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COMPTES RENDUS

des Séances

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Société de Biologie

. et de ses filiales : .

les ions de Bordeaux, Marseille, Nancy, Petrograd, lle, HT Strasbourg, Lyon, Buenos-Aires, Lisbonne, ,

. PUBLIÉS LE VENDREDI DE CHAQUE SEMAINE

Séance du 7 Janvier 1922

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n} tes rendus s paraissent chaque semaine sauf. pendant les vacances de la Société. ne PRIX DE L’ABONNEMENT, POUR 1922 : He ME

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SÉANCE DU 14 JANVIER 1922

Au cours de la séance, constitution d'une commission pour | le titulariat.

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COMPTES RENDUS

. HEBDOMADAIRES

DE LA SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

SÉANCE DU 7 JANVIER 1922

Barnier (E.), Ducein (P.) et STILLMUNKÈS (A.) : Remarques sur la glycosurie caféinique....

BarpiterR (E.), Ducuein (P.) et STILLMUNKÈS (A.) : Sympathique et glycosurie caféinique........

Bouveyron (A.): Action dé- chaïnante et action désensibili- sante de la tuberculine dans sept rasidjasthmes es ee... 2e

CuaurrFARD (A.), Bronin (P.) et Grisaut (A.) : Teneur en acide urique des hématies...........

Duvaz (M.) et PornTIER (P.) : Limite de résistance au froid des Chenilles de Cossus cossus......

FauRÉ-FREMET (E.): Echanges respiratoires des œufs de Sabel- laria alveolata L. au cours de la

- segmentation ou de la cytolyse..

FernsAcu (A.) et Scnon (M.): L'acide pyruvique dans la fer- mentation alcoolique...........

KozzmAnx (M.) : Régénération caudale chez les Batraciens. Le pouvoir régénérateur aux diffé- PERS NIVEAUX; EU. , 00e SNA

Nicoras (E.) : Sur la gélifica- tion des sérums par l’aldéhyde CAN MONT MAERERS ERS e

Ricaaup (A.):Sur la teneur en adrénaline des capsules surréna- les, déterminée par la méthode chimique et par la méthode phy- SOC AE Ed re re Done

TarsowLa (R.) : Sur une réac-

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31

20

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26

BioLocre. COMPTES RENDUS. 1922

SOMMAIRE

tion simple de précipitation du liquide céphalorachidien : réac- tion à l’élixir parégorique......

Tomas. (J.) et Berri : Etude de la variation du pouvoir réduc-

teur des sérums normaux et can-

céreux, en présence d'extraits de HT 06e cobenocbeccednne

Urgain (A.) : Sensibilisatrice due à la Bactéridie charbonneuse.

Werx (P.-E.), Bocase et Coste : Etats hémorragipares, temps de saignement et hématoblastes....

Réunion biologique de Lille.

CramPon (P.) : Recherche du Bacille de Koch dans le sang des tubeteuleuxee tree

DuvizziEr (Ed.), COoMBEMALE (P.) et Buzreau (H ) : Etude expé- rimentale de l’action de la spar- téine sur la circulation.........

LAGuEssE (E.) : Sur les lamelles du tissu conjonctif, à propos d’un récent mémoire de Dominici....

WERTHEIMER (E.) et Dugois (Ch...) : Sur les fonctions des vési- cules séminales de quelques Ron- DEULS PSE AU re Re Rene

Réunion biologique de Lyon.

ARLOING (F.), Cane: (A.) et Bocca : Contribution à l'étude expérimentale de la sécrétion gas- triquerchezile:Chient 2:30."

ARLOING (F.), Cane (A.) et

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32

DS Le

2 SOCIÉTÉ

DE BIOLOGIE

Bocca : Etude expérimentale de | Réunion biologique de Marseille. l'influence de l’atropine (en in- jection et en iagestion) sur la RanQue (A.) et Senez (Gh..) : secrétion gastrique du Chien. 4; | Sur une technique de réaction COhgrer a Mira Étude | de fixation du eue dans ultra-microscopique de l’action Hiubéreulose ere rte 58 des rayons X sur les colloïdes ; RANQUE (A.) et SexEz (Ch.) : métalliques Er. Rene Lg Unité de mesure exacte dans la Minanos (M.) : Sur la présence réaction de fixation du complé- d'un alcaloïde dans l'Isopyrum TE A A Re AR Ne à 56 fumarioïdes L. Etude de ses réac- Rouscacroix : Réactions de fixa- tions micro-chimiques et de ses tion avec l’antigène tuberculeux localisations Que PANeRNt had besredrans rer ne 53

Présidence de M. Achard, puis de M. F. Mesnil, anciens vice-présidents.

IMITE DE RÉSISTANCE AU FROID DES CHENILLES DE COSSuS COSSus, par Marcez Duvaz et PAUL PoRTIER.

- Dans un travail antérieur (1), l’un de nous en collaboration avec Mile F. Gueylard a montré que, pendant la saison d'hiver, des Chenilles de Cossus refroidies bien au-dessous de et durcies par la congélation revenaient à la vie dès qu'elles étaient réchauffées à la température du laboratoire. Nous n’avions pas pu d’ailleurs déterminer la limite de cette résistance au froid ; des expériences entreprises dans ce but, au mois de mars, nous avaient montré qu’à cette époque, les Chenilles étudiées ne résistent plus, comme en plein hiver, à une température inférieure à o°.

Les nouvelles recherches que nous avons entreprises et dont nous publions les premiers résultats aujourd’hui nous ont d’abord permis de vérifier les faits publiés en 1916. Des Chenilles de Cos- sus congelées dans un mélange de glace et de sel marin et maïnte- nues Has bre d'une heure à une température variant de ° sont rappelées à la vie même lorsque le réchauffe- ment est très brusque (immersion dans l’eau à + 4o°). Ces Chenil- les durcies par le froid peuvent être cassées en deux. La portion antérieure s'agite énergiquement lorsqu'on la réchauffe brusque- ment.

Limite de résistance au froid. Une Chenille congelée à 17° par un mélange de glace et de sel est placée dans un tube à essai qui plonge dans l’air liquide. On maintient cette Chenille pendant

(x) GC. R. de la Soc. de biol., 1916, t. 79, p. 777.

* contre la larve.

SÉANCE DU Ÿ JANVIER o

A

quelques minutes à une température voisine de 190 degrés ; puis on la laisse se réchauffer progressivement à la température du laboratoire. On constate que la Chenille est morte.

Afin de disposer d’une température bien déterminée et moins basse, nous congelons du chloroforme en plongeant le tube qui le contient dans l’air liquide. Le chloroforme ramené à la tempé- rature ordinaire commence à entrer en fusion ; nous plongeons alors à son intérieur, un tube à essai, qui renferme une Chenille de Cossus préalablement refroidie à 15°. Celle-ci est ainsi main- tenue à une température de 63 degrés pendant enviror 50 mi- nutes. Après réchauffement progressif, on constate qu'elle est morte. |

Ainsi, la température mortelle est comprise entre 17° et 63°.

Afin d'obtenir des intermédiaires entre ces deux points, nous utilisons le dispositif suivant. La Chenille est enfermée dans la partie centrale d’un tube de cryoscope à double enveloppe et cet appareil est placé dans un vase de Dewar au fond duquel se trouve de l’air liquide. En approchant plus ou moins le fond du tube à cryoscope de l’air liquide, on fait varier à volonté, et très pro- gressivement, grâce à la double enveloppe, la température de la Chenille. On suit ces variations au MOYEN d’un thermomètre placé

En utilisant ce dispositif, nous sommes parvenus, par une sé- rie d'essais à fixer la température mortelle au voisinage de 21° Une Chenille refroidie à 22° après être restée inerte pendant les deux jours qui ont suivi sa congélation a montré ensuite quel- ques réactions, mais elle a finalement succombé.

Une grosse Chenille avait été placée verticalement la tête en haut dans le tube du cryoscope. Les derniers anneaux plus rap- _prochés de l’air liquide furent refroidis à 25 degrés. La partie antérieure, au contraire, plus éloignée de la source du froid ne fut portée qu'à 20 degrés. Après réchauffement, la partie antérieure présentait des réactions très vives aux excitations mécaniques ; la partie postérieure était absolument inerte, insensible et se distin- guait d'une manière frappante de la partie antérieure par l’œdème qui l'avait envahie.

La Chenille avait été partagée. physiologiquement en deux par- ties sous l’action de deux températures voisines, mais Is enl deçà et au-delà de la température mortelle.

Mécanisme de la mort par le froid. Nous avons fait remar- quer que les Chenilles refroidies aux environs de 15° étaient durcies à ce point qu'on pouvait les briser en deux morceaux Sans qu'aucune goutte de liquide se montre sur la surface de sec- tion. Cette expérience semble prouver que les ane de la larve

4 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

sont compiètement congelés. On s'explique mal dans ces conditions qu'un refroidissement plus énergique puisse apporter dans les tissus de la larve des perturbations capables d'entraîner la mort.

Mais il semble bien, d'après les expériences de Bachmetjew, qu’en réalité ce sont seulement les liquides intercellulaires qui se congè- lent et produisent la rigidité de l’animal. Le contenu des cellules resterait à l’état de solution sous-refroidie, ce n’est qu'à une tem- pérature très inférieure à celle de congélation que cette surfu- sion cesserait.

Nous avons fait une observation qui semble confirmer cette in- terprétation. Plusieurs fois, à une température voisine de 20°, un thermomètre placé au contact d’une Chenille subit une ascen- sion brusque reproduisant le phénomène qu'on observe dans les opérations de cryoscopie au moment on fait cesser la surfusion par l’apport d’un cristal de glace.

*EMARQUES SUR LA GLYCOSURIE CAFÉINIQUE par E. BaRDIER, P. Ducnein et À. STILLMUNKÈS.

À la suite des recherches de Fredericq et Descamps, relatives à l’action paralysante de la caféine sur le sympathique, nous avons eu l’occasion de signaler, dans une communication anté- rieure, l'absence de glycosurie adrénalinique sur des animaux soumis à un régime normal, (Choux et son), préalablement ca- féinés. Il nous avait paru que cet antagonisme devait être con- sidéré comme un témoignage de l’action paralysante de la caféine sur les terminaisons périphériques du sympathique dont l’exci- tation par l’adrénaline, provoque, normalement, suivant l’opi- nion classique, le passage du sucre dans l'urine.

Il est, d'autre part, admis qu'ii existe un diabète admin. En effet, Jacobi, le premier a montré, en 1895, que l’administra- tion intraveineuse, de 0,20 à 0,40 cgr. de sulfate de caféine pro- voque de la glycosurie sur le Lapin. Depuis, ce fait a été observé : par d’autres auteurs et a fait l’objet d'importants travaux.

L’antagonisme de la caféine et de l’adrénaline, tel qu’il résulte de nos recherches, nous a tout naturellement conduits à l'étude de la glycosurie caféinique. Et nous avons tout d’abord constaté que, contrairement à ce qui se passe avec l’adrénaline, dont le pouvoir glycosurique est remarquablement constant, la caféine engendre, au contraire, très irrégulièrement la glycosurie sur l'a- nimal normal (Chien ou Lapin). Dans toutes nos expériences, nous avons employé une solution de caféine à 25 p. 100 dans du

SÉANCE DU 7 JANVIER 5

benzoate de soude, soit par APR sous-cutanée, soit par injec- tion intraveineuse.

Souvent, nos réactions qualitatives de l'urine avec la liqueur de Fehling révélaient un trouble de la liqueur à peine visible, puis une précipitation sous l'influence du refroidissement ; mais nous ne considérons pas comme positive cette réaction qui, on le sait, est commune aux pentoses, à l'acide giycuronique et à ses composés, à la créatine, à la créatinine et à l’acide urique. Il y a une cause d'erreur du l’appréciation de la glycosurie dont il convient de tenir le plus grand compte. D'où la nécessité de dé- féquer préalablement les urines.

Il en va différemment, si, au lieu d'opérer sur des animaux pris au hasard, on choisit ceux qui sont alimentés avec une nourriture riche en hydrates de carbone. Les auteurs qui, avant nous, ont étudié la glycosurie caféinique, ont soin de ne se servir que d’ani- maux ainsi préparés. [ls prennent exclusivement des Lapins nour- ris avec des Betteraves quelques jours avant l'expérience. Très peu de recherches ont été effectuées sur le Chien. À cet égard, nos ex- périences, malgré les conditions favorables se trouvaient nos animaux, par suite de la nature de leur régime alimentaire, ne nous ont pas permis d'enregistrer constamment de la glycosurie après administration sous-cutanée ou intraveineuse de caféine.

Voici deux expériences, à titre d'exemple, faites sur deux Lapins _de poids sensiblement égal et de même portée.

Lapin 1,500 gr., au régime exclusif des Betteraves depuis 72 heures. Glycémie 1,60 gr. Injection intraveineuse de 0,08 cgr. de caféine par kgr. Au cours des 2/ heures suivantes, pendant les- quelles la glycémie s'est élevée jusqu’à 4 gr., l'animal émet 150 c.c. d'urine avec 0,95 de sucre.

Lapin 1.900 gr. au régime des Betas depuis 5 jours. Glycé- mie 1,64 gr. Injection intraveineuse de 0,08 cgr. de caféine par kgr. La glycémie s'élève à 3,44 gr., dans les trois heures consécu- tives. L'animal émet 155 c.c. d'urine au cours des 24 heures. Pas de sucre.

Cette inconstance nous paraît digne d’être mentionnée. Elle est très vraisemblablement en rapport avec des conditions indivi- duelles dont la nature et la cause nous échappent. Nous ne la trou- vons nullement mentionnée dans les documents bibliographiques relatifs à cette question.

Par contre, à l’exception des premières recherches de Jacobi et de celles de Hirayama (r9grr) faites avec la caféine, presque tous les auteurs ont utilisé la diurétine pour leurs expériences. Celle- ci, comme on le sait, représente un sel double de théobromine et de salicylate de done Chimiquement, la théobromine est une diméthylxanthine, la caféine une triméthylxanthine. Ces corps

6 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

sont très voisins sans doute au point de vue chimique ainsi qu'au point de vue pharmacodyÿnamique. [Il n’en est pas moins vrai que l’analyse de leurs propriétés physiologiques révèle des différences sensibles. : ; |

En tout cas, en ce qui concerne le pouvoir glycosurique, la diu-

rétine l'emporte sensiblement sur la caféine. Tel est évidemment le motif pour lequel ce sel a presque exclusivement été employé.

Qu'il s'agisse de caféine ou de diurétine, nos expériences, com- me celles des auteurs qui ont étudié leur pouvoir glycosurique, révèlent la nécessité de fortes doses pour entraîner le passage du sucre dans l’urine. D’après nos recherches, nous admettons, com- me doses glycosuriques, pour la caféine 0,08 gr. par kgr. par in- . jection intraveineuse et 0,30 gr. par kgr. par injection sous-cu- tanée ; pour la diurétine 0,20 gr. par kgr. par injection intravei- neuse et 1 gr. par injection sous-cutanée. Encore convient-il de spécifier que la glycosurie n’est pas constante, même sur des ani- maux placés dans des conditions favorables en ce qui concerne la nature du régime alimentaire.

Il nous a paru utile de mettre en relief cette double remarque établissant que la glycosurie caféinique est très difficile à réaliser sur l'animal normal et qu'elle ne se manifeste guère qu'avec de for- tes doses sur des animaux ayant préalablement reçu une alimen- tation riche en hydrates de carbone.

(Laboratoire de pathologie expérimentale de la Faculté de médecine de Toulouse).

\

F SYMPATHIQUE ET _GLYCOSURIE ou

par E. Barnier, P. Ducrein et À. STILLMUNKES.

Plusieurs interprétations ont été . de la glycosurie caféi- nique. Elle a été successivement considérée comme le résultat d’une action directe de la substance active sur la glande hépa- tique, comme l'expression d’une intervention du rein (diabète rénal), comme liée à une hypéradrénalinémie par suractivité des surrénales, comme enfin une réaction consécutive à une excita- tion nerveuse. Dans cette dernière hypothèse, on l’a rapprochée de la glycosurie par piqûre du bulbe. Telle est l’opinion de Pollak ‘qui, dans sa classification des glycosuries toxiques, range la glyco- surie caféinique dans le groupe des glycosuries nerveuses.

Le rôle du sympathique dans la transmission de l'excitation pro- -duite. par la caféine ou la diurétine méritait un examen d’autant plus sérieux que, d’après les expériences de Frederieq et Descamps

SÉANCE DU / JANVIER ro

et les nôtres, la caféine paraît devoir être considérée comme un poison paralysant du sympathique. Dès lors, la glycosurie caféini- que ne saurait résulter d'une action nerveuse.

Quelle est l’action de la caféine sur le splanchnique ? Cette question se posait tout naturellement. Nous avons entrepris des recherches dans ce sens, et les résultats constants auxquels nous sommes arrivés, soit sur le Chien, soit sur le Lapin, ne nous ont pas permis de constater une paralysie complète du sympathique sous l'influence de l’intoxication caféinique.

Nous avons simplement obtenu une hypoexcitabilité manifeste

ainsi qu'on peul l’'observer sur les graphiques ci-joints :

SR RE =

_ GRAPHIQUE I Chien 10 kgr. eos Pression carotidienne : 70 mm. Hg. Excitation du grand Splanchnique gauche en A. L'intensité du courant correspond à u8 écartement de ro centimètres de la bobine d’induction.

GRAPHIQUE Il Même animal que celui du graphique 1 ayant reçu 0,08 egr. de caféine par kgr. 15 minutes auparavant. Pression carotidienne : 5o mm. Hg. Excitation du splanchnique en À de même intensité que sur le graphique I.

On obtient le même résultat avec la diurétine. En deuxième lieu, la glycosurie caféinique ou diurétinique exi- ge, pour sa manifestation, l'intégrité du grand splanchnique, con-

fs SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

formément aux expériences de Nischi que nous avons reproduites et confirmées.

Lapin 2000 gr. Section du splanchnique gauche. Dans les . 24 heures, on recueille 7 c.c. d'urine, sans sucre. L’animal est mis au régime des Betteraves pendant 72 heures. Après ce délai, la glycémie correspondant à 1,60 gr., on injecte sous la peau x gr. de diurétine par kgr. Trois heures après, on récolte 100 c.c. d’u- rine sans sucre. Glycémie, 4 heures après: 2 gr. Dans les 24 heures suivantes on recueille 8o c.c. d'urine, pas de sucre. ;

Lapin 2200 gr. Section des deux spianchniques. Dans les 24 heures suivantes, récolte de 17 c.c. d'urine. Pas de sucre. Régime de Betteraves pendant 72 heures. Glycémie = 1,60 gr. Injection sous-cutanée de 1 gr. de diurétine par kgr. Récolte 3 heures après, de 8o c.c. d'urine, sans sucre. Glycémie 4 heures après 1,84 gr. Dans les 24 heures consécutives, 55 c.c. d'urine, sans sucre. ;

Une expérience analogue sur un Lapin, soumis au régime de Betteraves et dont le splanchnique gauche a été sectionné un jour avant, qui reçoit par injection intraveineuse 0,08 de caféine donne un résultat négatif. Les doses de substances actives injectées au cours de ces trois expériences sont suffisantes pour engendrer ha- bituellement de la glycosurie sur des Lapins nourris à la Bette- rave.

T1 résulte de ces faits, que l’intégrité des splanchniques est né- cessaire à la manifestation de la glycosurie caféinique ou diuré- tinique et que, d’autre part, sous l'influence de ces deux subs- tances, les fibres de ce nerf sont en état d’hypoexcitabilité.

Ce phénomène est de nature à nous rendre compte de l’obli- gation dans laquelle on se trouve d’injecter de fortes doses pour déclencher la glycosurie, même sur des animaux qui sont placés dans des conditions favorables, par une alimentation riche en hydrates de carbone. On peut ainsi admettre que cette glycosu- rie est liée à une forte excitation centrale qui chemine, comme dans le cas de la piqüre diabétique, au niveau des splanchniques.

(Laboratoire de päthologie expérimentale de la Faculté de médecine).

SÉANCE DU 7 JANVIER 9

SENSIBILISATRICE DUE A LA BACTÉRIDIE CHARBONNEUSE, par À. URBAN.

Dans le sérum d'animaux immunisés contre la Bactéridie char- bonneuse, la présence d’une sensibilisatrice spécifique n'est pas admise par tous les auteurs qui l’ont recherchée. Certains (Bordet et Gengou, Cler, Gruber et Futaki, Bail), concluent à la présence d’une sensibilisatrice, d’autres (Sobernheim) n’ont pu la mettre en évidence. Ces divergences d'opinions peuvent tenir à la diversité des antigènes employés : cultures, extraits de Bactéridies, œdème charbonneux. Nous avons repris cette étude et examiné dans ce but des sérums équins anticharbonneux préparés au moyen d’an- tigène vivant, et des sérums de Lapins immunisés à l’aide de Bac- téridies asporogènes et de Bactéridies sporulées tuées par l’alcool- éther suivant le procédé décrit par Staub et Forgeot (1). Dès nos premiers examens, nous avons abandonné comme antigène l'é- mulsion de Bactéridies fraîches, celles-ci ne nous ayant donné. que des résultats peu appréciables ou nuls. Nous n’avons utilisé par la suite que l’émulsion de Bactéridies asporogènes ou sporulées tuées par l’alcool-éther. Cette émulsion est ordinairement faite à raison de 5 milligr. de Bactéridies pour 20 c.c. d'eau physiologique à 9 p- 1.000. Pour obtenir une émulsion très homogène, il est indis- pensable de la faire dans un ballon muni de perles de verre de différentes grosseurs. En agitant pendant quelques minutes le poids de microbes secs nécessaires avec quelques centimètres cu- bes d’eau physiologique et en complétant ensuite au taux voulu, on obtient une suspension microbienne d'aspect colloïdal. Il y a _ lieu de remarquer qu’il faut environ 6 gr. de Bactéridies fraîches (sur gélose) pour obtenir 1 gr. de germes alcool-éther secs ; l’é- mulsion que nous utilisons est donc trois fois plus riche en Bac- téridies que l’antigène employé ordinairement, lequel est constitué par 1 centigr. de Bactéridies fraîches pour 20 c.c. d'eau physiolo- gique.

Nous avons employé la argus et la méthode de numération des anticorps de Calmette et Massol. Le sérum à examiner a été chauffé à 58-60°, cette température étant parfois nécessaire pour faire disparaître du sérum de Cheval ou de Lapin certaines subs- tances qui fixent l’alexine en dehors de l'antigène.

Nous résumons dans le tableau ci-dessous, en unités d’ anticorps, les résultats de nos différents examens

(G) C. R. de la Soc. de biol., 23 avril 1921.

10 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

Antigène Anlisène Anligène Bacléridies Bactéridies Bactéri- sporulées asporogènes dies

Nalure du sérum alcool-éther alcool-éther fraiches Observations

Sérum Lapin normal (e) OH EAO

Sérum équin normal (e) (o) (e)

Sérum équin antichar-

bonneux er "rer 0 ) o Origine française. Sérum équin antichar- bonmneux 210210 O 5o o Origine étrangère.

Sérum Lapin 1 (1)... » 1200 0 À reçu 26 cer. Bactéridies asporogènes alcool-éther en 4 mois..

Sérum Lapin 2 bleu » 200 o À recu 26 cer. Bactéridies asporogènes alcool-éther en 4 mois.

Sérum Lapin 2 bleu » 10.000 » À reçu 26 cor. Bactéridies

asporogènes alcool-éther:

.. 6 cgr. Bactéridies spo- - rulées alcool-éther en 8 mois.

Sérum Lapin m 10 30.000 30.000 » À reçu 26 cgr. de charbon asp. cet 6 egr. de Bacté- ridies sporulées alcool- éther en injections in-

: traveineuses en 8 mois.

Sérum Lapin 9 .... 5.000 5.000 » À reçu 6 cgr. Bactéridies sporulées alcool-éther en injections intraveineuses en IO jours.

A reçu 26 cgr. Bactéridies asporogènes, 14 cgr. Bactéridies sporulées al- cool-éther en 10 mois. Ce Lapin a succombé quelques jours après la saisnée à une affection pasteurellique.

Sérum Lapin m 710 20.000 15.000

er ©

En résumé, en utilisant comme antigène une émulsion de Bac- téridies asporogènes ou sporulées tuées par l’alcool-éther, on peut mettre en évidence des anticorps dans le sérum d'animaux immu- nisés contre la Bactéridie charbonneuse. Le taux de ces anticorps est toujours beaucoup plus élevé dans le sérum de Lapin immu- nisé à l’aide de Bactéridies asporogènes et sporulées tuées par l’al- cool-éther, que dans celui de Cheval, préparé au moyen d’anti- gène vivant.

(Laboraloire militaire de recherches vétérinaires). $

(x) Tous les sérums de Lapin ont été mis à notre disposition par MM. Staub <t Forgeot avec une obligeance dont nous ne saurions trop les remercier,

SÉANCE DU 7 JANVIER 11

SUR LA GÉLIFICATION DES SÉRUMS PAR L'ALDÉHYDE FORMIQUE 2

par E. Nicoras.

Dans une communication à la Société de biologie (novembre 1920), Gaté et Papacostas signalaient qu'une petite quantité de formol, 3 gouttes, gélifiaient 1 c.c. de sérum syphilitique en 36 heures environ et restait sans effet sur les sérums non syphiliti- ques, à réaction de Wassermann négative.

