885.

var. duplicans Nyl. Méme localité. Tous deux communiqués par M. le D' Viaud- Grand-Marais. Thallus CaCl +. 99. G. Muehlenbergii ACh, i N~ 23, 75 et 125 ; rochers du Chapeau.

Thallus sæpe late expansus et usque ad 12 cent. attingens. Medulla CaCl +, pulchre erythrinosa evadit. Reactio partis corticalis CaCl parum visibilis, K (CaCl) evidens fit.

06. G. hyperborea Hoffm.

Rochers du Chapeau ; 16 octobre 1883. Communiqué par M. le D" Viaud-Grand-Marais.

Reactio erythrinosa medullæ CaCl fere nulla, K (CaCl) evidens apparet.

Aliquando fusco pallescit pagina infera thalli; cf. Nyl. Synop. Il, p. 17.

91. Lecanora scopularis Nyl. Norrl.Ezsicc. 380.

Sur une roche maritime de la Pointe, hors marée, mais recevant les embruns; 24 juin 1882. Communiqué par M. le D" Viaud- Grand-Marais.

Spore placodiomorphæ longit. 0,011-13, crass. 0,0055-60 millim.; paraphyses articulate.

98. L. granulosa Muell.-Arg.; Lamy Cat. de Cauterets, 214; Wedd. Amphil. p. 48; Flag. Lich. de la Franche-Comté, 174.

Rochers maritimes. Communiqué par M. le D" Viaud-Grani- Marais.

Non sine dubio hunc inscribo Lichenem, qui nec apotheciis nec spermogoniis gaudet.

99. L. campestris Schær.

506 A. Sur les roches du bord nord-est de la rade; 24 oc- tobre 1882.

Le type de cette espèce m'a été communiqué par M. le D" Viaud- Grand-Marais.

Sub hoc numero invenitur forma apotheciis et spermogoniis rubricose tinc- tis; pars superior hymenii ita tingitur. Spore sunt eædem ac in typo, longit.

48 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

0,011-20, crass. 0,007-9 millim.; nec spermatia differunt, sunt enim curvata, longit. 0,013-18, crass. vix 0,001 millim. Gelatina hymenialis I bene cærulescit, cærulescentia persistente, thecis et sporis rubescentibus. 60. Lecanora polytropa (Ehrh.) Nyl. N* 506 C. Sur les rochers du bord nord-est de la rade; 24 oc- tobre 1886.

61. L. tartarea Ach. 504 et 505, sur une roche, prés de la mer en dehors du flot, bord nord-est de la rade; 24 octobre 1882. Stérile. Thallus K + flavescens, K (CaCl) et etiam CaCl + erythrinosus.

Var. frigida Sm.

N* 494, sur les buttes de tourbe séche. Sans numéro, sur les Mousses et les végétaux détruits. Bien fructifié.

Var. gonatodes Ách. 82, sur les Mousses, versant nord-ouest du Calvaire, à l'alti- tude de 60 métres environ. Egalement couvert d'apothécies. In utraque varietate, spore, paulo minores quam in typo, sunt vel subglobu-

lose longit. 0,048, crass. 0,038 millim., vel oblongæ longit. 0,031-53, crass. 0,020-39 millim. Gelatina hymenialis I cærulescit, dein vinose rubescit.

62. L. ventosa Ach. 76, sur les rochers de la montagne du Chapeau; 26 mai 1882.

63. Pertusaria panyrga Ach. Communiqué par M. le D" Viaud-Grand-Marais.

64. Lecidea rivulosa Ach. Décembre 1885; communiqué par le méme.

Apothecia nigra marginata disco rubricoso, si in aqua immergantur. Sporæ cylindrico-oblongæ, longit. 0,009-11, crass. 0,030-45 millim.; sæpe in eadem theca reperiuntur spore diversis formis, aliæ enim sunt oblongæ, aliæ leviter fabaceo-curvule, et aliæ globosæ, diam. 0,005 millim.; cf. Th. Fries, Lich. Scand. p. 450. Epithecium fuscescens, hypothecium incolor, sed strato inferiori fuscescens. Paraphyses crass. 0,002 millim. discrete, sspe ramosæ et apice incrassatæ Gelatina hymenialis I leviter cærulescens, dein vinose rubescens ; thecæ intensius tinguntur et circa earum apicem cærulescentia permanet.

65. L. eupetrsea Nyl. Add. 1364. 506 B. Sur les rochers du bord nord-est de la rade; 24 octobre 1882. Thallus K + flavescit, dein ferrugineo tingitur; medulla T. Spore 3-sep-

tatæ et parce murali- divisæ, longit. 0,026-35, crass. 0,012-15, primum incolores, dein leviter nigricantes.

H. DE VILMORIN. CROISEMENTS ENTRE BLÉS DIFFÉRENTS. 49

66. L. geographica (L.) Fr.

Sans localité ni date, communiqué par M. le D" Viaud-Grand- Marais.

M. Duchartre présente à la Société un Cyclamen de Perse cau- lescent, et donne quelques détails sur cette plante.

M. Henry de Vilmorin fait à la Société la communication sui- vante :

EXPÉRIENCES DE CROISEMENT ENTRE DES BLÉS DIFFÉRENTS, par M. Henry de VILMORIN.

J'ai eu l'honneur, il y a quelques années, d'entretenir la Société des résultats obtenus en croisant entre elles des formes diverses du Blé cultivé (1). Aujourd'hui je lui demande la permission d'appeler son atten- tion sur une nouvelle famille. C'est le produit de la fécondation du Blé de Pologne par la Pétanielle blanche, ou, pour suivre les désignations de groupes généralement adoptées, d'un Blé de Pologne par un Poulard. De ces Blés, au nombre de sept, trois présentent les caractères des Blés : tendres, et quatre se rapprochent plus ou moins des Blés durs. C'est-à- dire que tous sans exception sont sortis des groupes auxquels appartien- nent soit la plante porte-graine, soit la plante porte-pollen.

C'est en 1881 qu'a eu lieu la fécondation. Des grains obtenus en petit nombre et avec assez de peine, un seul a végété. Il en est sorti, en 1882, un Blé à épi trés long (pl. I), à épillets distants et allongés, presque com- plétement dépourvu de barbes, quelque chose d'intermédiaire entre les n** 1 et 2, A et B, de la série récoltée cette année.

En 1883, les formes se différencient. C'est la régle de la variation désordonnée.qui trouve son application. Quatre formes seulement sont conservées à la récolte de 1883, A, B, C, D. De ces quatre formes, la der- niére n'a pas été conservée jusqu'ici. C'était un Blé de Pologne presque pur, offrant seulement le caractére d'avoir les glumes des fleurs les plus extérieures foliacées, comme lesa toujours le Blé de Pologne, et celles des fleurs du milieu de l'épillet courtes et creusées en nacelle comme dans tous les autres Blés. A la génération suivante ce caractère avait disparu, au moins en apparence, et la forme D, considérée comme ayant fait retour au type, a été laissée de cóté. Assurément il y aurait eu des observations intéressantes à faire en la continuant; mais, dans des expériences du genre

(1) Voyez le Bulletin, t. XXVII (1880), pp. 73, 356. T. XXXV. (SÉANCES) 4

50 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

de celles que je relate ici, si l'on suivait toutes les voies qui s'ouvrent à l'observation, on aurait en quelques années non pas seulement des cen- taines, mais des milliers de lots divers à cultiver et à observer chaque année.

Pour la clarté des détails que je dois donner sur chacune des sept formes conservées, je désignerai chacune d'elles par un signe qui permet- tra d'en suivre la généalogie, j'appellerai la premiére A, la seconde D, la troisième B!, la quatrième B?, la cinquième Ct, la sixième C’, la sep- tième C*. A (pl. II) est la descendance directe de la plante A choisie en 1883. D'année en année les caractères y sont restés assez stables. Une particularité singulière a subsisté quatre ans dans cette forme, c'était une tendance à produire deux épillets au lieu d'un à certains nœuds du rachis. Il semblait que le développement foliacé qui se manifeste dans les enve- loppes florales du Blé de Pologne n'avait disparu que pour se traduire par une multiplication du nombre des fleurs. Les deux épillets se montraient accolés ou accouplés, l'un plus intérieur, l'autre plus extérieur, à quatre ou cinq des articles de l'épi. En 1887, ce caractère a disparu presque complétement, il ne se trahit plus que par la présence d'une glume sup- plémentaire en dehors d'un des épillets. La forme A est visiblement à classer dans les Blés durs. J'ai dans ma collection un Blé du Liban qui * s’en rapproche d'une façon non douteuse. D, B! et B? proviennent de la forme B de 1883. Le Blé qui leur a servi d'ancétre commun avait lépi trés effilé, les épillets allongés et distants, il présentait une tendance visible à se rapprocher des Blés tendres, phénoméne vraiment singulier dans la descendance d'un Blé de Pologne et d'un Poulard, si l'on ne veut pas admettre que tous les Blés cultivés ne sont en somme que des modi- fications d'une seule espéce. Cette tendance à devenir Blé tendre m'a paru assez intéressante chez B pour que, parmi des variations assez nombreuses, jaie choisi seulement, en 1884 et en 1885, celle qui s'avancait le plus nettement dans la direction cherchée.

En 1886, trois formes, toutes les trois bien caractérisées en tant que Blés tendres, ont été conservées ; elles se sont reproduites plus ou moins fidèlement en 1887.

B est un beau Blé tendre que l'on classerait sans hésitation dans la sec- tion de la Richelle de Naples et des Blés de Talavera. Il a la paille trés creuse, droite, l'épi dressé à épillets assez espacés, longs, les balles trés fortement vernissées, le grain blanc, demi-corné, comme beaucoup'des Tougelles et autres Blés tendres du Midi.

B' (pl. II) ne diffère de B que par ses épillets plus courts et son grain plus franchement tendre. La couleur en est un peu variable encore ; en 1886, il était rouge pàle. Cette année, B' a rendu autant de plantes à grain blanc qu'à grain rouge. ll est bon de noter en passant que les deux

H. DE VILMORIN. CROISEMENTS ENTRE BLÉS DIFFÉRENTS. 91

parents primordiaux, le Blé de Pologne et la Pétanielle blanche, sont à grain blanc.

D* était un Blé tendre barbu, assez analogue à B, à part la présence des barbes. En 1887, sept plantes sur dix ont conservé le caractère d’être barbues. Trois sont devenues imberbes, mais en gardant tous les caractéres de Blés tendres.

C, tel qu'il a été choisi en 1883, était un Blé à épi sans barbes, à balles trés vernissées, voisin de B et ressemblant assez exactement à la forme B de 1887. C'est celui dont l'histoire présente les exemples de transforma- tion les plus curieux.

En 1884, à cóté d'un Blé presque tendre, sans barbes, à épi effilé, qui reproduit assez exactement la forme choisie, C donne un Blé barbu, à épi compact, à balles fortement colorées de gris foncé, à grain long, mince, corné. En un mot, c'était un Blé dur qui reparaissait subitement dans un lot qui paraissait en voie de donner des Blés franchement tendres. Cette forme vraiment curieuse et qu'on peut dire ambigué entre les Dlés tendres barbus, les Poulards et les Blés durs, s'est immédiatement fixée; en 1885, 1886 et 1887, elle s'est reproduite semblable à elle-méme et telle que vous la voyez aujourd'hui (pl. II).

La forme C, qui en 1884 était restée assez semblable à son ascendant immédiat et avec des tendances évidentes à devenir Blé tendre, opère en 1885 une évolution trés marquée. Elle retourne en apparence au Blé dur, au moins par la forme trés pointue de ses balles et la consistance de son grain. La volte-face est si prononcée que je ne conserve pas la lettre C pour désigner des descendants si nettement modifiés de la réserve de 1885, et j'appelle C? et C? les deux Blés que je conserve parmi la descendance de C. Ce sont des Blés à épillets élargis, à balles trés aigués, du reste fort analogues entre eux. C? s'étant montré peu vigoureux et C? présen- tant avec une plus grande force de végétation toutes les formes qui se trouvaient dans C?, celui-ci a été abandonné et deux formes distinctes choisies dans C? en 1886 ont recu les désignations de C? et C* (pl. IT).

Cette année, l'une et l'autre se sont reproduites trés fidélement. C? est un Blé dur, roux clair, barbu, qui n'a d'un peu extraordinaire que sa paille presque complètement creuse et sa grande facilité à s'égrener; ce sont des caractères inusités dans les Blés durs.

C5, par sa paille pleine, ses balles pointues, velues, se rapproche tout à fait de certains Blés durs connus, mais il est dépourvu de barbes, ce qui est tout à fait contraire à ce qui se voit d'ordinaire dans les Blés durs. La couleur grise des balles se rapproche de celle que présente la forme Cf, mais elle contraste d'une facon marquée avec la blancheur de l'épi dans le Blé de Pologne et dans la Pétanielle blanche.

En somme, la série de Blés que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui

94 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

à la Société confirme les observations faites les années passées à l'occa- sion d'autres croisements. D'abord il en résulte qu'à part la question de difficulté matérielle de l'opération, le Blé de Pologne se préte comme les autres à étre fécondé parle pollen de Blé appartenant à une autre forme, et avec production de grains fertiles. Les variations, comme dans les autres séries précédemment observées, se manifestent surtout nombreuses et étendues à la seconde année qui suit le croisement, mais elles conti- nuent à se produire pendant deux ou trois ans de plus pour quelques- unes des formes issues du croisement. La production de véritables Blés tendres dans la descendance d'un Blé dur et d'un Poulard semble enfin apporter un argument de plus en faveur de l'opinion qui fait des diverses formes du Blé cultivé de simples variations d'une seule et méme espéce.

M. Duchartre demande à M. Vilmorin s'il peut présumer quelle est la forme du Blé à l'état sauvage et réellement spontané.

M. de Vilmorin pense que c'est un Blé tendre et barbu ; il assimile les races du Blé aux races humaines au point de vue de leur valeur taxonomique. Il insiste sur le fait de la grande variabilité du Blé et de l'Orge, tandis que le Seigle, espéce voisine, est au contraire trés stable. Il considère le Triticum monococcum et le T. sati- vum eomme spécifiquement distincts.

Répondant à M. Malinvaud, qui lui demande quelle serait, d'aprés lui, la patrie du Blé sauvage, M. de Vilmorin dit que M. Olivier croit avoir trouvé le Blé spontané en Orient, et qu'un voyageur francais, dont lenom lui échappe, l'aurait aussi rencontré à 100 milles environ du golfe Persique.

D'aprés M. Bonnier, ce voyageur francais est peut-étre M. Hous- say, aujourd'hui maitre de conférences à la Faculté des sciences de Lyon, qui a visité la Perse, comme attaché à une mission francaise, et en a rapporté des échantillons de Blé sauvage.

M. Franchet a eu l'occasion d'examiner des spécimens de Blé rapportés du centre de l'Asie par divers voyageurs qui les avaient recueillis loin des cultures, mais dans le voisinage de campements ou sur les routes suivies par les caravanes. Ces échantillons de Blé demi-sauvage sont caractérisés constamment par l'appauvrisse- ment de l'épi, barbu seulement dans le milieu, ou plus rarement vers le sommet.

SÉANCE DU 13 JANVIER 1888. 53

M. le Secrétaire général donne lecture de la lettre suivante : LETTRE DE M. LOMBARD-DUMAN A M. MALINVAUD.

Sommières, 3 janvier 1888.

Monsieur le Secrétaire général et cher collégue,

Le Bulletin a publié dans son 6, Comptes rendus des séances, du tome XXXIV, p. 323, une note de M. Henri Loret que je ne puis laisser passer sans protestation.

Il s'agit de l'herbier de Séguier et de la correspondance botanique du savant nimois avec Allioni : « L'herbier de Séguier, dit en substance M. H. Loret dans cette note, était en train de pourrir à Nimes sous un escalier humide lorsqu'il en fut retiré à sa priére pour étre placé dans la bibliothèque, il est, dit-on, encore très négligé; quant aux lettres de Séguier à Allioni, dont les originaux se trouvaient à Turin, c’est encore d la prière de M. Loret que la bibliothèque de Nimes en reçut une copie superbement reliée par les soins de M. Gras ; mais ce beau volume aurait, dit-on encore, disparu de la bibliothéque de Nimes. »

Que les amis dela botanique et de son histoire se rassurent : le pré- cieux volume offert à la ville de Nimes parle bibliothécaire de Turin n'est jamais sorti de notre bibliothèque ; il y est inscrit sous le 309 dans le catalogue des manuscrits, ainsi qu'en témoigne la lettre ci-jointe de M. le bibliothécaire de la ville de Nimes. Il eût été facile à M. H. Loret de s'informer auprés de qui de droit avant de lancer une pareille allé- gation.