J'ai eu l’occasion d'observer cette action gélifiante il y a plus de trois ans et de la vérifier, à plusieurs reprises, depuis cette époque, sur les sérums normaux de Cheval et de Bœuf, auxquels on ajoute une certaine DOnonnon de la solution commerciale de formaldéhyde (formol). Elle n’est pas instantanée et elle est précédée des phénomènes qui accompagnent généralement la coa- gulation et la prise en masse des liquides colloïdaux.

Voici les faits tels qu'on peut les observer : quand on ajoute, par exemple, dans ro flacons renfermant chacun 5o c.c. de sé- rum de Cheval, des quantités de formol, neutralisé ou non, al- lant, par 2 gouttes, de 2 à 20 gouttes (1) on voit, après 24 heures (et peut-être moins) de séjour à 37°, une opalescence se mani- fester nettement chez tous les échantillons ; très légère chez le premier, la concentration en formol est un peu supérieure à -r p. ro00 de sérum, cette opalescence est d'autant plus marquée que la quantité de formol est plus grande. D’autre part, la visco-. sité augmente d’une manière très accentuée chez les sérums for- molés à 14, 16 et surtout 18 et 20 gouttes ; ces deux derniers com- mencent, au bout de 36 heures, à se prendre en gelée.

Les phénomènes précédents s’accentuent avec le temps. Après 48 heures d’étuve à 37°, les échantillons formolés à raison de 10 à 20 gouttes sont tous pris en gelée ; x2 heures plus tard, l’échan- tillon renfermant 8 gouttes l’est à peu près complètement ; quant aux 3 autres à 6, 4, et 2 gouttes, ils sont encore liquides 25 jours après, mais js opalescence s’est accrue et leur viscosité égale- ment. Des déterminations comparatives de viscosité, faites le jour de l'expérience sur les trois échantillons non gélifiés à ce moment échantillons à 2, 4 et 6 gouttes —- ont donné, comme durée d'écoulement à 15° de 5 c.c. de liquide, pour le 54” pour le 5, 0.54 et pour le 5°, 22 Ag, la durée d'écoulement pour le sérum non formolé étant de 58”.

(5) Le formol, qui m'a servi dans mes plus récentes recherches, donnait 34 gouttes par c.c. au compte-gouttes normal à 159, titrait 37,80 gr. p. 100 d'’al- déhyde formique. 10 c.c. pesaient 10,934 gr. et étaient noolse par 1 c.c. de KOH N/ro.

12 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

La chaleur de l’étuve favorise la gélification. À froid, celle-ci est plus lente. Sa rapidité augmente avec la quantité de formol ajoutée, jusqu’à une certaine limite cependant : ainsi, 10 c.c. de sérum sont gélifiés à la température ordinaire (14 à 15°) en r2 heures par 2, 3 et 4 c.c. de formol, en 36 à 48 heures par 0,5 à T'C.C, EN 2 JOUrS 1/2-61.9 Jours par o ir re-c-et10 0NC-cr en. jours 1/2 et À jours par o,r c.c. ; par contre, 5 c.c. de formol ne gélifient que bien plus tard et 10 c.c. n’ont pas encore complè- tement gélifié au bout de 25 jours, sans doute à cause de la dilu- tion importante que réalise l'addition au sérum d’aussi fortes pro-. portions de la solution aqueuse d’aldéhyde formique.

Ajoutons à ces phénomènes la modification de teinte déjà signa- lée (virage au vert), très marquée pour le sérum de Cheval, d'ordinaire assez fortement coloré en jaune, et accompagnée d'une opalescence (phénomène de Tyndall), qui donne aux gels et aux liquides un aspect fluorescent.

La gélification ainsi réalisée est un phénomène irréversible. :

Délayées et agitées dans un volume important de solution phy- siologique de chlorure de sodium, les gelées se brisent en mor- ceaux et l’on voit persister dans le liquide et se déposer des gru- meaux ou des flocons insolubles, ce qui est, du reste, conforme à ce que l’on sait déjà de l’action insolubilisante de. l’aldéhyde formique sur les matières protéiques (x).

Diverses substances, qui, ajoutées au sérum, bloquent la for- maldéhyde en s'y combinant, notamment l’ammoniaque (forma- tion d’urotropine) :et les acides aminés, empêchent la gélification et les phénomènes précédemment décrits de se produire : 5o c.c. de sérum additionnés de 1 gr. de glycocolle, puis de 20 gouttes de formol n’ont subi 25 jours après leur mise à l’'étuve à 37°, aucune modification d'aspect (seule la teinte est un peu plus fon- cée) ; leur viscosité est sensiblement la même, au bout de 3 jours, que celle du sérum formolé à 2 gouttes seulement.

Cette combinaison de l’aldéhyde formique avec diverses subs-" _ tances autres que les protéines, dont certaines sont normalement présentes dans le sang et dans le sérum sanguin, immobilise une quantité de cette substance, qui n’est pas négligeable quand on formole le sérum à petite dose (r c.c. par litre ou moins) ; dans ce cas, la proportion de l’aldéhyde fixée sur les protéines est nrinime et insuffisante pour provoquer de notables condensa- tions moléculaires de matières protéiques, exprimées par des

(1) Avec une gelée obtenue par l’action de 16 gouttes de formol sur 5o c.c. de sérum et délayée dans 9 fois son volume de solution physiologique, le liquide surnageant les flocons et filtré est opalescent et précipite par ie Tanret ; il ren- ferme encore des protéines et donne les réactions de l’aldéhyde formique.

Me

* SÉANCE DU / JANVIER 13

changements d'aspect du sérum et finalement par la gélification.

On peut prévoir que la formaldéhyde en combinaison extra- protéinique ou likre et en excès doit traverser les membranes des dialyseurs et être retrouvée dans le liquide extérieur. C’est ce que j'ai observé à maintes reprises, notamment pour des sérums de Cheval formolés à 1 p. 1000, soit de date récente, soit conservés depuis plus ou moins longtemps (jusqu'à 18 mois) et chauffés ou non à 5°. Les dialysats de tels sérums réagissent toujours avec les réactifs de la formaldéhyde, qui opèrent en milieu acide et décè- lent le méthanal libre ou combiné (r) et avec la phloroglucine en milieu alcalin, qui ne donne pas de réaction en présence d’une solution fraîche d'urotropine.

De nombreux points sont encore à élucider en ce qui concerne l’action de l’aldéhyde formique sur les sérums et sa fixation sur les matières protéiques. Ils sont à l'étude et feront l’objet de no- tes ultérieures.

RÉGÉNÉRATION CAUDALE CHEZ LES BATRACIENS. LE POUVOIR RÉGÉNÉRATEUR AUX DIFFÉRENTS NIVEAUX,

par Max KorLzmanx.

Les auteurs semblent d'accord pour admettre que la vitesse de régénération il faut entendre ici l’accroissement en longueur, par unité de temps augmente avec la distance de la section à l'extrémité de la queue, mais seulement jusqu'à une certaine limite. À partir d’un certain niveau les résultats deviennent irré- guliers ; tantôt la régénération s’accomplit normalement, tantôt elle ne donne que des bourgeons très courts, ou bien même elle ne se fait pas du tout. Enfin, si la section est pratiquée trop près du tronc, l'animal meurt plus ou moins vite sans régénérer. Je note par exemple dans Ellis (2) qu’à partir de 75 p. 100 les Têtards: d'Anoures meurent infailliblement sans régénérer. On devrait

donc conclure que le pouvoir régénérateur mesuré par la vitesse

linéaire de régénération ce qui est d’ailleurs une unité inadé- quate aux phénomènes à mesurer croît à mesure qu'on s’éloi- gne de l’extrémité distale, passe par un maximum, décroît puis S’annule. -

En réalité, il n'en est rien. Tornier (3) avait, il y a longtemps,

(x) Les filtrats de tels sérums, traités par le sulfate d’ammonium ajouté à sa- turation, réagissent aussi positivement.

(2) Journal exp. Zool., VII, 1909.

3) Arch. Ent. Mech., XXII, 1906.

PE 2 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

obtenu des régénérations après section à 1,5 cm. en arrière de l’o- rigine de la queue ; mais il décollait préalablement deux lambeaux de peau et les suturait. C’est le secret de la réussite : la mort consécutive à une résection très proximale est simplement due à une infection favorisée par la dimension de la blessure et la lenteur de sa cicatrisation.

J'ai essayé d'opérer dans des conditions relativement aseptiques. La région est d’abord fortement frottée pour enlever les cellules mortes prêtes à desquamer ; la section est pratiquée au moyen d’un rasoir flambé, très tranchant pour ne pas dilacérer les tissus. Enfin, l’animal est conservé jusqu’à cicatrisation dans de la mous- se également stérilisée humectée d’eau bouillie. Deux fois par jour, je passais sur la peau un pinceau trempé dans une solution d’hypochlorite de soude. Ces précautions d’asepsie et antisepsie, toutes relatives, ont suffi pour me donner 80 p. 100 de réussites, après résection à 0,5 cm. en arrière de la limite postérieure du bourrelet cloacal.

Les individus (Molge vulgaris, Molge palmatus) qui régénèrent

dans ces conditions se divisent en deux groupes : les uns donnent

une queue longue ; apres mesure de la surface de régénération et

du volume régénéré, j'ai retrouvé la loi indiquée dans une précé-

dente note. Les autres (15 p. 100 environ) ne donnent que des bourgeons de 5-6 mm. au plus et ne suivent plus la règle ci-dessus.

L'examen histologique donne la clef du problème. La queue longue renferme un axe squelettique cartilagineux ; la queue courte est uniquement formée d’épiderme et de tissu conjonctif. Ainsi se vérifie l'influence de l’axe squelettique sur la régénération déjà mise en évidence par divers auteurs.

Reste à trouver la raison de l’absence occasionnelle de cet axe. L'étude soignée des premiers processus histologiques me l’a don- née. Depuis Fraïsse et Barfurth on est à peu près fixé sur l’origine des tissus de régénération caudale des Batraciens ; il ne reste que _ quelques points obscurs, notamment en ce qui concerne le carti-

lage axial. Glaeser (1) récemment a supposé qu'il provient du

périoste ou peut-être même de la moelle osseuse.

Les vertèbres des Tritons sont formées d’un corps osseux ter- miné par une tête articulaire cartilagineuse en avant et une sur- face concave également tapissée de cartilage en arrière. D’après mes observations, l’axe cartilagineux régénéré provient invaria- blement du périchondre préexistant, jamais du périoste. Quand la section passe par une région cartilagineuse, la régénération du nouvel axe se produit facilement. Mais il n’en est pas toujours ainsi. En fait, la section fracture toujours plus ou moins la ver-

(x) Archiu_ Mikr Arat., LXXV, roro.

L:

SÉANCE DU 7 JANVIER 15.

ièbre qu'elle intéresse ; d'autre part, les tissus situés au voisinage de la plaie, l'os y compris, dégénèrent partiellement ; de toute manière, une masse cartilagineuse arrive à être libérée ; les forces inhibitrices de voisinage qui annihilaient la prolifération du périchondre cessent d'agir et l’axe cartilagineux peut se dévelop- per.

Là, se trouve l'explication cherchée. Dans la région terminale et moyenne de la queue, lies vertèbres sont courtes et fragiles ; en pratique le périchondre arrive toujours à proliférer. Dans la région proximale les vertèbres sont longues, plus résistantes ; dans un certain nombre de cas la tête cartilagineuse de la vertè- bre intéressée est située trop loin de la section. Le périchondre n'est jamais libéré de son voisinage ; l’axe squelettique ne se for- me pas ; ainsi s'explique la régénération des queues courtes. Ce qui, a posteriori, prouve bien l'exactitude de mon interprétation, c’est qu'on ne trouve jamais des nodules cartilagineux à la base des queues courtes et que ces derniers correspondent toujours à une vertèbre coupée dans sa moitié postérieure.

En résumé, la queue est capable de régénération à tous les ni- veaux. Si l'axe squelettique peut se réformer, le volume régénéré augmente de l'extrémité à la base dans la mesure augmente elle-même la surface de régénération. Notons que les variations de cette surface avec le niveau de la section sont assez irrégulières et que je n ai pu, jusqu'ici, en déterminer les facteurs avec préci- sion.

L’ACIDE PYRUVIQUE DANS LA FERMENTATION ALCOOLIQUE, par À. FerNpacx et M. SGHoENn.

- Nos recherches antérieures (x) ont établi que quelques Levures, cultivées dans un milieu minéral, en présence de craie, donnent naissance, aux dépens du sucre, à des acides variés, parmi les- quels l'acide pyruvique se rencontre en proportions considéra- - bles. Cet acide, isolé à l’état pur, a été caractérisé par un certain nombre de ses dérivés. La présence de craie, qui maintient le li- quide de culture au voisinage de la neutralité, est la condition né- cessaire et suffisante de la formation de cet acide lorsqu'on opère dans un milieu minéral ; elle ne suffit plus lorsque la culture a # lieu dans un milieu complexe, comme le moût de bière, on

(x) C. R. de l'Acad. des sc., t. CLVIT, 1913, p. 1478 ; t. CLVIIL, ror4, p. 1719; t. CEXX, 1920, p. 704.

16 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

n'observe pas l'accumulation d'acide pyruvique en quantité ap- préciable.

En dehors de levures véritables de bière ou de vin, des moisis- sures authentiques, comme l’Amylomyces rouxti, des formes-le- vures intermédiaires entre les levures vraies et les moisissures, comme la Mycolevure de Duclaux, nous ont fourni des quantités importantes d'acide pyruvique, et, comme nous l'avons signalé, avec des rendements supérieurs à ceux qu'on obtient avec les levu- res véritables. D'autre part, P>: Mazé (x) est arrivé en servant de Bactéries, à des résultats qui confirment les nôtres, et, en com- mum avec M. Ruot (2), il a obtenu des résultats analogues avec diverses moisissures.

Nous sommes donc les premiers à avoir établi, d'une manière in- discutable, que, dans des conditions bien nettement définies, la décomposition biochimique du sucre conduit à la production d’a- cide pyruvique. Voilà le fait matériel. Quant à sa portée et à sa signification dans l’étude du mécanisme de la fermentation alcoo- lique, elle ne peut échapper à aucun de ceux qui se souviennent que Neubauer et Fromherz (3) ont émis les premiers l'hypothèse suivant laquelle l'acide pyruvique jouerait un rôle comme pro- duit intermédiaire de la fermentation.

Cette hypothèse trouve-t-elle un appui dans les faits expérimen taux que nous avons signalés ? C’est un point qui est vivement controversé par Neuberg et ses collaborateurs (4), qui soutiennent que ces faits n’ont aucun rapport avec la fermentation alcoolique proprement dite.

Pour les expérimentateurs allemands, l’aide pyruvique pro- duit dans nos expériences résulterait de phénomènes d’oxydation provoqués par les microorganismes aérobies que nous avons em- ployés ; si l’on en croit leurs expériences, il serait impossible de cultiver des Levures vraies dans un milieu purement minéral et d'y obtenir, avec ces Levures, de l'acide pyruvique. Telles sont les conclusions d’un travail récent de Kerb et Zeckendorf (5), qui, avec une Levure basse, n’ont obtenu que des résultats négatifs, et, avec une Levure haute, des résultats médiocres et irréguliers ; ils attribuent leur échec à l'absence de « vitamines » et de « bios », et il nous paraîtrait oiseux de les suivre dans cette discussion, car la possibilité de cultiver da levure dans un milieu minéral est bien

(x) C.R. de la Soc. de biol., t. LXXXI, 1918, p. 1150.

C)NC-UR- dela Soc de bol MO om De O0

(3) Zeitschr. physiol. Chem., t. LXX, 1011, p. 326. À

(4) Biochem. Zeitschr., t. LXXNIIT, 1917, p. 238 ; t. LXXXIX, 1918, p. 365. Ibit., passim.

(5) Biochem. Zeïtschr., t. CXXI, 1927, p. 307.

SÉANCE DU Ÿ JANVIER 17

connue depuis Pasteur. Il est bien clair qu'en l'absence de toute culture, on ne peut pas s'attendre à obtenir de l'acide pyruvique, et cette conclusion n'avait pas besoin d'être appuyée par des ex- périences.

Le terrain étant ainsi déblayé par Kerb et Zeckendorf, von Grab (x), qui a également échoué dans ses essais de culture en milieu minéral, répète les mêmes critiques à notre adresse ; mais- il faut lui rendre cette justice quil apporte des expériences nou- velles du plus haut intérêt, qui avaient été annoncées antérieure- ment par Neuberg et Reinfurth (2). Il montre que, au cours d’une fermentation provoquée par du suc de Levure, on peut arriver à fixer l'acide pyruvique, formé transitoirement, en le combinant ayec une amine aromatique, suivant la réaction synthétique de Dôbner (3). Nous enregistrons avec satisfaction cette nouvelle con- firmation de nos expériences, obtenue en employant comme pro- cédé de captation de l'acide pyruvique un moyen autre que la * présence de craie dans la culture. Mais l’auteur se croit autorisé à conclure que son expérience est la première preuve que l'acide pyruvique est un produit intermédiaire constant de la fermenta- tion alcoolique. II n'était pas bien utile, pour faire valoir l’im- portance de cette démonstration, de chercher, comme le fait l’au- teur, à attribuer les caractères d’une Levure sauvage à la Levure de Champagne que nous avons employée, et à faire considérer la production d'acide pyruvique par cette levure comme résultant de phénomènes d'oxydation, ce qu'on pourrait admettre pour les moisissures et, à la rigueur, pour la Mycolevure de Duclaux. Nous. ferons toutefois, observer que les rendements élevés obtenus, com- me nous l'avons signalé nous- -mêmes, avec des organismes OxŸ- dants n'infirment en rien le fait d'avoir également obtenu cet acide avec des Levures vraies.

Dans cet ordre d'idées, il nous semble utile de mentionner une expérience que nous avons faite avec la Levure de Champagne, expérience qui présente tous les car actères d’une fermentation al- coolique véritable et qui apporte une nouvelle preuve de la faci- lité avec laquelle le sucre fermente dans un milieu purement minéral.

Nous avons ensemencé la Levure compar ativement dans 100 c.c. du liquide minéral habituel, additionné de craie, À, et dans le

mème liquide sans craie, B. Chacun de nos flacons renfermait 5-8 gr. de glucose. Au bout de 4 jours, l'analyse a fourni les ré- sultats résumés dans le tableau suivant :

(1) Biochem. Zeitschr., t. CXXIIT, 71 je ne (2) Biochem. Zeitschr., t. CVI, 1920, 1e 28 (3) Lieb. Ann., t. CCXLIT, 1887, p. 265.

Brorocir. COMPTES RENDUS. 192:. T. LXXXVI. 5

18 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE,

A B SuGre restant en res REA Nue () 0,85 SUGTE)COTSOMITNE 2 02e ee demie RE ie sk h,78 HER) AÏCOOÏ EH POS ANR Ur et 7,82 1,68.

un à A a o 4

Rend' en alcool 0/0 du sucre 70: 37,9 25 (Gr). Cham issouteh Lei rune ADS HQE 0,133 0,0315 (2) Chaux en o/o du sucre. consommé .... 2,8 0,8 Tlodolormer fourni eee NUE 0,21) Traces indosables.

Tandis que À donne nettement la réaction de Simon et toutes les autres réactions de l’acide pyruvique, B ne donne que des ré- sultats négatifs.

_ Cette expérience montre clairement, par le déficit du Hdenent en alcool de À, qu'une partie du sucre a été employée à produire des corps qui n'existent pas en B, notamment des acides neutra- lisables par la craie, s’élevant à plus de quatre fois ce qui a été produit en B, parmi lesquels il y a de l’acide pyruvique en quan- tité importante, si l’on en juge par la quantité d’iodoforme que

fournit le Hide fermenté, débarrassé au préalable de tout pro-

duit volatil. Voilà donc une fermentation alcoolique véritable dans laquelle

il y a pr oduction d'acide pyruvique. Îl est évident que ce fait ap- porte en faveur de l'hypothèse de Neubauer un argument tout

aussi puissant que lorsque l'acide pyruvique est obtenu, comme vient de le signaler von Grab, au moyen du suc de levure. Mais il y a encore un grand pas à re pour que cette hypothèse de- vienne une réalité : il faudrait trouver des conditions qui permet- tent de passer directement, par voie biochimique, de l'acide pyru- vique à l'alcool et non à l’aldéhyde ; et c’est une transforma-

tion. qu'on a : pas pu ur jusqu'ici avec des résultats satis-

faisants. Ra

:(x) Ce rendement en alcool est inférieur au rendement théorique de 9 p. 100. Ce chiffre correspond aux résultats obtenus dans un milieu minéral par M. Lindet (Bull. Soc. Chim., sér.,. t. XXI, 1917, p. 41. Ann. Brass., t. XNITI, 1919-20, p. 88), qui que cette noie au sucre consommé par la Levure-végétal. (2) de chaux a été dosée dans le liquide de A Di après ébullition ; B'a été neutralisé au préalable par la craie.

ES

SÉANCE DU 7 JANVIER 19

ACTION DÉCHAÎNANTE ET ACTION DÉSENSIBILISANTE DE LA TUBERCULINE DANS SEPT CAS D'ASTHME,

par À. BouveyroN.

Sur nos 7 sujets, asthmatiques invétérés, 6 étaient d’anciens

tuberculeux pulmonaires ; r n'avait jamais été cliniquement tu-

berculeux, mais était devenu grand asthmatique à la suite d'into- xication par l’ypérite. Chez 5, la cutiréaction était nette à la tu- berculine brute à 1/10; très faible chez l'ypérité et un autre, quoi-

-que très nette chez tous avec addition d’adrénaline. Mais tous, à di-

verses reprises, ont réagi surtout violemment, et notamment par

des crises d'asthme, à des injections relativement trop fortes d’em-

blée (x) ou trop fortement progressives de tuberculine. Le fait, d’ailleurs, qu'une injection de tuberculine est capable de réveiller une crise chez un asthmatique avait été signalé dans un cas, d’a- bord par Jacobson, puis par Gougerot.

Mais le fait le plus important, c’est que, chez nos mêmes asthma-

- tiques, la même tuberculine Calmette, à condition qu'elle fût in- _jectée à des doses de début très faibles et avec des progressions .

lentes et espacées, a pu améliorer ou faire disparaître, du moins temporairement, non seulement les crises d'asthme, mais encore l'asthme non paroxystique avec dyspnée spéciale plus ou moins

continue, eatarrhe sui generis et éosinophilie des crachats. Nous

avons vu aussi un cas de crises matutinales de rhinorrhée spasmo-

dique disparaître passagèrement en même temps que les crises as- -sociées d'asthme nocturne.

Chez des sujets aussi sensibles à la tuber culine que se sont révé- lés nos asthmatiques, il ne saurait y avoir de règle ne varietur de

son emploi. Cependant nous débutons généralement par une dose _ de r/1000 de milligr. de T. C. Ensuite, nous continuons les injec- tions chaque semaine en multipliant environ par 2 la dose préala-

blement injectée jusqu’à r/r0 de milligr. À partir de r/10 jusqu'à r milligr., et même parfois er à 5, nous multiplions la dose précédente par le coefficient 1,5. Arrivé à la dose maximum, nous la continuons 2 mois environ, de ne faisons plus qu'une injec-

tion d'entretien une semaine sur deux.

Le plus souvent, après un certain nombre d’ injections, et par- fois dès la première, il y a une amélioration généralement crois- sante ou même une disparition complète de . dyspnée. Après in-

_ terruption du traitement, la récidive, souvent atténuée, a lieu sur-

tout autour de la semaine qui suit, c’est-à-dire, vers le moment

-où reparaît l’allergie et disparaît la tolérance à la tuberculine.

(x) Par exemple, 5/1000 de milligr. de T. C. ou même moins.

20 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

Cependant notre ypérité, qui a suivi ce traitement pendant un an, n’a eu aucune récidive après son interruption, du moins de- puis plusieurs mois. Son asthme était aussi le plus récent. Chez trois autres, uñe amélioration très nette se maintient. Enfin, si les derniers ont abandonné le traitement, peut-être trop tôt pour en retirer le maximum d'effets, c'est qu'en tâtonnant nous leur avions injecté souvent des doses d’une progression trop forte et causé ainsi des réactions et des crises d'asthme désagréables. Et cette éventualité a des chances de se réaliser avec une proportion seulement triple, et surtout plus forte, de la dose injectée la semai- ne d'avant.

En résumé, et sans faire de théorie surtout générale de l'asthme, la sensibilisation ou la désensibilisation à l’asthme ont marché généralement de pair dans nos sept cas avec l'allergie ou la tolé- rance à la tuberculine ; et les réactions et crises provoquées de nos asthmatiques paraissent en rapport avec des états d'allergie plutôt que d’anaphylaïie proprement dite. Cette allergie, d'ail- leurs, paraît plus spécialement respiratoire que cutanée.

ECHANGES RESPIRATOIRES DES ŒUES DE Sabellaria alveolaia X., AU COURS DE LA SEGMENTATION OU DE LA CYTOLYSE,

par E. Fauré-FREMIET.

On sait que les œufs de Sabellaria fécondés au laboratoire, don- nent rapidement des larves ciliées nageuses. Ce stade Trochopho- re, qui est atteint en deux jours environ, ne peut guère être dé- passé dans les conditions ordinaires (1) et forcément anormales, de l'expérience.

Les variations d'ordre chimique et énergétique subies par l'œuf pendant la segmentation, doivent être très minimes et l’on peut. calculer, d'après les chiffres donnés plus loin, que la perte de poids due aux échanges respiratoires n'excède pas 0,4 pour 100:en AS heures, à la température de 18°. Si l’on considère d'autre part l’extrème difficulté avec laquelle on pourrait obtenir des élevages. abondants sans déchet et sans développement bactérien, on voit que l'étude de ces variations est pratiquement irréalisable avec ce: matériel. L'étude des échanges respiratoires, si elle est faite pen- dant un temps qui n'excède pas 2 à 6 heures, ne se heurte pas aux mêmes difficultés, et j'ai pu m'en servir pour comparer l’ac-

(x) Caullerv. Sur les formes larvaires des Annélides de la famille des Sabella- riens. Bull. Soc. zoologique, 24 mars 1914.

SÉANCE DU / JANVIER 21 PEN ER ee GR MR EE PR RE TOR LS te 9 te

-tivité des œufs fécondés en voie de segmentation et celle des œufs non fécondés, en voie de cytolyse.

L'absorption d'oxygène a été déterminée de la manière suivante: plusieurs burettes d'Albert Lévy étaient remplies en même temps, avec une eau de mer préalablement filtrée et aérée. L'une des bu- ‘rettes servant de témoin, les autres recevaient à l’aide d’une pi- -pette. fine, r ou 2 c.c. d’une suspension assez dense, contenant -0,3 gr. à 0,6 gr. d'œufs de Sabellaria lavés. Les burettes étaient ensuite couchées dans un lieu à température constante et retour- nées de temps à autre.

Le titrage de l’oxygène dissous était fait, après un temps dé- terminé, par la méthode d’Albert Lévy et Marboutin, décrite en détail par Legendre, en 1908 et 1909 (r). La différence entre la -quantité d'oxygène dissous dans l’eau de mer de la burette témoin et dans celles des burettes contenant des œufs, indique évidem- ment l'absorption réalisée par ces derniers.

Un grand nombre de titrages m'ont montré que, da les ‘dix premières heures après la ponte, l’absorption d'oxygène par les œufs de Sabellaria fécondés ou non fécondés, est très régulière et sensiblement constante dans l’unité de temps. Au delà de la 19° heure, il semble en être encore ainsi, mais les résultats sont irop one faussés, malgré toutes les précautions, par des développements bactériens. C'est pourquoi les expériences compa- ratives ont été faites avec des œufs pondus ou fécondés depuis peu, et n’ont duré, selon la température, que de 1 h. 30 à 5 heures; la quantité d'oxygène absorbé étant calculée par 100 gr. d'œufs, la régularité de l’absorption permet de ramener les chiffres à un temps unique, r00 minutes par exemple. Les résultats des titrages effectués sur des œufs fécondés ou non fécondés, de même origine et pondus en même temps, exprimés de cette manière, donnent les chiffres suivants, en millier. d'oxygène pour 100 gr. d'œufs.

\

Température _ - Temps Œufs non fécondés (ŒEufs fécondés c09 C 100 minutes h2 47 millier. FOULC 36 DEN 16° GC 19 16 ra DA ONEA 13 UE & é Mes ae 8 7 Due

La comparaison de ces chiffres montre : que l'absorption d'oxygène s'accroît très lentement en fonction de la température -entre et 16°, tandis qu'entre 16° et 20°, l'accroissement devient _ très rapide ; le coefficient de température est donc variable (envi-

(1) RE. Legendre. Bull. de l’Inst. océanographique, 111, 21 février 1908 et 144, 30 juin 1909.

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

49 1

ron 1,6 entre et Lo° el 3,2 :entre roiet 20°) ; el que les œufs:

fécondés et non fécondés se comportent à peu près de la même manière, avec une légère différence en faveur des premiers.

Il convient de remarquer, en ce qui concerne la consommation d'oxygène par les œufs fécondés, que la légère augmentation cons-

tatée dans ce cas, n’est pas ne aux basses températures ; or :

à o°, les œufs fécondés ne sont pas encore au stade IT après 5 heu-

res ; à 10°, ils ont dépassé le stade IT après 3 heures et à 20° ils

sont, après 2 heures, aux stades VI et VIIT. D'autre part, tous les œufs d’un même élevage ne se seementent pas et le déchet peut, dans certains cas, atteindre jusqu’à 30 p. 100 ; il convient donc de considérer l’augmentation constatée par rapport aux œufs non fécondés, comme un peu faible, et à la température de 20° par

exemple, la consommation théorique pour 100 gr. d'œufs fécondés. 2

pourrait dépasser légèrement 50 milligr. en 100 minutes. Quoi qu'il en soit, l’augmentation légère de la consommation

d'oxygène après la fécondation et pendant la segmentation, est :

très loin d'atteindre les valeurs signalées par Warburg, Lœb et Wasteney, chez l’œuf d'Oumsin. On peut même admettre que la

perméabilité de l’œuf äe Sabellaria n’est pas modifiée par la fé-

condation, si l’on considère que l'accroissement de la consomma- tion est très sensiblement proportionnel à l’accroissement de sur- face qui résulte de la formation des premiers blastomères.

La consommation d'oxygène a été comparée au dégagement correspondant d’acide carbonique. Celui-ci a été déterminé juan-

titativement par une méthode analogue à celle employée par

Osterhout (x9r18) et par Wurmser (1921) (x).

À cet effet, une certaine quantité d’eau de mer renfermant des

œufs et un peu de phénolphtaléine, depuis un temps déterminé,

était additionnée de soude centinormale, jusqu'à ce que la teinte:

rose reprenne la même intensité que chez le témoin constitué par

Fr ° r : » 0 " r r 1 | de l’eau de mer filtrée. La différence était considérée comme due

.- à l'acide carbonique dégagé par les œufs. Une autre méthode con-

sistait à faire, sur l’eau contenant les œufs, commei\sur l’eau de

mer témoin, deux titrages alcalimétriques, avec SO‘H? N/r00, mais en prenant comme indicateur, d’une part, le méthylorange, qui donne un virage avec les acides forts et d’autre part, le rouge neutre qui donne un virage très net avec l’acide carbonique. L'erreur systématique propre à ces diverses méthodes n’ayant pas été déterminée, on n’est pas en droit d'établir, d’après les chif-

fres obtenus, ni pour O?, ni moins encore pour CO?, un quo-

(1) Osterhout et Haas. On the dynamics of photosynthesis. Journ. of gen.

Physiot.. 1918. R, Wurmser., Recherches sur l’assimilation chlorophyllienne. Thèse 1927. : ù

\

il suffit d'empêcher à nouveau tout contact avec l’air pour que la

nomène s’observe avec la même intensité, aussi bien avec les œufs:

SÉANCE. DOI TANVIER D3 0.1

tient respiratoire. Cependant on constate que le rapport des va- leurs trouvées et calculées en molécules, pour l'oxygène et l'acide carbonique, est toujours assez voisin de l'unité pour constituer une vérification des résultats obtenus, ou tout au moins de leur ordre de grandeur.

L'activité respiratoire des œufs de Sabellaria est encore bien mise en évidence par la rapidité avec laquelle ils réduisent le bleu

de méthylène. Des œufs placés en quantité suffisante dans un

tube, hermétiquement bouché, et rempli d'eau de mer teintée de bleu de méthylène, décolorent progressivement celui-ci ; si l’eau de mer est aérée, le bleu réapparait et les œufs se colorent ; maïs

2

réduction du bleu de méthylène se produise à nouveau ; ce phé-

en voie de segmentation qu'avec les œufs en voie de cytolyse. En résumé, il semble que l’activité respiratoire des œufs de

Sabellaria ne soit que très faiblement augmentée par la féconda-

tion et que cette augmentation légère soit en rapport avec Pac-

croissement de sure ir à la formation des premiers blastomères. La consommation d'oxygène étant sensiblement égale pendant

ARE segmentation normale ou pendant la cytolyse, on peut supposér que ces deux processus diffèrent peu l’un de l’autre au porn de. vue énergétique,

. (Laboratoire de biologie marine de l'école de médecine de Nantes,

au Croisic).

rte

| ETATS HÉMORRAGIPARES, TEMPS DE SAIGNEMENT: ET HÉMATOBLASTES,

par P. et BocaGE -et COsTE.

l PES

On sait qu il existe des états hémorragipares Hague carac-

“térisés par un syndrome sanguin, constitué de la façon suivante :

caillot irréir actile ou peu rétractile, diminution extrême deshéma-

_toblastes, exagération du temps de saignement expérimental, et _ l'on s’accorde généralement à attribuer à la disparition des héma- toblastes l’irrétractilité du caillot, l’exagération du temps de sai- gnement ainsi que les hémorragies. * Il est certain que le rôle des hématoblastes est considérable dans la réalisation de ces divers phénomènes, mais ce qu’on peut dis- _ cuter, c'est le caractère absolu de leur dépendance réciproque- Nous voudrions apporter la contribution de notre expérience

pour compléter les données fixées d’abord par Duke : elle prend

24 - SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

plus d'intérêt à être rapprochée des récentes publications de Roskam (1).

Duke a montré que : le temps de saignement expérimental normalement de 3 minutes, monte à 10 et même go minutes dans certains états hémorragipares ; les plaquettes, qui, chez l'Hom- me normal, oscillent entre 200 et 300.000 par c.c., tombent dans les purpuras au- -dessous de 65.000, quand le lp de saignement dépasse ro minutes. Si le temps de saignement est fortement al- longé, les plaquettes descendent à 10.000 et même à 1.000, cepen- dant que l’état hémorragipare s'avère de plus en plus intense ; enfin, expérimentalement, Duke a pu reproduire chez l'animal avec le eus un état hémorragipare s’aecompagnant d’une forte diminution des plaquettes et de prolongation du temps de saigne- ment.

Il conclut done à un rapport net entre ces trois termes, hémor- ragies multiples, spontanées, augmentation du temps de saigne- ment et diminution des plaquettes.

Cependant, il y a des faits contradictoires, qui permettent de discuter, non les rapports, mais l'intimité des rapports de dépen- dance de ces phénomènes (2). A. D'une part, Duke a pu expéri- mentalement, avec le chloroforme, produire chez l'animal une grande augmentation du temps de saignement, sans diminution numérique des plaquettes. B. D'autre part, à la suite d’observa- tions cliniques et d'expériences chez le Chien, Roskam conclut que la diminution des plaquettes dans le sang circulant prolonge le temps de saignement, mais seulement de façon légère. Il n’obtint par exemple qu'un temps de saignement de 9 minutes avec 33.000 hématoblastes, chez un Chien, qui reçut, dans les veines, une solution isotonique de gélatine. Roskam croît que pour obtenir des temps de saignement prolongés, il faut qu'il y ait en même temps que chute des hématoblastes un retard marqué de la coa- gulation sanguine (Chiens injectés d'extraits de têtes de Sangsues).

Voici les résultats de nos examens hématologiques portants sur de très nombreux malades atteints d'états hémorragipares chroni- ques. .

-Daxs les états hémorragipares chroniques (type endothélioplas- matique), le temps de en est toujours augmenté (3), et

(x) Roca Globulins et temps de saignement. C. R. de la Soc. de biol., 50 avril et 28 mai 1921, p. 18 et 844-

(2) Duke. The relation of blood platelets to hemorragic disease. Journ. af the amer. med. ass., 1910, t. LV , p. 1185-1192. The behaviour of the blood pus lets in Marennes and hemorragic diseases. John Hopkins hosp. Bull., 1912 XXIIT, p. 143-146.

(3) P. Emile-Weiïl. La dyscrasie chronique hémorragique endothétioplasmati: que. Revue de méd., février 1920, p. 81-103.

SÉANCE DU 7 JANVIER 25

il y à une certaine proportionnalité entre la gravité clinique des cas, le temps de saignement et la diminution des hématoblastes.

1. Mais P. Emile-Weil a montré que la diminution des hémato- blastes et la prolongation du temps de saignement ainsi que l’irré- tractilité du caillot existent de façon permanente chez ces mala- des, même en dehors des périodes hémorragiques. Les faits sont comparables à ce qu'on observe dans l’hémophilie, le retard de coagulation sanguine existe de façon permanente, en dehors _des accidents hémorragipares. Ces lésions du sang font de la ma- ladie une véritable diathèse hémorragique à placer à côté de l’hé- mophilie, dont elles la différencient.

>. D'autre part, l'étude quotidienne des phénomènes, chez ces malades, nous a prouvé que le nombre des hématoblastes peut rester très fixe pendant des semaines, à 10.000 par exemple, alors que le temps de saignement varie notablement (de 7 à 60 minu- tes), suivant les jours (sans qu'il y ait retard de coagulation san- guine concomitante), en présence comme en l'absence de pous- sées hémorragiques.

3.. L'absence de dépendance stricte entre hémorragies, temps de saignement et hématoblastes est encore démontrée

a) Par l’action des médications coagulantes. On sait que les agents thérapeutiques peuvent faire cesser les hémorragies. Nous avons étudié chez de nombreux dyscrasiques hémorragiques, l’ac- tion des sérums sanguins, de la peptone, de la rétropituitrine, de l'hémato-éthyroïdine, des rayons X en application sur la rate, etc. Ces médications ont souvent fait cesser les hémorragies, modifié le temps de saignement, qui a pu, dans un cas, passer de 2 heu- res à b minutes le lendemain : jamais elles ne produisirent une augmentation parallèle des hématoblastes, dont le nombre de- meura fixe.

b) Par l’action de certains aliments. L’absorption digestive de fromage de tète de Cochon, parfois de graisses seules ou d’albu- mine pure fait varier le temps de saignement de façon importante (de ro à 20 minutes en plus ou en moins). Cependant, il n’y a pas généralement apparition concomitante d'hémorragies, et jamais il n'y eut de modification sensible du taux des hématoblastes,

Nous partageons donc de façon absolue, tablant sur des expé- riences toutes différentes, mais confirmatives, la manière de voir de Roskam sur l'indépendance relative des hématoblastes avec le temps de saignement et l’état hémorragipare. _ Mais nous ne saurions admettre avec lui que les temps de sai- gnement considérables (1 à 2 heures), tout au moins chez l'Homme malade, relèvent de l’incoagulabilité sanguine associée.

Deux faits s'élèvent contre cette opinion : a) Comme Duke, nous n'avons jamais vu dans l'hémophilie vraie familiale, et cela

26 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

sur plus d'une vingtaine de cas ; de temps de saignement anormal, bien que le retard de la coagulation fut, chez ces malades, de >. à 12 heures. b) Chez une jeune Femme, présentant un état hé- morragipare chronique avec temps de saignement prolongé (10 à 3o minutes), et absence d’hématoblastes, chez qui il existait en: même temps un retard de coagulation de 30 minutes à 2 heures, nous avons vu se produire la dissociation des symptômes. Dans les périodes d'amélioration, les hémorragies avaient cessé, le: temps de saignement fut de 4 minutes, alors que le temps de coa-. gulation était encore de plus d'une heure et que l'absence d'héma- toblastes persistait.

Les rapports de ne vus par Di pour réels qu ls

puissent être, sont donc encore moins étroits que'les précédents

et l’on peut dire que les faits que nous étudions sont très com- plexes et ne permettent de fixer que des vérités approchées.

1

SUR LA TENEUR EN ADRÉNALINE DES CAPSULES SURRÉNALES, DÉTERMINÉE PAR LA MÉTHODE CHIMIQUE: ET PAR LA MÉTHODE PHYSIOLOGIQUE,

par À. Ricaup.

On sait que Cushny, le premier, dans son mémoire sur les ef- fets physiologiques des isomères optiques de l’adrénaline (+) & montré que l’on pouvait mesurer l’activité de ces produits par la comparaison de leurs effets sur la pression artérielle. Cette obser- | vation de Gushny est devenue le point de départ d’une méthode d'essai physiologique non seulement des adrénalines, mais des. produits surrénaux (extraits, poudres desséchées de capsules sur. rénales), méthode assez couramment utilisée aujourd’hui dans la plupart des laboratoires de pharmacologie.

La méthode de contrôle physiologique des produits surrénaux a été surtout, pour ne pas dire exclusivement, employée, jusqu'ici, en vue d'apprécier la valeur thérapeutique des produits livrés par

le commerce sans indication de titre chimique adrénalinique. Elle:

consiste à observer l'augmentation de pression produite chez un animal par l'injection intraveineuse d’une quantité donnée du. produit à essayer et à rechercher par tâtonnements quelle quan- tité d'adrénaline gauche pure il faut injecter au même animal pour obtenir une courbe de pression à peu près superposable à la première : d’où on conclut à la richesse en adrénaline active du

(r) J. of Physiology., t. XXXVIT, p. 130, 1908.

!SÉANCE DU 7 JANVIER DT |

produit essayé. Remarquons que on ion de la méthode de Gushny à l'essai des produits adrénaliniques tels que les poudres de capsules surrénales implique l’idée d’unité au principe dit ac- tif de ces organes, ou, du moins que, du point de vue de la mé- thode expérimentale, cette application ne se justifie qu'autant qu'on admet cette idée d'unité. Poursuivant depuis longtemps déjà }' étude des procédés dits « de titrage physiologique » des mé- dicaments, il m'a semblé qu'il serait intéressant d'appliquer la méthode de Cushny non pas à l'essai de poudres quelconques de capsules surrénales, mais à l'essai de produits dont je connai- irais. déjà la teneur en adrénaline, teneur déduite du rendement en adrénaline d’une partie aliquote des surrénales mêmes ayant servi à la préparation de la poudre. On verrait ainsi, tout au moins, si la méthode physiologique s accordait avec la Hérore de titrage chimique, ce que jusqu'ici on a admis sans preuve aucune,

Grâce à l’obligeance de M. Pénau, directeur technique des éta- blissements Byla, j'ai pu avoir à ma disposition des poudres de capsules surrénales titrées chimiquement, à savoir : une pou- dre provenant d’un lot de surrénales de Bœuf (partie médullaire) ayant donné un rendement en adrénaline pure de 0,782 gr. par kgr., 1,120 kgor. de ces surrénales ont fourni 210 gr. de poudre desséchée, laquelle contenait par conséquent 4,16 gr. d’adrénaline par kgr.; une poudre provenant de surrénales de Mouton, ayant donné un rendement en adrénaline pure de 0,538 gr. par ker, 1,070 kgr. de ces surrénales ont fourni 215 gr. de poudre dessé- Chée, laquelle par conséquent contenait 2 2,67 gr. d’adrénaline pure par kor.

Les Usines du Rhône ayant bien voulu, d'autre part, mettre à ma disposition un très bel échantillon d’adrénaline gauche synthé- tique pure, j'ai pu, avec ces produits, faire les recherches que j a- vais projetées (1). Mes expériences ont été fort nombreuses (elles ont porté.sur une quinzaine de Chiens) : toutes, sans aucune ex- ception, m'ont montré que les poudres dont je viens de parler accusent physiologiquement, une teneur en ‘adrénaline très supé- rieure à celle dont témoigne l'analyse chimique. C’est ainsi que pour la: ‘poudre de capsules surrénales de Bœuf, j'ai trouvé une teneur allant de 5,1 gr. à 6,4 gr.’par kgr., soit en chiffres ronds, une différence, en plus, de 20 4o p. 109, avec la teneur déduite du rendement en adrénaline de la glande fraîche. La poudre de capsules surrénales de Mouton a fourni des écarts encore plus con- sidérables, allant de 30 à 60 p. 100. Les deux tracés ci-dessous ac- cusent une différence de 33 P. 100.

(1) Je suis Fe d’ Ro ici ines remerciements à M. Pénau, ainsi qu'à “M. le directeur des Usines du Rhône pour leur aerande obligeance,

28 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

IL. Courbe de pression obtenue avec 0,0025 gr. de poudre de capsules surrénales de Mouton, correspondant d’après le titrage chimique à 0,0000066 gr. d’a- drénaline seulement.

Ces résultats pourraient prêter à des considérations de divers ordres, mais, pour m'en tenir à l’objet même de ce travail, je me bornerai à en dégager les deux hypothèses qui s'imposent : * ou bien il y a dans les capsules surrénales autre chose que de l’a- drénaline, cette autre chose étant d’ailleurs douée, comme l’adré- naline, du pouvoir hypertenseur (hypothèse peu vraisemblable) ; ou bien les procédés d'extraction de l’adrénaline des capsules surrénales, actuellement en usage, ne fournissent pas tous la tota- lité de l’adrénaline renfermée dans ces organes.

C'est l'hypothèse la plus vraisemblable et les résultats que je viens d'exposer sont de nature, me semble-t-il, à attirer l'attention des chimistes sur ce dernier point.

SÉANCE DU Ÿ JANVIER 29

ÉTUDE DE LA VARIATION DU POUVOIR RÉDUCTEUR DES SÉRUMS NORMAUX ET CANCÉREUX, EN PRÉSENCE D'EXYRAITS DE TUMEURS,

par Josepnx Tuomas et Binerr.

Nous avons étudié quelles sont les variations du pouvoir réduc- teur des sérums normaux et cancéreux, en présence d'extraits de tumeurs cancéreuses.

L'extrait de tumeurs (épithéliomes et carcinomes vérifiés histo- logiquement) est préparé par macération de la masse tumorale hâchée : 1) en solution hydrosulfurique à 1 p. 100 ; >) dans un mélange alcool-éther. Les deux solutions sont, après évaporation, reprises par l’eau distillée : après neutralisation par la barvte, on filtre, on tyndallise et on conserve en ampoules scellées. La solu- tion de bleu de méthylène utilisée est une solution à 1/300, addi- tionnée de r c.c. de glycérine.

Dans quatre petits tubes à hémolyse parfaitement calibrés, nous plaçons : Une dose croissante d’un sérum, V, X, XV, XX gout- tes + une dose décroissante d'eau distillée XV, X, V,O + r goutte de la solution de bleu de méthylène. Nous agitons le mélange «et laissons reposer. Aucune modification de coloration n'est obser- vée, mème après deux heures. Les résultats sont identiques, si nous mettons en présence, dans les mêmes proportions, l'extrait, l’eau distillée, la solution colorante. Placons, au contraire, dans quatre tubes, le sérum, toujours à doses croissantes (V, À, XV, XX) + l'extrait à doses décroissantes (NX, XV, X, V + r goutte de la solution colorante. La réduction se vérifie par la décoloration du mélange, décoloration qui débute par le culot du tube et s'élève insensiblement. Il persiste presque toujours à la partie supérieure du tube, une mince collerette bleue, que nous supposons être due à l’action oxydante de l'air. Nous nous proposons de vérifier ceci, en recouvrant, dans de prochaines expériences, la couche supé- rieure de quelques gouttes d'huile minérale neutre.

Supposons qu'il s'agisse d'un sérum normal (Homme, Mouton, Cheval) ; nous constaterons que la décoloration commerce après un temps relativement long, supérieur à 6o minutes, qu'elle dé- bute dans les tubes 1 et 2, c'est-à-dire les plus riches en extrait, et que, pendant plusieurs heures, les tubes 3 et À restent sans chan- gement. S'il s’agit de sérums tuberculeux ou syphilitiques, les phé- nonènes sont identiques. Par contre, s’il s'agit de sérum cancé- reux, la décoloration des tubes r et 2 s'effectue dans une dxrée de temps au moins moitié moindre. Elle commence parfois au bout de 10 minutes, la plupart du temps en 20 ou 25 minutes elle gagne le tube 3 et souvent mème, le tube 4. La réaction com-

30 : SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

plète doit être terminée en 2 heures ; passé ce délai, les neniae n'ont plus de valeur.

Tels sont les faits. La vitesse de detre pour les sérums nor- maux et les sérums cancéreux est fonction, dans une certaine li- mite, de la quantité d'extrait ajouté au sérum, une trop forte proportion d'extrait entravant la réaction. Mais, toujours, cette vitesse est accrue pour les sérums cancéreux. Avec le temps, l’ex-

trait perd de son pouvoir et la réaction est plus lente : mais cart entre le temps nécessaire pour la décoloration en présence du sérum normal et du sérum cancéreux reste le même.

La réaction repose donc sur l'accélération du pouvoir réduéteur des liquides organiques, en présence d’un extrait spécial et la dé- coloration-du bleu permet de vérifier le phénomène. Tout se passe comme si la mise en marche des processus de défense de l’organis- me s’effectuait avec absorption ou perte d'oxygène. L'édifice ar- chitectural complexe de la molécule albuminoïde subit des modi- fications profondes engendrant la création ultérieure d’une molé- cule nouvelle, avec absorption d'oxygène et dans laquelle les élé- ments ne se trouvent plus, les uns vis-à-vis des autres, dans la po- sition qu'ils occupaient primitivement. Dès lors, en admettant l’existence , dans les sérums cancéreux, de produits de défense spécifique, en présence d’un extrait approprié, le système corps + anticorps doit s'établir avec absorption d'oxygène, et, par suite, on doit observer en présence du bleu de méthylène, la formation d’un leucodérivé incolore. | Ho

Nous avons examiné 63 sérums. La réaction s est montrée posi- tive dans 39 cas de cancer : elle a été négative 14 fois chez des su- Jets normaux et ro fois chez des syphilitiques et des tuberculeux.

SÉANCE DO {| JANVIER 31

TENEUR EN ACIDE URIQUE DES HÉMATIES,

par À. CHaurrARD, P. Bropi et À. GRIGAUT..

Lt 2

Dans une publication eue (x), nous avons établi que chez les goutteux et les graveleux, la teneur en acide urique du sérum ‘était constamment augmentée et passait d'un chiffre moyen nor- mal de 0,04 à 0,05 centigr. p. ro0o à un chiffre moyen de 0,09 à 0,10 centigr.