J'en dirai autant pour l'herbier de Séguier : si le manuscrit de M. Gras n'est jamais sorti de notre bibliothéque, l'herbier de Séguier n'y est jamais entré. M. S. Clément, conservateur honoraire du muséum qui s'organise actuellement à Nimes, a tiré cet herbier du local malsain l'avait vu jadis M. H. Loret, et l'a soigneusement classé à la suile des riches collections minéralogiques léguées en 1784 par le savant auteur des Plante veronenses à sa ville natale. C'est donc à M. S. Clément seul que revient l'honneur de ce pieux sauvetage.

Veuillez agréer, etc.

La lettre de M. Fr. Paulhan, bibliothécaire de la ville de Nimes, qui accompagnait celle de M. Lombard-Dumas, contient la décla- ration suivante : « Monsieur, j'ai l'honneur de vous informer que la

54 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

» copie des lettres de Séguier à Allioni, faite par M. Gras, se trouve » toujours à la bibliothéque de la ville. Elle forme un volume relié » et enfermé dans un étui et est inscrite sous le 309, dans le » catalogue des manuscrits de la bibliothéque de Nimes dressé par » M. Molinier... »

M. le Secrétaire général dit, à la suite de cette lecture, qu'on saura gré à M. Lombard-Dumas de sa communication rassurante au sujet de documents aussi précieux pour l'histoire de la bota- nique que les lettres et l'herbier de Séguier.

M. Flot fait à la Société la communication suivante :

guai io SUR LES TIGES AÉRIENNES DE QUELQUES PLANTES, par M. Léon FLOT.

Au cours d'un travail que j'ai entrepris au laboratoire de Botanique de la Sorbonne sous la bienveillante direction de M. le professeur Bonnier, j'ai été amené à comparer les rameaux couchés de certaines plantes à ceux que ces plantes émettent verticalement et j'ai fait quelques obser- vations que je vous demanderai la permission de vous exposer.

1* Ajuga reptans. Si l'on examine un pied bien développé de cette plante, on peut y voir souvent trois sortes de formations simultanées : une tige verticale, centrale, florifère ; des stolons feuillés plus ou moins nonibreux, qui, aprés s'étre allongés quelque temps, s'enracinent et propagent la plante; des stolons qui, aprés s'être allongés comme les précédents pendant quelques entre-nœuds, se redressent et fleuris- sent dans la méme année.

En comparant des sections transversales de ces trois formations, on trouve les différences suivantes : La tige verticale florifère a les carac- téres bien connus de la tige des Labiées, savoir: la section en est rectan- gulaire, avec quatre paquets de collenchyme à ses angles; une écorce très développée, avec endoderme peu distinct; quatre faisceaux libéro- ligneux principaux correspondant aux angles de la tige et, entre ceux-ci, dix petits faisceaux, dont trois sur chacun des grands côtés et deux sur chacun des petits; dans les parties àgées, ces faisceaux sont reliés par une bande libéro-ligneuse, épaisse de 4-6 cellules, sans vaisseaux, et chacun d'eux est doublé d'un péricycle à parois épaisses, non lignifiées. La moelle est fistuleuse.

Le stolon jeune a la forme d'un losange ou d'une ellipse plus ou moins allongée, portant aux deux extrémités de son grand axe les paquets de collenchyme trés rapprochés deux par deux. Les faisceaux s'unissent

FLOT. OBSERVATIONS SUR LES TIGES AÉRIENNES. 55

promptementen un arc libéro-ligneux continu dans lequel proéminentseuls les quatre faisceaux principaux. Avec l'àge, la tige s'arrondit davantage, le collenchyme des angles disparait presque complétement, l'endoderme s’accentue, le péricycle présente des éléments de soutien à membrane épaissie, non lignifiée, l'arc libéro-ligneux s'épaissit considérablement et les éléments ligneux y ont des parois plus épaisses que dans le bois de la tige verticale. Il n'y a pas de lacune centrale dans la moelle qui est de dimensions réduites.

Le stolon florifére présente à sa base la méme structure que le précédent, mais dés qu'il commence à se redresser pour fleurir, il s'y produit des modifications auxquelles on pouvait s'attendre. Le bois s'amincit, la.tige reprend la forme rectangulaire et les faisceaux la disposition isolée décrite en premier lieu, les paquets de collenchyme s’écartent et vont occuper les quatre angles, et les dimensions de la moelle vont en augmentant.

Pour fixer les idées, je donnerai quelques mesures SLE de éva- luées en divisions de monmicromètre oculaire :

Tige verticale. Stolon. Stolon florifère. Bois + liber......... 5 14 6 Moelle: -oreen 103 27 52 GCOCE -a de 26 26 29 Linaria spuria. Cette Linaire présente deux sortes de pousses :

une verticale au centre, et, rayonnant autour de celle-ci, un nombre plus ou moins grand de pousses horizontales étalées sur le sol; toutes sont florifères.

Une section de la pousse verticale nous présente la forme d’une ellipse, avec un épiderme à cellules convexes, à parois radiales minces, un hypo- derme collenchymateux à 1-2 rangs de cellules; dans le péricycle deux assises de fibres scléreuses à large lumen, entourant un anneau libéro- ligneux continu et une moelle pleine.

Les pousses horizontales ont pour section un cercle, les cellules de l'épiderme sont plates, à parois radiales épaisses; elles entourent un hypoderme plus développé que dans le cas précédent, quoique l'écorce soit moins épaisse. L'endoderme y est trés distinct; les fibres du péri- cycle ne forment qu'une assise moins épaisse que dans la pousse verti- cale; mais la différence principale consiste dans la grande épaisseur de l'anneau libéro-ligneux et dans la réduction considérable de la moelle :

Pousse verticale. Pousse horizontale. Écorce...... ve 8 4 BOIS 0. 16 25

Nóosllé o oon 30 21

56 SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

Vinca minor. La Pervenche présente aussi deux sortes de tiges : les unes verticales non floriféres, les autres horizontales florifères.

La structure générale est à peu prés la méme ; les pousses horizontales sont cependant plus épaisses que les verticales et les canaux sécréteurs ‘y sont plus développés.

J'ai trouvé comme dimensions :

Pousse verticale. Pousse horizontale. UT T T 1 13 Bois e eee 3 6 Moele. - s 22 29

De ces observations paraissent résulter les faits suivants.

L'endoderme devient plus caractérisé dans les tiges horizontales.

Les faisceaux libéro-ligneux y confluent de bonne heure en un arc continu leur individualité disparaît presque complètement. L'épaisseur de cet anneau est toujours plus considérable que la partie eorrespon- dante des tiges verticales.

La moelle est moins développée dans les pousses horizontales, et la tige s'y arrondit progressivement ou brusquement.

Ces faits présentent un parallélisme frappant avec ceux qu'a décrits M. Costantin. Notre savant confrére enterrait en effet des portions de tiges vivant habituellement à l'air et constatait que dans les tiges ainsi enter- rées, l'écorce augmente tandis que la moelle diminue. Il remarquait de plus, dans certains cas et d'une facon accessoire, que les faisceaux des tiges enterrées ont tendance à s'unir en un arc continu. Tous ces change- ments, il les attribuait à l'influence du milieu, et ses nombreuses expé- riences lui ont donné des résultats toujours concordants.

N'est-il pas remarquable, dés lors, que des tiges absolument compa- rables, vivant dans le méme milieu, aient une structure différente suivant l'influence du géotropisme?

Ces observations sont encore trop peu nombreuses pour que j'en puisse déduire une loi générale; mais les premiers résultats m'ont paru assez intéressants pour que, tout en me proposant d'étendre cette étude à d'autres plantes végétant dans les mémes conditions, j'aie tenue à com- muniquer à la Société les premières indications qu'elle m'a fournies.

M. Daguillon fait à la Société la communication suivante :

DAGUILLON. STRUCTURE DES FEUILLES DE CONIFÈRES, 57

OBSERVATIONS SUR LA STRUCTURE DES FEUILLES DE QUELQUES CONIFÈRES, par M. A. DAGUILLON.

On sait que chez beaucoup d'arbres du groupe des Coniféres les feuilles insérées sur la tige principale (feuilles de la flèche) sont assez dissem- blables, par leur forme et leur port, de celles qui s'attachent aux bran- ches latérales. J'ai voulu chercher si ce dimorphisme extérieur ne corres- pondait pas à quelque différence de structure. Cette investigation m'ayant fourni des résultats, je me propose de la généraliser, et je présente aujourd'hui à la Société botanique des observations relatives à quelques types.

Pieea excelsa.

Dans le Picea excelsa, les feuilles, brièvement pétiolées, sont toutes alternes. Celles de la flèche sont dressées presque verticalement contre l'axe, vers lequel leurs pointes s’incurvent légèrement. Celles des bran- ches latérales, au lieu de s'appliquer contre leurs rameaux, ont une ten- dance trés marquée à s'étaler dans un plan à droite et à gauche; de maniére à acquérir une face supérieure et une face inférieure, dont les différences d'aspect permettront toujours de replacer dans sa position naturelle un rameau détaché de l'arbre.

La section transversale d'une feuille de la fléche est à peu prés qua- drangulaire, les faces dorsale et ventrale étant trés sensiblement caré- nées. Sous un épiderme formé d'une seule assise s'étend une couche presque continue d'hypoderme scléreux, prolégeant une masse de tissu conjonctif dont les cellules ont des parois légèrement sinueuses. Le centre de la coupe est occupé par la nervure unique de la feuille; elle est séparée du tissu conjonctif extérieur, qu'on pourrait appeler à bon droit cortical, par une assise fort nette et trés régulièrement circulaire de ceilules plus étroites dans le sens radial que dans le sens tangentiel et portant sur leurs faces de contact les cadres d'épaississement si fréquents dans les endodermes. Au milieu du tissu conjonctif que circonscrit cet endoderme, on remarque un faisceau libéro-ligneux séparé en deux por- tions symétriques par une bande de tissu conjonctif, et au dos duquel est développé un cordon de sclérenchyme à membranes fortement épaissies et lignifiées. A partir de l'endoderme les cellules du mésophylle sont dis- posées en files rayonuant assez réguliérement vers la surfaee de la feuille. Immédiatement au-dessous de l'hypoderme, vers la face inférieure de la feuille, et au voisinage des deux angles latéraux, on remarque deux canaux sécréteurs.

La section transversale d'une feuille prise sur une branche latérale,

DN SÉANCE DU 13 JANVIER 1888.

bien que quadrangulaire également, est beaucoup plus aplatie. La posi- tion des deux canaux sécréteurs et les rapports entre le bois et le liber de la nervure centrale permettent de s'assurer immédiatement que l'apla- tissement s'est produit de droite à gauche, et que la face qui au premier abord paraissait supérieure n'est autre qu'une face latérale. La torsion qu'on observe facilement sur Ja plupart des pétioles pouvait d'ailleurs faire reconnaitre extérieurement cette orientation de la feuille, couchée sur le cóté. Dans cette feuille dont l'épaisseur a été peu modifiée, mais dont la largeur a trés sensiblement diminué, la nervure centrale est devenue beaucoup plus gréle.

Fixons les idées par quelques nombres. Dans une feuille de la fléche, le rapport È de l'épaisseur à la largeur de la feuille était à peu près 1,2. Dans une feuille d'une branche latérale aussi comparable que possible à la précédente (je veux dire une feuille de méme âge prise sur le méme pied), ce rapport était devenu 4$ 2. Dans le méme système de mesure, le diamètre G de nervure centrale était exprimé par le nombre 3, d’où = 4, pour le premier cas; par 1, 8, d'où 6 à peu prés, pour le second cas. L'endoderme, dans la feuille de la fléche, comprenait 22 cellules; il n'en comptait que 16, sensiblement plus petites que les précédentes, dans la feuille latérale. La réduction avait donc porté surtout sur la nervure centrale.

La structure méme de cette derniére est d'ailleurs assez notablement modifiée quand on passe d'une feuille de la fléche à une feuille latérale. Dans l'exemple que je viens de citer, le bois comprenait 37 vaisseaux et le sclérenchyme 9 éléments, pour la feuille de la flèche; pour la feuille latérale, on ne trouvait que 30 vaisseaux ligneux et 5 éléments scléreux, les uns et les autres d'un calibre moindre que celui des parties corres- pondantes de la premiére. Le liber et le parenchyme conjonctif de la nervure participaient à cette réduction générale dans le nombre et le volume des éléments. :

Dans le parenchyme cortical, il n'y a guére d'autre différence à signa- ler que la diminution du nombre des assises cellulaires suivant le sens de l'aplatissement.

Reste l'hypoderme seléreux. Formé sur presque toute son étendue par une assise unique de cellules à parois épaissies et lignifiées, il se double d'une seconde assise vers l'angle inférieur dans la feuille de la fléche, tandis qu'il n'offre pas d'épaississement semblable ‘à l'angle supérieur. Au contraire cet épaississement hypodermique se produit, dans la feuille aplatie, aussi bien vers l'angle supérieur que vers l'angle inférieur, c'est- à-dire sur les deux bords rendus latéraux par la torsion du pétiole. Ce dédoublement de l’hypoderme aux deux extrémités d'un diamètre de la section transversale de la feuille manifeste une sorte de tendance que la

DAGUILLON. STRUCTURE DES FEUILLES DE CONIFÈRES. 59

nouvelle orientation de l'organe lui donnerait à prendre un nouveau plan de symétrie. Je dois ajouter que cette tendance ne se retrouve nullement dans le mésophylle, homogène comme celui des feuilles de la flèche.

Quant aux canaux sécréteurs, ils paraissent garder dans les feuilles aplaties à peu prés le méme calibre que dans les feuilles nettement qua- drangulaires.

Abies bracteata.

Les feuilles sont ici trés différentes d'aspect, suivant qu'elles sont fixées à la fléche ou aux branches latérales : les feuilles de la fléche sont courtes, épaisses, trés aiguës du bout et dressées obliquement; celles des branches latérales, beaucoup plus longues en général, sont larges, aplaties et s'étalent dans un plan de part et d'autre du rameau. Mais il est facile de reconnaitre, méme extérieurement, que cet aplatissement de la feuille se fait dans ce cas, comme chez tous les Abies, dans le sens dorsiventral, la face physiologiquement inférieure l'étant aussi morpho- logiquement.

L'aplatissement sera rendu sensible par les données suivantes : dans une feuille de la flèche, j'ai trouvé 0,27 à peu prés; dans une feuille latérale À 0,17 environ; avec les mêmes notations que pour le Picea excelsa.

Au milieu du parenchyme de la feuille, et séparée de lui par un endo- derme à grosses cellules arrondies, beaucoup moins net que dans les Picea, la nervure centrale présente la forme d'un cylindre à section ellip- tique dont le grand axe est transversal. Si l'on passe d'une feuille de la fléche à une feuille d'une branche latérale, cette section s'aplatit davan- lage encore ; le rapport de l'épaisseur à la largeur, pour la nervure, égal à 0,75 dans la première feuille, descend à 0,6 dans la seconde.

Dans l'Abies bracteata la principale différence entre les feuilles laté- rales et celles de la fléche consiste donc en un aplatissement du membre entier, qui s'étend à la nervure centrale.

L'épiderme qui recouvre extérieurement la feuille est interrompu à la face inférieure, de part et d'autre de la nervure centrale, par de nom- breux stomates rangés en files longitudinales sur deux bandelettes symé- triques. Les bandelettes sont plus larges et les files de stomates plus nombreuses sur les feuilles latérales que sur celles de la fléche.

L'épiderme est doublé intérieurement par un hypoderme scléreux, continu sur la partie moyenne de chaque face au niveau de la nervure, discontinu sur le reste de la face supérieure, absent le long des bande- lettes de la face inférieure.

Aux angles de la feuille, cet hypoderme est formé, comme partout ailleurs, d'une assise unique; mais landis que, dans les feuilles de la

60 SÉANCE DU 28 JANVIER 1888.

flèche, le parenchyme s'étend jusqu'au bord extrême entre les deux lames opposées de cette assise, celles-ci s'affrontent dans les feuilles des branches latérales de maniére à constituer une assise double, qui, sans interposition de parenchyme, prolonge le limbe sur les cótés par deux bandes minces et tranchantes.

Le mésophylle, dans le genre Abies, est hétérogène. Dans l'Abies bracteata, le tissu en palissade est beaucoup mieux développé à la fléche que sur les branches latérales; on y remarque deux assises fort nettes, dont une au moins disparait dans les feuilles aplaties.

Une derniére différence est à signaler dans l'organisation de l'appareil sécréteur : aux deux canaux symétriquement disposés vers les angles du limbe dans les feuilles de la fléche s'ajoutent, dans les feuilles latérales, deux canaux plus étroits, placés au voisinage immédiat des bandes sclé- reuses signalées plus haut.