En ce qui concerne les hématies, nous disions : « la charge des hématies en acide urique est toujours beaucoup plus élevée, don- _ne un chiffre moyen de 0,30 centigr. et ne varie que dans des pro-

portions restreintes. » E

De nouvelles recherches portant sur 5 goutteux et sur 2r sujets atteints de maladies diverses nous permettent de compléter et de mieux préciser dans une certaine mesure nos premiers résultats.

Chez nos 5 goutteux, l'analyse comparée du sérum et des héma- ties donne les chiffres suivants

Noms . Diagnostic: Sérüm Hémalies

(Ce Goutte 0,17 0,48 B. id. O,IT 0,39 ne tredes LE, id. 0,10 0,40 6 W. ALES 0,07 10,90 L. duros 0,066 0,308 La seconde série de nos cas compte 21 dosages comparatifs Noms lee) . Diagnostic Sérum Hématies C Néphrite À o,27bN 0,338 B. id. 0,219 Hope Ki id. 0,097 OI D Hypertension 0,066 0,24 1EA id. 0,071 0,24 TN Colique hépatique Ù O,06T 0,25 ME G. Rhumatisme 0,060 . 0,25 A. . Syndrome adiposo-génital 0,06 0,21 R Hypertension 0,059 0,240 R id. | 0,057 0,27 K. Néphrite chronique 0,057 0,23 ES Hépatite 'scléro-graisseuse 0.054 _ o,166 B. Ilypertension 0,054 0,256 D Paraplégie . À | 0,053 0,12 R. Hypertension 2 DOM NNNON 20 HSM Normal FEAR : 0,048 AO A B. ‘id. d 0,048 / o,1g% C. . Hypertension | 0,047 0,160 B Paralysie Pere Hat 0.041 0,177 SE - Hypertension 0,031 0,227 M : Infection à Streptocoques “O0 0,21

(1) Le dosage de l’acide urique dans le sang. A. Chauffard, 1e Brodin et A. Grigaut, C. R. de la Soc. de biol., mai 1920.

-

D2 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

De l'ensemble de ces faits résultent 2 conclusions générales :

Chez le goutteux l'hypéruricémie est non seulement sérique mais globulaire et l'augmentation dans les 2 sens est à peu près du même ordre, sensiblement le double de l'état normal puisque pour le sérum nous avons vu qu'elle passe de 0,04 gr. à 0,05 gr., à 0,09 gr., à o,10 gr., et pour les hématies donne un chiffre moyen de 0,36 gr. que l’on peut considérer également comme à peu près double du taux physiologique, ce taux étant d'environ 0,20 gr. Les 2 2 UICNATSES en acide urique sont donc associées et proportion- nées.

2% Pour les autres sujets les rapports uriques hématies-sérum sont des plus variables sans que l’on puisse dégager encore la loi qui les régit. En raison même de cette inconnue, il paraît légitime d’ Acatnles au dosage de l'acide urique dans le sérum une impor- tance plus grande parce que moins variable, qu'à celle de l’acide urique globulaire. Nous ne savons rien du reste de l’état sous lequel se présente cet acide urique. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu'il semble bien que dans les hématies la plus grande partie se trouve à l'état de combinaisons complexes.

Chez les sgoutteux cependant, l’imprégnation urique des héma- ties n'est pas un fait négligeable ; elle est l'expression d'une loca- lisation particulière de l’imprégnation urique plus ou moins dif- fuse des cellules de l'organisme.

SUR UNE RÉACTION SIMPLE DE PRÉCIPITATION DU LIQUIDE CÉPHALO-

RACHIDIEN : RÉACTION À L'ELIXIR PARÉGORIQUE, par RENÉ TARGOwWrA.

Dans une note à la Société médicale des Hôpitaux (x) nous avons proposé une réaction colloïdale du liquide céphalorachidien, ba- sée sur l'emploi de l'élixir parégorique. Dans cinq tubes à hémo- lÿse, on fait, avec de l’eau distillée, des dilutions à 3/4, x/2, 1/4, 1/8, 1/16 du liquide céphalorachidien à étudier ; à 1 c.c. de ces di- lutions on ajoute, 0,2 e.c. d'élixir parégorique et on agite. Le mé- lange prend un aspect trouble à la formation d'une pseudo-o- lution, constituée vraisemblablement par l'acide benzoïque préci-

- pité et maintenu à l’état colloïdal à la faveur des résines de l'o- pium.

Les liquides nes achidiens non syphilitiques donnent, dans

(x) René . sou Bull. et mém. _de la Soc. méd. des ‘Hôp. de Paris, 29 juil- let 1921, p. 1287.

ee) CO

SÉANCE DU Ÿ JANVIER

ces conditions, un précipité dans ie tube 3 ou les tubes 3 et 4, cor- respondant à la précipitation normale que l'on peut observer dans les tubes 6 à ro des réactions du benjoin colloïdal (x) et du baume de tolu (2). Les liquides syphilitiques précipitent, en outre, dans .les deux premiers tubes (zone syphilitique) ou l’un des deux seu- lement. Cette réaction apparaît donc comme une sorte de schéma des précédentes et elle a la même signification.

En ajoutant 0,3 c.c d’élixir parégorique au lieu de 0,2 c.c., on observe une condensation de la réaction, la précipitation normale se faisant dans les tubes 2 et 3, la zone syphilitique se trouvant ré- duite au premier tube (dilution à 3/4). En même temps, sa sensi- bilité augmente : des réactions négatives avec la première techni- que deviennent positives ; d'autres, déjà positives, douent une précipitation plus accentuée.

Pour son utilisation clinique, cette réaction re nécessite que le premier tube. On peut la réaliser pratiquement de la façon sui- vante, qui évite l'emploi des pipettes graduées.

Dans un tube à hémolyse ou un tube à essais de petit calibre, on met V gouttes (0,25 c.c.) d’eau récemment distillée, XV gouttes (environ 0,75 c.c) de liquide céphalorachidien et XV gouttes (0,30) d’élixir parégorique. On agite de façon à obtenir un mélange homogène (3). Dans un tube témoin, on mélange XX gouttes (r e.c.) d’eau distillée et XV gouttes d’élixir parégorique.

Le résultat se lit au bout de douze à vingt-quatre heures. Toute précipitation totale ou partielle, doit être considérée comme une réaction positive. Quand le précipité est minime on le met-en évidence en regardant le tube à contre-jour sur un fond noir : la partie inférieure, blanchâtre, se différencie nettement de la partie

supérieure qui est grise ; s’il y à doute, on décante : lorsqu'il existe un léger précipité, il reste plus ou moins adhérent au fond du tube.

On ne doit trouver aucun précipité dans le tube témoin.

Cette réaction est spécifique ; elle est négative en dehors de la syphilis nerveuse. Sa sensibilité est du même ordre que celle de la réaction du benjoin : sur 60 examens, nous avons eu six résul- tats divergents (3.en faveur du benjoin, 3 en faveur de l’élixir parégorique) ; encore s’agissait-il de processus syphilitiques ac- tuellement latente, ne se traduisant que par de la lymphocytose, une Iéetre albuminose, un Bordet-Wassermann tantôt faiblement

() Char Guillain, Guy Laroche et P, Léchelle. C. R. de la Soc. de biol., 17 juillet 1920, p. 1077.

(2) E. Duhot et P. Crampon. Bull. et mém. de la Soc. méd. des Hôp. de Pa- ris, 4 mars 1921, D. 307.

(3) On peut également utiliser un tube gradué (tube à centrituger, par exem- ple).

BroLociEe. CoMPTES RENDUS. 1922, T. LXXXVI. 3

34... SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE /

\

positif, tantôt négatif et une réaction colloïdale peu marquée. Nous ferons observer à ce propos qu ‘il n’est pas inutile, dans les cas douteux, de posséder ainsi plusieurs épreuves de même significa- tion, l’une d’elles pouvant se HUE positive alors que les autres restent négatives.

L'intérêt particulier de la réaction que nous proposons nous pa- raît résider dans ja simplicité de sa technique, la solution colloï- dale étant faite à l’aide du liquidèé même à étudier, la préparation du réactif se trouve supprimée et le matériel qu’elle exige se ré- duit à un tube à hémolyse et deux compte-gouttes (x) (il y'a avan-

iage, du reste, à conserver l’élixir parégorique dans un flacon sti-

ligoutte dont on détermine une fois pour toutes le débit par centi- mètre-cube). (Service du p' M. Trénel à l'asile de Vitejuip.

(1) La verrerie doit être lavée dans une solution ur que à £ p. 100, soi- gneusement rincée à l’eau distillée et séchée. \

LS = 7 (#8) OT

RÉUNION BIOLOGIQUE DE LILLE

SÉANCE. DU 12 DECEMBRE 1921

SOMMAIRE

CramPon (P.) : Recherche du Lacuesse (E.) : Sur les lamelles

Bacille de Koch dans le sang des du tissu conjonctif, à propos d’un MHbéreulenx: A dit our, 9 | récent mémoire de Dominici.... l

Duvirzier (Ed.), ComBEMALE VF. WEerTHEIMER (E.) et Dusois

. . . (P.) et Buzreau (H.) : Etude expé- (Ck.) : Sur les fonctions des vési-

rimentale de l’action de la spar- | cules séminales de quelques Ron-

1

*téine sur la circulation CA RS EAN AND ES SE NA ee Es I

Présidence de M. Laguesse.

\

: SUR LES FONCTIONS DES VÉSICULES SÉMINALES DE QUELQUES RONGEURS,

AE

par E. Werruemer et Cu. Dusors.

Nous avons: montré précédemment (1), que; contrairement à une opinion qui tend aujourd'hui à prévaloir, les vésicules sémi-

- nales de l'Homme ne représentent pas seulement des organes glan-

|: = dulaires, mais aussi des réservoirs du sperme. Il est une autre

ï ir, 4

ri À

n 3

AN;

espèce animale chez laquelle il existe un organe qui remplit le _ même rôle : ce sont les Léporidés. Chez le Lapin, on trouve, en

arrière des canaux déférents et du bas-fond de la vessie, une poche .. impaire et médiane, dont l'extrémité libre se termine par deux : petites cornes, et qui vient s'ouvrir par un orifice transversal au

_ niveau du verumontanum. Elle a été considérée par E.-H. We-

ber, par Van Deen, W. Krause comme un utérus mâle, tandis que d’autres la décrivent comme une vésicule séminale impaire.

- (x) E. Wertheimer et Ch. Dubois, L'expérience de Regnier de Graaf et les. fonctions des vésicules séminales. C. R. de la Réunion biol. de Lille, 4 juillet @921,4p 1207.

36 RÉUNION BIOLOGIQUE DE LILLE (2)

Contre l'opinion de Weber, Kolliker a fait valoir qu'elle se dé- veloppe aux dépens des canaux de Wolff et non des canaux de Muller. Mais, Mihalkovics a trouvé que ces derniers participent au développement des tissus musculaire et conjonctif de l'organe. Il semble donc que l’homologie soutenue par Weber, si elle n'est pas complète, peut cependant encore se justifier, d'autant plus qu’on trouve, au niveau de l'extrémité inférieure des canaux déférents, deux organes minuscules dont les rapports et la situa- tion répondent à ceux des vésicules séminales ordinaires. Ces derniers, décrits par Krause et par Mihalkovics, sont cependant niés par Rehfisch ; nous pouvons en confirmer l'existence.

Quoi qu'il en soit, la vésicule impaire du Lapin (utérus mâle ou vésicule prostatique de Krause) contient constamment, ou à : péu près, des spermatozoïdes, comme l'avaient déjà vu Prévost et Dumas (1824) et après eux Lampferhoff et Krause. Il n'y a guère que Kayser qui ait nié qu'elle soit véritablement un réservoir du sperme. De multiples observations nous ont montré qu'il est tout à fait exceptionnel de ne pas y trouver de spermatozoïdes, en nombre tantôt très grand, tantôt moindre, et, en général, animés. de mouvements beaucoup plus vifs que ceux du déférent : il n’est pas douteux que le liquide sécrété par la vésicule ne soit un exci- tant de leur mobilité. |

Mais, ce qui nous a surtout déterminés à étendre nos recher- ches au réceptacle séminal du Lapin, c’est le dessein de vérifier s’il était vrai, comme nous le supposions, que, dans tous les cas un organe annexe du canal déférent doit servir de lieu de dépôt pour le sperme, l'expérience de Régnier de Graaf donnerait le même résultat que chez l'Homme, c'est-à-dire qu’une injection poussée dans le canal déférent, au-dessus de l’ampoule de Henle, rempli- rait d’abord la vésicule séminale avant de se faire jour dans l’urètre. Au premier abord, il semblait qu'appliquée au Lapin, l'expérience dût être en défaut. puisque, d’après la description des auteurs, l’utricule médian et les canaux déférents s'ouvrent au niveau du verumontanum par des orifices distincts. Cependant, ici encore, le liquide coloré distendait la vésicule avant d’apparaître dans l’urètre. Il faut remarquer, en effet, qui si les orifices des ca- naux déférents et celui de la vésicule sont, dans une certaine me- sure, distincts, cependant ils viennent déboucher dans une sorte de court infundibulum commun, les deux premiers s’ouvrant sur la paroi antérieure de cet infundibulum, 2 à 5 m.m. en arrière de son abouchement dans l’urètre. tr |

D'autres Rongeurs vont nous fournir la contre-épreuve : chez le Rat, chez le Cobaye, il est certain, d’après d’assez nombreuses ob- servations dont les premières sont dues également à Prévost et Du- nas et auxquelles nous pouvons ajouter les nôtres, que les vési-

(3) SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 91

cules séminales ne servent nullement de réservoir au sperme. Il doit donc s’énsuivre que le liquide injecté dans le déférent pas- sera directement dans l’urètre, säns distendre les vésicules : c’est, en effet, ce que nous avons constaté.

En ce qui concerne le Cobaye, il y a toutefois une observation à faire : on peut trouver, après la mort, chez cet animal, moulée sur l’urètre postérieur, une masse solide, d’un blanc cireux : c’est évidemment le contenu de la vésicule, qui s’est coagulé postmor- tem, sans doute par son mélange avec la vésiculase prostatique de Camus et Gley. Il arrive qu'un fragment de cette masse bouche l’orifice par lequel le liquide pénètre dans l’urètre et le liquide re- flue alors vers les vésicules : c’est ce que nous avons observé dans un cas. Il faut donc avoir soin de se débarrasser de cet obstacle par une légère pression au niveau du verumontanum.

(Sb] e]

RÉUNION BIOLOGIQUE DE LILLE (4):

SUR LES LAMELLES DU TISSU CONJONCTIF, A PROPOS D'UN RÉCENT MÉMOIRE DE Dominict,

par E. LaGuesse.

Notre travail sur le tissu conjonctif des Mammifères, après. À être resté longtemps à l'impression, n'a paru qu'au début des. : vacancés dans les Archives de biologie (t. XXXT). D'autre part, c'est seulement à la rentrée que nous avons pu trouver à notre bibliothèque universitaire, si éprouvée et si retardée dans ses achats par la guerre, le fascicule 1 du t. XVII des Archives d’ana- tomie microscopique, figure un très intéressant mémoire de Dominici sur le même sujet. Nous n’avons donc pu le citer dans la discussion. Mais, nous ne voudrions pas que l’on crüt que c’est de parti pris que nous avons passé sous silence le mémoire pos- thume de l’histologiste distingué que fut notre ancien camarade. C’est pourquoi nous sommes obligé d'y revenir aujourd’hui ; et cela nous permettra en même temps de montrer, une fois de plus, ce qu'il est indispensable de faire pounee convaincre de l’exis- tence généralisée des lamelles.

Le travail de Dominici nous intéresse d'autant plus que, s’il apporte pas une adhésion formelle à la doctrine de la structure. lamelleuse du tissu conjonctif lâche, soutenue par nous dès 1904 (Association des anatomistes et Société de biologie) et depuis, dans des travaux que l’auteur connaissait, du moins nous y trou- vons beaucoup à glaner en faveur de cette doctrine. Avec des mots différents nous parlons des mêmes choses. Dominici appelle chromoplasma, protoplasme colorable, ce que nous nommions cytoplasme granuleux, et hyaloplasma la facon de Retterer mais avec un sens un peu diflérent) ce que nous nommions avec Studnicka .exoplasme, que Hansen écrivait antérieurement sctoplasme. Comme nous Dominici voit, au cours du développe- men/. que, dans les cellules du réseau mésenchymateux primitif, « les anastomoses chromoplasmiques... se transforment graduel- lement en hyaloplasme. » Plus tard, il trouve (dans le derme) les travées fibreuses, les unes cylindriques, les autres lamelleuses, tapissées par des cellules fixes unies en une gaine continue par leur hyaloplasme, gaine qui les sépare des « interstices lympha- tiques » (nous Ho conjonctifs). Et pourquoi les fibres sont- elles ainsi engainées ? Parce que Dominici admet comme nous que « les fibrilles collagènes restent plongées dans le Lots d'hyaloplasme elles ont pris naissance ».

Chez l’adulte, le tissu conjonctif lâche se présente sous forme « de feuillets bris et translucides, qui se soudent de manière

@) ©: SÉANCE Du 12 DÉCEMBRE 39

à former les parois d'innombrables logettes. Les parois les plus minces sont composées d’une lame de substance anhiste doublée de cellules aplaties,... mais, il en est de plus épaisses qui con- tiennent des fibres conjonétives et élastiques...». Partie seulement des fibroblastes seraient lamelliformes, Le chromoplasme y a disparu par atrophie de la périphérie au centre ; à la périphérie on trouve donc généralement « une bordure plus ou moins large formée par l’hyaloplasme, claire, complètement transparente, ou striée de violet par les fibrilles chromoplasmiques issues de la zone périnucléaire. » Ces cellules fixes sont indépendantes ou réunies par des anastomoses, « expansions formées de chromo- _plasme ou de hyaloplasme ». Elles ont donc tendance à se réunir en syncytium, et par places « en. plasmodes formés par la coa- lescence de fibroblastes lamelleux, qui se soudent par leurs bords, en une lame d’hyaloplasme indivise, parsemée de noyaux pâles entourés chacun d’un halo de protoplasme flou, le do de Studnicka, notre symplasme éxoplasmique.

Dominici admet donc bien les lamelles, et il les décrit comme quelqu'un qui en a vu. Mais, il ne peut pourtant généraliser cette structure à la masse du tissu, ni se dégager de l’ancienne con- ception de la gelée amorphe interstitielle continue. Dès le début, en effet, il classe, chez l'adulte, les éléments anatomiques du con- jonctif en fibrillaires et cellulaires, ne glissant en tête que cette petite phrase : « La substance :anhiste est une sorte de gelée transparente coulée entre tous les éléments, et réfractaire à l’ac- tion de tous les colorants basiques ou acides. » Et plus loin : « l’hyaloplasme de ces faiscéaux conjonctifs.. s'étale en sortes de lamelles translucides qui se perdent [c'est nous qui soulignons| dans la substance commune. » Ou, encore, il admet que certains. _syncytiums hyaloplasmiques semblent se disloquer en cellules in- dépendantes, tendant les unes vers lés autres « des expansions.

_hyalines, lensparentes, purement hyaloplasmiques ». Cela nous |

_ montre qu'il n’a vu sous le po que . He de la- melles. On n’en aperçoit que quelques lambeaux à à plat dans ses fouses

(fie:-3, pl. VI), mais sans limites nettes, et sans légende. Observa-.

teur consciencieux et très prudent, Done n'a donc pas cru pouvoir opter nettement encore entre l’ancien amorphe continu et l’amorphe ou plutôt l'anhiste lamelleux, dans un travail qu'il ‘jugeait encore incomplet et dont il réservait l'achèvement et la publication.

Ce qui doit surtout nous iniér esser, c'est de. bn pourquoi il n’a pas mieux vu les lamelles, et par conséquent ce qu'il faut faire pour les bien voir. Tout d’abord, chez l'embryon, Dominici

x

ne s'est pas astreint à suivre pas à pas le développement du mé--

40 RÉUNION BIOLOGIQUE DE LILLE | (6)

senchyme dans une espèce animale, et, s’il a observé la transfor- mation exoplasmique des prolongements cellulaires aplatis, la formation de la sole d'exoplasme sur une des faces de la cellule lui a échappé. L’explication qu'il a tentée à propos de l’épiploon est en grande partie hypothétique. Ensuite, c’est que, chez l'adulte, sa technique, si excellente et si élégante qu'elle soit pour mettre en évidence de nombreux détails cytologiques, n’est pas appro- priée à ce but particulier de démonstration des lamelles, et qu'une technique spéciale, grossière à d’autres points de vue, est ici in- dispensable.

Nous noterons enfin que, lorsqu’après Reichert (tissus de sub- stance conjonctive), après Ranvier et autres, Dominici s'attache à grouper en un seul tout, sous le nom de « tissu conjonctif gé- néral », les trois tissus conjonctif, cartilagineux et osseux, il donne pour principale raison de leur équivalence fonctionnelle, de leur continuité de texture et de « l'identité de leur structure fondamentale », qu’ « ils ont un substratum commun qui est le collagène ». Ici encore nous parlons le même langage, car c'est ce que depuis longtemps nous professons au cours, en groupant les trois tissus sous le nom de tissus de substance collagène, défi- nition qui, il-est vrai, a au moins un défaut, c’est celui de ne s'appliquer qu'aux Vertébrés.

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(7) SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 41

ETUDE EXPÉRIMENTALE DE L'ACTION DE LA SPARTÉINE SUR LA CIRCULATION.

Note de En. Duviczier, P, ComBrMALE et H. BuLTEAU,

présentée par E. WERTHEIMER,

Les recherches entreprises en vue d'étudier l'influence de la spartéine sur la circulation ont abouti a des résultats souvent con-

-tradictoires. Pour n'en citer que deux exemples, tandis que dans le

travail bien connu de Laborde on voit que, chez un Chien de 17 kgr., l'injection de x cer. de la substance produit un renforce- ment « énorme » des oscillations artérielles, Masius, avec ro cgr. chez un Chien de 16 kgr., n'observe aucune modification, ni dans les pulsations, ni dans la pression sanguine. Nous ne pouvons nous arrêter ici à l'exposé de cet historique et nous résumerons seulement les conclusions basées sur des expériences faites chez des Chiens chloralosés et chez lesquels on entretenait la respira- ‘tion artificielle.

La forme la plus habituelle des modifications circulatoires con- sécutives à l'injection intraveineuse d’un demi-cgr. à un cægr. par ker. est la suivante : d’abord, une ascension rapide et très fu- gitive de la pression artérielle, suivie d’une chute plus ou moins profonde ; puis la pression se relève assez vite ; mais, au bout de 15-20 minutes, elle est encore inférieure d'un, de deux cm. ou même davantage au chiffre normal. Parfois, cependant, au bout d’une dizaine de minutes, elle est déjà revenue à sa valeur LL. mière,

Dans un autre type, beaucoup plus rare, de ces variations, l’as- cension passagère du début n’est pas suivie d’une chute brusque de la pression ; mais celle-ci baisse graduellement, de telle sorte, par exemple, que partie de 14,8 et montée un instant à 15,5, elle reste pendant quelques minutes à 14, arrive à 13,5 au bout de 10 minutes et tombe à 11,5 cm. 25 minutes après l'injection. Dans ces cas, encore, elle peut revenir plus ou moins tôt à sa valeur normale.

_ Un phénomène constant, quelles que soient les variations de la pression, c’est un ralentissement notable du cœur et une augmen- tation d'amplitude très marquée des pulsations artérielles.

Quel est le mécanisme de ces variations ? La chute de la pres- sion n’est pas dûe à une vaso-dilatation, car le volume du rein diminue, Elle est certainement la conséquence d'un affaiblisse- ment du cœur : en effet, une sonde cardiaque introduite dans le ventricule droit inscrit une diminution très sensible de la pression intra-ventriculaire ; puis, quand celle-ci se renforce, on voit en

42 | RÉUNION BIOLOGIQUE DE LILLE (8):

même temps la pression artérielle se relever ainsi AE la courbe

volumétrique du rein.

L'augmentation de l'amplitude de pulsations A n'im- plique de pas une augmentation de la force du cœur ; elle est dûe au ralentissement de cet organe. En effet, avec des mouve- ments rares, le cœur peut se remplir davantage pendant la dias-

tole, et, d'autre part, les artères ayant plus de temps pour se vider :

dans les veines, la systole prochaine trouvera moins de résistance: dans les artères et produira une distension plus forte de leur paroi.

Dans un certain nombre d'expériences, des irrégularités pré- :

existantes des pulsations, sans doute des extrasystoles, n’ont pas. disparu après l'injection ; peut-être dans certains cas ire de- venues moins Ouen

La spartéine diminue et peut même abolir eo eo l'exci- tabilité du nerf vague, comme l’avaient déjà observé Fick, Masius, Langlois et Maurange et d’autres encore. Nous avons même vu, après l'injection de 3-4 cgr. de spartéine par kgr. que l’excitation:

du nerf augmente la fréquence des battements du cœur, sans.

doute parce que ses filets. accélérateurs sont restés indemnes. Il _faut remarquer aussi que le ralentissement du cœur n’est pas

à une excitation du pneumogastrique qui précéderait sa paralysie: :

il persiste après l'injection de très fortes doses d’atropine, et il est,

par conséquent, le résultat d’une action directe de la spartéine sur :

le cœur (myocarde ou ganglions). La paralysie du vague explique

les effets favorables de la spartéine dans la chloroformisation, si- .

gnalés par Langlois et Maurange.

D'après ces expériences, il semble que la spartéine + ne peut guère trouver son emploi que dans certaines tachycardies, en tant que modérateur de la fréquence et du travail du cœur, et aussi contré Jes irrégularités qui auraient eu origine dans une. excitation du. pneumogastrique.