J'ai décrit quelques-unes des différences que j'ai pu observer entre l'une et l'autre forme de feuilles dans l'Abies bracteata, parce qu'elles m'ont paru plus sensibles que dans d'autres espéces; mais l'étude des Abies pectinata, A. pinsapo, A. cilicica, A. cephalonica, etc., m'a donné des résultats analogues.

Taxus baccata.

L'If lui-même, chez qui les différences entre les feuilles de la flèche et celles des branches latérales n'apparaissent pas d'une maniére aussi évi- dente, en présente quelques-unes à une observation attentive. Les feuilles attachées à la flèche, sans être sensiblement ni plus ni moins larges que les autres, se font remarquer par une longueur et surtout par une épais- seur plus grandes. J'ai trouvé, par exemple, dans deux feuilles compa- rables, d'une part 0,27, d'autre part Ë 0,20. L'épiderme, qui ne porle de stomates que sur les deux bandelettes de la face inférieure, n'offre pas de diflérences notables. Le mésophylle hétérogène comprend un tissu en palissade formé de deux assises trés nettes dans les feuilles de la fléche, beaucoup moins nettes dans les feuilles latérales, ou l'assise profonde passe insensiblement au tissu lacuneux. La nervure centrale, sans étre limitée par un endoderme trés caractérisé, est cependant bor- dée d'une assise de cellules volumineuses, assez réguliérement arron- dies, qu'il est surtout aisé de distinguer vers la face supérieure. Le faisceau libéro-ligneux que circonscrit cet endoderme est bordé latérale- ment par deux bandes d'un tissu de cellules à membranes réticulées, plus nombreuses et plus grandes dans les feuilles de la fléche ; le bois y est aussi formé de vaisseaux plus nombreux. En un mot, la situation des feuilles sur la fléche parait entrainer, dans ce cas, des caractéres histo- logiques du méme ordre que dans les cas précédents.

SÉANCE DU 27 JANVIER 1888. 64

Ces quelques faits permettent peut-être de se demander s'il n'existe pas une relation générale entre la situation des feuilles sur la tige ou l'orientation qui en résulte généralement pour elles, et le développement de leurs différents tissus. Je communiquerai à la Société botanique les résultats des études que je compte poursuivre dans ce sens au laboratoire de recherches de la Sorbonne, sous la bienveillante direction de M. le professeur Gaston Bonnier.

M. Malinvaud donne lecture d'une lettre de M. Battandier, an - nonçant qu'il a trouvé, parmi des plantes provenant de l'herbier de feu Allard, le Lotus drepanocarpos récolté (sous le nom impropre de L. Allionii Desv.) à Carqueirane, prés Hyéres, et nouveau pour la flore francaise. « Ce Lotus, écrit M. Battandier, est trés nette- » ment caractérisé par ses gousses aplaties semi-circulaires à pla- » centas situés sur le bord convexe, ses graines également compri- » mées, etc. Les échantillons provenant de Carqueirane différent » un peu de ceux de la même espèce récoltés à Bóne (Algérie). Les » gousses sont un peu plus larges, moins longues et moins con- » tournées, mais ces faibles différences constituent à peine une » variété... »

SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

PRÉSIDENCE DE M. DUCHARTRE.

M. Camus, vice-secrétaire, donne lecture du procés-verbal de la séance du 13 janvier, dont la rédaction est adoptée.

À propos de la mention faite au procès-verbal d'une leltre de M. Battandier, signalant la découverte du Lotus drepanocarpos dans le Var, M. Luizet annonce que cette espèce, dont il présente des échantillons, a été retrouvée cette année par lui sur la route de la Corniche à Marseille; on doit par conséquent la considérer comme tout à fait acquise à la flore francaise.

En réponse à une question de M. Malinvaud, M. Luizet ajoute que ce Lotus lui a paru parfaitement spontané dans sa localité des environs de Marseille.

62 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

M. le Président fait part à la Société de la grande perte que la science vient de faire dans la personne de M. de Bary, dont les tra- vaux considérables, notamment les importants mémoires sur l'or- ganisation des végétaux inférieurs, sont connus de tous les bota- nistes; cet illustre savant est décédé à Strasbourg le 19 janvier.

M. le Président fait ensuite connaitre deux présentations nou- velles et, par suite de celles qui ont eu lieu dans la précédente . séance, proclame membres de la Société :

MM. Licnier, professeur de botanique à la Faculté des sciences de Caen, présenté par MM. Bertrand et Hovelacque ; Pray (Félix), chimiste, boulevard Saint-Germain, 110, à Paris, présenté par MM. Lechevalier et Malinvaud.

Lecture est donnée de lettres de MM. Lamic et frére Héribaud, qui remercient la Société de les avoir admis au nombre de ses membres.

M. le Secrétaire général donne lecture de la Note suivante :

NOTE SUR LA SITUATION DE LA SOCIÉTÉ AU 1* JANVIER 1888, par M. MALIN VAUMB, secrétaire général.

Le Conseil d'administration a décidé, sur la demande de quelques-uns de nos collégues, qu'un rapport sommaire sur la situation de la Société au 1* janvier 1888 vous serait présenté dans cette séance. Nous ferons d'abord observer, pour nous justifier de ne l'avoir pas déjà fait les années précédentes, qu'on peut trouver à cet égard dans le Bulletin tous les ren- seignements désirables; ceux que nous avons à fournir dans cette Note concernent en effet le personnel de la Société, l'état de ses finances et de ses publications. Or les listes générales ou supplémentaires imprimées en téte de chaque volume donnent les indications les plus précises sur les modifications du personnel, le Rapport annuel de M. le trésorier n'est pas moins explicite sur la situation financière, et l’on est toujours à méme, en se reportant aux derniers numéros du Bulletin, de se renseigner exac- tement sur l'état actuel de cette publication. Nous considérons toutefois comme un devoir, suivant le désir si bienveillant qu'on nous a témoigné, de résumer dans un apercu succinct, sauf les détails administratifs qui seraient ici déplacés, l'exposé des affaires de la Société dont le Conseil a pris connaissance dans sa réunion du 6 de ce mois (1).

(1) D'après l'article 19 du Règlement, « le Conseil se réunit dans le mois de janvier » pour examiner l'état des affaires de la Société ».

MALINVAUD. NOTE SUR LA SITUATION DE LA SOCIÉTÉ. 63 Personnel. -— La Société comptait au 1* janvier 1888 :

3 Membres perpétuels.

4 honoraires. 123 à vie. 309 P ordinaires.

Total.... 4932

Au janvier 1887, le nombre des membres était de 418.

94 de nos collégues sont à l'étranger (1), 6 en Algérie et Tunisie, 4 dans les colonies françaises, 140 dans le département de la Seine et 228 dans le reste de la France (2). La Société n'est pas représentée dans 23 départements. Cependant nous sommes persuadé que, et ailleurs, elle obtiendrait des adhésions nouvelles, si l'on pouvait faire connaitre son existence aux personnes qui s'y intéresseraient, ainsi que le but qu'elle poursuit, les conditions à remplir pour en faire partie et les avan- tages dont on est appelé à jouir en y entrant. Il appartient à chacun de nous, suivant les circonstances et dans le cercle de ses relations, de faire à cet égard un peu de publicité. Il nous sera sans doute rarement donné de présenter dans la méme année 10 membres nouveaux, comme l'a fait M. Flahault en 1887; grâce à l'action aussi efficace que dévouée de notre ami, le nombre de nos collégues dans l'Hérault s'est élevé rapidement de 8 à 18. Hàtons-nous d'ajouter qu'il suffirait que chacun

(1) Répartis comme il suit : Italie, 8; Angleterre, 7; Suisse, 7; Allemagne, 6; Bel- gique, 6; Portugal, 4; Pays-Bas, 3; Brésil, 3; Alsace-Loraine, 2; Danemark, 2; Espagne, 2; Amérique du Sud, 2; Autriche, 1; Égypte, 1.

(2) Voiei, par progression décroissante, la quotité des membres pour chacun des 62 départements (non compris celui de la Seine), dans lesquels la Société était repré- sentée au 1*' janvier 1888 : Hérault, 18 membres; Gironde, 11; Meurthe-et- Moselle, Rhône, 9; Seine-Inférieure, 8;|[— Alpes-Maritimes, Côte-d'Or, Haute-Garonne, Maine-et-Loire, 7; Aude, Bouches-du-Rhône, Isère, Loir-et-Cher, 6; Loire-Infé- rieure, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Somme, 5; Charente, Charente-Inférieure, Cher {Dordogne, Lot-et-Garonne, Marne, Puy-de-Dôme, Basses-Pyrénées, 4; Calvados, Cantal, Doubs, Indre-et-Loire, Loire, Loiret, Nord, Oise, Orne, Saóne-et-Loire, Haute- Savoie, 3; Aisne, Allier, Hautes-Alpes, Ardennes, Aveyron, Eure, Gard, Hautes-Pyré- nées, Sarthe, Vosges, 2; Aube, Côtes-du-Nord, Eure-et-Loir, Ille-et-Vilaine, Indre, Landes, Nièvre, Pas-de-Calais, Pyrénées-Orientales, Haute-Saône, Savoie, Tarn-et- Garonne, Vendée, Vienne, Haute-Vienne, Yonne, 1.

ll en résulte que la Société ne comptait aucun membre, au 1* janvier 1858, dans : Ain, Basses-Alpes, Ardéche, Ariège, Corrèze, Corse, Creuse, Drôme, Finistère, Gers, Jura, Haute-Loire, Lot, Lozère, Manche, Haute-Marne, Mayenne, Meuse, Morbihan, Deux- Sèvres, Tarn, Var et Vaucluse.

On remarquera que, si la Liste des membres de la Société rangés par pays et en France par départements, imprimée en tête du présent volume, ne concorde pas sur tous les points avec les indications précédentes, c’est parce qu'elle a été arrêtée au 1% mars 1888 et qu'il y est tenu compte de quelques changements survenus dans les deux premiers mois de cette année.

64 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

de nous fit entrer un nouveau membre seulement tous les dix ans, pour que le nombre moyen des admissions dans une année füt presque le double de ce qu'il a été jusqu'à ce jour.

Il convient de rappeler, aprés avoir formulé sur ce point nos vœux pour l'avenir, que le nombre des sociétaires s'est élevé de 418 à 432 en 1887 ; une augmentation relativement aussi importante dans le cours d'une année n'avait pas été constatée depuis fort longtemps.

État des finances. M. Ramond, notre trésorier, aprés avoir établi, dans son dernier Rapport que l'avoir effectif (1), de la Société, au 1* jan- vier*1887, était de 33326 francs, ajoutait : « C'est le chiffre le plus élevé qu'il ait atteint jusqu'à ce jour. » Nous n’ajouterons rien nous-méme à celte déclaration.

État du Bulletin. Nous nous efforcons de maintenir la distribution du Bulletin rigoureusement mensuelle que nous avons établie en 1885. Cette périodicité réguliére donne à nos confréres des départements et de l'étranger une satisfaction bien légitime en leur permettant de se tenir au courant des travaux de la Société et les dédommage ainsi, autant que possible, de ne pouvoir assisler à nos séances. Le nouvel état de choses exerce aussi à un autre point de vue une heureuse influence; le nombre des établissements scientifiques abonnés à notre Bulletin a presque triplé dans ces derniéres années, et nous avons le regret de ne pouvoir accepter, en raison des limites de notre tirage, les nombreuses propositions d'échange que nous recevons incessamment.

En résumé, le nombre des membres s’est accru sensiblement en 1887, le Rapport de M. le trésorier nous a montré un fort excédent des recettes sur les dépenses, et l'accueil que reçoit notre Bulletin dans le monde savant ne peut que nous encourager à continuer d'apporter tous nos soins à la régularité de sa publication.

Sans vouloir déprécier le passé qui nous a conduits progressivement à l'état présent, el sans cesser de poursuivre dans l'avenir un progrés indéfini, nous croyons pouvoir certifier, en nous appuyant sur les quel- ques faits mis en lumiére dans cette Note, que l'examen de la situation de la Société, considérée dans son ensemble, n'avait pas encore permis de porter un jugement aussi favorable sur les résultats de l’œuvre scienti- fique et francaise qui est l'objet de notre commune sollicitude et le but des efforts de notre association.

M. le Président remercie M. le Secrétaire général de son exposé,

(1) Voyez le Bulletin, t. XXXIV (1887), p. 203. L'avoir effectif dont il s'agit ici est le solde restant en caisse tous frais payés et indépendamment de la valeur du mobilier ; on sait que la Société possède aujourd'hui une bibliothèque considérable.

GAY. SUR LES ULOTHRIX AÉRIENS. 65

aussi clair que parfaitement satisfaisant, de la situation de la Société.

M. Costantin, secrétaire, donne lecture de la communication suivante :

SUR LES ULOTHRIX AËRIENS, par M. Fr. GAY.

Le genre Hormidium a été créé par M. Kützing (1) pour des Chloro- phycées filamenteuses croissant sur la terre et les rochers humides, sur les arbres, sur les murs. Plus tard ce savant (2) rangea les espéces qui composaient ce genre parmi les Ulothrix dont elles avaient toutes les apparences. Aujourd'hui les botanistes s’accordent à considérer les Hormidium comme constituant une section du genre Ulothrix; elle comprend toutes les espèces aériennes de ce genre. M. Kützing (3) en décrit dix avec plusieurs variétés. Rabenhorst (4) réduit leur nombre à sept et les classe de la maniére suivante :

I. Membrane mince, souvent trés mince : Ulothrix nitens Meneghini, U. flaccida Kützing, U. radicans Kütz. et var. schizogonoides Kütz., U. varia Kütz., U. parietina Kütz., U. crassiuscula Kütz.

II. Membrane épaisse : U. crenulata Kütz. et var. corticola Raben- horst et Westendorp.

Trois de ces espéces, U. radicans, U. parietina et U. crenulata, ont été étudiées par M. de Wildeman (5) dans leur morphologie externe et leur développement. L'U. flaccida a servi à M. Hansgirg (6) à exposer ses idées sur le polymorphisme des Algues. Les autres espéces n'ont pas fait l'objet de travaux récents.

Aucun des auteurs qui se sont jusqu'ici occupés de ces plantes n'a pris soin d'étudier de prés leur structure cellulaire. L'aspect général, la forme extérieure du thalle, son mode de cloisonnement, la dimension . des cellules ont suffi pour assurer la distinction des espéces et pour établir les caractéres du groupe tout entier. Nos recherches sur ce cóté si négligé de la question nous ont fait voir de quelles ressources pré- cieuses les botanistes s'étaient privés en ne lui accordant pas toute l'at-

(1) Phycologia germanica, 1845. (2) Species Algarum, 1849. (3) Spec. Alg. p. 349.

(4) Flora eur. Alg. IU, p. 367. (5) Bull. de la Soc. roy. de bot. de Belgique, 1886, t. XXV, et Compt. rend. des séances de la Soc. roy. bot. de Belgique, déc. 1887. :

(6) Botanisches Centralblatt, 1885, Bd XXII.

T. XXIV. (SÉANCES) 5

66 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

tention qu'il mérite. Il est facile de reconnaitre que, sous une apparence assez semblable, se cachent des différences profondes, d'une fixité bien plus grande que les formes changeantes et variables auxquelles on s'est arrêté jusqu'à présent. En méme temps que nous avons utilisé ces diffé- rences de constitution intime pour distinguer nettement ces végétaux entre eux, nous y avons trouvé un moyen précis d’éclaircir certains points de l’histoire de leur développement. On sait que, depuis longtemps, les auteurs ont signalé comme des rapports de parenté les ressemblances qui existent entre les Ulothrix, les Schizogonium et les Prasiola, les Ulothrix et les Pleurococcus. Meyen (1) a, le premier, avancé que les formes végétales qu'il désigne sous les noms de Protococcus viridis Agardh, Priestleya botryoides Mey. et Ulva terrestris Lyngbye, et qui représentent les Pleurococcus vulgaris Meneghini, Ulothrix radicans ou parietina Kütz. et Prasiola crispa Külz., appartiennent à la méme espéce. Unger (2) confirme les observations précédentes au sujet de la transformation du Priestleya botryoides en Ulva terrestris. Ares- choug (3) arrive aux mêmes conclusions. M. Kützing (4) et Hicks (5) reprennent la thése de Meyen et, à la suite de leurs observations, s'y rallient. M. Reinsch (6) décrit plusieurs passages entre les genres Hor- midium, Schizogonium et Prasiola. Enfin M. Lagerstedt (7) tient pour certain « que Hormidium murale (Ulothrix radicans), qui pousse avec le Prasiola crispa et qui se transforme en Prasiola crispa, ne peut être considéré comme une forme indépendante », et qu'il en est de méme pour les Schizogonium.

Quelques auteurs ont, il est vrai, nié toute connexion entre ces diverses formes végétales : tels sont M. Agardh (8) et Jessen (9). Mais leur opinion n'a point généralement prévalu.

Il faut remarquer que toutes les recherches ont exclusivement porté jusqu'ici sur le Prasiola crispa et Ulothriæ radicans. Nous exposerons dans cette note le résultat de nos observations sur cette derniére espéce, sur les Ulothrix parietina et crenulata, ainsi que sur le Prasiola fur-

- furacea.

(1) Ueber Priestleysche grüne Materia, etc., in Linnœæa, 1827, t. IL, p. 388.

(2) Die Lebensgeschichte der Ulva terrestris, in Nova acta Acad. Cæsar. Leop.-Carol. natur. Cur. t. XVI, 1833, p. 593.

(3) Botaniska Notiser, 1840, p. 188.

(4) Phycologia generalis, 1843, p. 107.

(5) On the diamorphosis of Lyngbya, Schizogonium and Prasiola, etc. Quart Journ. of microsc. Science, 1861, p. 157).

(6) Bot. Zeitung, 1867, p. 377.

(7) Om Algslüget Prasiola. Upsala, 1869, p. 17.

(8) Spec. Alg., t. 11, p. 44.

(9) Prasiolg generis Algarum monographia, 1848, p. 19.

GAY. SUR LES ULOTHRIX AÉRIENS. 61

Ulothrix radicans Kützing.

Au milieu de thalles de Prasiola furfuracea récoltés aux environs d'Angers sur des schistes humides, nous avons trouvé une Algue fila- menteuse offrant tous les caractères de l’Ulothrix radicans tels qu'ils sont fixés par la diagnose de M. Kützing (1), complétée par les obser- vations de M. de Wildeman (2) sur l'importance du caractére que four- nissent les rhizoides et sur la propriété qu'a cette plante de revêtir l'aspect de Schizogonium (var. schizogonoides Kützing). Son diamètre varie de 1 à 14 p; il est le plus souvent de 8-10 p; ses cellules sont tantôt isodia- métriques, tantót 2-3 fois aussi larges que longues et jamais plus longues que larges. Elle est pourvue et de rhizoides qui sont d'ordinaire continus avec la cellule qui les a formés, ainsi que le fait remarquer M. de Wildeman, mais que nous avons trouvés parfois limités par une cloison au voisinage de leur point d'insertion; ils ne sont jamais divisés en cellules successives comme le filament lui-méme; leur contenu est coloré en vert.

La structure cellulaire de cette piante soumise à un examen attentif nous a fourni des données qui jettent un jour nouveau sur ses affinités.

Lorsqu'on observe les filaments vivants, au grossissement de 400 dia- métres, on constate quele contenu cellulaire est toujours en entier coloré en vert (3); les leucites chlorophylliens paraissent remplir la cavité cel- lulaire; on ne voit jamais une partie du plasma incolore comme il arrive chez les vrais Ulothrix le corps chlorophyllien a la forme d'une plaque pariétale n'occupant qu'une partie. de la paroi interne des cellules. Un grossissement de 700 diam. fait apercevoir dans chaque cellule un chloroleucite médian dont les bords sont frangés. Enfin l'emploi de réactifs durcissants et colorants, comme la picronigrosine, permet de reconnaitre que les chloroleucites ont la forme d'étoiles irréguliéres à branches courtes et sont pourvus d'une amylosphére. Cette disposi- tion, qui rappelle celle des leucites de Zygnema, a été signalée par M. Schmitz (4) pour le contenu cellulaire des genres Prasiola et Schi- zogonium.

Ce premier trait de ressemblance entre cette derniére forme végétale

(1) Spec. Alg. p. 349.

(2) Bull. Soc. roy. bot. Belg. 1886, p. 3-6.

(3) V'apparence générale de la cellule est celle d'une masse uniformément colorée par la chlorophylle; elle rappelle l'aspect des cellules homogènes des Cyanophycées. C'est d’après cette apparence que M. Nylander a distingué, entre les gonidies vertes et les gonimies bleuâtres, un groupe particulier de gonidies qu'il appelle gonidimies (Flora, 1817, p. 358).

(4) Les chromatophores des Algues, trad. francaise in Revue des sciences naturelles Montpellier, série, t. IE, p. 310.

68 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

et l'Ulothriz radicans nous a paru confirmé par l'examen du dévelop- pement. Nous avons constaté que certains filaments simples subissent des cloisonnements longitudinaux qui tantót intéressent une courte série de cellules, tantót donnentlieu à la production d'un filament formé d'une double rangée de cellules collatérales, dont les caractéres reproduisent ceux des Schizogonium. Il arrive aussi, mais rarement, que les cloi- sonnements longitudinaux se multiplient de maniére à constituer des thalles rubanés à plusieurs rangées de cellules collatérales; mais en aucun cas ces rubans ne prennent un accroissement et une forme tels qu'on puisse les comparer aux rubans larges, contournés et gaufrés du Prasiola crispa.

Nos observations sur le vivant ont été complétées par l'étude de divers échantillons de l'herbier Thuret, que M. Bornet a mis obligeamment à notre disposition, de l'herbier du Muséum et des Alge exsiccatæ de MM. Wittrock et Nordstedt. Pour faire reprendre, autant qu'il est pos- sible, aux filaments desséchés leur forme et leur structure normales, nous les avons traités pendant vingt-quatre heures par l'eau de Javel; sous l'influence de ce réactif, la membrane se gonfle et les chloroleucites reprennent assez bien leur forme naturelle pour qu'on puisse la recon- naitre, au moins dans une partie des cellules, aprés coloration.

Parmi les échantillons que nous avons soumis à ce mode d'examen, les suivants nous ont fourni des données confirmatives de notre thése :

1. Oscillatoria muralis Lyngbye e specim. auth. in herb. Thuret.

2. Oscillatoria muralis var. tenuior e specim. a C. A. Agardh lect. in herb. Mus. par.

3. Lyngbya muralis C. A. Agidh e specim. auth. in herb. Mus. par.

4. Ulothrix radicans e specim. a Brebisson lect. in herb. Thuret.

9. Ulothrix radicans Rabenhorst Algen, 811.

6. Ulothrix radicans var. schizogonoides Rabenhorst Algen, 875.

Ces échantillons nous ont tous offert la structure cellulaire signalée dans la plante vivante. Les 2, 4, 5, 6 ne contiennent que PU. radi- cans bien caractérisé par la présence de rhizoides et les dimensions. Dans les n” 2, 4 et 6, les filaments simples sont mêlés de thalles rubanés formés par le cloisonnement longitudinal des cellules d'un filament pri- mitivement simple ainsi que le prouvent certains thalles mixtes. Les n” 2 et 4 contiennent en outre les formes anormales signalées et figurées par M. de Wildeman (1). Les n** 4 et 3, qui sont pourtant des échantillons authentiques provenant de deux des auteurs qui ont contribué à l'établis- sement de l'espéce, contiennent un mélange de formes qui peuvent étre

(4) Bull. Soc. roy. bot. Belg. 1886, p. 6, fig. 10.

GAY. SUR LES ULOTHRIX AÉRIENS. 69

rapportées à l'U. zadicans et à VU. parietina; ils sembleraient démon- trer que la plante qui nous occupe n'a été bien distinguée de sa congé- nére que par M. Kützing.

Il nous paraît, en conséquence, démontré que PU. radicans ayant méme structure cellulaire et méme mode de développement que les espèces du genre Schizogonium doit être rattaché à ce genre; on ne saurait d'ailleurs le considérer comme représentant la phase filamenteuse de Prasiola crispa qui diffère par l'absence totale de rhizoides, ainsi que nous l'avons constaté sur un échantillon de l'herb. Thuret et sur l'échantillon 47 des Algæ exsiccatæ de MM. Wittrock et Nordstedt (1).

La synonymie de cette espéce et sa diagnose peuvent étre établies de la manière suivante, en attendant qu'une monographie complète ait défi- nitivement fixé les types spécifiques du genre Schizogonium.

SCHIZOGONIUM RADICANS.

Oscillatoria muralis Lyngbye, Tentam. 1819, pro parte; e specim. auth. in herb. Thuret! ; e specim. a C. A. Agardh lect. in herb. Mus. par.!

Lyngbya muralis Agardh, Syst. Alg. p. 74, 1824, pro parte; e specim. auth. in herb. Mus. par.!

Rhizoclonium murale Kützing, Phycol. gener. p. 261, 1843!

Hormidium murale Kützing, Phycol. germ. p. 193, 1845!

Ulothrix radicans Kützing, Spec. Alg. p. 349, 1849! quoad prola- tionem.

Oscillatoria muralis Lyngbye; Rabenhorst, Flora Eur. Alg. WI, p. 367, 1868; Algen, n** 817 et 875!

Strato tomentoso, molli, læte viridi. Filis flexuosis intricatis, simplicibus 7-14 u, sepius 8-10 p crassis, e cellulis singulis pluribusve seriatim ordinatis per divi- sionem secundum axim fascias planas duplici- raro pluriseriatas effingentibus ; cellulis diametro subæqualibus vel duplo triplove brevioribus, passim in rhi- zulam unicellularem flavo-viridem lateraliter elongatis.

Hab. ad terram nudam, truncos arborum, muros rupesque umbrosos.

Ulothrix parietina Kützing.

Cette espèce est, d’après les diagnoses de M. Kützing (2) et de Rabenhorst (3), caractérisée par un diamétre plus considérable que chez l'espéce précédente (9-16 p. d’après Rabenhorst) et par l'absence de rhi- zoides. Toutefois M. de Wildeman (4) a signalé la présence de ramus-

(1) MM. Wittrock et Nordstedt constatent le passage des filaments simpies aux thalles rubanés par ces mots : « transitus ab Hormidio continens ».

(2) Spec. Alg. p. 350.

(3) Flora eur. Alg. II, p. 367.

(åP Bull. Soc. roy. bot. Belg. 1886, p. 10.

10 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

cules issus ordinairement de la bifurcation du filament primitif et divisés en cellules semblables à celles du filament principal;. ces ramuscules se montreraient surtout sur les individus croissant dans les endroits hu- mides. Mais ce caractére nous parait loin d'étre aussi constant que celui que fournissent les rhizoides chez lU. radicans. D’après nos obser- vations, PU. parietina possède la structure cellulaire de l'espéce précé- dente et peut subir des cloisonnements longitudinaux qui aboutissent dans certains cas à la formation de thalles rubanés que nous avons pu identifier avec ceux du Schizogonium murale Kützing; les formes fila- menteuses de cette dernière espèce sont d’ailleurs signalées dans toutes les diagnoses et nous avons constaté que leurs caractères sont identiques à ceux de lU. parietina.

Nous n'avons pas eu à notre disposition des échantillons d'U. parietina provenant de M. Kützing ou déterminés par lui. Ceux que nous avons étudiés sont ceux qui sont distribués sous ce nom ou sous celui d'Hor- midium parietinum dans diverses collections. Ce sont :

1. Ulothrix parietina Wittr. et Nordst. Alg. exsicc. 636a.

2. Hormidium parietinum form. prasioleforme Itzigsohn e specim. auth. in herb. Thuret.

3. Hormidium parietinum Rabenhorst Algen, 162.

4. Ulothrix parietina Wittr. et Nordst. Alg. exsicc. 636 c.

9. Hormidium parietinum et var. delicatulum e specim. ab Al. Braun lect. in herb. Thuret.

6. Schizogonium murale Rabenhorst Algen, 2107.

1. Schizogonium murale Rabenhorst Algen, 22.

8. Bangia velutina Kützing Alg. aq. dulc. dec. 95.

Ces échantillons possédent tous la méme structure cellulaire que le Schizogonium radicans. Les 1, 2, 3, 4, 5 contiennent l’Ulothrix parietina tel que nous l'avons défini au début. Dans les n* 2 et 5, les filaments à articles simples présentent et des dédoublements qui leur donnent l'aspect des Schizogonium. Nous avons comparé ces formes rubanées ainsi que les filaments simples aux formations analogues qui constituent les 6, 7 el 8, et nous avons trouvé entre elles une complète ressemblance ; dans les deux cas le diamétre des filaments simples est égal à 10-14 y. (n° 3, 4, 5, 7, 8), plus rarement il atteint 18 p (n° 4, 2, 6), les cellules sont en général deux fois aussi larges que hautes, es thalles rubanés se sont formés de la méme maniére et ne comprennent le plus souvent que deux séries longitudinales de cellules. Il nous parait hors de doute que l'U. parietina et le Schizogonium murale constituent une seule espéce.

A cette espèce il faut en outre réunir plusieurs formes que nousævons

GAY. SUR LES ULOTHRIX AÉRIENS. 71

trouvées dans divers exsiccatas et qui sont rapportées aux U. delicatula Kütz., U. crassiuscula Kütz. el U. crassa Kütz. Ce sont :

9. Ulothrix delicatula Rabenhorst Algen, 163.

10. Ulothrix crassiuscula Erb. crittog. Ital. 252. 11. Ulothrix crassiuscula Rabenhorst Algen, 700. 12. Hormidium crassum Rabenhorst Algen, 350. 13. Hormidium crassum Rabenhorst Algen, 357.

Déjà Rabenhorst (1) avait réuni PU. delicatula à VU. parietina et l'U. crassa à V'U. crassiuscula; il nous parait que la fusion doit s'étendre aux quatre espèces. Les filaments simples contenus dans les échantillons que nous venons énumérer ont une structure cellulaire entièrement semblable à celle de PU. parietina, leurs dimensions sont analogues; dans le 10 (U. crassiuscula), les filaments passent au Schizogonium murale.

Nous admettrons donc pour l'espéce ainsi constituée la synonymie et la diagnose suivantes :

SCHIZOGONIUM MURALE.

? Oscillatoria parietina Vaucher Hist. Conf. p. 196, 1803, fide Kützing.

Bangia velutina Kützing, Alg. aq. dulc. dec. 95!, 1834.

Schizogonium murale Kützing, Phycol. gener. p. 246, 1843; Spec. Alg. p. 350, 1849;— Rabenhorst, Flor. Eur. Alg. III, p. 368, 1868; Algen, 22 et 2107!

Hormidium parietinum Kützing, Phycol. germ. p. 193, 1845; Rabenhorst, Flor. Eur. Alg. II, p. 368; Algen, 162!

Hormidium delicatulum Kützing, Phycol. germ. p. 193, 1845.

Hormidium crassum Kützing, Phycol. germ. p. 193, 1845;— Raben- horst, Algen, n** 350 et 351! ;

Ulothrix parietina Kützing, Spec. Alg. p. 350, 1849; Rabenhorst, Flora. Eur: Alg. HI, p. 367, 1868; Wittrock et Nordstedt, Alg. exsicc. 636!

Ulothrix delicatula Kützing, Spec. Alg. p. 350, 1849 ; Rabenhorst, Algen, n* 163!

Ulothriæ crassa Kützing, Spec. Alg. p. 350, 1849.

Ulothriæ crassiuscula Kützing, Spec. Alg. p. 350, 1849 ; Raben- horst, Flora Eur. Alg. III, p. 368, 1868; Algen, 700!; Erb. crittog. Ital. n* 252!

Strato tomentoso, molli læte vel obscure viridi, sepe late expanso. Filis

(1) Flora eur. Alg. Ill, p. 368.

12 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

flexuosis, intricatis, simplicibus diametro 9-18 p, ssepius 10-14 p crassis, e cel- lulis singulis pluribusve seriatim ordinatis per divisionem secundum axim fas- cias planas duplici- raro pluriseriatas effingentibus, interdum, haud frequenter, ramulosis, ramulo brevi pluricellulari, ; cellulis diametro subæqualibus, vel duplo-quadruplo brevioribus.

Hab. ad terram nudam, muros, truncos arborum, rupes, tecta vetusta.

Les lois de la nomenclature exigeraient que l'on donnàt à cette espèce le nom de Sch. parietinum. Mais l'assimilation, admise par M. Kützing, entre l'Oscillatoria parietina Vaucher et notre plante nous parait extré- mement douteuse. On ne saurait non plus l'appeler Sch. velutinum, parce que le nom de Bangia velutina a été appliqué à des plantes trés diverses. Il vaut mieux lui laisser actuellement le nom que nous lui avons donné.

Ulothrix crenulata Kützing.