(Laboratoire de pe de la Faculté de médecine).

(EN SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 43

Rscuercne DU BACILLE DE KocH DANS LE SANG DES TUBERCULEUX,

par P. Crampon.

Ayant l'occasion de prélever assez fréquemment du sang chez des tuberculeux en vue de l'étude de divers antigènes tuberculeux, notamment, de l’antigène de Calmette et Massol, nous avons entrepris, dans un certain nombre de cas, d'y rechercher le Ba- cille de Koch, suivant la méthode publiée par Sabathé et Buguet

(Société de biologie du 16 octobre 1920). Méthode que nous rap-

pelons brièvement : prélèvement de 5-10 c.c. de sang, aseptique- ment dans un tube stérile : coagulation du sang et rétraction du caillot à 25° environ ; aspiration du sérum à la pipette ; prélèvement d'une parcelle de la partie superficielle supérieure du

caillot dans la zone rouge clair de préférence ; étalement sur

une lame et coloration par le Ziehl à froid ; nous avons déco- loré par l'alcool acétique au tiers, suivant le procédé en usage à l'Institut Pasteur de:Lille.

Dans le plus grand nombre de cas (13), nous avons homogé-

néisé la tranche supérieure du caillot à l’aide de la bile, d’après

la méthode de Grysez et Bernard (x) espérant ainsi trouver plus

facilement les Bacilles qui s’y trouveraient. Dans 4 cas, nous avons

broyé cette partie superficielle, dans de l’eau salée et l’avons ino- culée sous la peau d’un Cobaye. Voici les résultats obtenus :

Tuberculose cavitaire fébrile. Présence de Bacilles de Koch

dans les crachats : 6 cas. Examen direct négatif dans tous les cas. Examen après homogénéisation : 5 résultats négatifs. Inocula- tion dans le cas ; le Cobaye sacrifié ne présentait aucune lé- sion tuberculeuse après 8 semaines.

Tuberculose à la période de ramollissement. Présence de Ba- cilles de Koch dans les crachats : 7 cas, 4 fébriles et 3 apyrétiques. _ Examen direct : 7 cas négatifs. Homogénéisation : à négatifs. Ino-

culation au Cobaye 3 fois ; les animaux sacrifiés ne présentaient

_ aucune lésion Iubiercule tee,

Tuberculose fibreuse. Chez un vieillard, crachant nom- breux Bacilles : r cas négatif à l’examen direct et après homogé- néisation.

Sujets suspects. Sujets présentant des cire d’induration des sommets, mais sans Bacilles dans les crachats. 2 cas négatifs à l'examen direct, et après homogénéisation.

Méningite tuberculeuse. Lésions confirmées à l’autopsie : SE résultat négatif à l'examen direct et après homogénéisation.

(1). C. R. de la Soc. de biol., 4 déc. 1920.

4 RÉUNION BIOLOGIQUE DE LILLE (10)

Mal de Poit. Mal de Pott avec abcès par congestion : r cas négatif à l'examen direct et après homogénéisation.

En résumé, chez 18 malades, dont 16 atteints de tuberculose confirmée, nous n'avons jamais trouvé de Bacilles dans le sang à l'examen Gireoi. ni après homogénéisation de la partie superfi- cielle du caillot, et, en outre, dans 4 cas, l’inoculation au Cobaye fut négative.

Cou nous prouve que, si la bacillémie existe souvent chez des tuberculeux, les Bacilles sont excessivement rares dans le sang, et que, vraiment, il est exceptionnel de les y trouver.

C'est, d’ dense à une conclusion de ce genre qu’arrivait P. Courmont, dans un article publié récemment dans le Journal de médecine de Lyon, dans lequel il conclut, après avoir rapporté et discuté les. travaux nombreux publiés antérieurement sur la question, que « l'examen direct du sang, pour la recherche des Bacilles, serait d’un intérêt pratique de premier ordre pour le diagnostic et le pronostic, si les résultats n'étaient pas souvent sujets à caution », et il ajoute « l’inoculation au Cobaye donne des résultats certains, mais encore à condition d'inoculer le culot de très grosses quantités de sang ». C’est pour nous rallier à ces conclusions que nous avons rapporté les faits précédents.

(Laboratoire de bactériologie de l’Institut Pasteur et de la Clinique médicale de la Charité).

(D) | 45

RÉUNION BIOLOGIQUE DE LYON

SEANCE DU 19 DÉCEMBRE 1921

SOMMAIRE

ARLoING (F.), Cane (A:) et CLuzer et Korman : Etude Bocca : Contribution à l’étude ultra-microscopique de l’action expérimentale de la sécrétion gas- des rayons X sur les colloïdes triquetehez: le Chien. ...:..1, ARE ATEN A sr EE 5

AmLoNz (F.), Cane (A.) et Miranre (M.) : Sur la présence Bocca : Etude expérimentale de | d’un alcaloïde dans l’Isopyrum l’influence de l’atropine (en in- fumarioides L. Etude de ses réac- jection et en ingestion) sur la tions micro-chimiques et ses loca-

NS ALLONS EE ME RENAN ARE Res EEE D G

©

sécrétion gastrique du Chien...

Présidence de M. Porcher.

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DE LA SÉCRÉTION GASTRIQUE CHEZ LE CHIEN,

par F. Arcomc, Gape et Bocca.

Nos recherches ont porté sur un Chien de 15 kgr. environ, ayant une fistule gastrique avec canule (opération du Santy). Nous faisions absorber à l’animal des repas d’épreuve variés, reti- rés au bout d’un temps variable par un tube aspirateur introduit par la canule. Des analyses chimiques étaient immédiatement pratiquées sur le liquide retiré formé d’un mélange de suc gas- trique, d'aliments et de salive. On dosait par le réactif Linossier- Tôpfer :: l’acidité totale, l’HCI libre, l'HCI combiné, et par ré- duction, les acides de fermentation.

Avant d’énoncer nos résultats, rappelons les divergences des observations suivant les divers auteurs, tenant aux conditions variables, et pas toujours nettement précisées, de leurs expérien- ces. Pour Richet, l'acidité totale du suc gastrique du Chien ex- primée en HCI est de 2,50 p. 1000 ; pour Schmidt, le taux du suc pur est de 3,1 p. 1000 ; Schumow et Simanowski, de 4,60 à 5,8 p. r000. Pour le suc gastrique humain, Verhaegen trouve chez 12 jeunes gens 3 à 4,8 p.: 1000 deux heures à deux heures et de- mie après un repas de 60 gr. de viande et de 100 gr. de pain.

Ces variations. tiennent aux deux conditions suivantes : a) na-

46 RÉUNION BIOLOGIQUE DE LYON || (2):

ture du repas d'épreuve, b) temps de la ue a au bout duque on le retire.

À la suite des travaux de Pavlow, les dures confirment ces ré- sultats, notent que c’est la viande qui agit le plus énergiquement sur [a sécrétion acide de l’estomac ; puis viennent les œufs, le lait, le pain. Par contre, la graisse en la sécrétion acide (Mo rat, Doyon, Richet). ;

L'acidité varie aussi avec le temps de la digestion : elle aug mente depuis le début jusqu’au dernier quart d'heure de la diges- tion, puis diminue rapidement. Pour Pavlow, la viande, de la à la heure de la digestion donne 12 c.c. de suc ; le pain, à la

heure, 9 c.c. ; et le lait, de la à la heure, 8 c.c. Hayen, Lion et Winter ont étudié, chez l'Homme sain, l'acidité d'un repas. d'épreuve : après une demi-heure, elle est de 2,55 p. 1000 ; puis, après une heure, elle est de ge P- 1000, ue an après une heure et demie, elle est redescendue à 2,84 p. 1000.

Devant ces variations et en vue de recherches ultérieures, nous avons récherché, chez le Chien, les variations du chimisme gas- rique suivant la nature de l'aliment du repas et temps de la digestion.

Nature de l'aliment. De nombreux examens faits 40 mi- nutes après l’ingestion de repas composés de 200 gr.-de soupe de pain, 200 gr. de lait de Vache, ou de 200 gr. de viande, nous ti- TONS :

Repas de soupe de un A 10e M 200010) 0 UD "0,10: 1

Repas de lait : À = 4,06 ;: H = 0,58 ; GC = 0,76 ; F = 2,65.

Repas de viande : À = 3,50 ; H = 0,25 ; C = 0,75 ; F = 2,388.

Il existe donc une forte ie totale pour le repas de viande et pour. celui de lait. Elle est due surtout aux acides de fermen- tation, en particulier à l'acide lactique provenant, soit du suc de viande, soit de la fermentation du lait. Au contraire, on note une faible acidité pour le repas de pain: L’acidité chlorhydrique . le repas de lait est plus forte qu'après le repas de viande.

\ Temps de la digestion. En opérant toujours après le re- pas d épreuve : soupe de’pain, nôus notons :

Au bout de 20 minutes. de digestion : acidité totale À = 1,19. Au bout de 45 minutes de digestion : acidité totale À = 1,97. Au bout de r heure de digestion : acidité totale À = 1,7r, Au bout de 2 heures de digestion : acidité totale À = 2,37. Au bout de 3 heures de digestion : acidité totale ANT O

Il

Ce résumé de nos expériences montre que l nt totale du suc est à son maximum deux heures après l'ingestion du repas, que 3 heures après, il existe déjà une notable diminution de l'acidité

(3) SÉANCE PU 19 DÉCEMBRE ui

totale qui tombe de 2,37 p. 1000 à 1,67 p. 1000, tandis que pa- rallèlement, l'HCI libre s'abaisse de 0,54 p. 1000 à l’état de traces.

Conclusions. La teneur en acidité totale du suc gastrique varie avec la quantité des aliments : forte après un repas de viande ou de lait, elle est peu marquée après un repas de soupe de pain.

Le taux de l'acidité du contenu gastrique croît progressive- ment dans le temps qui suit l’ingestion pour atteindre son maxi- mum 2 heures après celle-ci, et diminue ensuite.

{Laboratoire de médecine expérimentale et comparée de la Faculté de médecine).

ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DE L'INFLUENCE DE L ATROPINE (EN INGESTION ET EN INJECTION) SUR LA SÉCRÉTION GASTRIQUE DU CHIEN,

par F. ARLOING, À. Capr.et Bocca.

L’atropine connue depuis longtemps pour ses effets antispasmo- diques et hypocriniques exerce aussi une action thérapeutique sur certaines douleurs et certains troubles gastriques. Le méca- nisme en est mal connu. Agit-elle sur le spasme, sur l’hyperesthé- nie de la muqueuse ou sur la sécrétion acide du suc gastrique ?

Linossier, Sanetzki, Pugliese, Schiff et surtout Riegel admet- tent une diminution de l'acidité du suc après action de l’atropine. Ferrarin, Plesoïanu, Forlanini notent les bons résultats de l’a- tropine sur l'estomac. Par contre, Bouveret et Devic n'ont re- cueilli aucune observation de syndrome de Reichmann l'atro- pine ait été administrée avec succès. Pour Mathieu et ses élèves

Plesoïanu et Lieutier, l'atropine sans être spécifique de l’hyper-

chlorhydrie, rend des services en calmant la douleur et le spasme et en diminuant l’hyÿpersécrétion, avec une légère diminution de l'acidité totale, de l’HCI..Leubuscher, Schacfer, Hayem, Winter, puis Cerf ne trouvent qu “exceptionnellement une amélioration du chimisme après l’atropine dans les cas de gastrosucchorée ou de stase. Pour Basledo et Crohn (1921), l'atropine agit autrement _ sur l'estomac que sur les autres sécrétions : elle accroîtrait l’aci- . dité, soit par ingestion, soit par injection sous-cutanée. L'un de

nous (Gade), dans la thèse de son élève Fournès, étudie chimique-

ment l’atropine donnée par ingestion ou par injection chez des malades atteints d’ulcus : après 15 jours de traitement, l'acidité totale tombe de 2 gr. 269 à x gr. 679, et l’HCI libre de 1 gr. 752 à x gr. 225+; mais lHCI libre n’a jamais disparu complètement après le traitement. î Nous avons expérimenté sur un Chien de 15 kgr., porteur d’une

48 RÉUNION BIOLOGIQUE DE LYON É (4)

fistule gastrique. La sécrétion était diminuée après différents repas d’épreuve, l'acidité dosée par le procédé Linossier- -Tôpfer, l’atro- pine administrée sous forme de ie neutre en ingestion ou en en sous-cutanée.

° Atropine en ingeslion. Le Chien absorba des doses crois- ne d'atropine de 1/2 milligr. à 4 milligr. par jour, soit en ro jours un total de 20 milligr. Ces doses provoquèrent un début d'intoxication. Elles amenèrent une diminution de HCI libre ré- duit à l’état de traces et un abaïssement de l'acidité totale jusqu'à 1/5 à 2/5 du taux physiologique. La diminution de l'acidité s’ac- centue au fur et à mesure que progresse l’intoxication par l’atro- pine. Après ro jours d’ingestion, on cessa le traitement. Dans les 5 jours qui suivirent, l'HCI libre reparut et atteignit 0,25 gr. à 0,70 gr. p. 1000 ; l'acidité remonta progressivement jusqu’à 2,92 p. 1000, taux voisin du taux physiologique. L'action de l’a- tropine serait donc passagère.

Le poison n’exerce aucune action sur la quantité du mucus. 11 nous a été impossible de savoir si la quantité du liquide sécrété était diminuée ou non. Eu

Atropine en injections sous-cutanées. Pendant 10 jours de suite, on injecta sous la peau 1 milligr. d’atropine par jour. Ce traitement n’amena aucun signe d'intoxication. L’acidité totale diminua très légèrement (de 1/50 à 1/6 au taux physiologique) ; l’'HCI libre fut très peu influencé. Cette action peu intense de l’a- tropine fut également brève et transitoire.

Conclusions. L’atropine a des effets de même sens, mais qui, dans nos expériences, sont moins sensibles avec les injections que par ingestion : diminution de l'acidité totale du suc gastri- que (de 1/6 à 2/5 du taux normal), très faible action sur l'HCHI libre.

Ces effets passagers sont surtout ont au voisinage du seuil de l’intoxication. Ils dÉpatsne 5 à 6 jours après l'arrêt du traitement.

Etant donné ces modifications légères et Lnerioinés de l’atro- pine, on serait conduit à penser que, devant ces résultats, il semble que les effets bienfaisants de l'atropine soient dus plus à une action neuro-musculaire qu'à une action chimique (hyper- sécrétion, ulcus), et que les effets de l’atropine ne soient pas exac- tement superposables à ceux obtenus sur l'animal au cours de nos expériences.

(Laboratoire de médecine expérimentale et comparée dela. Faculté de médecine).

6) SÉANCE DU 19 DÉCEMBRE 49

EEE] —_—]…—_—…—..—“——— TT

ETUDE ULTRA-MICROSCOPIQUE DE L'ACTION DES RAYONS X SUR LES COLLOÏDES MÉTALLIQUES,

: par CLuzET et KOFMAN.

On peut se demander si les rayons X sont capables, comme les rayons ultra-violets, de produire la floculation des solutions de métaux colloïdaux ; Sverdberg et Galecky ont obtenu la flocula- tion, tandis que, d’après les expériences de Spring, les rayons X n'auraient aucune action sur les suspensions colloïdales. Nous avons repris ces recherches en employant des rayons X de péné- trations différentes et en utilisant le rayonnement secondaire obtenu par l'introduction de divers radiateurs au sein même des solutions en expérience.

On versait au fond d’un petit cristallisoir de 3 cm. de diamètre, une couche de solution colloïdale d'environ 2 mm. d'épaisseur, puis dans les expériences avec radiateurs on immergeait dans ce liquide une pastille d'aluminium, de cuivre, de plomb, ou de tungstène, soigneusement décapée et ayant 1 mm. d'épaisseur. Nous avions ainsi des radiateurs de poids atomiques très diffé- rents et donnant surtout, outre les rayons. $ secondaires, soit des rayons secondaires diffusés (aluminium et cuivre), soit des rayons caractéristiques de la série M (plomb et tungstène). Les prépara- tions ainsi disposées étaient placées à 10 cm. de l’anticathode d’une ampoule Coolidge, dont l’étincelle équivalente variait de 7 à 9 cm. (5 degrés Benoist), ou de 12 à 14 cm. (7 degrés Benoist) ; l'intensité était d'environ 1,5 milliampère et la durée d'irradiation de 30 à 60 minutes, suivant l'expérience. Une série de cristalli- soirs renfermant Chacun une préparation colloïdale et un radia- teur, mais non soumis aux rayons X servaient de témoins.

Avec l'or colloïdal l'examen ultramicroscopique des échantil- lons irradiés sans immersion préalable de radiateurs, montre par comparaison avec les témoins, que le volume des particules a augmenté considérablement, tandis que leur nombre à diminué : ainsi dans les témoins, les manie sont si nombreux qu'ils ne peuvent être dénombrés, au contraire dans les solutions irradiées pendant une heure, on compte facilement de 20 à 30 grains dans le champ du microscope. Cette augmentation de volume, ou « ma- turation » des grains et la diminution consécutive de leur nom- bre, s’observe déjà, quoique à un degré moindre, après une ir- radiation de 30 minutes. L'introduction des radiateurs aluminium et cuivre a pour effet d’exagérer encore la maturation des colloï- des dans les préparations irradiées, alors que dans les témoins, l'immersion de ces radiateurs ne produisait pas de modification

Biorocre. CoMPTES RENDUS. 1922. T. LXXXVI. [A

50 RÉUNION BIOLOGIQUE DE LYON. \6}

=

appréciable. Les radiateurs plomb et tungstène n'ont produit au- cun effet, même après une irradiation de plus d’une heure.

Avec les solutions colloïdales de platine, de palladium, de mer-

cure, de rhodium, nous avons conservé des modifications analo- gues, mais moins marquées qu'avec l’or colloïdal. Cependant, après l'introduction d'un radiateur d'aluminium, l’irradiation pro- duisait une maturation des granules de rhodium et de mercure presque aussi importante que pour les granules d’or. Les radia- teurs de cuivre, de tungstène, de plomb ont paru sans effet. Enfin en employant les solutions colloïdales de sélénium, de cuivre, de fer et de manganèse, nous n'avons pu mettre en évidence aucune action, soit que l’irradiation ait été faite avec ou sans immersion préalable des radiateurs.

Ainsi, dans les conditions nous nous sommes placés et no- tamment en faisant agir pendant une heure sur des préparations

placées à ro cm. de l’anticathode, un rayonnement X dont la pé-.

nétration était soit de 5, soit de 7 degrés Benoist, la floculation ne s’est jamais produite dans les solutions colloïdales de manga-

nèse, de fer, de cuivre, de sélénium, de palladium, de rhodium,

de mercure, de platine et d'or, même lorsque l’on ajoutait à cel- le du rayonnement primaire l’action d’un rayonnement secon-

daire produit por un radiateur immergé dans la coran irra-

diée.

On observait seulement que les colloïdes à poids atomique très élevé qui sont aussi ceux dont les granules apparaissent à l’ultra- microscope avec les dimensions plus faibles, « müûrissent » sous la seule influence du rayonnement X primaire ou sous l'influence de ce rayonnement et des rayons diffusés par un radiateur à poids atomique faible, comme l’aluminium. D'ailleurs, le signe élec-

trique des colloïdes métalliques, n'était jamais modifié ee l'irra- diation.

/

SUR LA PRÉSENCE D'UN ALCALOÏDE DANS L'Isopyrum fumarioides L. ETUDE DE SES RÉACTIONS MICROCHIMIQUES ET DE $ES LOCALISATIONS,

par Marcez MIRANDE.

On connaît l'existence d’alcaloïdes dans deux espèces du genre Isopyrum (Renonculacées). L'un de ces alcaloïdes a été isolé, en 1872, par Harsten de l’Isopyrum thalictroides L. (seule espèce in- digène en Francé et en Europe), et j'en ai étudié moi-même les

PSS EME

+

-(7) SÉANCE DU 19 DÉCEMBRE 51

réactions microchimiques et les localisations (1). En 1896, Mae _ Dougal constata microchimiquement l'existence d’un alcaloïde dans 1. biternatum. Terr. et Gray (Amérique orientale) que Frank- forter, en 1903, étudia au point de vue chimique et qui se montra différent de celui de J. thalictroides. Dans la présente Note, je si- gn:_ : microchimiquement la présence d'un alcaloïde dans une au- tre espèce de ce genre, Isopyrum fumarioides L. et j’étudie ses réactions principales et ses localisations dans la plante.

Cette espèce croît en Asie, principalement dans la région altaï- que : c'est l'unique plante annuelle du genre et l’une de ses rares espèces cultivées dans les jardins botaniques. Je la cultive au Jardin alpin du Lautaret.

Ï. Principales réactions microchimiques.

Ilodure de potassium iodé : Précipité granuleux brun kermès remplissant complètement les cellules.

Acide picrique : Précipité jaune clair de granules parfois assez gros. :

Bichlorure de mercure : Précipité blanc, dense. Ces trois réac- tions sont les mêmes que pour l'alcaloïde de 1. thalictroides.

Chlorure d'or : Précipité noir d'or réduit, presque instantané. Réaction différente de celle de J. thalictroides le chlorure d’or donne un beau précipité dense, jaune pâle.

lodure de mercure et de potassium (réactif de Mayer). Précipité dense, granuleux, jaunâtre.

Iodure de potassium et de bismuth (réactif de Dragendorff) Précipité brun foncé.

L’acide sulfurique, qui donne dans 1. thalictroides une réac- tion si particulière et si caractéristique, donne ici une réaction négative. =

L’ammoniaque qui, dans 1. thalictroides donne un précipité dense, jaune clair, insoluble, dans l'eau et soluble dans l'alcool, donne également, due cette espèce ; une réaction négative.

Le molybdate d’ammonium, l’acide phosphomolybdique,. l’a- cide sulfovanadique (réactif de Mandelin), l’acide sulfotitanique, ne donnent rien de particulier ; il en est de même pour 1. thalic- troides.

Réaction négative avec le phosphotungstate de sodium (réac- tion de Scheibler), l’acide sulfocérique, le sulfomolybdate de so- dium (réaction de Frôühde), l’acide sulfurique nitreux (réaction d'Erdmann), le sulfosélénite de sodium (réaction de Lafon).

IT. Localisations.

Dans l’I. thalictroides, l’alcaloïde est contenu principalement

(x) Mirande. C. R. de l'Acad. des sc., t. 168, p. 316, 1919.

52 RÉUNION BIOLOGIQUE DE LYON (8)

dans les organes souterrains (rhizome et racine), et, en moins grande quantité, dans les organes verts aériens. Dans l’. fuma- rioides, c'est le contraire.

Racine. L’alcaloïde est contenu en trainées irrégulières dans l'écorce et dans les rayons médullaires libériens.

Tige. C’est l'organe le plus riche. L’alcaloïde est répandu ans toute la moelle qui est assez large, dans le tissu périmédu:ilrire autour du pôle des faisceaux ; dans les cellules à parois minces qui forment la gangue parenchymateuse des vaisseaux du pôle fasciculaire, c’est-à-dire les cellules entourant les vaisseaux anne- lés et spiralés ; dans les rayons médullaires principaux et dans les petits rayons du bois et du liber ; dans le péridesme des fais- ceaux foliaires qui traversent la tige pour se rendre aux feuilles ; dans toute l'écorce, y compris l’épiderme, et dans nombre de cellules du parenchyrne libérien.

Feuilles. Dans la gaîne foliaire l'alcaloïde est localisé dans l'é- piderme, l'écorce et l’endoderme des méristèles ; dans le pétiole, il est répandu dans l’épiderme et les deux ou trois assises sous épidermiques, peu autour des faisceaux. Il m'a semblé que le limbe lui-même n’en contient pas.

Fruit. L'alcaloïde est contenu dans l’épicarpe, peut-être en pe- tite quantité, autour des faisceaux. Nous avons vu plus haut que l’I. thalictroides et l’I. biternatum contiennent chacun un alca- loïde propre ; nous voyons d’autre part que l’alcaloïde de l'I. fu- marioides diffère de celui de l’I. thalictroides par certaines réac- tions caractéristiques et par ses localisations. Il y a donc lieu de penser que tous les Isopyrum (dont on connaît 25 espèces envi- ron) sont des plantes à alcaloïdes, que ces alcaloïdes diffèrent, se- lon les espèces, tout en appartenant probablement à un même type chimique. te

Je rappelle que j'ai montré, d’autre part (1) que les Isopyrum contiennent des glucosides à acide cyanhydrique localisés prin- cipalement dans les feuilles qui sont des organes qui contiennent le moins d'’alcaloïdes. :

(x) Mirande. C. R. de la Soc. de biol., nov. 1913. C. R. de l’Acad. des sc., t. 165, 1917. Bull. de la Soc. de statist. de l'Isère, 1918.

(1) | 53

RÉUNION BIOLOGIQUE DE MARSEILLE

SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE 1921

SOMMAIRE _RanQuE (A.) et SENEz (Ch.) : réaction de fixation du complé- Sur-une technique de réaction NON Ne De roc NET Cre “À de fixation du complément dans Rouscacroix : Réactions de fixa- la tuberculose: :....+ és niet 6 | tion avec l’antigène tuberculeux RançuE (A.) et SENEz (Ch.) : de Besredka....,..:.: A Re I

Unité de mesure exacte dans la

Présidence de M. Alezais.

RÉACTIONS DE FIXATION AVEC L'ANTIGÈNE TUBERCULEUX DE BESREDK\,

par RousLAGRoIx.