Cette espéce nous parait devoir étre aussi classée parmi les Schizo- goniwm. Elle est caractérisée par l'aspect crénelé de ses filaments, ainsi que l'indique la diagnose de M. Kützing (1) : « U. pallide viridis, mucosa, diam. 1/180-1/150"" ; articulis extus subtiliter crenulatis, subhirtis, geminatim approximatis, diametro æqualibus vel duplo bre- vioribus. »

Cet aspect est à la forme renflée des cellules et aux épaississements intercalaires des cloisons transversales, épaississements qui rappellent ceux des Microspora. Nous avons examiné deux échantillons d'herbier :

1. U. crenulata Rabenhorst, Alg. 615.

2. U. crenulata Q. corticola Wittrock et Nordstedt, Alg. exsicc. n? 637.

Les cellules peuvent se diviser par des cloisons longitudinales : le dédoublement porte sur des cellules isolées ou sur un petit nombre de cellules : nous n'avons pas observé la formation de thalles entièrement rubanés. Il y a une trés grande analogie entre cette plante'et le Schizo- gonium Neesii, ainsi que le fait remarquer M. de Wildeman (2) et comme nous l'avons constaté nous-méme en la comparant avec l'échan- tillon 558 des Algues de Rabenhorst. Peut-être une étude approfondie permettra-t-elle d'assimiler ces deux plantes.

Provisoirement, la synonymie et la diagnose de PU. crenulata peuvent étre établies de la maniére suivante :

(1) Spec. Alg. p. 350. (2) Compt. rend. des séances de la Soc. bot. Belg. 4 décembre 1887.

GAY, SUR LES ULOTHRIX AÉRIENS. 13

SCHIZOGONIUM CRENULATUM.

Hormidium crenulatum Kützing, Phycol. germ. p. 193, 1845.

Ulothrix crenulata Kützing, Spec. Alg. p. 350, 1849! ; Rabenhorst, Algen, 615! ; Wittrock et Nordstedt, Alg. exsicc. 637 !

? Schizogonium Neesii Kützing, Spec. Alg. p. 350, 1849! ; Raben- horst, Algen, 558 !

Strato tenui læte vel obscure viridi. Filis rigidis, contortis, intricatis, sub- crenulatis, simplicibus diametro 11-14 œ crassis, passim per cellularum singu- larum vel paucarum divisionem secundum axim duplicatis; cellulis a latere subinflatis, diametro æqualibus vel brevioribus; membrana inter cellulas sin- gulas binasve crassiore.

Hab. ad truncos arborum, ad rupes umbrosas.

Il est un point de l'histoire de ces trois plantes qui mérite une atten- tion spéciale parce qu'il touche aussi à la question du polymorphisme des Algues. Nous avons rappelé en commençant que Meyen et, aprés lui, Unger, Hicks ont avancé que le Pleurococcus vulgaris constitue l'une des phases du développement de PU. radicans. Cette opinion a été reprise par M. de Wildeman (1) : d’après lui, chez l’ U. radicans le fila- ment primitif se divise par des cloisonnements croisés en un assemblage de cellules ayant l'aspect de Pleurococcus, ou bien il se dissocie en cellules isolées rappelant les Protococcus; chez PU. crenulata, les phénomènes se produisent de la même manière. M. de Wildeman est porté à consi- dérer ces formes comme des kystes. Nous avons observé une semblable dissociation en cellules ou amas pleurococcoïdes chez nos trois espèces ; mais ces productions n’ont des Pleurococcus que l'apparence. Les vrais Pleurococcus ont une structure cellulaire différente, comme nous l’avons observé chez le Pl. vulgaris dont l'autonomie comme espèce nous paraît indiscutable : il possède dans chaque cellule un chloroleucite en plaque pariétale ; une culture prolongée dans des conditions variées ne nous a jamais fourni l’occasion de constater sa transformation en thalles filamen- teux. Au contraire, les formes pleurococcoïdes issues des Schizogonium filamenteux ou rubanés possèdent la structure cellulaire de ces derniers et donnent naissance, par des cloisonnements successifs, à de nouveaux thalles filamenteux ou rubanés. Des formations analogues ont été obser- vées chez les Prasiola par tous les botanistes qui ont étudié de prés ces végétaux et par nous-méme chez le Prasiola furfuracea vivant : ici encore elles sont constituées par des cellules isolées ou par de petits amas cellulaires qui se développent directement en un nouveau thalle

(1) Bull. Soc. bot. Belg., 1886, p. 7, et Compt. rend. des séances de la Soc. bot. Belg., 4 décembre 1887.

14 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

foliacé. En aucun cas elles ne sauraient étre assimilées à de vrais Pleuro- coccus, bien qu'elles aient pu donner lieu à une telle confusion.

Doivent-elles étre considérées comme des kystes? Nous ne le pensons pas, parce qu'elles n'offrent aucun des caractéres qui servent à définir les cellules dormantes : elles ne se remplissent pas de gouttelettes d'huile, mais conservent l'aspect des corps végétatifs qui leur ont donné naissance; elles ne paraissent pas résister mieux que ces derniers aux conditions défavorables. Elles constituent, à notre avis, non pas des moyens de conservation mais des organes de propagation et de multiplication analogues à des propagules. La conservation des Schizogonium, aussi bien que celle des Prasiola, est assurée par la résistance propre du thalle, que ce thalle se présente sous sa forme dissociée, filamenteuse ou rubanée.

Il ressort de cette note qu'il est indispensable de toujours tenir compte de la structure cellulaire lorsqu'il s'agit de fixer les limites d'un genre; c’est en elle que l'on trouve les caractères qui varient le moins à travers les transformations morphologiques que peuvent subir les Algues dans le cours de leur développement.

Yl en ressort aussi que le polymorphisme attribué aux genres Ulothrix et Prasiola doit étre beaucoup réduit. Les thalles filamenteux qui se transforment en Schizogonium ne représentent pas des Ulothrix, mais des Schizogonium dans l'une des phases de leur développement. Les Schizogonium eux-mémes ne se transforment pas en Prasiola. L'auto- nomie de ces deux genres nous parait démontrée. Mais une espèce inter- médiaire (Prasiola crispa) établit entre eux un passage et met ainsi en évidence le lien de parenté qui les unit et qu'indiquait déjà l'analogie de leur structure. Les caractères suivants les distinguent : les Schizogo- nium ont un thalle filamenteux ou rubané, ce dernier constitué par deux séries collatérales de cellules, rarement par un plus grand nombre, et formé par le cloisonnement longitudinal d'un filament; les Prasiola ont un thalle foliacé qui dérive directement et par des procédés variés (1) des cellules multiplicatrices ou propagules. Le Prasiola crispa, dont le thalle est tantôt filamenteux ou rubané, tantôt foliacé, participe aux caractères des deux genres; c'est lui qui, grâce au polymorphisme qu'il présente, a fait naître l’idée de la transformation des Ulothriæ et Schizogonium en Prasiola, sa forme filamenteuse ayant été confondue avec le Lyngbya muralis, puis avec l'Ulothriz radicans.

Nous avons enfin établi qu'il n'y a pas davantage de relations entre le genre Pleurococcus et les genres Schizogonium et Prasiola : les for- mations pleurococcoides issues de ces derniers différent des vrais Pleu-

(1) Conf. Lagerstedt, Om Algslüget Prasiola, Upsala, 1869.

LUIZET. HERBORISATION AU VAL DI PIORA (TESSIN). To

rococcus par les caractères anatomiques et le mode de développement ; elles constituent des organes de propagation.

M. Luizet fait àla Société la communication suivante :

HERBORISATION AU VAL DI PIORA, PRÈS AIROLO, dans le Tessin septentrional ; par M. D. LUIZET.

Le Val di Piora peut étre classé, à juste titre, parmi les localités les plus riches de la Suisse, tant par la variété des plantes alpines que l'on y rencontre que par la rareté de quelques-unes d'entre elles. Plus de 200 espéces y croissent à profusion sur une étendue de quelques kilo- mètres, tout autour du lac Ritom, dont les rives verdoyantes forment à cette altitude (1830 métres) un charmant contraste avec les cimes sau- vages et déchiquetées qui l'entourent.

De vastes pâturages exposés au midi, une longue étendue de prairies marécageuses, quelques torrents, des amas de neige persistant jusqu'au cœur de l'été, plusieurs sommets facilement accessibles, une série de lacs à des altitudes de 2000 métres et au delà, un bois de Mélézes acci- denté de vallons rocheux et escarpés, offrent au botaniste un champ de recherches excessivement varié, sans le contraindre à des courses fati- gantes ou à des ascensions périlleuses; enfin l'unique habitation de la vallée, un hótel confortable situé sur le bord méme du lac, assure au voyageur toutes les commodités nécessaires à un séjour prolongé.

Ces conditions particuliéres, si favorables à de fructueuses herborisa- tions, se retrouvent sur un assez grand nombre de points des Alpes de la Suisse et de la France, et ma communication n'aurait qu'un médiocre intérét, si elle n'avait d'autre but que de porter à la connaissance des membres de la Société botanique une liste nécessairement fort incompléte de plantes croissant dans une station favorablement située ; mais j'espére qu'elle encouragera d'autres botanistes à poursuivre ces recherches aux- quelles je n'ai pu consacrer que trois journées, du 6 au 8 juillet 1887. Les résultats obtenus en si peu de temps, et sans l'aide du moindre ren- seignement sur la flore de la localité, donneront la mesure de ce que l'on pourrait découvrir en explorant avec méthode et pendant tout l'été cette riche station botanique.

Sans compter un certain nombre de plantes étrangères à la flore de France ou rarissimes dans les Alpes françaises, telles que Phaca frigida Jaeq., Achillea moschata Wulf., Hypocheris uniflora Vill., Soldanella pusilla Baung., Pedicularis recutita L., Rhododendron hirsutum L., Juncus arcticus Willd., Juncus Jacquini L., Scirpus alpinus Schl.,

16 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

Carex irrigua Sm., etc..., jai pu récolter deux plantes qui méritent d'étre signalées spécialement. L'une d'elles, absolument rarissime et nouvelle pour la flore de la Suisse, est le Phyteuma Carestiæ Biria, décou- vert par l'auteur dans les montagnes de la Lombardie et qu'il n'est pas extraordinaire de rencontrer dans le Tessin; l'autre, assez abondante, est une forme curieuse du Melampyrum pratense L.

Le Phyteuma Carestiæ Biria, que j'ai été heureux de pouvoir égale- ment étudier dans le bel herbier de notre confrére M. G. Rouy, est trés voisin du Phyteuma humile Schl. du Valais et des Grisons; il en possède les bractées dépassant longuement le capitule, mais il n'en a pas le port et se rapprocherait davantage sur ce point du Phyteuma hemispheri- cum L. (très abondant au Val di Piora), avec lequel il est facile de le confondre à premiére vue. Ilest si nettement intermédiaire entre ces deux espéces que l'on pourrait se demander si les auteurs ont bien eu raison de rapporter au Phyteuma humile Schl. le véritable Phyteuma Carestiæ Biria dont je viens de constater la présence dans le Tessin septentrional.

Quant au Melampyrum des bords du lac Ritom, il offre un des plus remarquables exemples de variation d'une plante trés répandue, sous l'influence d'un changement de climat ou d'une différence d'alti- tude. Je dois ajouter que je ne serais jamais sorti d'embarras avec ces échantillons critiques, si je n'avais pas eu recours à l'herbier du Mu- séum que M. Bureau met avec tant de bonne gràce à la disposition des botanistes désireux de dissiper toute incertitude dans la détermination de leurs plantes.

Cette forme alpine du Melampyrum pratense L. croit abondamment dans des buissons de Rhododendron, à 1850 métres d'altitude ; sa tige, sensiblement tétragone, est gréle et presque toujours simple, elle ne dépasse pas 15 à 20 centimétres de hauteur et porte trés nettement deux rangées opposées de poils alternant d'un entre-nœud à l'autre comme dans le Veronica Chamædrys L.; ses fleurs, d'un jaune pâle, sont disposées horizontalement; ses feuilles sont linéaires ou étroitement lancéolées- linéaires, fortement scabres, et forment, par leur rapprochement avec les bractées au sommet de la tige, une touffe terminale qui donne à la plante un facies tout particulier; enfin les bractées supérieures sont à peine dentées à la base, et les dents toujours courtes et méme nulles ne sont souvent indiquées que par une proéminence obtuse ou arrondie à peine sensible.

Le point de départ de l'herborisation au Val di Piora est Airolo (1145 métres d'altitude), premiére station du chemin de fer du Saint- Gothard, à la sortie du grand tunnel. Il faut trois à quatre heures par la route de Dissentis pour parvenir au lac Ritom (1829 mètres). Tout le parcours s'effectuant sur un flanc de montagne exposé à l'ouest, on a

LUIZET. HERBORISATION AU VAL DI PIORA (TESSIN). T1

l'avantage en parlant dés le matin de ne pas étre incommodé par le soleil, et l'on arrive assez tót à l'hótel Piora (1) pour prendre un peu de repos, déjeuner, et consacrer l'aprés-midi à une premiére exploration des bords du lac.

Première journée. D'Airolo, on descend pendant quelques minutes la route du Saint-Gothard. Aprés avoir traversé le chemin de fer à un passage à niveau, on atteint rapidement, par un chemin à gauche, le torrent de la Canaria. On le franchit sur un pont et l'on arrive à Madrano (4152 mètres). A partir de ce village l'itinéraire n'offre plus d'incerti- tude ; on passe à Brugnasco (1386 mètres), puis à Altanca (1392 mètres), d’où l'on gagne par un chemin en zigzags le hameau de Valle et enfin l'hôtel Piora (1830 mètres).

Chemin faisant, il est facile de récolter un assez grand nombre de plantes :

D'Airolo à Madrano, sur les bords de la route, sur les rochers et sur les bords du torrent :

Viola alpestris Jord. Sambucus racemosa L. * Epilobium Fleischeri Hochst. Campanula rhomboidalis L. * spicatum Lamk. Rumex scutatus L.

Sedum annuum L. Hippophae Rhamnoides L.

De Madrano à Altanca, en explorant les rochers, les endroits frais et le bois de Sapins qui s'étend de Brugnasco à Altanca :

Berberis vulgaris L. Campanula pusilla Henk. Dianthus silvestris Wulf. Scheuchzeri Vill.

atrorubens All. Phyteuma hemisphæricum L. Alsine laricifolia Wahlenb. * betanicæfolium Vill. Geranium pyrenaicum L. Scheuchzeri All.

silvaticum L. Vaccinium Vitis-idæa L. Trifolium montanum L. Cuscuta major DC.

Lathyrus silvestris L. Thesium alpinum L. Saxifraga aizoides L. Platanthera chlorantha Cust. Cotyledon L. Lilium croceum Chaix.

cuneifolia L. Phalangium Liliago Schreb. Galium rubrum L. Luzula nivea DC.

silvestre Poll. var. rubellum. Polypodium Phegopteris L. Campanula barbata L. Asplenium septentrionale Hoffm. rhomboidalis L. Allosurus crispus Bernh.

D'Altanca à l'hôtel Piora, sur les rochers et les pentes boisées :

Thalictrum minus L. Silene acaulis L. * Aconitum Napellus L. Genista germanica L. * Parnassia palustris L. Potentilla grandiflora L.

(1) L'hótel Piora est une dépendance de l'hótel Lombardi, à Airolo; on peut donc, avant de monter, s'entendre avec le gérant de ce dernier hôtel pour le transport des bagages et les conditions du séjour au lac Ritom.

18 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

Sedum dasyphyllum L.

Sempervivum arachnoideum ZL.

Saxifraga Aizoon Jacq. aspera L.

rotundifolia L. Astrantia minor L. Erigeron Villarsii Bell.

* Centaurea nervosa Willd.

Hieracium piliferum Hoppe. murorum L.

Achillea moschata Wulf. Primula farinosa L.

viscosa All. Polystichum Oreopteris DC.

L'aprés-midi peut parfaitement convenir à l'exploration du bois de Mélézes qui borde la rive méridionale du lac Ritom. Ce bois, trés acci- denté, doit étre fouillé avec soin, car il sert de refuge aux plantes les plus rares, et il n'est pas toujours aisé de trouver un passage à travers les rochers, les buissons de Rhododendron, et les marécages entretenus par

la fonte des neiges.

On y récoltera :

Thalictrum aquilegifolium L. Anemone sulfurea L. Ranunculus aconitifolius L. Cardamine alpina Willd. Draba tomentosa Wahl. Viola palustris L. Silene rupestris L. Sagina Linnæi Presl. Geranium silvaticum L. Oxalis Acetosella L. Rhamnus pumila L. Alchemilla vulgaris L. Geum montanum L. Sibbaldia procumbens L. Sedum atratum L. Valeriana tripteris L. Adenostyles albifrons Rchb. Homogyne alpina Cass. Bellidiastrum Michelii Cass. Artemisia Mutellina Vill. Achillea macrophylla L. moschata Wulf. Leontodon Taraxaci Lois. pyrenaicus Gouan. ` Phyteuma Carestiæ Biria. Azalea procumbens L. Rhododendron ferrugineum L. hirsutum L. Vaccinium Myrtillus L. Vitis-idæa L. uliginosum L.

* Gentiana purpurea L.

* Gentiana lutea L.

punctata L. Melampyrum pratense L. Linaria alpina Mill. Veronica alpina L. Pedicularis recutita L. Pinguicula vulgaris L. alpina L.

grandiflora Lamk. Soldanella alpina L.

pusilla Baumg. Empetrum nigrum L. Crocus vernus Wulf. Maianthemum bifolium DC. Gymnadenia albida Rich. conopea L.

Juncus arcticus Willd trifidus L.

Luzula maxima DC.

spadicea DC.

Scirpus cæspitosus L.

alpinus Schl. Eriophorum vaginatum L. angustifolium Roth. Carex Davalliana Sm. irrigua Sm.

Festuca varia Henke.

Poa alpina L.

Aspidium Lonchitis Sw. Allosurus crispus Bernh. Lycopodium Selago L.

Deuxième journée. La matinée doit être consacrée de préférence à l'ascension du mont Camoghe di Piora, situé au nord-ouest du lac Ritom et dont l'altitude est de 2300 mètres environ. On peut ainsi être de retour pour déjeuner à l'hótel et l'aprés-midi suffit pour explorer consciencieu-

LUIZET. HERBORISATION AU VAL DI PIORA (TESSIN). 19

sement les pàturages que l'on aura été obligé de traverser rapidement le matin. ;

Pour monter au Camoghe, on doit quitter les pàturages à peu prés à vingt minutes de l'hótel et avant d'arriver à un torrent qui se jette dans le lac prés de quelques masures de bergers. Un sentier à gauche conduit en quelques minutes à la cascade du torrent, et l'on arrive bien- tót au petit lae dont il déverse les eaux. En suivant les pentes douces à gauche du lac on s'éléve peu à peu jusqu'à un chemin assez accidenté, en longeant quelques amas de neige, et l'on parvient au sommet de la montagne l'on découvre un magnifique panorama sur la vallée du Tessin et le massif du Saint-Gothard.

Cette excursion permet de récolter les plantes suivantes :

Dans les pàturages depuis l'hótel jusqu'au torrent :

Ranunculus montanus Willd. Saxifraga exarata Vill. Arabis bellidifolia Jacq. Galium tenue Vill.

alpina L. Homogyne alpina Cass. Cardamine resedifolia L. Leontodon alpinum Gaud. (non Vill.). Biscutella lævigata L. Gentiana acaulis Auct.

lucida DC. excisa Presl.

Viola alpestris Jord. verna L.

biflora L. bavarica L.

scotophylla Jord. Myosotis alpestris Schm. Polygala alpestris Rchb. Bartsia alpina L.

Chamæbuxus L. Veronica fruticulosa L. Silene acaulis L. Calamintha alpina Lamk. rupestris L. Primulaffarinosa L. Gypsophylla repens L. Soldanella alpina L. Cerastium trigynum Vill. Globularia cordifolia L. Trifolium alpinum L. Daphne striata Tratt. Phaca astragalina DC. Salix retusa L.

Oxytropis campestris DC. Orchis viridis Crantz. Alchemilla alpina L. latifolia L.

montana Willd. Tofieldía calyculata Wahlb. vulgaris L. Poa alpina L. var. vivipara. Potentilla verna L. : Deschampsia flexuosa Trin. verna L. var. crocea. Festuca ovina L.

aurea L. Asplenium viride Huds.

Du torrent jusqu'au lac, en explorant les rochers et les parties her- beuses :

Anemone sulfurea L. Antennaria dioica Gart. vernalis L. Primula viscosa All. Ranunculus pyrenæus L. Soldanella alpina L. Draba aizoides L. Pinguicula alpina L.

frigida Saut. Yeronica aphylla Z. Viola alba Bess. Polygonum viviparum Melandrium silvestre Ræhl. Thesium alpinum L. Dryas octopetala L. Juncus trifidus L. Erigeron uniflorus L.

80 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

Depuis le lac jusqu'au sommet :

Phaca frigida L.

Hedysarum obscurum L.

Gaya simplex Gaud.

Antennaria carpathica Bl. et Fing. Saxifraga Seguieri Spreugl.

oppositifolia L.

Arctostaphyllos alpina Sprengl. Azalea procumbens L.

Linaria alpina Mill.

Soldanella alpina L.

pusilla Baumg. Salix arbuscula L.

retusa L.

serpyllifolia Scop. reticulata L. Lloydia serotina Rchb. Gagea Liottardi Schult. Sesleria cærulea Ard.

Troisiéme journée. Dés le matin, on prend le chemin de Piora et l'on traverse le torrent qu'on avait laissé à droite pour monter au

Camoghe.

Sur les flancs de la montagne, on peut récolter :

Aconitum Napellus L. Kernera saxatilis Rchb. Dianthus silvestris Wulf. Arenaria ciliata L. Alsine recurva Wahlb. verna Bartl.

f. cinerea.

Aster alpinus L.

Arnica montana L. Senecio Doronicum L. Phyteuma hemisphæricum L. Gentiana utriculosa L.

Veronica fruticulosa L. Pedicularis tuberosa L. Paradisia Liliastrum Bert. Orchis globosa L.

ustulata L.

Nigritella angustifolia Rich. Juncus alpinus Vill.

Carex sempervirens Vill. ferruginea Scop.

capillaris L.

Phleum alpinum L. Selaginella spinulosa A. Br.

Au bout de la montée, le paysage change brusquement, et, après avoir traversé un nouveau torrent, on pénètre dans la vallée du lac Cadagno. Les prairies et les coteaux, littéralement couverts de fleurs, offrent un coup d'oeil ravissant, et l'on peut y faire une ample moisson de plantes

intéressantes ou rares :

Anemone sulfurea L. Ranunculus aconitifolius L. pyrenæus L.

montanus Willd. Trollius Europæus L. Arenaria biflora L. Cerastium trigynum Vill. Potentilla grandiflora L. Epilobium alpinum L. Saxifraga exarata Vill.

oppositifolia L. Leucanthemum alpinum Lamk. Hypochæris uniflora Vill. Hieracium Auricula L: Gentiana verna L.

acaulis Auct.

excisa Presl.

bavarica L.

Pedicularis rostrata L.

recutita L.

Veronica bellidioides L. Pinguicula alpina L. Primula farinosa L. Androsace obtusifolia All. Soldanella alpina L.

pusilla Baumg.

Orchis mascula L. Gymnadenia albida Rich. Paradisia Liliastrum Bert. Allium acutangulum Schrad. Lloydia serotina Rchb. Crocus vernus Wulf. Scheuchzeria palustris L. Juncus Jacquini L.

Luzula lutea DC.

spicata DC. Eriophorum vaginatum L. Carex fætida Vill.

lagopina Wahlb.

LECLERC DU SABLON. —- POILS RADICAUX DES RHINANTHÉES. 81

*

Ces récoltes terminées, on peut revenir à l'hótel, en explorant les bords du lac Ritom, et descendre dans l'aprés-midi à Airolo.

J'ai évité autant que possible, dans les listes précédentes, de citer plu- sieurs fois les noms d'un grand nombre de plantes trés répandues dans la localité; je me suis plutót attaché à signaler chacune d'elles dans les stations il est le plus facile de la récolter.

J'ai marqué d'un astérisque les noms de quelques plantes qui n'étaient pas encore en fleurs au mois de juillet et que j'ai pu observer, au cours d'une promenade faite d'Airolo, le 4 août 1885.

Je ne veux pas terminer cette communication sans adresser mes plus vifs remerciments à notre excellent confrère M. A. Franchet, dont la science et les conseils m'ont été si souvent utiles et qui a bien voulu se charger de la détermination des espéces critiques ou récoltées dans de mauvaises conditions.

M. Leclerc du Sablon fait à la Société la communication sui- vante :

SUR LES POILS RADICAUX DES RHINANTHÉES, par M. LECLERC DU SABLON.

Dans un travail que j'ai publié récemment sur les organes d'absorp- tion des plantes parasites, j'ai décrit les poils radicaux qui couvrent les sucoirs des Rhinanthées (1). Mais, sur les radicelles elles-mémes, je n'ai signalé que des poils radicaux rudimentaires. Il était naturel d'attri- buer cette réduction de l'appareil absorbant normalau parasitisme de la plante; cependant certains pieds qui n'avaient contracté aucune adhérence avec une plante hospitaliére présentaient les mémes carac- téres que les individus effectivement parasites. Malgré cela, j'ai cru devoir faire les réserves suivantes en constatant l'absence de poils radicaux bien développés : « Les jeunes radicelles ne portent que peu ou pas de » poils radicaux, au moins dans les conditions je les ai observées ; il » peut se faire que dans des conditions spéciales, les poils radicaux se » développent plus abondamment (2). »

Or, on sait que les poils radicaux se développent très abondamment sur les racines qui poussent dans l’air. J’ai donc été amené à examiner des racines développées dans l'air humide. Dans ces conditions, j'ai con- staté l'existence de nombreux poils radicaux sur un pied de Melampy-

(1) Annales des sciences naturelles, 7* série, t. VI, p. 90. (2) Loc. cit. p. 109. : T. XXXV. * (SÉANCES) 6

82 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

rum pratense. Ces poils étaient de dimensions trés différentes : les uns atteignaient la longueur ordinaire des poils radicaux, d'autres étaient beaucoup plus courts, d'autres enfin ne formaient plus que de toutes petites papilles. .

Dans le Mélampyre, le parasitisme n'a donc pas fait complètement dis- paraitre les organes d'absorption normaux ; les poils radicaux manquent dans les conditions ordinaires de la végétation et apparaissent seule- ment lorsque les conditions de milieu sont trés favorables à leur pro- duction.

M. Malinvaud donne lecture de la communication suivante :

NOTE SUR UNE VARIÉTÉ NOUVELLE DU CERATOPHYLLUM DEMERSUM L., par M. J. FOUCAUD.

En août dernier, je trouvais dans les fossés de la prairie de Rhosne, prés Rochefort, un Ceratophyllum dont les fruits offraient des formes qui attirérent mon attention. Ces fruits étaient tous munis, vers la moitié ou les deux tiers supérieurs du dos, de gibbositéscunéiformes ou d'épines de longueur variable et, à la base, d'épines comprimées, insérées plus ou moins haut et toutes réfléchies; quelques-uns portaient aussi une ou deux épines ou des dents sur les côtés.

Le lendemain de cette découverte, je cherchai la plante dans les en- virons de Martrou, prés Echillais, et là, mais seulement dans un fossé, je la retrouvais avec des fruits armés de fortes épines dorsales, dont quel- ques-unes atteignaient un centimètre de longueur. Celles de la base, presque toutes trés développées, étaient largement comprimées et plusieurs méme étaient doubles, ce qui faisait paraitre le fruit ailé.

Aucun de mes auteurs ne signalait ces formes bizarres de fruit, dont quelques-unes répondaient aux descriptions du Ceratophyllum platya- canthum Cham., auquel j'avais rapporté cette plante.

Quelques jours aprés ces recherches, je rendais visite à M. Lloyd et j 'en profitais pour lui demander son opinion sur cette plante. Nous par- courümes tous ses auteurs, mais aucun non plus ne mentionnait ces formes. « Tout cela est fort irrégulier, me dit M. Lloyd, et pourrait bien » se rapporter au Ceratophyllum demersum, qui a les mêmes feuilles; » il s'agirait de trouver des intermédiaires. »

Aussitót aprés mon retour à Rochefort, je me suis mis en campagne et les trouvailles que j'ai faites ont pleinement confirmé les prévisions de M. Lloyd. En effet, sur place et avec les nombreux échantillons que j'ai recueillis, il a été facile de suivre tous les passages d'une forme à une autre, jusqu'au type Ceratophyllum demersum.

FOUCAUD. VARIÉTÉ NOUVELLE DU CERATOPHYLLUM DEMERSUM. 83

Cependant, pour contróler ma premiére détermination, je tenais beau- coup à voir la figure du C. platyacanthum de Chamisso, et grâce à l'obligeance de M. Lloyd, je pus en avoir un calque pris sur la figure dessinée par l’auteur lui-même.

En m'envoyant cette figure, M. Lloyd y joignait une autre, commu- niquée par M. Ascherson, de Berlin, qui nous intéressait particuliérement en ce moment, celle du C. pentacanthum, espéce publiée en 1881 dans Magyar nóvénytani Lapok (Revue botanique hongroise) par M. le car- dinal Haynald, de Kalocsa (Autriche-Hongrie). La grande ressemblance de ce fruit à cinq épines avec la forme qui avait surtout attiré mon atten- üon nous faisait soupconner qu'il appartenait à la plante charentaise, quoique son fruit n'ait pas le bord réguliérement denté comme dans la figure du C. pentacanthum.

Pour satisfaire mes soupcons et compléter mon instruction sur ce C. pentacanthum , je m'adressai à l'auteur, M. Haynald, et quelques jours aprés, je recevais de ce savant botaniste, que je ne saurais trop remer- cier, des échantillons bien fructifiés de son C. pentacanthum et un opus- cule contenant les figures originales dont j'avais recu la copie, ainsi que la description suivante :

C. pentacanthum Haynald. Fructu ovoideo subcompresso, 4-5 millimetr. longo, 3-4 mill. lato, 2 mill. crasso ; in circuitu laterali ampliore tribus spinis divergentibus 9-10 millimetr. longis armato, una apicali directa teretiuscula, aliis duabus laterali-basalibus retrorsum directis complanatis basi dilatatis, et ala plus minus lata aut saltim subindicata fructum cingente et denticulos spi- nasque jam longiores jam breviores vel eorum saltim rudimenta exhibente junc- tis; faciebus fructus convexis subcarinatis, singula earum spinam teretius-

culam, sursum patentem, jam longiorem jam breviorem, sepe 3-8 millimetra longam, interdum tamen abortu vel siccatione ad gibbum redactam gerente.

Dans cette description méme, et aprés l'examen que j'ai fait des échan- tillons recus, je trouve que le fruit de cette plante est trés variable. Il porte le plus souvent sur les cótés quelques dents avec une ou plusieurs épines largement comprimées et au sommet une ou deux autres épines quelquefois comprimées aussi; les dorsales sont plus ou moins déve- loppées et plus ou moins longues; quant à celles de la base, elles sont réfléchies et trés comprimées. Toutes ces épines et dents latérales font paraitre le fruit largement ailé. Il n'y a donc pas à attacher autant d'im- portance que nous le faisions, M. Lloyd et moi, à la dentelure réguliére exprimée par la figure, ce qui me fait conclure que ce C. pentacanthum appartient à la méme espéce que celui de la Charente-Inférieure.

Si, à présent, nous considérons le C. platyacanthum, M. Lloyd pense que la figure de Chamisso est trop irréguliére pour représenter un fruit normal, et en effet, parmi ceux que j'ai recueillis, il s'en trouve d'ana- logues, aussi irréguliers, aussi bizarres.

84 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

D'un autre côté, il est à remarquer que les descriptions des auteurs ne se rapportent qu'imparfaitement à la figure de Chamisso et qu'elles different entre elles. Ainsi dans l'opuscule de M. Haynald, qui cite Chamisso, on lit :

« C. platyacanthum, fructu obovoideo trispinoso, alato; spinis elongatis, lateralibus complanatis ; ala in spinas producta et decurrente, inter spinas irre- gulariter paucidentata, dentibus subspinescentibus ; faciebus convexis gibbosis, subcarinatis ; carina sursum in gibbum excrescente. »

Grenier et Godron (Fl. de Fr. 1, p. 593) disent : « Fruit fortement ə ailé sur les bords, muni sur les faces de stries longitudinales qui » convergent vers une bosse placée à la base du style; épines latérales » élargies et trés comprimées à leur base et inclinées vers le sommet du » fruit. »

Dans sa Flore de Lorraine, Godron ne parle ni de stries ni de bosses et dit des épines dela base : « étalées mais non réfléchies. »

Aucun des nombreux fruits que j'ai observés n'avait ces épines éta- lées ni dressées.

D'autre part, on lit dans Nyman (Consp. Fl. eur. If, p. 251) : « Fruc- tus superne utrinque gibbo cuneato instructi; spinæ basi subalatæ. » Cet auteur, qui indique ce Ceratophyllum à Berlin, Leipzig, Hessen, Nancy et aussi en Angleterre, le considére comme variété du C. demer- sum et rapporte en synonymes à cette variété les C. gibbum Laforêt et polyacanthum Schur.