Depuis le mois de mai dernier, j'ai essayé dans une cinquan- taine de cas, l'épreuve de fixation de complément avec l’antigène à l'œuf dont le P* Besredka m'avait obligeamment confié quel- ques tubes. Considérant comme à peu près prouvée, par les tra- * vaux antérieurs, la valeur de cette réaction dans les tuberculoses bactériologiquement confirmées, notamment les tubereuloses pul- monaires avec Bacilles dans les crachats, je me suis attaché à la

rechercher dans les bacilloses occultes dont la preuve bactériolo-. gique ne peut être faite aisément, de même que dans certaines affections subaiguës ou chroniques, très suspectes, d'origine tu- berculeuse. Durant ces recherches, qui portent malheureusement sur un nombre encore restreint de cas, j’ai été amené à faire une constatation intéressante en ce qui concerne l'encéphalite épidé- mique.

La technique de la fixation du complément appliquée à la tu- berculose, présente, comme le reconnaissent la plupart des au- teurs, une très grande importance. Le procédé de Calmette et

54 RÉUNION BIOLOGIQUE DE MARSEILLE 53e)

Massol est certainement le plus précis, le seul qui permette d’é- valuer l'intensité la réaction, d'éliminer le pouvoir anti-com- plémentaire non spécifique du sérum. Encore conviendrait-il d'être définitivement fixé sur le protocole de la réaction, le taux de dilution de l’alexine (selon les auteurs, 1/25, 1/20, 1/15, r/ro), le nombre des tubes d’épreuve et des témoins. À cet égard, nous nous associons pleinement au désir exprimé par Ranque et Senez dans une des dernières séances du comité médical (16 décembre), de voir adopter par tous les opérateurs une technique uniforme.

Le procédé au sérum frais, déjà employé par Goldenberg et Fried, m'a donné d'excellents résultats, à condition de titrer exac- tement à l’avance le pouvoir hémolytique du sérum et d'utiliser dans la réaction la dose de globules immédiatement inférieure à la limite de l’hémolyse. Sans cette précaution, on risque de laisser échapper des réactions positives. Les deux méthodes ont été uti- lisées simultanément dans 38 observations, la dernière isolément dans 14 cas.

Résultats. Manifestations pleuro-pulmonaires. . signes physiques de tuberculose: six cas, trois positifs. Bronchites sus- pectes : cinq cas, deux positifs. Les trois cas négatifs ont été con- firmés par des cuti-réactions négatives.

Manifestations péritonéo-intestinales. Cliniquement tu- berculeuses : deux cas, tous deux positifs. Suspectes : deux cas, négatifs ; l’autopsie de l’un de ces cas, faite ultérieurement, a mon- tré des lésions tuberculeuses pulmonaires fermées.

Lésions ostéo-articulaires. Cliniquement tuberculeuses : quatre cas, deux positifs. Suspectes : trois cas, deux positifs. An- kylose traumatique : un cas, négatif. |

Annexites subaiguës ou chroniques. Suspectes : trois cas, deux positifs.

Adénites cervicales chroniques. tubercu- leuses : quatre cas, trois positifs.

Rhumatismes. Chroniques suspects : deux cas, un posi-

tif ; aigus : deux cas, un positif.

Anémies, convalescences trainantes sans lésions décelables quatre cas, tous négatifs. L'examen ultérieur de ces malades a montré lu complète guérison.

Affections nerveuses accompagnées ou consécutives à une manifestation de tuberculose (adénopathies multiples et neuras- thénie, Basedow et induration des sommets, etc.) : quatre cas, trois positifs. Sans manifestation tuberculeuse : trois cas, négatifs.

Un cas de méningite tuberculeuse, secondaire à une péritonite fibro-ascitique (fillette TT ame) Réaction pis ne dans sang et one céphalorachidien.

Enfin, dans six cas d' encéphalite épidémique, examinés en

Gt ot

{3) SÉANCE .DU 20 DÉCEMBRE

convalescence avec séquelles, (tremblements, troubles de la mar- che, parésies), sans aucun symptôme clinique de tuberculose, réaction de fixation nettement positive dans le sérum sanguin (tous avec Wassermann négatif).

En résumé. Affections cliniquement tuberculeuses sans con- firmation bactériologique : 17 cas, 11 positifs. Affections très sus- pectes de tuberculose : 25 cas, 11 positifs. Non tuberculeuses 4 cas, aucun positif. Couyalescences d’encéphalite épidémique 6 cas, tous positifs.

‘La réaction de Fnac a recherchée simultanément, * fournit les résultats suivants : les deux réactions simultanément positives, 7 cas ; Wassermann positif avec Besredka négatif, 4 cas ; Wassermann négatif avec Besredka positif, 21 cas ; les deux réactions négatives, 20 cas.

Réserves faites pour l’encéphalite épidémique, qui appelle d’au- tres recherches, la réaction de fixation avec l’antigène de Besredka conserve dans les tuberculoses occultes son caractère de spécificité ; elle à paru. correspondre à un processus morbide en évolution active, dans la majorité des cas. Mais ce caractère n’est pas constant et, en réalité, l'apparition des anticorps appro- priés à la fixation est liée à des facteurs encore mal déterminés. De toutes façons, la constatation d’une réaction positive CORDOrE une valeur diagnoslique de premier ordre.

56 RÉUNION BIOLOGIQUE DE MARSEILLE (4)

UNITÉ DE MESURE EXACTE DANS LA RÉACTION DE FIXATION DU COMPLÉMENT,

par À. RanQue et Ch. SENEz.

La réaction d’hémolyse qui sert à manifester la fixation ou non fixation du complément ne permet qu'approximatiment d'é- valuer les valeurs absolues des quantités d’alexine déviées, du moins dans les techniques les plus couramment employées. Cal- mette et Massol, avec la méthode qu'ils ont décrite et employée pour l'étude et le dosage des anticorps tubereuleux ont bien mon- tré toute l'importance qui s'attache à la solution exacte de ce problème.

La réaction hémolytique est produite par l'intervention de 4 facteurs, qui dans les données courantes d'expérience sont im- précis, mal déterminés et presque toujours non comparables dans les différentes expériences. Ces 4 facteurs sont : le complément, le sérum hémolytique, la dilution globulaire et le temps pendant lequel l'hémolyse complète doit se produire. Ces quatre termes exercent en général les uns sur les autres une réaction de sup- pléance bien connue de tous les auteurs : 1 c.c. d’une dilutiom globulaire est hémolysé en 30 minutes par 2/10 d’alexine en pré- sence de 3/10 de sérum hémolytique par exemple ; mais la même quantité de globules peut être hémolysée pendant le mème temps, si augmentant la quantité de sérum hémolytique, la dose d’alexine diminue. De même, en prolongeant le temps d'’étuve, l’hémolyse peut être obtenue avec une dose moindre de l’un et de l’autre des deux facteurs précités.

Chacun de ces quatre facteurs n'a donc en lui-même qu'une valeur relative et l'équation totale a seule une valeur absolue. Les variations des termes de l'équation d’hémolyse peuvent être re- présentées schématiquement par la courbe r.

La dose globulaire G peut être hémolysée, soit que la ligne des valeurs d’alexine et de sérum hémolytique passe par À et S, soit qu’elle passe par A’ S’ ou par tout autre ligne reliant G à la ligne des abcisses et des ordonnées. G peut se déplacer sur un autre plan si le temps d'observation augmente. Un de ces facteurs variables

peut être éliminé facilement ; si en effet dans la figure précédente

la ligne À S devient parallèle à la ligne des abcisses (courbe 2), un des facteurs de l’équation disparaît : ce fait au point de vue expérimental traduit ainsi : si la quantité de sérum hémolyti- que est infinie la dose de globules hémolvsés est exactement pro- portionnelle à la dose d’alexine mise en jeu. Pratiquement, c'est cette donnée qu'ont utilisée Calmette et Massol et tous ceux qui

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dr

) SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE

préconisent d'agir avec un excès considérable de sérum hémolyti- que. Pourtant eet excès n'est jamais assez grand pour se rappro- cher de la quantité infinie qu’exigerait la théorie et en effet avec les doses d’alexine et de globules relativement élevées que l’on em- ploie la proportionnalité absolue n'existe pas; la quantité consi- dérable de sérum hémolytique qu'il faudrait prendre pour cela est pratiquement trop grande. La plus grande précision doit donc être recherchée en diminuant le plus possible la valeur « alexine » et la valeur « globules. »

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Doeces de Méruui. temolylique Doscs de Jerunt heutolytique F

Dans ces conditions, l'expérience vérifie le bien-fondé de ces déductions et elle révèle une rigoureuse équivalence entre les doses alexiques et les quantités globulaires hémolysées. En di- luant lalexine entre le 1/100 et le r/200 et en utilisant 100 ou 200 doses suffisantes de sérum hémolytique, les globules hémolysés sont exactement en rapport avec l’alexine mise en action pour des quantités variant de 6,1 c.c. à 1 c.c. de cette dilution (r).

Ici-même l'expérience nous a montré la disparition d'un deu-

xième facteur : le facteur temps. À ces degrés de dilution la dose d’alexine juste insuffisante pour l'hémolyse, n’hémolyse pas quel que soit le temps d'étuve, même lorsqu'il est prolongé pendant 4 et 5 heures (2). :

Reste un troisième facteur : les globules à hémolyser : celui-là est justement le facteur précis et titrable. Nous en avons fait dans nos expériences un titrage fort simple par l’hématimètre, après vérification de la résistance globulaire. Nous avons pu ainsi arri- ver à une valeur exactement précise et invariable des valeurs alexi- ques que nous manions et nous la définissons ainsi : l’unité alexi- que est cette quantité fixe d’alexine qui hémolyse complètement une unité globulaire de ro millions de globules rouges de Mouton

(x) Ces quantités correspondent à des doses oscillant entre APCE et 1/100 de c.c. d’alexine pure.

(2) Dans ces conditions souvent les globules présentent un début d’ageluti- nation.

D8 RÉUNION BIOLOGIQUE DE MARSEILLE (6}.

A ee A AO AE CO D

normal en suspension dans 1,3 c.c. de solution de NaCl à 9. p. 1000 et qui, quels que soient les temps et l'excès de sérum hémolytique employé, est incapable d’hémolyser complètement une seconde dose égale de ces globules.

SUR UNE TECHNIQUE DE RÉACTION DE FIXATION DU COMPLÉMENT

DANS LA TUBERCULOSE,

par À. RANQUE et Ch. SENEZ.

Les petites unités alexiques nous ayant paru plus précises et plus fixes, nous les avons utilisées pour la recherche et le dosage des anticorps tuberculeux. Outre que cette réaction exige une par- ticulière sensibilité, qui ne fait que s’accroître par l'emploi de doses faibles de complément, la technique que nous utilisons permet de restreindre au minimum les quantités de sérum hu- main nécessaire, et c'est une chose primordiale pour que cette réaction puisse passer dans la pratique courante des laboratoires médicaux.

Pour réaliser cette réaction, nous mettons sérum décomplé-

_menté et antigène en présence d’une dose unique d’alexine qui correspond à 10 des unités que nous venons de définir. La valeur du complément baissant en une heure d'étuve de moitié de sa valeur, c’est en présence de 5 unités alexiques faibles que nous _opérons. La sensibilité ainsi obtenue est considérable. D'autre part, nous augmentons la valeur de ces 5 unités d’alexine en uti-

lisant concurremment des doses décroissantes du sérum à exa-

miner. Dans les cas fortement positifs, nous pouvons ainsi cons- tater et numérer des valeurs d’anticorps relativement très fortes.

Enfin, nous recherchons la fixation ou la non fixation de ces 5 unités alexiques en ajoutant successivement 5 unités globu-

laires hypersensibilisées (méthode des saturations). Les petites do-

ses de globules ainsi utilisées rendent la réaction très facile à lire, du fait qu'il ne s’agit à peu près à coup sûr que d'hémolyse com-

plète ou d’ hémolyse nulle ; les demi-hémolyses difficiles à évaluer

n “existent à peu près pas.

Le protocole d'une expérience est représenté dans 0 tableau

ci-dessous

« (7) | SÉANCE DU 20 DÉCEMBRE by

Tubes de sérum = Tubes témoins ae re n Tubes 1! 2 II [IT IV Ÿ VI Sérum 0,9 0,2 O,I 0,3 = Antioènc 0.6 o,6 0.6 == 0,6 Alexine (1) “OT O,1 O,1 O,1 O,I O,I Eau phys. = O,I 0,2. 0,6 0,9 0,9

Les 6 tubes sont laissés une heure à l’étuve, puis on ajoute dans chacun une unité globulaire hypersensibilisée, soit ro mil- lions de globules (sous le volume de 0,1 .c.c). Si dans tous les tubes de sérum les 5 unités alexiques restantes ont été fixées, l'hé- molyse ne se produira pas, alors qu'elle se produira en quelques minutes dans les trois tubes témoins. On n'ajoute une seconde unité globulaire dans tous les tubes que lorsque les trois tubes

témoins ont hémolysé. Dans les cas une partie seulement des unités alexiques auront été fixées, c’est après l’hémolyse de r ou plusieurs unités globulaires que se produira l'absence d'hémolyse.

Dans cette technique la comparaison entre les trois tubes té- moins renseigne à tout instant sur l’action fixatrice possible de l’antigène, sur le pouvoir anticomplémentaire du sérum et sur la valeur actuelle des 10 doses alexiques mises en jeu.

En général, dans nos expériences trois ou quatre saturations successives sont généralement lisibles et les résultats constatés et notés au fur et à mesure s'échelonnent entre les deux schémas.

extrêmes suivants

Frise HoHoHH bee . HE bell > Ho Ho Ho Ho Te Ie H5 Hs Tube III :.: Ho Ho He Ho Tube IL... AH HE

Le premier indique un sérum contenant au moins 12 unités d'anticorps pour 0,3 c.c., soit 4o par c.c.. Le deuxième indique une réaction complètement négative. Entre les deux réponses onze résultats progressifs peuvent s’échelonner.

En outre de la notable économie de sérum qu’elle procure, puis- qu'il suffit de 0,9 c.c. de sérum pour la pratiquer, cette technique permet une graduation excessivement sensible et nuancée entre les cas extrêmes ; elle élimine aussi à peu près complètement le facteur imprécis de l’appréciation des divers degrés d’ ETES celle-ci étant presque toujours complète ou nulle.

_ Enfin l’économie de sérum qu’elle procure permet l’emploi si- multané de plusieurs antigènes et l’utilisation concomitante d’un antigène syphilitique ; il est dès lors facile de se garder des cofi- xations que l’on peut observer avec les sérums de syphilitiques.

(1) Les 10 unités d’alexine doivent être ramenées au volume de 0,1 pour évi- ter un véhicule trop grand.

RÉUNION BIOLOGIQUE DE MARS

d COMPOSITION DU BUREAU POUR L'ANNÉE 1922 Fiac Président: Hi ADEzAS SES Te HAouVice Président AS CDERGE MAPAAULe nu î Secrétaire général : J. CoTTE. HE ME

& A TER 1 de k Fe $ REX

Trésorier : C. SENEZ. A PS Secrétaires des séances : J. Livox, E. PRINGAULT.

Imp. A DAVY et FILS AIne, 5

PRÉPARATIONS. COLLOÏDALES

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HEBDOMADAIRES DE LA SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE À 6 - Teen SEANCE DU 14 JANVIER 1922 SOMMAIRE :

Cesari(E.) et Levy-Bruuz (M.): JTE re ASE Se TN Ce TT Sur l’activité de divers extraits TeissiEr (P. : GASTINEL (net alcooliques d'organes pouvant Reizzy (J.): La transmission du être utilisés, en guise d’antigène, | virus herpétique au Rat blanc.. 75 dans le séro-diagnostic de la Teissier (P.), GASTINEL (P.) et EVIDION ER RS ER Re 65 | Rerczy (J.) : Présence d'un virus

Grôer (F. de) : Influence des kératogène dans les herpès symp- actions pharmacodynamiques sur . tomatiques. L'unité des herpès., 75 les dermoréactions inflammatoi- pe : ÿ ê Ne ur 62 Réunion roumaine de biolo;i:.

Levanrri (C.) et Nicorau (S-) : ATHANASIU (J.), MARINESCO (G.)

Ea vaccine cérébrale ....... ++ 77 |'et Vrapesco (R.): Sur la force Nicoras (E.) et Pawisser (L.) : dynamique et la force statique Action du formol sur les pro- des muscles chez les parkinso priétés du sérum hémolytique... 66 D Re ae Sr _ Rose (H.)et Bixer (L.) : Le : Daxrécopou (D.) et Carwior. pouvoir lipolytique du sang ct (A.) : Action cardiovasculaire de HORDE SES PER une cie ia ane 79 | l’ésérine chez l'Homme normal. 86 Rowœu (M ) : Sur l'apparition Daniécopozu (D.) et Carniou de l’hémoglobine dans les héma- (A.) : Action de l’ésérine chez les _ties des Invertébrés.. reresesse. 68 vagotoniques et les sympathico-

_ Romeu (M.): Sur I existence COQUE RE cet 88 d’une membrane cellulaire et sur Marinesco, Ranovicr et, Ras-

ses caractères dans les globules canu : La période latente et le rouges des Polychètes.......... 69 | phénomène de la sommation

SLonmsrt (P.) et ZwriBaum dans les réflexes d’automalisme (1-) : Sur quelques conditions de médullaire chez l'Homme..,... 90

la coloration vitale des Infusoi-

Biorocre. Comptes RENDUS. 1922. T. LXXXVI. | 5

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

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.

INFLUENCE DES ACTIONS PHARMACODYNAMIQUES SUR LES DERMO- RÉACTIONS INFLAMMATOIRES,

Note de François pE GRÜER, présentée par Ed. Pozsrsxr.

L'injection intradermique de différentes substances pharmaco- dynamiques provoque des réactions de trois catégories qui peu- vent être considérées comme éléments primitifs de toutes les der- moréactions fonctionnelles. Par l'injection d’adrénaline et de ses dérivés, ainsi que de pituitrine, nous obtenons la réaction de la vasoconstriction locale ; l'injection de caféine provoque la réac- tion locale de vasodilatation ; l'administration de toutes autres substances étrangères à l'organisme est suivie d’une réaction œdé- mateuse, ou d’urticaire local. Parmi les substances qui ont la pro- priété de provoquer des urticaires locaux après administration intradermique, la morphine, d'atropine, le pepione et les extraits - d'organes sont les plus efficaces.

Ces phénomènes servent de base à la méthode des dermoréac- tions pharmacodynamiques de Grôer-Hecht. Grâce à elle, nous pouvons, d’une part, étudier les changements conditionnels et constitutionnels de la réaction vasomotrice de la peau, d'autre part, nous pouvons l’appliquer pour provoquer des changements expérimentaux de l’état fonctionnel des vaisseaux dermiques, pour étudier leur influence sur le développement et le cours LS inflammations locales de la peau.

J’ai étudié donc avec mes collaborateurs, Progulski, Hescheles et Stuetz l'influence de la vasoconstriction, de la vasodilatation et de l’action lymphogène locale, évoquées en même temps et au même lieu que l'application de la substance phlogogène, sur le développement des réactions intradermiques à la tuberculine et à la toxine diphtérique, vu le différent mécanisme de ces deux types d’inflammation.

SÉANCE DU 14 JANVIER 63

Nos injections intradermiques ont été pratiquées dans des ré- gions symétriques de la peau du dos chez des enfants réagissant nettement à la tuberculine d'une part, et chez des enfants dé-. pourvus d'antitoxine normale, réagissant à la toxine diphtérique, d’autre part.

Influence de la vasoconstriction. Pour étudier l'influence de la vasoconstriction locale sur le développement de l’inflammation due à la tuberculine, nous diluions notre tuberculine brute dans une solution d’adrénaline ou de pituitrine de telle manière, que r c.c. de notre solution contenait o,o001 c.c. de tuberculine et de 0,2 à o,o7 c.c. de la solution d’adrénaline à 1 p. 1.000 ou de pi-

_tuitrine. Nous administrions 0,1 c.c. de cette solution par la voie

intradermique. La même quantité de tuberculine, diluée dans de

_ l’eau physiologique, injectée dans une région symétrique, nous _ servait de contrôle. Les réactions immédiates de la vasoconstric-

tion, dues à l’adrénaline ou à la pituitrine ont été toujours suffi- samment fortes, 24 et 48 heures après l'injection nous pouvions constater régulièrement, que les réactions au point d'injection de la tuberculine additionnée d’adrénaline ou de pituitrine étaient retardées et atténuées par rapport à la réaction de contrôle. L'in- tensité de cet effet dépend jusqu'à un certain point de la plus ou moins forte concentration de la substance vasoconstrictrice. Les effets obtenus avec de l’adrénaline sont comparativement plus nets que ceux que nous obtinmes à l’aide de la pituitrine.

Les résultats obtenus avec la toxine diphtérique dans des con- ditions analogues (1/50 de la dose mortelle minima + adrénaline) ont été opposés : l'addition d’adrénaline à la toxine diphtérique produit un effet accélérant et renforçant sur le développement de la réaction de Schick. Nous voyens donc que la vasoconstric- tion pharmacodynamique provoquée au point d'application de la substance phlogogène en même temps que cette dernière exerce une action atténuante sur l’inflimmation, causée par des substan-

ces secondairement toxiques du type de la tuberculine tan-

dis qu’elle renforce l’inflammation, causée par des produits pri- mairement toxiques du type de la toxine diphtérique.

Cette différence nous démontre le mécanismie différent de ces deux types de la pathogénie des processus inflammatoires, ainsi que l'importance du facteur secondaire, non seulement cellulaire, mais évidemment aussi humoral, pour la toxicité de la tuber- culine.

Les résultats de nos expériences sont opposés aux résultats de

Bouveyron, récemment présentés à la Société de biologie (x). Get

auteur insiste sur l’augmentation des réactions à la tuberculine sous l’influence de l’action simultanée de l’adrénaline. Je pense

(x) C. R. de la Soc. de biol., 1921.

G4 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

que cette différence provient de la technique de Bouveyron, qui administrait des doses d’adrénaline bien plus fortes (r. p. 2.000- 1 p. 4.000). De telles concentrations d’adrénaline sont capables de produire par elles-mêmes des symptômes d’inflammation cau- sés par des lésions vasculaires au lieu d'injection. Cette action de grandes doses d’adrénaline peut donc s'ajouter à l’action de la tu- berculine et donner l'apparence de l'augmentation spécifique des réactions dans les expériences de Bouveyron. re |

Influence de la vasodilatalion. Les mêmes expériences répé- tées en utilisant la caféine (1-2 p. 100), au lieu de substances va- soconstrictrices, nous ont démontré un léger renforcement de nos réactions à la tuberculine et une légère atténuation de nos réactions à la toxine diphtérique par vasodilatation locale. L'ac- tion de la vasodilatation sur les réactions inflammatoires est donc opposée à celle de la vasoconstriction. Les effets produits par la caféine sont en général moins nets.

Influence de l’urticaire local. Toutes les substances capables de provoquer dans la peau un urticaire local bien prononcé, in- jectées simultanément avec des produits phlogogènes exercent une action atténuante sur le développement des réactions inflam- matoires consécutives et peuvent même les supprimer totalement. Cette action atténuante est proportionnelle aux facultés lympho- gènes de ces substances. Il est facile à comprendre d'ailleurs pour- quoi l’addition de morphine ou de peptone, par exemple, à la tubereuline ou à la toxine diphtérique est capable d’atténuer leur action toxique. La substance toxique déposée en un point la sécrétion de la Iymphe est abondante sera sensiblement diluée. Comme l'évolution de l’œdème local apparaît quelque temps après l'injection, mais en tout cas avant que la période d'incubation ne soit terminée, il en résulte aussi une accélération de la Fos de la substance toxique.

Comme les extraits d'organes introduits par 1 voie intrader- mique sont, eux aussi, lymphogènes à peu près comme la pep- tone ; on comprend pourquoi Bouveyron pouvait constater l'action atténuante d'extraits d’ovaire sur la réaction à la tuberculine. Ce phénomène n’a rien‘de spécifique et peut être reproduit par ur extrait quelconque.

(Clinique pédiatrique de la Faculté de médecine de l'Université Jean Casimir, Léopol, Pologne).

x

SÉANCE DU 14 JANVIER 65 Re ER D RER Ne Er tn ee ns sn?

SUR L'ACTIVITÉ DE DIVERS EXTRAITS ALCOOLIQUES D'ORGANES POUVANT ÊTRE UTILISÉS, EN GUISE D'ANTIGÈNE, DANS LE SÉRODIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS,

par Ë. Cesarr et M. Levy-Bruur..

On utilise couramment aujourd’hui, aussi bien dans la réaction de Wassermann que dans celle de Sachs et Georgi, un extrait al- coolique d’organe, habituellement de cœur de Bœuf, à titre de soi-disant antigène. Le phénomène de coagulation révélé objec- tivement par la technique de Sachs et Georgi apparaît tardive- ment, mais il doit commencer à se manifester dès le début de la réaction. Il y a tout lieu de penser que la déviation du complé- ment, qui sert d'indicateur dans le procédé de Wassermann, est liée aussi à la floculation virtuelle du sérum des syphilitiques.

Nous avons recherché, parmi les organes de plusieurs espèces animales, ceux qui fournissent les extraits alcooliques les plus aptes à floculer en présence de sérum d'individus atteints de syphilis. Nos expériences ont été faites en suivant une technique calquée sur celle de Sachs et Georgi, à la différence près que les extraits étaient employés sans addition de cholestérine.