Enfin Koch (Syn. Fl. germ.) dit : « Fructibus obovatis trispinosis utrinque inter spinas et alatis, ala subdentata. » à

Ces descriptions diffèrent entre elles parce que leurs auteurs ont voir chacun, soit sur place, soit sur le sec, une forme différente dont ils ont noté les caractères, et j'aurais été moi-même conduit à une appré- ciation analogue si je m'étais borné à une seule de nos localités. C'est ainsi qu'il m'est arrivé de ne rencontrer qu'une seule forme sur un méme point, notamment à Martrou, comme je l'ai dit, je n'ai trouvé que la forme à cinq longues épines, à laquelle M. Lloyd appliquait ce nom de C. pentacanthum avant de le savoir publié, et à Chartres, prés Roche- fort, un grand fossé ne m'a offert que la plante à fruits dépourvus d'épines dorsales, mais armés à la base d'épines plus ou moins com- primées, reliant ainsi la série du fruit à cinq épines ou mamelons au fruit du C. demersum, avec lequel les formes extrémes finissent par se confondre.

Toutes ces formes, comme on le voit, se relient entre elles par des intermédiaires nombreux; elles ne sont donc que des variations du méme type et, en conséquence, elles doivent étre réunies en une seule variété pour laquelle M. Lloyd propose le nom de notacanthum (voc, dos ;

DUCHARTRE. ORGANISATION DE LA FLEUR DU DELPHINIUM ELATUM. 85

äxavôa, épine) pour indiquer que les deux épines, cornes ou bosses supplémentaires, sont placées sur le dos du fruit et non sur les cótés et au sommet comme dans le type. Cette variété pourra étre signalée par la diagnose suivante :

Var. notacanthum, fruit à cinq épines (C. pentacanthum Haynald), dont deux dorsales, qui se réduisent souvent à des cornes, bosses ou tuber- cules; bords du fruit irréguliérement dentés ou ailés, à épines dilatées à la base et quelquefois (platyacanthum Chamisso) prolongées en aile irré- guliére.

Cette plante est extrémement commune dans les environs de Rochefort, mais fructifie peu, et c'est probablement à cette particularité qu'on doit de ne l'avoir pas observée plus tót. Je l'ai trouvée aussi dans les environs de Tonnay-Charente, du Breuil- Magné et dans les vastes marais de Muron et de Saint-Aignant, elle abonde sur certains points.

Les recherches multiples que j'ai faites m'ont permis de constater les conditions dans lesquelles cette plante doit croitre pour fructifier, et en dernier lieu c'était presque toujours à coup sür que je la cherchais.

Pour bien fructifier, elle a besoin d'une eau claire, non courante, et de plus, il faut qu'elle forme des touffes denses et que les sommités de ses rameaux émergent un peu. En dehors de ces conditions, on la trouve trés rarement avec fruit.

A part la forme du fruit, je n'ai découvert aucun caractère pour diffé- rencier cette variété du type. On la rencontre souvent avec des feuilles trésténues, mais ce caractère s'observe aussi pour le type; tout cela dépend des conditions dans lesquelles croissent ces plantes. J'ai constaté aussi que le fruit de cette variété, ainsi que celui du type, est rouge- brique clair ou rougeâtre à la maturité, et non noir comme le disent les auteurs.

M. Duchartre fait à la Société la communication suivante :

ORGANISATION DE LA FLEUR DANS DES VARIÉTÉS CULTIVÉES DU DELPHINIUM ELATUM L., par M. DUCHARTHRE.

On a beaucoup écrit sur la fleur irréguliére des Delphinium et divers botanistes ont proposé des hypothéses fort dissemblables en vue d'en expliquer l'organisation; mais, comme cela était naturel, ces hypothéses ont eu généralement pour base des observations faites sur des plantes qui étaient restées dans leur état naturel et qui n'avaient pas été modi- fiées par la culture; toutefois, dans ces derniers temps, un petit nombre d'observateurs ont soumis à leur examen quelques variétés cultivées, et

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ont fait connaitre incidemment les résultats de leurs études dans des écrits dont le cadre était plus général. C'est ainsi que M. Goebel, dans son mémoire sur les fleurs pleines (1), a consacré un paragraphe spécial aux fleurs entièrement doubles ou pleines des Delphinium ; mais ce n'est qu'un cas particulier au milieu des nombreuses modifications que la culture peut déterminer dans l'organisation florale de ces plantes, et depuis la fleur simple jusqu'à celle qui est devenue complétement double ou pleine, il existe beaucoup de variétés plus ou moins semi-doubles dont l'organisation ne mérite pas moins d'étre étudiée. Or, ces variétés semi-doubles semblent n'avoir guére attiré jusqu'à ce jour l'attention des botanistes. Je ne connais, concernant leur manière d’être, que certains passages peu étendus d'un article publié récemment, par le D" Bonavia, dans le Gardeners’ Chronicle (2) et relatif à la fois aux Pivoines et aux Delphinium. J'ai donc pensé qu'il n'était pas hors de propos d'es- sayer de combler cette lacune et, possédant, dans mon jardin, des pieds de quelques variétés horticoles du Delphinium elatum L., ayant pu, en outre, me procurer des fleurs de quelques autres, j'en ai examiné la constitution florale. Ce sont les résultats de cet examen que la présente note a pour objet d'exposer.

I. Fleur des Delphinium en général.

L'irrégularité de la fleur des Delphinium réside dans son calice et sa corolle, surtout dans cette derniére. Le calice comprend toujours cinq sépales, dont la disposition est quinconciale, qui sont généralement de dimensions peu différentes, et parmi lesquels le postérieur, ou placé contre l'axe de l’inflorescence, s'est développé dans le bas en un long éperon externe. L'existence de cet éperon calicinal est constante, et je l'ai méme constatée dans une variété dont la fleur est entièrement pleine. Toutefois on a observé quelques exceptions à cette loi : ainsi Ramey a trouvé dans les champs, à Montmorency, un Delphinium Consolida L. dont les fleurs n'offraient pas le moindre indice d'éperon calicinal (3); ainsi encore Ad. Brongniart a observé au Muséum, en 1844, un pied de D. elatum dont les fleurs, dépourvues de corolle, avaient un calice presque entiérement régulier et sans éperon (4). C'est donc la corolle qui est le verticille le plus irrégulier dans la fleur de ces plantes. Elle s'y montre constituée selon deux types généraux, dans l'un desquels elle

(1) Goebel (K.), Beitrüge zur Kenniniss gefüllter Blüthen (Prings. Jahrb. für wiss. Bot. XVII, 1886, p. 207-296, pl. x1-xvi).

(2) Bonavia (D° E), Among the Pæonies and Delphiniums (Garden. Chronic., 16 juil. 1887, p. 71-72).

(3) Adansonia, IV, 1863, p. 149.

(4) Brongniart (Ad.), Examen de quelques cas de monstruosités, etc. (Ann. des sc. nat. série, 1I, 1844, p. 20-32).

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consiste en une seule piéce de forme complexe, postérieure et par consé- quent placée devant le sépale éperonné, tandis que dans l'autre elle com- prend quatre piéces (1) qui occupent la demi-circonférence postérieure de la fleur. Le premier de ces deux types distingue la section sous-géné- rique établie par A. P. de Candolle (Syst. I, et Prodr. I), sous le nom de Consolida; le second existe dans les trois autres sections sous-géné- riques désignées par le méme botaniste sous les noms de Delphinellum, Delphinastrum. et Staphisagria. ; JI) sinas

La piéce ou pétale unique des Consolida, les quatre pétales des autres Delphinium sont les survivants d'un verticille corollin que, par l'étude du premier âge de la fleur, on a reconnu avoir été complet à l'origine, mais dont certains éléments se sont arrétés de bonne heure dans leur développement. La question s'est donc posée naturellement de savoir : -4° si le nombre des éléments primitifs du verticille corollin était le méme ou différent dans les deux types, et, en cas de différence, quel il était dans chacun des deux; 2 quelle était la situation de ces éléments primitifs relativement aux cinq sépales calicinaux. Sous le premier rapport les idées sont bien fixées, et elles s'appuient sur diverses bases, particuliérement sur l'observation organogénique. On a constaté en effet que la corolle des Consolida est constituée à l'origine par l'ébauche de cinq pétales, tandis que, dans les espèces des sections Delphinastrum et Staphisagria (2), elle en comprend originairement huit.

Quant à la seconde partie de la question, elle a donné lieu à des énoncés bien moins concordants, au moins relativement aux Consolida. A. P. de Candolle avait dit que, dans les plantes de cette section, cinq pétales alternent avec les cinq sépales, conformément à la loi de l'al- ternance des verticilles floraux consécutifs; sa manière de voir a été adoptée par M. Wydler et par Eichler. Au contraire, Payer, se basant sur ses observations organogéniques, a affirmé (3) que les cinq pétales sont « superposés aux sépales », et cette maniére de voir a été ensuite professée par Alexandre Braun (4), ainsi que par M. Baillon (5). Elle a été appuyée récemment par M. Goebel qui assure (loc. cit. p. 223) avoir vu, chez les Delphinium Ajacis et Consolida, les ébauches trés petites

(1) Chez le Delphinium peregrinum L., M. Baillon admet (Histoire des plantes, I, p. 28) qu'il n'existe réellement que trois pétales, mais que le postérieur s'est dédoublé en deux.

(2) Je laisse de cóté la section Delphinellum relativement à laquelle l'accord est un peu moins unanime.

(3) Payer, Traité d'organogénie comparée, 1 (1857), p. 250. +

(4) Braun (Alex.), Ueber den Blüthenbau der Gattung. Delphinium (Prings. Jahrb. . wiss. Bot. I, 1858, p. 307-370, pl. xxii-xxi).

(5) Baillon (H.), Hist. des plantes, 1.

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des cinq pétales opposés aux sépales, et continuant ainsila spirale 2/5 du calice.

Dans la corolle à huit pétales qui existe, à l'origine, chez les autres Delphinium, comment ce nombre huit se raccorde-t-il avec la symétrie peutamére du calice? Payer a répondu à cette question de la manière suivante : dans le calice quinconcial les sépales sont situés dans la fleur de telle sorte que deux d'entre eux (1 et 3) sont antérieurs, un est posté- rieur (2), et les deux derniers (4 et 5) sont latéraux. Or, d'aprés ce botaniste, devant chacun des trois sépales 1, 2, 3, il nait deux mamelons- pétales, tandis qu'il ne s'en produit qu'un devant chacun des deux autres sépales, 4 et 5. Il apparait donc en tout huit ébauches de pétales, parmi lesquelles les quatre qui sont placées devant les sépales 1 et 3, et qui forment ainsi la moitié antérieure du verticille corollin, arréteront de trés bonne heure leur développement, tandis que les quatre qui se trouvent devant les sépales 2, 4, 5, et qui forment la moitié postérieure du méme verticille, continueront de croitre et deviendront ainsi les quatre pétales de la fleur adulte. Les figures 4 et 5, planche 55 du livre de Payer, montrent ces rapports de position entre les huit mamelons- pétales et les cinq sépales chez le Delphinium Requienii. Je crois devoir rappeler à ce propos que, dés l'année 1846, Ad. Brongniart avait dit, dans son rapport sur un mémoire de M. Barnéoud (1) : « Nous avons vu, » dans plusieurs espéces de Delphinium, dans les boutons trés jeunes, » outre les quatre pétales ordinaires, des pétales rudimentaires occupant » la partie antérieure de la fleur qui en est complétement dépourvue à » l'époque de la floraison. Ces pétales rudimentaires étaient au nombre » de quatre et formaient, avec les quatre autres déjà plus grands, un » verticille de huit organes inégaux, mais espacés trés réguliérement. »

Depuis la publication de l'ouvrage de Payer, Hofmeister a donné, en 1868 (2), une figure qui représenteles huit mamelons-pétales bien formés et situés, par deux devant les sépales 1, 2, 3, isolément devant les sépales 4, 5, dans un bouton trés jeune du Delphinium elatum. Enfin, M. Goebel reconnait aussi l'existence, dans les premiers temps, de huit mamelons corollins, tout en disant (loc. cit. p. 226) que « Payer n'a pas démontré, dans ce cas, le dédoublement, » et en voyant, dans les huit files d'étamines que possédent ces mémes fleurs, une circonstance peu favorable à l'idée du dédoublement. En somme, c'est un fait aujour- d'hui acquis, semble-t-il, que la présence d'une corolle de huit pétales avec un calice de cinq sépales dans les trés jeunes boutons de fleurs des Delphinium qui forment les sous-gegres Delphinastrum et Staphisagria.

(1) Ann. des sc. nat. série, VI, 1846, p. 297-303. (2) Allgemeine Morphologie, fig. 81, p. 458.

DUCHARTRE. ORGANISATION DE LA FLEUR DU DELPHINIUM ELATUM. 89

II. Organisation de la fleur dans les variétés cultivées du Delphi- nium elatum.

Avant d'aborder l'examen de l'organisation florale du Delphinium elatum, telle qu'elle se montre aprés les modifications que la culture a déterminées dans le type primitif, je crois qu'il ne sera pas hors de propos de résumer en quelques lignes l'histoire botanique de cette espèce.

Elle a été établie sous le nom de Delphinium elatum par Linné, dans son Species, et indiquée par lui comme habitant Ja Sibérie, la Suisse et la Silésie. A. P. de Candolle avait d'abord adopté ce nom comme s'appli- quant à une plante spontanée dans les lieux pierreux et ombragés des Alpes, en Valais, en Piémont, en Dauphiné et sur les montagnes voisines de Narbonne, par conséquent française, et il avait exprimé cette manière de voir dans son Synopsis publié en 1806, puis dans le quatrième volume (p. 914) de sa Flore française, en date de 1815. Plus tard, le méme botaniste a démembré l'espéce et, dans son Systema naturale (I, 1818, p. 358-361), il en a classé les variétés, distinguées surtout par Lamarck, comme synonymes, l'une du D. intermedium Ait., plante des Alpes et des Pyrénées, une seconde du D. cuneatum Stev., plante de Saratof et du Volga inférieur, une troisiéme de son D. montanum, qui vient sur les Pyrénées, les Alpes et les Apennins. Cependant, dans le méme ouvrage, après avoir caractérisé son D. dictyocarpum, il écrit : « Habitus D. elati aut cuneati, comme si, pour lui, l'espéce nommée D. elatum n'avait pas cessé d'exister. Dans ce démembrement de l'espéce considérée quant à son indigénat,. il a été suivi par Loiseleur-Deslong- champs (Flora gallica, I, p. 387) et par Duby (Botanicon gallicum, p. 16) ; mais, dans leur Flore de France (I, p. 49), Grenier et Godron ont admis l'unité de l'espéce Linnéenne et en ont repris la dénomination premiére, sous laquelle je la désigne ici, à leur exemple.

Depuis que le Delphinium elatum L. est devenu l'une des plantes ornementales les plus répandues dans les jardins, les horticulteurs en ont obtenu des formes nombreuses, méme des races qu'ils ont dési- gnées par des noms formés comme le sont ceux des véritables espéces. L'histoire botanique de ces races et formes ou variétés, ainsi que leur classement méthodique seraient tout au moins fort difficiles à tracer; aussi me bornerai-je, dans ce qui va suivre, à désigner les variétés que jaurai à décrire sous leur nom jardinique, nom essentiellement tradi- tionnel, mais qui seul permet de retrouver la plante à laquelle il a été donné dans l'établissement de tel ou tel horticulteur et, par suite, de se la procurer. Quant à la marche que je suivrai, elle consistera à prendre comme point de départ une variété dont la fleur est simple, mais remar-

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quable par son ampleur; je décrirai ensuite successivement l'organi- sation de plusieurs variétés à fleurs semi-doubles, pour arriver enfin à une variété entièrement double ou pleine.