Les extraits alcooliques qui nous ont servi dans nos essais avaient été préparés à l’aide de tissus soumis à une cuisson prolongée dans l’eau en ébullition, puis desséchés et broyés, longuement épuisés par l’acétone et mis finalement à macérer pendant 24 heures dans cinq parties, en poids, d'alcool à 96°-100°. La liqueur recueillie par filtration était additionnée d’eau distillée pour mettre les li- poïdes en suspension ; la dilution, isotonisée avec une solution concentrée de NaCI, était ensuite étendue d’eau physiologique jus- qu'à obtention d’une émulsion opalescente, d’un titre diaphano- métrique déterminé par comparaison avec une émulsion étalon. À 1 c.c. d'émulsion, on ajoutait 0,25 c.c. de sérum de sujet syphi- litique ou de sérum humain normal. La lecture était faite après un séjour de 24 heures à l’étuve.

Dans ces conditions, nous avons observé des floeulations carac- téristiques en présence des émulsions préparées avec des extraits de foie, de cœur, de rein et de rate provenant du Cheval, du Bœuf, du Porc ou du Mouton. Les extraits de cœur et de foie se sont toujours montrés les plus actifs. Nous n'avons pas noté de diffé- rence appréciable à cet égard entre les extraits de Cheval, de __ Bcuf, de Porc et de Mouton. Les réactions positives ont été moins fréquentes avec les extraits de rein et, pour cet organe, les extraits de Porc et de Mouton se sont montrés plus actifs que ceux de Che- val et de Bœuf. Les extraits de rate n’ont manifesté qu'une très

66 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

faible activité, à peine marquée pour les organes de Cheval et de Porc, nulle pour ceux de Bœuf et de Mouton.

Dans les conditions de nos expériences, la floculation ne s’ob-

servait pas avec tous les sérums de syphilitiques. L’addition de cholestérine est indispensable pour amener la réaction de Sachs

et Georgi au mème degré de sensibilité que la réaction de Wasser-

mann, Nous n'avons jamais obtenu de floculation avec le sérum de sujets indemnes de syphilis.

(Laboratoire du M. Nicolle à l'Institut Pasteur).

r

ACTION DU FORMOL SUR LES PROPRIÉTÉS DU SÉRUM HÉMOLYTIQUE,

par E. Nicoras et L. Panisser.

À

Dans une récente communication (1), l’un de nous (E. Nicolas) a rapporté les expériences qui montrent que la gélification du sérum par le formol n’est pas une transformation spéciale au sérum humain syphilitique, comme veulent le prouver Gaté et Papacostas, mais qu'elle s’observe tout aussi bien avec le sérum normal des animaux de diverses : espèces domestiques. |

Gaté et Papacostas se sont demandés si, dans la gélification du sérum par le formol, le gel ne « captait pas les substances sus- ceptibles de fixer le complément dans la réaction de Wasser- mann ». Tous les essais qui ont été poursuivis dans ce sens n’ont pas fourni de réponse à cette question parce que l’hémolyse à toujours fait défaut même dans les tubes témoins ne contenant pas d’antigène.et les auteurs ont été portés à penser « qu'il fallait donc vraisemblablement incriminer l’action us du formol. Celle-ci est certaine, disent-ils, car, à petites doses, le formol empêche l’action du « couple complément de Cobaye-sé- rum hémolytique Lapin anti-Mouton » sur les hématies.

Les recherches que nous venons de poursuivre ne confirment pas les résultats annoncés par Gaté et Papacostas. Nous avons reconnu par plusieurs essais que le formol, lorsqu'il a été ajouté à du sérum hémolytique, est loin d'exercer une action empêchan- te aussi complète sur la manifestation des propriétés spécifiques de ce sérum. Nous allons faire connaître dans quelles ECS nous avons été amenés à faire ces constatations.

Le sérum ao était du sérum provenant d’un Cheval (et non d’un Lapin, comme à l'ordinaire) traité par des hématies

(1) C. R. de Ja Soc, de biol., séance du 3 janvier 1922.

[l

VIA 2

SÉANCE DU 14 JANVIER 65.

- de Mouton. Ce sérum était additionné de formol du commerce dans des proportions qui ont varié de 1 à 5o c.c. de formol p. 1000 de sérum. Le sérum formolé était mis en présence des hématies de Mouton dès l’addition du formol ou seulement après quelques heures de contact, soit à la température du laboratoire, soit à l’étuve. Au bout d’une heure de séjour à l’étuve du mélange hé- maties-sérum, on ajoutait de l’alexine de Cobaye et on observait lès résultats. Dans chaque essai, nous avons déterminé l’activité du sérum hémolytique et nous nous sommes maintenus à la li- mite de cette activité, de telle façon qu'avec la plus petite dose utilisée (généralement une goutte de sérum dilué au dixième), l’hémolyse était incomplète. Ajouté au sérum dans la proportion de 1 à 5o p. 1.000 en volume, le formol n'a jamais empêché l’ap- parition de l’hémolyse. À r, 2 ou 5 p. 1.000, le formol ne nous a paru exercer aucune action ; il n’est pas plus capable d’empèê- cher la réaction que de retarder son apparition ou de modérer ses effets. À des taux plus élevés, il arrive que l’hémolyse est moins complète avec un sérum formolé qu'avec un sérum non formolé, sans qu'il soit possible de dire si cette action inhibitrice, toujours légère, est constante et régulière.

Le formol dilué dans la solution physiologique aux mêmes taux que ceux auxquels il était ajouté au sérum s'est toujours montré . sans action sur les hématies dans les tubes témoins.

Nos résultats sont corroborés par ceux auxquels sont arrivés Armand Delille et Launoy qui, en ajoutant le formol même dans la proportion de ro p. 1.000 aux hématies l’autre élément du système hémolytique ont vu que la réaction n'était modifiée en rien. La formolisation du sérum hémolytique ne semble donc pas avoir plus d’inconvénient ni plus d'influence sur la réaction que la stabilisation des hématies par le formol, telle qu'elle est d'un usage courant dans les laboratoires depuis les recherches auxquelles nous avons fait allusion.

Il nous paraît aussi que nos résultats ont une autre portée, puis qu'ils prouvent que l’addition de formol, même dans une propor- tion capable de gélifier au bout d’un temps plus ou moins long (2 ou 3 jours ou plus) ne modifie pas certains anticorps que ce sérum peut renfermer.

(Ecole vétérinaire d’Alfort).

68 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

Sur : L'APPARITION DE L'HÉMOGLOBINE DANS LES HÉMATIES DES INVERTÉBRÉS,

par Marc Romreu.

L'apparition de l’hémoglobine dans les hématies des Verté- brés est un problème encore mal résolu. En ce qui concerne les Invertébrés, il ne me semble même pas avoir été ébauché.

Dans une note récente et d’un haut intérêt parue aux Comptes- Rendus, (1), Marcel Prenant a exposé les résultats obtenus par Jui sur les formes jeunes des globules rouges des Vertébrés en utilisant le réactif benzidine-eau oxygénée. Il a établi ainsi le rôle

essentiel joué par le noyau dans la formation de l’hémoglobine,

le chondriome jouant sans doute aussi un rôle dans cette pro-

duction. J'ai employé parallèlement les mêmes méthodes sur les héma-

ties de quelques Invertébrés et j'avais obtenu, avant la publica-

tion de sa note, des résultats presque superposables qui viennent confirmer le bien-fondé de ses observations en même temps que leur valeur générale. J’ai étudié spécialement à ce point de vue le; hématies des Glycériens et des Capitelliens. Les colorant par le réactif benzidine-eau oxygénée, je les ai vues se teindre en bleu

intense, celte coloration étant imputable à leur forte charge en

hémoglobine qui se comporte, on le sait, comme une peroxydase. Effectuant la réaction de façon ménagée, j'ai vu tout d’abord la membrane de l’hématie, puis les granules intérieurs, et enfin la totalité de l’hématie se colorer. Opérant sur des globules rouges de Notomastus benedeni et de Glycera tesselata ayant subi un dé- but d'hémolyse, j'ai vu le cytoplasme demeurer clair alors que le noyau se teignait fortement par le réactif. Contrairement à ceux des hématies, les noyaux des autres cellules, en particulier des

leucocytes restaient parfaitement incolores. La réaction positive

donnée par le noyau des hématies permet de supposr l'existence de l’hémoglobine dans ces noyaux, supposition confirmée par l’é- preuve du chauffage à ro0° qui n'empêche pas la coloration, confirmée aussi par la teinte jaune que présente le noyau au dé- but de l’hémolyse et sur des préparations fixées et non colorées, par la coloration verte que leur donne le bleu de méthylène qui colore en bleu franc tous les autres noyaux cellulaires. Je vois encore une preuve de l'existence d’une hémoglobine nucléaire dans le fait que le noyau reste invisible dans les annee des An-

nélides examinées sur le frais. Or, ces hématies presque toujours

® (à) M. Prenant. Sur ie de l’hémoglobine dans les hématies des Ver- tébrés. C. R. de lu Soc. de biol., t. 85, p. 912.

SÉANCE DU 14 JANVIER 69

ee très minces sont souvent réduites vers le centre à la seule épais- seur du noyau qui apparaîtrait en clair s’il n'était point coloré par le pigment respiratoire.

Pour toutes ces raisons, je pense que le noyau des hématies, chez les Invertébrés, contient de l’hémoglobine comme celui des érythroblastes des Mammifères. Cette seule constatation suffit pour admettre que ce pigment se forme aux dépens de la chro- matine, comme le pensait Macallum, qui le considérait comme le IEcultat de la chromatolyse et Bohn qui a classé ce pigment à

côté des corps puriques dans le groupe des dérivés azotés de la chromatine. Ces figures d’amitose que j'ai observées si souvent dans les globules rouges des Annélides ne sont-elles pas plutôt en rapport avec l’activité sécrétrice du noyau qu'avec un phénomène de multiplication cellulaire ?

_ La participation du chondriome à la sécrétion me paraît moins facile à prouver. J'ai vu cependant que les grains réfringents de l'hématie des Glycériens, qui donnent une réaction positive avec - la benzidine, se colorent par la méthode de Regaud. Il n’est pas certain que ces grains soient de nature mitochondriale. Kollmann les considère comme des produits. d'excrétion. La méthode de Regaud m'a permis de colorer en outre des grains très fins, plus gros et plus nombreux dans les hématies jeunes, et aussi des for- -mations fibrillaires et réticulées que j'aurai l'occasion d'étudier ailleurs. De la coloration des gros grains réfringents faut-il con- clure que certains au moins des éléments du chondriome peu- vent être chargés d'hémoglobine ?

Il résulte de ces constatations que le noyau des hématies, même adultes, chez les Invertébrés, est chargé d'hémoglobine. Le noyau semble donc jouer un rôle essentiel dans la production de ce pigment qui se formerait aux dépens de la chromatine comme l’avaient supposé plusieurs auteurs. Les phénomènes d'amitose que j'ai souvent observés dans ces hématies sont peut-être en relation avec l’activité sécrétrice spéciale de leurs noyaux.

(Laboratoire d'histologie de la Faculté de médecine).

SUR L'EXISTENCE D'UNE MEMBRANE CELLULAIRE ET SUR SES CARACTÈRES DANS LES GLOBULES ROUGES DES POLYCHÈTES,

par Marc Romru.

J'ai étudié, dans plusieurs notes antérieures (r), les caractères morphologiques et microchimiques des globules rouges dans les principales familles d'Annélides se rencontrent ces éléments.

(x) Voir C. R. de l'Acad. des sc. et C. R. de la Soc. de biol., 1921.

TO SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

Un des faits qui m'a le plus frappé dans cette étude, c’est l’exis- tence constante d’une membrane cellulaire. La présence de cette membrane, niée par Eisig dont l'opinion est d’ailleurs contre- dite par ses figures, me paraît indiscutable. Cette membrane d’enveloppe devient visible par l’action de réactifs divers sur les hématies: solutions salines concentrées, eau de mer acidifiée par l'acide acétique, solution de vert de méthyle. Son existence ne peut plus être mise en doute lorsqu'on étudie, comme je l’ai fait, les globules rouges sur des coupes fines. On se rend compte alors que la membrane n'est pas une simple apparence de figure myélinique à double contour, mais existe bien réellement. Sur le vivant, elle ne peut être aperçue tant que la cellule est dans son milieu vital, l’hémolymphe. Tout au plus peut-on soupçonner sa présence en constatant, comme je l’ai vu, que le contenu des globules rouges est fluide. Une pression sur la lamelle suffit pour déplacer les granules intérieurs et même le noyau. La chose est particulièrement visible dans l’hématie de la T'erebella lapi- daria, qui est bourrée de sphérules dont j'ai montré la nature graisseuse, sphérules se déplaçant dans un milieu.fluide riche en hémoglobine. Cette fluidité est prouvée aussi par l'observation du phénomène de l’hémolyse. On voit alors la cellule prendre peu à peu une forme sphérique et la pénétration de l’eau à son intérieur est accompagnée de vifs mouvements des sphérules graisseuses qui finissent par se tasser à l’un des pôles par suite de la pression intérieure. De telles constatations sont incompa- tibles avec une structure spongieuse du globule, de même que la cristallisation de l’hémoglobine à l’intérieur du globule obser- vée par Eisig chez un Capitellien. J’ai étudié les réactions colo- rantes la membrane globulaire. Je l'ai toujours vu présenter une réaction acidophile. Très réfringente avant toute coloration, elle se montre fortement éosinophile, se colorant en rouge bril- - lant par l’éosine. J'ai pu la colorer de même par l'orange, et j'ai vu, en employant la méthode de Prenant, qu’elle était nettement sidérophile. Par ces diverses réactions colorantes, elle semble se rapprocher de l’hémoblogine. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu'elle en soit chargée. Ce qui me le fait supposer, c’est ce que j'ai observé en pratiquant de façon ménagée la réaction de la benzi-. dine. J’ai vu la membrane globulaire se colorer tout d’abord et rester un instant seule colorée. S'il en était ainsi chez les Mam- mifères, celà permettrait peut-être de comprendre pourquoi la membrane de l’hématie altérée donne la réaction du bleu de Prusse dans les figures hémoglobiniques membraneuses et sphé- rulaires décrites par A. Prenant dans la rate du Cheval (x).

(1) À. Prenant. C.-R. de l'Assoe des anat.; 16° réunion, Paris 1921, p. 39-44.

-SÉANCE DU Î4 JANVIER TE -

La membrane, dans les hématies des Annélides, est homogène et continue. Elle ne présente pas de pores comme ceux dont Meves admet l'existence chez les Mammifères (1). Son épaisseur, chez Glycera tesselata, est voisine de 0,5. Les méthodes usuelles ne permettent pas d'y décéler de structure mais, par des métho- des spéciales, j'ai pu y reconnaître des formations particulières que je décrirai ailleurs.

L'existence d’une membrane globulaire dans l'hématie des Vertébrés est admise par de nombreux auteurs et non des moin- dres, mais elle n'est pas acceptée par tous. Meves l’admet chez les Mammifères, mais la nie chez les Batraciens. Son existence chez les Annélides offre donc un certain intérêt.

Je crois qu'il faut, au moins pour ces derniers, en revenir à l'ancienne opinion de Hewson et de Schwann considérant le globule rouge comme une vésicule formée d’une paroi semi-per- méable dont le contenu serait liquide et sans structure. Les cons- tatations que j'ai faites chez les Invertébrés me semblent venir appuyer les inductions et lés expériences des partisans de la théo- rie membrano-osmotique.

(Laboratoire d’histologie de la Faculté de médecine).

SUR QUELQUES CONDITIONS DE LA COLORATION VITALE | DES INFUSOIRES,

par P. Sconmskr et J. ZWEIBAUM.

Au cours d'expériences sur la coloration vitale des [nfusoires, - nous avons été amenés à préciser certaines conditions, peu ou pas connues, de la coloration, en particulier l'influence de la tempé- rature, de l'inanition (2), de l’état fonctionnel de la cellule, de la concentration du colorant, ete. Nous avons, d’autre part, étudié la coloration par des colorants basiques beaucoup moins étudiée que celle des colorants acides. On sait que l'effet de la coloration dépend de la nature du colorant (acidité, alcalinité, état colloïdal, etc.), ainsi que de la réaction spécifique de l’organisme. | _ Dans nos expériences, nous nous sommes arrêtés surtout sur quelques colorants (rouge neutre, brun Bismarck et bleu de to- luidine), appliqués à une seule cellule (Paramaecium caudalum). Nous avons également expérimenté le bleu Victoria, le bleu de Nil, la thionine et des colorants acides : bleu trypan, bleu à l’eau,

bleu pyrrol, d'isamine et carmin au lithium.

do Hayes. Archiv f. mikr. Anatomie, t, 77, 1917. - (:) Wallengren. Zeit. f. allg. Phys., 1902:

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

1

Le choix de notre travail a été déterminé par le fait que le ré- sultat de la coloration vitale chez les Protozoaires est plus clair, parce que l’on s'adresse à une cellule constituant dr in-

dépendant (1). : Parmi les nombreux problèmes qui se posent, nous n'avons envisagé, dans cette note, que les caractères généraux de la colo- ration (formation des granules), réservant l'étude de l’excrétion du colorant hors de la cellule (formation des « « exkretperlen » de Prowazek) pour une autre note.

Il résulte de nos recherches que le bre des cellules mises en expériences Joue un rôle important dans les caractères de la coloration. Ainsi, par exemple, 2774 individus dans ro c.c., c’est- à-dire 277 individus par c.c., de ie solution de rouge nov, à la concentration de m/480.000, meurent en général 2 jours après le commencement de l'expérience, sans excrétion du colorant sous : forme de perles de Prowazek, tandis que 31.622 individus, c’est-à- dire 3.162 par c.c., cæleris paribus, supportent très bien cette concentration (optimum comme nous avons pu le voir), et le troisième jour commencent à excréter le colorant. Nos expé- riences ont été faites avec un nombre de Protozoaires oscillant de 8.850 à 12.236 pour 15 c.c. de solution, c’est-à-dire de 59o à 815 par c.c. Dans chaque série d'expériences, nous avions à peu près le même nombre d'individus. L’effet de la coloration avec le rouge neutre est le suivant : à la concentration de m/120.000, la colo- ration du cytoplasme est, après 24 heures, presque complètement diffuse, tandis qu'à la concentration de m/240.000 on observe dans la cellule de nombreuses granulations et une tache claire, ovale ; complètement incolore au milieu de la cellule.

C’est le noyau avec une petite zone du protoplasme périnu- claire qui ne subissent jamais la coloration quels que soient les colorants employés (2 et 3). L'’intensité de la coloration varie avec la concentration du rouge neutre ainsi qu'avec la tempé- rature. Aïnsi à la concentration de m/480.000 on observe que, seules, les granules subissent la coloration tandis que la subs- tance intergranulaire reste complètement incolore. À la concen- tration de m/960.000 et m/1.920.000 il n’y a que les vacuoles nu- tritives qui soient colorées, tout le reste de la cellule est absolu- ment incolore. À la concentration de m/2/40.000 ainsi que m/A80.000, on observe dans l’endoplasme, déjà 24 heures sue la mise en expérience, des granulations de deux catégories : 1°, de

(x) Nierenstein. Pflügers Arch. , 1920.

(2) Provazek. Zeit. f. wiss. 2001. , 1898.

(3) Nous n'avons observé la coloration du noyau que de les individus affai. blis et proches de la mort (pendant le dessèchement de la goutte d’ eau):

(4) Baldwin. Biolog. bull., 1920.

SÉANCE DU 14 JANVIER 73

petites granulations colorées en rose trouble, ne réfractant pas la lumière ; 2°, des granulations grosses, colorées en rouge vif, réfractant fortement la lumière. Nous appellons les premières, les granulations À et les secondes, les granulations B. Les granula- tions À se trouvent disséminées dans tout l'endoplasme, particu- lièrement accumulées aux pôles de la cellule. Ce sont probable- ment des éléments préformés que l’on observe également chez les individus non colorés. Elles sont sans doute liées à l'échange matériel de la cellule et apparaissent en quantité minime chez les individus à l’état de jeûne. Les granules B sont beaucoup plus grandes et de diverses tailles. Elles se trouvent aussi dans tout l’'endoplasme, sans ordre et peuvent s’äccumuler aux pôles de la cellule. La quantité de ces granules, très faible quelques heures après la mise en train de l'expérience, augmente fortement dans la suite. On observe en même temps l'éclaircissement progressif du cytoplasme. Il s’agit du phénomène de l'excrétion de la cou- leur.

(Laboratoire d’histologie et d'embryologie de la Faculté de médecine de l'Université de Varsovie).

PRÉSENCE D'UN VIRUS KÉRATOGÈNE DANS LES HERPÈS SYMPTOMATIQUES. L'UNITÉ DES HERPÈS,

par P. Teissier, P. GAsTixez et J. Rerrzy.

La présence d’un virus kératogène dans les vésicules de l’her- . pès est définitivement démontrée par les expériences de Dôüerr, de Blanc et Caminopetros, ainsi que celles de Levaditi, Harvier et Nicolau qui ont établi sa parenté avec celui de lente léthargique. Ces auteurs ont surtout envisagé les faits concernant l'herpès génital et l’herpès récidivant. Il était à se demander si l’herpès dit symptomatique, survenant au cours de différentes infections, était de même nature et relevait d'un virus ayant les mêmes propriétés que celui de l’herpès spontané. Nous avons, à ce point de vue, étudié plusieurs malades offrant au cours de diverses déterminations infectieuses des efflorescences herpétiques sur Ya face. Dans tous ces cas, nous avons porté le virus sur la cornée du Lapin.

Voici les résultats obtenus a * Herpès au cours d’une méningite cérébro-spinale à Ménin- gocoques À. Poussées d'herpès au début de l'affection. Scari- fication de la cornée du Lapin et inoculation le 26 septembre

. LA

WP SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

*

le 27, opacité légère de la cornée. Kératoconjonctivite le 28 ; survie de l’animal.

° Herpès au cours d’une pneumonie danote aiguë. Inoculation le 56 décembre d’une vésicule labiale d’herpès apparue chez un pneumonique en période d'état. Kératite le 17. Mort de l'animal 122: | .. Herpès au cours d’une angine dinbiérique, Le 19 octobre,

vésicule d’herpès est inoculée à l’œil du Lapin. Kératite dès le 21. Mort de l'animal avec phénomènes encéphaliques le 28.

Herpès au cours d’un état grippal. Inoculation le 9 octo- bre. Kératite le 16. Mort de l’animal avec encéphalite et con- vulsions le 18.

Herpès au cours d’un ictère infectieux bénin (type catarrhal;. Le 13 novembre, inoculation à la cornée. Le 15, kératite. Phéno- mènes encéphaliques et mort le 21. c

Herpès au cours d’angine érythémateuse de nature non dé- finie. Inoculation le 25 octobre d’une vésicule d’herpès labial à la cornée du Lapin. Kératite très accusée dès le 27 octobre. Mort de l’animal le 30.

Herpès génital survenant chez un malade atteint de syphilis secondaire, cutanée et muqueuse. Inoculation à la cornée du La- pin le 25 D cb. Début de kératite le 29. Mort de l'animal avec encéphalite le 6 décembre.

Herpès au cours des oreillons. Inoculation le 31 décembre. Kératoconjonctivite le 2 janvier. Survie de l’animal.

Conformément aux conclusioas des recherches des auteurs précédents, il nous a été possible, en partant du cerveau du Lapin inoculé sur la cornée et ayant succombé à des phénomènes d’encé- phalite, de reproduire expérimentalement une nouvelle kératite de pâssage sur l'œil du Lapin ; d'autre part, les coupes histolo- giques ont montré la présence d'infiltrats périvasculaires dans la région mésocéphalique. Conformément aussi aux recherches antérieures, toute tentative de production de kératite chez le La- pin a échoué en inoculant le contenu des vésicules d’érythème polymorphe, de varicelle ou de zona.

Nous avons recherché si l’apparition d’herpès chez un malade au cours d’une infection était sous la dépendance ou non de l'existence préalable du virus kératogène salivaire : dans les 3 cas suivants il fut systématiquement recherché (herpès au cours d’un ictère infectieux, au cours d’une angine diphtérique, et enfin d’un état grippal) la salive ne contenait pas de virus. Il serait intéressant de délimiter le cadre des angines dites herpé- tiques par la mise en évidence du virus kératogène dans lexsu- dat amygdalien. Mais les conclusions sont soumises à caution du fait du virus salivaire qui peut être normalement trouvé. Dans :

SÉANCE DU ÎÆ JANVIER 79

un cas sur trois, l'exsudat amygdalien a reproduit une kératite très nette sans encéphalite, mais il est impossible d’affirmer si ce virus est la cause de l’angin® ou l'hôte de la salive.

En résumé, les faits rapportés montrent que toute eee tion entre les herpès dits spontanés et Les herpès dits sympto- matiques ne peut pas être maintenue à en juger par le même résultat des inoculations sur la cornée du Lapin. L'apparition des vésicules d’herpès au cours de différentes maladies infectieuses, devrait donc être considérée comme une véritable complication, c'est-à-dire comme un état morbide surajouté et relevant d’une autre cause, en l’espèce ce que l’on dénomme le virus herpétique.

Il resterait à déterminer pourquoi certaines infections, teiles la pneumonie et la méningite cérébre-spinale, s’accompagnent le plus souvent de manifestations herpétiques, contrairement à d’autres maladies, en particulier celles que l’on considère géné- ralement comme dues à un virus filtrant (scarlatine, variole, va- ricelle, etc.), dans lesquelles il est vraiment exceptionnel de no- ier la présence de vésicules herpétiques.