1. Mammouth.— Cette variété, dont les pieds me sont venus de léta- blissement de M. V. Lemoine, de Nancy, horticulteur bien connu, a une fleur trés ample, mais simple, qui a conservé, par conséquent, sans alté- ration le type des Delphinastrum. Elle offre ainsi un calice de cinq sépales et une corolle de quatre pétales situés dans la moitié postérieure de la fleur. Les sépales, en disposition quinconciale, sont ovales, un peu oblongs et insérés par une assez large base ; le postérieur a son éperon long et relevé à sa surface de rugosités obliques ou presque transver- sales, irréguliérement ondulées. Les quatre pétales forment deux paires fort dissemblables, dont l'une est postérieure, située devant le sépale éperonné, et dont l'autre est latérale; dans chaque paire, les deux pétales sont symétriques entre eux, mais différent beaucoup de ceux de l'autre paire. La moitié antérieure dn cercle corollin est restée vide par défaut de développement des quatre mamelons qui s'y étaient montrés à l'origine. Chacun des deux pétales postérieurs, ou placés cóte à cóte devant le sépale éperonné, se divise en deux parties dissemblables qui se réunissent au niveau de l'insertion, et dont l'inférieure est l’éperon tan- dis que la supérieure est le limbe. L'éperon est environ deux fois plus long que le limbe et presque aussi long que celui du calice; il est large- ment ouvert du cóté qui regarde son symétrique, sur les deux tiers supé- rieurs de sa longueur; mais il est fermé dans son tiers inférieur ; il revient donc, en majeure partie, à une lame ployée en gouttiére pro- fonde, dont le bord inférieur est épaissi et vert. C'est par l'extrémité antérieure de ce bord épaissi que s'attache le pétale. Ces deux éperons juxtaposés s'enfoncent profondément dans l'éperon unique du calice. Quant au limbe de chacun de ces pétales, il est asymétrique, terminé par une troncature oblique, bleu violet en dehors, pâle et à peu près blanc en dedans; les deux se rapprochent en voûte et se superposent même par leurs bords adjacents. Ces deux pétales longuement éperonnés et postérieurs sont sessiles; au contraire, chacun des deux pétales laté- raux qui forment la seconde paire, offre un long et large onglet, que surmonte un limbe à peu près aussi long que large, échancré au som- met, rétréci en coin dans le bas, blanc et remarquable surtout par les longs poils qu'il porte dans le champ de sa face supérieure ; cet onglet se contourne sur lui-méme en se redressant pour porter le limbe sous la voüle des deux pétales postérieurs, au-dessus de la masse des organes reproducteurs; en outre, son bord postérieur se prolonge, à un millimètre environ au-dessus de l'insertion du pétale, en un petit crochet qui décrit parfois jusqu'à un cercle entier. En général, jai vu les quatre pétales

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bien développés et égaux en dimensions dans chacune de leurs deux paires; mais parfois aussi l'un des deux pétales latéraux était resté nota- blement plus petit que l'autre et, au lieu de se redresser, s'était rabattu contre le calice; ce fait semble montrer déjà que la corolle est plus susceptible que le calice d'altération dans son état habituel, et les obser- vations suivantes confirmeront cette déduction.

2. L'organisation que je viens de décrire et qui caractérise l’état habi- tuel de la fleur simple chez le Delphinium elatum avait subi une pre- miére modification dans la fleur d'une variété qui m'était venue de la méme source que la précédente, mais dont j'ai malheureusement perdu le nom. La fleur de cette plante possédait un calice normal, c'est-à-dire formé de cinq sépales en quinconce, dont le postérieur était éperonné. Plus intérieurement elle offrait six piéces pétaloides, de deux sortes fort dissemblables : deux d'entre elles, alternant assez exactement avec les sépales latéraux et antérieurs, étaient un peu plus petites que ces sépales contre lesquels elles s'appliquaient; mais elles en avaient à fort peu prés la conformation et l'apparence. Au contraire, les quatre autres étaient oblongues, fortement creusées en gouttière par l'inflexion de leurs bords et incurvées vers le centre de la fleur; deux d'entre elles se trou- vaient cóte à cóte devant le sépale éperonné, ne présentant toutefois elles-mémes aucun indice d'éperon, et chacune des deux autres était située devant l'un des sépales latéraux ; toutes les quatre étaient colorées en violet-purpurin, comme les deux précédentes, mais leurs bords étaient nettement blancs dans le haut, souvent sur une assez grande longueur. Malgré leur conformation toute spéciale, il semble difficile de mécon- naître en elles l'analogue des quatre pétales de la fleur entièrement simple ou normale; mais que doit-on voir dans les deux autres piéces pétaloides qui ne leur ressemblent en aucune facon, et qui m'ont semblé étre plus externes? Aprés avoir décrit les autres variétés que j'ai obser- vées, je tâcherai de répondre à cette question.

Les autres fleurs qu'a données la méme plante ne différaient de celle qui vient d’être décrite qu'en ce que la gouttière de certains de leurs pétales était plus ou moins ouverte; mais le nombre et la situation de ces éléments de la corolle y étaient restés les mémes.

3. Anacréon. L'altération du plan de la fleur simple s'est montrée plus profonde dans une variété qui m'est venue de chez M. V. Lemoine, étiquetée Anacréon. En dedans du calice normal, existaient des piéces pétaloides de deux sortes. Celles de la premiére sorte, analogues aux deux de la variété précédente, étaient également planes, ovales, à peu prés sessiles à large insertion, mais généralement au nombre de huit : cinq d'entre elles, assez réguliérement alternes aux sépales, formaient un verticille externe ; les trois autres, constituant un demi-verticille plus

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interne et antérieur, alternaient avec les premiéres. Les piéces de la seconde sorte étaient plus internes, au nombre généralement de trois, rarement moins, et contrastaient par leur couleur à peu prés blanche avec la teinte violette-purpurine à bordure bleue des précédentes ; elles étaient d'ailleurs remarquables par la singularité de leur conformation : dans chacune d'elles, un petit limbe presque carré à angles émoussés, plus ou moins ondulé, longuement cilié et chargé de longs poils à sa face interne, surmontait un long et large onglet profondément canaliculé qui, inférieurement, se fermait en tube large et court. La paroi anté- rieure de ce tube se prolongeait en une assez longue languette obtuse, d’où l'ensemble de la pièce ressemblait assez à une corolle gamopétale bilabiée dont la lévre antérieure aurait été beaucoup plus courte que la postérieure. Ces trois étranges pétales, car on ne peut, ce me semble, voir en eux autre chose, étaient l'un postérieur et médian, par consé- quent opposé au sépale éperonné, tout en étant lui-méme dépourvu d'éperon ; les deux autres étaient situés à droite et à gauche de celui-ci. Comme dans la variété précédente, les étamines étaient restées normales : jen ai toujours compté plus d'une vingtaine. La singuliére conforma- tion du pétale médian se reproduisait dans les deux latéraux, mais elle y était moins accentuée : l'onglet de ceux-ci était moins profondément canaliculé et les parois en étaient moins épaisses.

4. Copernic. Une variété, cultivée sous ce nom au Jardin des plantes de Paris, d’où elle m'a été trés obligeamment envoyée avec quelques autres par M. le professeur Max. Cornu, ressemblait à la précédente par la constitution générale de sa fleur, mais s'en éloignait par quelques détails de conformation. Elle aussi m'a montré, en dedans d'un calice normal, sept ou huit folioles pétaloides planes, ovales, sessiles et, sur un rang plus intérieur, quatre ou cinq pétales à limbe plus ou moins hérissé et à onglet canaliculé, qui formaient un demi-verticille posté- rieur; mais, sur les sept ou huit folioles plus externes que les pétales et appliquées contre le calice, deux, placées cóte à cóte devant le sépale postérieur éperonné, étaient creusées dans le bas en un petit sac externe, qui n'était évidemment qu'une ébauche d'éperon. D'un autre cóté, parmi les quatre ou cinq pétales, il y en avaitun postérieur et médian, alterne par conséquent avec les deux folioles dont il vient d'étre question, qui se distinguait des autres par ses dimensions sensiblement plus fortes, et surtout par une parlicularité curieuse : son limbe, hérissé à la face interne de trés longs poils et échancré à son bord libre, surmontait un trés large onglet profondément canaliculé, dont les parois latérales étaient fortement épaissies. Inférieurement, le canal de l'onglet se fer- mait en un tube qui, se prolongeant longuement au delà de l'insertion du pétale, devenait un éperon redressé contre le dos de ce pétale. La

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longueur de cet éperon devenait parfois assez considérable pour que sa pointe arrivàtau niveau de la base du limbe. L'androcée et le gynécée de ces fleurs n'avaient subi aucun changement.

9. Caméléon. Les fleurs qui me sont venues sous ce nom du Jardin des plantes rentraient dans le type des deux précédentes variétés, mais avec les modifications suivantes. En dedans du calice normal, coloré en bleu assez intense, il existait : en premier lieu, un cercle de six folioles pétaloides, ovales plus ou moins oblongues et sessiles; en second lieu et plus intérieurement, cinq pétales blanes, à limbe hérissé sur sa face nterne, occupant une demi-circonférence, au cóté postérieur de la fleur. Parmi les six folioles du cercle intracalicinal, la postérieure impaire, opposée au sépale éperonné, se creusait, un peu au-dessus de sa base, en une sorte de poche ou commencement d'éperon, au-dessus duquel elle s'inclinait fortement vers le centre de la fleur au point de faire un angle droit avec sa portion basilaire. Les deux folioles situées l'une à droite, l'autre à gauche de celle-ci, ressemblaient aux trois autres du méme cercle par leur forme ovale et leur coloration en violet-purpurin, mais elles en différaienten ce que deux grandes macules blanches occupaient les bords de chacune, à partir d'un millimètre au-dessous du sommet et sur une longueur de 3 millimétres. Des cinq pétales, le postérieur impair et médian rappelait, par sa conformation, par ses longs cils et les poils de son limbe, son analogue dans la variété Anacréon ; mais la gouttière formée par son large onglet tubuleux inférieurement était trés ouverte. Ce pétale était blanc ainsi que les quatre autres dont l'onglet était moins large, surtout dans un, qui, en outre, offrait une étroite bande médiane purpurine. La fleur était complétée par un androcée et un gyné- cée normaux. y

Dans les quatre variétés que je viens de décrire la fleur était devenue plus ou moins semi-double uniquement parce que, entre son calice tou- jours resté normal et sa corolle réduite à un demi-verticille, s'étaient interposées des folioles pétaloides en nombres divers, selon les plantes, qui ressemblaient beaucoup aux sépales et nullement aux pétales. Les étamines avaient toutes conservé leur état normal, et n'étaient inter- venues en rien dans la semi-duplicature; nous allons maintenant les voir, au contraire, prendre une part plus ou moins notable au change- ment d'état de la fleur qui en deviendra plus double.

6. Protée.— Dans la variété cultivée sous ce nom au Jardin des plantes, la fleur était plus petite que celles dont il a été question jusqu'ici. Le calice resté normal avait ses sépales velus à l'extérieur, surtout dans le haut et sur une bande médiane proéminente; son sépale postérieur, for- tement concave et presque en capuchon, portait un éperon plus large que de coutume. En dedans de ce calice était une zone de folioles pétaloides,

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ovales et sessiles, au nombre le plus souvent de huit, parfois de dix ou onze, dont deux, placées devant le sépale postérieur, offraient un gros éperon basilaire, long de 2-3 millimétres et dirigé de haut en bas. Plus intérieurement et en alternance avec ces deux folioles se trouvait un pétale de conformation singulière. C'était, dans la plus grande partie de sa longueur, un canal large et profond, à parois à peu prés paralléles et fortement épaissies sur leur ligne médiane, qui s'ouvrait supérieurement en un petit limbe à peu prés carré et sans poils, tandis qu'il se fermait inférieurement en tube. Ce tube obconique émettait, à son orifice, deux appendices dressés en cornes divergentes et, dans le bas, il se pro- longeait en un éperon remarquable par sa direction presque horizontale vers le centre de la fleur. De chaque cóté de ce pétale impair, il s'en trouvait une paire de latéraux, onguiculés et en général hérissés de longs poils à leur face interne. Ces cinq pétales formaient, tous eusemble, un demi-cercle postérieur ; quant au demi-cercle antérieur de la zone corol- line que jusqu'ici nous avons vu vide, il était occupé par trois à cinq pétales, dans lesquels leur long onglet grêle et leur limbe oblong, ayant parfois conservé sur ses bords des vestiges de loges d’anthère, fai- saient reconnaitre tout autant d'étamines pétalisées.

1. Nancy. Dans la variété qui m'est venue sous ce nom de chez M. V. Lemoine, la duplicature a fait des progrés par l'augmentation notable du nombre des étamines pétalisées ; mais, par contre, la corolle normale s'est réduite au minimum possible, puisque je ne l'ai vue repré- sentée, dans les fleurs que j'ai analysées, que par un seul pétale à onglet large, à limbe presque carré, cilié, hérissé de longs poils sur sa face interne, que sa blancheur faisait trancher sur la couleur purpurine avec encadrements bleus des autres folioles florales. Comme dans les cas pré- cédents, en dedans du calice resté normal se trouvaient des folioles ovales, sessiles, dont le nombre variait ici de six à dix; puis, plus inté- rieurement, outre le pétale à limbe hérissé, quinze à dix-huit pétales plus petits, à onglet gréle et à limbe oblong, glabre, d'autant plus réduit qu’ils étaient plus internes, Indubitablement ceux-ci devaient être des étamines pétalisées; aussi les étamines qui avaient gardé leur état nor- mal étaient-elles peu nombreuses; jai méme vu parmi elles, dans une fleur, un filet surmonté d'un limbe pétaloïde qui portait deux théques à son bord basilaire.

8. Agathe. La variété cultivée sous ce nom au Jardin des plantes m'a présenté un exemple d'extréme simplification. En effet, en dedans du calice resté normal et dont le sépale postérieur, éperonné, était trés concave, je n'ai trouvé dans ses fleurs qu'une zone de huit, et une fois neuf, folioles pétaloides, ovales, en majorité sessiles par une large base, en un mot, semblables aux sépales par leur forme comme par leur colo-

DUCHARTRE. ORGANISATION DE LA FLEUR DU DELPHINIUM ELATUM. 95

ration en bleu pàle. Une d'entre elles était placée devant le sépale épe- ronné, dans la concavité duquel elle s'appliquait exactement; elle était sensiblement plus grande que les autres et présentait dans le bas une bosselure externe ou rudiment d'éperon. En outre, deux ou trois autres de ces folioles, et c'étaient les plus internes, avaient un onglet gréle qui faisait la moitié de leur longueur totale; selon toute apparence, celles-ci étaient des étamines pétalisées. Le fait le plus remarquable, c'est que, dans ces fleurs, rien ne ressemblait, méme de loin, à l'une ou à l'autre des deux formes de pétales qui existent dans le demi-verticille corollin du Delphinium elatum simple, soit avec, soit sans poils sur la face interne du limbe. Je crois donc pouvoir admettre que, dans la fleur de la variété Agathe, la corolle fait défaut. Dans l'androcée de ces fleurs j'ai compté environ une vingtaine d'étamines normales, autour des trois carpelles non modifiés.

9. Gladiateur. Le terme extréme des modifications apportées par la culture à l'état normal de la fleur du Delphinium elatum L. m'a été présenté par une variété qui m'est venue de chez M. V. Lemoine sous le nom de Gladiateur, et dans laquelle les fleurs, larges d'environ 2 centimétres seulement, étaient colorées en un joli bleuclair, qui deve- nait pâle et verdàtre au centre. La fleur de cette plante est pleine et n'a pas conservé une seule étamine pourvue d'anthére ; méme ses trois car- pelles commencent souvent à se colorer et à se pétaliser dans leur partie supérieure. Dans son ensemble, elle comprend : 1? un calice qui est resté normal et dont le sépale postérieur est dès lors éperonné; en dedans de ce calice, des pétales, au nombre d'une quarantaine, tous plans et glabres, étalés, dont les extérieurs sont ovales, longs d'environ un cen- timétre, tandis que les plus internes sont de moitié plus courts, oblongs avec un léger rétrécissement médian, et que les intermédiaires établis- sent une transition bien ménagée entre ces deux formes; au centre trois carpelles. Je crois que cette organisation résulte : de ce que les pétales si nettement caractérisés du D. elatum ne sont pas représentés dans la fleur de cette variété, et que dés lors la vraie corolle y manque, comme dans la variété précédente; de ce que les folioles pétaloides situées entre le calice et la corolle, que possédaient les variétés semi- doubles examinées ci-dessus, font également défaut, à moins qu'on n'aime mieux admettre que, malgré la similitude de forme et de coloration, ce sont elles qui constituent les pétales externes; 3^ de ce que tous les pétales (sauf peut-étre les externes) sont des étamines pétalisées qui ont méme subi une augmentation de nombre.

III. Considérations générales et conclusions. M. Goebel, qui, à la vérité, ne s'est occupé que des fleurs pleines des

96 SÉANCE DU 27 JANVIER 1888.

Delphinium, distingue, chez le D. orientale, de la section Consolida (loc. cit. p. 222), deux catégories de ces fleurs : dans l’une qui, dit-il, est la plus rare des deux, la fleur a transformé ses étamines en pétales plats et sans éperon. On vient de voir que c’est ce qui doit avoir lieu dans la variété Gladiateur du D. elatum. Dans la seconde catégorie, « les étamines transformées ont la forme des sépales, mais l'éperon du » calice reste vide, et le pétale non éperonné et sans ailes qui correspond » au sépale supérieur est bifide au sommet. Ceci est évidemment un » passage à la forme florale radiaire (actinomorphe), qui existe chez » beaucoup de fleurs pleines. »

Le savant allemand se pose ensuite la question de savoir comment se comportent les pétales ébauchés à l'origine et avortant plus tard habi- tuellement, dans les cas les fleurs de ces plantes deviennent pleines. « Se développent-ils, dans cette duplicature, ou bien restent-ils rudi- » mentaires? J'ai pu, dit-il, constater, chez le D. elatum var. inter- » medium, que c'est le premier de ces cas qui a lieu. Chez les Delphi- » nium à huit files d'étamines, il se produit, à l'origine, huit ébauches