LA TRANSMISSION DU VIRUS HERPÉTIQUE AU RAT BLANC,

par P. Tessier, P. GasrTinez et J. Rerczy.

A notre connaissance, les auteurs ont considéré jusqu'ici le Rat blanc comme réfractaire au virus herpétique ; nous avons repris ces expériences et, contrairement aux recherches antérieures, il nous à paru que cet animal était susceptible d’être infecté par le virus herpétique d'origine humaine dirécte ou de provenance expérimentale ; soit de la cornée du Lapin, soit du mésocéphale de cet animal mort d’encéphalite.

Nous nous bornons à rapporter les protocoles suivants :

Transmission d’herpès d’origine humaine : a) Herpès la- bial spontané, inoculé le 25 novembre sur la eornée d'un Rat blanc ; le 29, kératite légère, pas de phénomène clinique ; l’ani- mal est trouvé mort le 6 décembre. Prélèvement du cerveau pour des passages ultérieurs ; b) Herpès labial au cours d’une pneu- -monie, inoculé le 16 décembre, kératite très légère, mais mort de l’animal le 22. : | 22 Transmission d’herpès d’ origine cexpérimentale : a) Un pré- lèvement. de la kératite d’un Lapin provenant de l’inoculation d'herpës humain est porté sur l’œil d'un Rat blanc le 30 octobre. Pas kératite apparente. Mort de l’animal le 7 novembre. Prélè- vement du:cerveau pour des passages ultérieurs ; b) Une émul-

76 - SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

sion du cerveau d’un Lapin mort d’encéphalite, suite de kératite herpétique, est inoculée sur la cornée d’un Lapin et sur celle d'un Rat blanc le 15 novembre. Le Lapin meurt le 23 novembre avec les lésions habituelles d’encéphalite. Le Rat blanc ne présente pas de kératite, mais il succombe le 22 novembre. Son cerveau est prélevé pour passages ultérieurs.

Présence du virus herpétique dans le cerveau du Rat blanc. Dans toutes nos expériences le Rat blanc succombait -aux ino- culations cornéennes d'herpès dans les délais ci-dessus mention-

nés, nous avons pu mettre en évidence le virus herpétique par

passage de ce virus en série chez le Lapin et reproduire, chez cet animal, la kératite spécifique.

a) Un prélèvement de kératite, déterminée chez le Lapin par l’inoculation d’herpès labial, est inoculé à un Rat blanc ; il meurt en 7 jours sans avoir présenté de kératite nette. Son cerveau est prélevé, émulsionné dans le sérum physiologique et une inocula- tion est faite, le 7 novembre, à la cornée du Lapin. Ce dernier présente une kératite le a novembre. Il meurt le 15 avec des phé- nomènes d’encéphalite ; le mésocéphale prélevé, émulsionné, est inoculé à nouveau le même jour sur la cornée d’un Lapin qui

présente une kératite le 18 novembre et meurt d'encéphalite le

23 novembre. b) Un prélèvement d’ eo de passage chez le Lapin est

inoculé sur la cornée d’un Rat blanc le 15 novembre ; cet animal

ne présente pas de kératite, mais il meurt le 22. Son cerveau émulsionné est porté sur la cornée du Lapin qui offre une kéra- tite le 24 novembre, mais l’animal survit.

Enfin, il est possible de transmettre en série le virus encépha- litique du Rat à un autre Rat blanc, par inoculation cornéenne. Ce nouvel animal, après kératite, meurt dans un délai plus ou

moins long avec malnetes des phénomènes de parésie du train :

postérieur.

Voies d'infection: nous avons obtenu l'infection du Rat blanc par l'inoculation cornéenne dans chacune de nos expériences, sauf dans un cas ; mais nous avons toujours échoué en essayant la voie péritonéale et la voie nerveuse périphérique, par injec- tion du virus dans le nerf sciatique. Nous n'avons pas étudié la voie intracérébrale ni la voie méningée.

è

En résumé, le Rat blanc est réceptif pour le virus herpétique : l'inoculation cornéenne détermine souvent une kératite, mais toujours légère et passagère, très différente de celle présentée par le Lapin. Cette kératite peut même manquer et cependant l'infec- tion des centres nerveux peut être réalisée : l'encéphalite du Rat blanc est bien déterminée par le virus herpétique ; elle est sus-

s

Mahé co:

SÉANCE DU 14 JANVIER 0 ceptible de reproduire une kératite chez le Lapin avec encépha- lite consécutive ; elle est également, et en série, réinoculable au Rat. L

LA VACCINE CÉRÉBRALE,

par C. Levaprrr et S. Nicorau.

Nous avons montré, dans une note présentée à l'Académie des Sciences (x) (7 novembre 1921), que le virus de la vaccine, devenu pathogène pour le Lapin en inoculation intracérébrale (Levaditi, Harvier et Nicolau) (2), pouvait être cultivé indéfiniment à l’état pur dans le cerveau de cette espèce animale. Nous apportons au- jourd'hui les constatations recueillies depuis notre dernière pu- blication.

L’inoculation intracérébrale faite en séries régulières pen- dant huit mois, a permis d'obtenir un virus vaccinal fixe, adapté au cerveau et comparable, au point de vue de sa virulence invariable, au virus rabique fixe. À l'heure qu'il est, nous som- mes à notre 108° passage de cerveau à cerveau. L’inoculation al- ternative de testicule au cerveau et inversement, indispensable au début, a été abandonnée depuis 4 mois, comme inutile. Ac- tuellement, il suffit de triturer avec de l’eau salée isotonique ut. petit fragment d’encéphale provenant d’un animal mort de vac- cine, cérébrale et d'inoculer l’émulsion (0,2 c.c.) dans le cerveau d'un Lapin neuf, pour lui conférer une vaccine mortelle.

Voici, pour cent inoculations cérébrales, faites en 4 séries pa- rallèles, le nombre de jours qui s'écoulent avant la mort de l’a- nimal :

FA ONCE EM DNS CE EE PA ORIEE PAR RP 2 Lapins DROLE AR INR Er A note > 1 Lapin SU SANS Re en ee Re 4 Lapins HER CSN FPE CE SR NN EE 25 Lapins EAN A Eee ARMES ... 25 Lapins CRAN AE ner NA re nn) 2z Lapins PR SE pe A NE ne ne ne ce 13 Lapins BE NS AU SE RO CR PS RS 4 Lapins Free idole AN ee RE Er 2 Lapins GRAS Re Pr nr En EPS AE TR tre laoin A ARS 2 Et Na Une to x Lapin

La courbe ci-contre rend compte de la mortalité des Lapins atteints de vaccine cérébrale.

(x) Levaditi et Nicolau. C. R. de l’Acad. des se., t. 173. DAOTO HOT (2) Levaditi, Harvier et Nicolau. C. R, de la Soc. de biol.; 16 juillet 1921, At85, po 9/40; À

BroLociE. COMPTES RENDUS. 1922, T. LXXXVI. ñ

18 -SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

.

Ces données montrent que la plupart des animaux ineculés

dans l’encéphale succombent du au jour (85, soit 85 p. 100),

avec un maximum entre le et le jour (77). Il est rare que la

vacciné cérébrale tue avant le jour (7 animaux, soit 7 p. 100), ou après le jour (8 animaux, soit 8 p. roo). Il est donc évident que notre virus, cultivé dans l’encéphale depuis le 6 mai 1921, a acquis une virulence d'une régularité frappante.

Malgré ces nombreux passages exclusivement cérébraux, le

germe vaccinal, tout en ayant acquis des affinités neurotropes constantes, n’a pas perdu son affinité pour les segments cornéen

et cutané de l’ectoderme, du moins chez le Lapin. En effet, quel

que soit le moment l’on éprouve sa virulence pour la peau

(inoculation directe, après épilage et rasage), on constate quil engendre la plus belle éruption de pustules cutanées. Ces pustu-

les ont cependant changé légèrement d'aspect : elles sont plus

A

- confluentes qu’au début, à centre ombiliqué et souvent hémor- ragiques. Plus encore, chez un animal dont on a épilé et rasé le flanc, l’inoculation &e la vaccine dans le cerveau détermine assez _ fréquemment une petite éruption cutanée à cet endroit.

Quant à l'injection intraveineuse du même virus, elle détermine

& RE TEE _ 3 ë Per < “ES

SÉANCE DU 14 JANVIER 79:

. constamment une vaccine cutanée généralisée, plus accusée au ni- veau de la peau simplement épilée. :

La vaccine cérébrale, inoculée au Singe, soit par scarifica- tion, soit après brülure de l’épiderme, provoque l'apparition de _vésico-pustules vaccinales après une incubation de 2 jours, (1) : ces vésico-pustules guérissent le 10° jour, laissant des cicatrices pigmentaires. Le Singe, de même que le Lapin, guéris de la vaccine cutanée provoquée par le virus cérébral, deviennent ré- fractaires à l'égard d'une inoculation ultérieure avec du virus vaccinal ordinaire (vaccine Fasquelle). Hors

Actuellement, après 108 passages encéphaliques, le virus. . cérébral (pulpe de cerveau additionnée de glycérine), inoculé à l'Homme (nouveaux-nés, enfants et adultes), détermine une vac- cine cutanée, sans aucune tendance à la généralisation. Nous re- viendrons ultérieurement sur la fréquence, les caractères et l'é- valution de cette vaccine humaine.

= LE POUVOIR LIPOLYTIQUE DU SANG ET DES TISSUS,

par H. Rocer et Léon BIKET.

Les graisses, qui pendant la période digestive pénètrent dans les chylifères, sont déversées par le canal thoracique dans la veine: sous-clavièré gauche et traversent, avant tout autre réseau ca- pillaire, celui du poumon. Cet organe en retient une assez forte “proportion, car le sang artériel renferme beaucoup moins de graisse que Îe sang du cœur droit. C’est ce que nous ayons cons- _taté (2) en opérant sur des Chiens qui avaient fait, 4 heures au- _paravant, un repas riche en matières grasses. Du sang était pré- levé simultanément à la fémorale et dans le cœur droit au moyen d’une sonde passée par la veine jugulaire externe. Les deux échantillons étaient immédiatement chauffés pour arrêter la lipo- Iÿse et les dosages étaient faits par la méthode de Kumagawa. Voici quelques chiffres qui confirment ceux que nous avons publiés précédemment. Les résultats sont rapportés à roo gr. de- sang frais. |

Sang du cœur droit _ Sang artériel « Différence IE DA 0,510 - 0,025 Il ORDER SE er Di 00 ee - 0,070 IIT 0,615 0,35 0,080 Moyenne . 0,526 0,468 0,058

(x) Levaditi et Nicolau. C. R. de l’Acad. des-sc.,-t: 175, p, 870, 192r. (2) Bull. de l’Acad. de médec., 4 octobre 1927.

80 SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

La graisse fixée dans le poumon disparaît peu à peu, la pro- portion en est fortement diminuée après un séjour de 18 heures à l’étuve. Comme il était facile de le prévoir, le pouvoir lipo- lytique constitue une propriété générale que possèdent tous les organes et tous les tissus, sans en excepter le sang, du moins le sang artériel. 7

Pour faire une étude comparative du pouvoir lipolytique, nous avons opéré sur des Chiens en pleine digestion. Les animaux étant tués par hémorragie, nous prélevons les différents organes et nous les broyons. Une portion est immédiatement chauffée à 100° pour arrêter toute fermentation ; une autre est conservée à 38° pendant 18 heures dans une solution saline contenant 1 p. 100 de fluorure de sodium qui évite ainsi toute putréfaction. Les dosages ont été faits par la méthode de Kumagawa et les ré- sultats obtenus ont été rapportés à 100 gr. de sang frais.

Quantité de graisse Perte p. 100 gr.

Initiale Robert dbertes de graisse Sanonartériel. er. : 0,429 0,309 0,116 27 Foie ...... NE NE 1e ie 2,07 1,46 - 1,0) hr Poumon nm 2,27 1,33 0,88 39 Ganglions mésentériques 12,39 8,1 4,9 34 Paneréas ee 5,7x- 3.9 1,87 31 Reins diner ini de 2 1,38 0,62 37 Rate EN RENÉE 4,43 3,68 0,75 17 Muscle es e 2,48 2,18 0,3 112 Cerveau diese ; 7,14 6,50 0,64 9

Ces chiffres montrent que le foie et le poumon possèdent le plus haut pouvoir lipolytique; puis viennent les ganglions lym- phatiques qui pendant la période digestive, regorgent de graisse ; les autres organes ont une action moins marquée. Mais il faut ajouter que nos chiffres n’ont pas une valeur absolue ; d'un ani- mal à l’autre on obtient d’assez grandes variations et les organes ne se rangent pas toujours dans le même ordre. Les résultats que nous donnons peuvent être cependant considérés comme des moyennes assez exactes . Fe

. RÉUNION ROUMAINE DE BIOLOGIE

SÉANCZ DU 3 NOVEMBRE 1921

SOMMAIRE

Araanasiu (J.), Marivesco (G.) - (A...) : Action de l’ésérine chez les et VLapesco (R.): Sur la force , vagotoniques et les sympathico- dynamique et la force statique LOMIQUES NE ds dE HO er des muscles chez les parkinso- Marinesco, Rapovicr et Ras- OR A ee eee rio eee à see 1 | cANU : La période latente et le

Daniécorozu (D.) et CaRNIOL phénomène de la sommation (A.) : Action cardiovasculaire de dans les réflexes d’automatisme l’ésérine chez l'Homme normal. 6 ! médullaire chez l’Homme..... TO

DaniécoPozu (D.) et CarNIoz

_ Présidence de M. P. Riegler, vice-président.

SUR LA FORCE DYNAMIQUE ET LA FORCE STATIQUE DES MUSCLES ; CHEZ LES PARKINSONIENS,

par J. Araanasru, G. Mariesco et R. VLApEsco.

Il existe dans la séméiologie du système nerveux une opinion admise par plusieurs auteurs (Dyleff, Dejerine, Lhermitte et Cornil) à savoir que la force statique des muscles, chez les par- kinsoniens, est plus grande que la force dynamique. Voici, en effet, comment s'expliquerait la question suivant Dejerine : « Dans des recherches faites sur des parkinsoniens de mon service, Mile Dyleff a montré (1909) qu'il existe une notable différence dans la force de ces malades, suivant qu'ils effectuent un travail dynamique ou statique. Lorsqu'un parkinsonien exécute un mou- vement volontaire pour déplacer un segment de membre, serrer la main, fléchir l’avant-bras sur le bras, lorsque, autrement dit, il effectue un travail « dynamique », la force musculaire paraît nettement affaiblie. Par contre, lorsqu'un segment de membre a été mis dans une position quelconque par le sujet, cette posi-

(x) Dejerine. Séméiologie du système nerveux, p. 540 (Maladie de Parkinson).

‘89 RÉUNION ROUMAINE DE BIOLOGIE (2)

tion, cette attitude, peut ètre maintenue fixe, travail stati-

que —, avec une force musculaire très grande. En d’autres termes, on peut dire que chez les sujets atteints de la maladig -de Parkinson, la contraction musculaire dynamique est affai- blie, tandis que la contraction Hisrune statique est conser- vée ». | :

Cette opinion a été admise par Tinel (1), qui envisage la « force -de résistance passive qui est très grande, et la force active contre résistance qui est très faible. Cette dissociation entre la force -de résistance passive et la force active contre résistance résulte -de l’hypotonie des antagonistes ».

Souques, au contraire, ne considère pas le contraste entre la -contraction dynamique et la contraction statique des muscles

comme appartenant exclusivement aux parkinsoniens, mais

-comme un phénomène normal.

Nous avons répété tout d'abord l'expérience de Mlle Dylcit ‘qui est la suivante :

a) L'expérimentateur appuie sa main sur le poignet du ma- ‘lade qui tient son bras tendu (fig. 1) et lui commande de fléchir ‘Vavant-bras sur le bras. Il apprécie dans ce cas la résistance

qu'il doit opposer à l’action du biceps brachial du malade exé-

-cutant la flexion.

b) Le malade fléchit l’avant-bras sur le bras (fig. 2) et l’expé- ‘rimentateur tire sur l'avant bras pour l’étendre. Il apprécie dans ‘ce cas l'effort qu'il doit déployer pour vaincre la résistance “opposée par le malade.

En comparant ces deux appréciations de résistance (1® cas) “et d'effort (2° cas), l’expérimentateur peut se convaincre faci-

lement que la force qu'il doit opposer dans le 1% cas (lavant-

bras tendu) est plus faible que celle de l’effort dans le second ‘Cas (l’avant-bras fléchi sur le bras). De là, on a conclu que la force du muscle du malade est inverse : plus faible dans le premier cas (ce que l’on a appelé force done et plus forte dans le ‘second cas (ce que l’on a appelé force statique).

Cette conclusion n'est pas fondée, car les différences trouvées ‘ne sont pas dues à la force intrinsèque du muscle, mais aux conditions mécaniques dans lesquelles il travaille. Cherchons, “en effet, ce qui se passe dans chacun des deux cas : . à) L’avant-bras tendu sur le bras (fig. 1). On voit facilement “que la force du muscle est dépensée en grande. partie dans l’ar-

(x) Tinel. Sÿndromes parkinsoniens par lésions en foyer du mésocéphale. ‘Revue de neurologie, 1920, 0. :

\ he à -:

(3) SÉANCE DU 3 NOVEMBRE 1921 83

ticulation du coude (la composante horizontale) et celle qui reste comme force effective (la composante perpendiculaire sur l’avant-

bras) sera d'autant plus petite que l'avant-bras sera bien tendu. b) L’avant-bras fléchi sur le bras (fig. 2). En décomposant

4

84 RÉUNION ROUMAINE DE BIOLOGIE (4)

EEE

aussi la force du muscle dont l'intensité est égale à celle du

premier cas, on voit même sur le parallélogramme des forces que la composante perpendiculaire, la seule active, est plus grande que dans le premier cas.

Mais la démonstration peut être faite aussi bien par le calcul que par l'expérience

c) L’avant-bras fléchi sur le bras (fig. 2). En décomposant aussi la force du muscle supposée constante (c’est-à-dire égale

x

à celle du cas précédent), on voit que la composante perpendi-

culaire sur l’avant-bras, la seule efficace, est plus grande que .

dans le premier cas.

L'expression qui donne la valeur de cette composante efficace est la suivante Aa = F x sina=F x sin (8 + y), dans laquelle :

Aa représente la composante active de la force musculaire, F représente la force musculaire,

4 représente l'angle formé par les directions du muscle et de l’avant-bras ;

B représente l’angle du bras et de l'avant bras, y représente l’angle du muscle et du bras.

Aa aura la valeur maxima lorsque a=$+y=9g0°, c'est-à-dire pour une valeur de Ê plus pote que 90°, soit 140° l'angle 6 dans la position de la fig. 1, et 40° dans la position de la jiée 2 (Le bras est supposé vertical dans tous les cas).

Admettons que BO=3 x AO et que la force musculaire ait la valeur constante de 5o kgr. Dans ces conditions, on trouve pour « les valeurs : à

Ed 10 eébpour AdUES valeurs.

a 50 x sin 34° = 5o x o0,55g = 27,95 kg. Ma) = 5o x sm/A6 =50o % 019 = 99,001:

Un poids de 5o kgr. qui s'opposerait à l’action musculaire aurait dans les deux positions les valeurs suivantes

(Go): = 5o x sin 140° = 50 x 0,643 32,19 kger.

(Go bo Sin or 60 00/02 00 ker.

Ce poids serait donc supérieur à la tâche musculaire dans la position 1 et inférieur dans la position 2. Les poids X, et X, qui équilibreraient cette tâche dans les deux positions peuvent d'ailleurs être calculés à l’aide des équations suivantes :

DO RO IST TO A X, = 43,5 kgr. 35,95 = X, x sin 4o° bo ker

( SÉANCE DU 3 NOVEMBRE 1921 85

Graphiquement, les variations des composantes efficaces de la force musculaire et du poids à soulever seraient ainsi repré-- sentées

“a

L

cute. Foteo musculane

DTS pue en)

86 RÉUNION ROUMAINE DE BIOLOGIE (6

ACTION CARDIOVASCULAIRE DE L'ÉSÉRINE CHEZ L'HOMME NORMAI, par D. DaxiéLoPozu et À. CaRNIoL.

L'ésérine est considérée comme une substance exclusivement vagotrope. En ce qui concerne le cœur, il est classique d'admet- tre que cette substance ralentit le rythme en excitant les termi- naisons du vague (Winterberg, Harnack, Loewi, Kaufmann, Traité de Pharmacologie de Gottlieb et Meyer). L'un de nous (x) a démontré que l’ésérine produit sur le ventricule battant auto- matiquement une certaine accélération du rythme idioventricu- laire et l’apparition d’extrasystoles, phénomènes qui ne peuvent être expliqués que par une action de l’ésérine sur le système moteur du cœur. =

Nous avons cru intéressant de rechercher l’action de one chez l'Homme normal (20 sujets). Nous avons choisi nos cas parmi ceux qui avaient un rythme autour de 70 et une tension autour de la moyenne normale et nous avons employé le salicy- late d’ésérine en injection intraveineuse. La dose de 0,5 produit la plupart du temps un ralentissement du rythme (de 66 à 54 de 68 à 58) qui apparaît assez tardivement et qui dure plusieurs heures. Le phénomène est accompagné, d'ordinaire, d’une hypo- tension tout aussi prolongée (de 11-7 à 9-6, de 13-6 à 11-6). Chez certains sujets cette dose ne produisait aucune modification, ou son action portait exclusivement sur le rythme ou sur la ten- siori. La dose de 0.75 mgr. produit généralement une accéléra- tion passagère du rythme (de 66 à 8o, de 752 à 90) suivie quel- ques fois d’une phase beaucoup plus tardive et plus prolongée de ralentissement. Souvent, avec cette dose, l'accélération est très fugace, consistant en de petites phases d’un rythme presque normal. Aussi pour surprendre l'accélération est-il nécessaire d'examiner continuellement le pouls. La phase de ralentissement peut manquer et le rythme revient à son taux initial : mais on n’est pas en droit de la nier si on n’a pas suivi l'expérience au moins deux heures. L’accélération est souvent accompagnée d’une hausse de la tension, surtout de la maxima, tandis que pendant la seconde phase il apparaît un certain degré d’hypo- tension. Mais l’action sur le pouls et la tension peut être disso- ciée dans les deux phases.

Avec les doses de 1,25 mer. et 1,5 mer. l'accélération et l’élé- vation de la tension artérielle sont e précoces, plus intenses et plus prolongées ; survient souvent ensuite une phase de ra-

(1) C. R. de la Soc. de biol., 19271, p. 536.

(1) SÉANCE DU 3 NOVEMBRE 1921 87

lentissement et d'hypotension artérielle. Cette dernière est plus tardive avec ces doses. Ajoutons que les sujets supportent sou- vent difficilement des quantités d’ésérine dépassant 1 mgr.

Ces recherches prouvent que l'ésérine est en réalité ampho- trope. Tout en admettant que son action prédominante porte sur le vague, avec de certaines doses et sur certains organes on note une action sympathicotrope qui, à un moment donné, peut prédominer et masquer l'excitation du vague. Nous distin- guons en effet dans l’action de l’ésérine deux phases : l'une, précoce el fugace sympathicotrope, l'autre, tardive et prolongée vagotrope. Les petites doses ne produisent que des effets vago- iropes. : | - 3

Dans les deux phases, on peut noter une action exclusive SUE le cœur ou sur les vaisseaux. Nous avons remarqué la même indépendance entre les effets cardiovasculaires et les phénomènes produits par l’ésérine du côté d'autres organes (vomissements, coliques,- hoquets, sueurs, etc.). Dans beaucoup de cas l'action sympathicotrope cardiovasculaire précède ces derniers phéno- mènes qui tiennent au vagotropisme de l’ésérine. Mais, d’autres fois, nous avons noté, en même temps, des fhichon ie sym- pathicotropes cardiovasculaires coïncidant avec des phénomènes, vagotropes du côté des autres organes, ce qui dénote que, même chez les sujets que nous considérons comme normaux, nous de- vons tenir compte d'un facteur local.

L'action sympathicotrope de l’ésérine ne doit pas nous empé-

_ cher d'employer cette substance chez les sympathicotoniques,

car cette action est très fugace et le malade peut bénéficier des “effets vagotropes qui sont beaucoup plus prolongés. Mais il est préférable de n’employer à la fois que de très petites LISE qui n'ont qu’une action vagotrope.

Notons en terminant, qu'il existe une certaine le dans les échantillons d’ésérine qu'on trouve dans le commerce et qui tient sans doute à l’altération de la substance.

{Deuxième clinique médicale de l'Université, Hôpital Filantropia).

88 RÉUNION ROUMAINE DE BIOLOGIE (8)

ACTION DE L'ÉSÉRINE CHEZ LES VAGOTONIQUES ET LES SYMPATHICOTONIQUES, :

par DANIÉLoPoLU et À. CARNIOL.

Les résultats obtenus chez l'Homme normal démontrant l’am- photropisme de l’ésérine, il nous a semblé intéressant de déter- miner la manière de réagir des vagotoniques et des sympathi- cotoniques à cette substance.

Vagotonie. Nous avons expérimenté sur cinq vagotoniques dont trois ictériques. La dose de 1 mgr., qui produit la plupart du temps chez l'Homme normal une accélération nette et une élévation de la tension artérielle, n’a presque aucune action sympathicotrope chez les vagotoniques. Le rythme a passé dans un cas de 56 à 64 ; dans un second de 62 à 70 ; dans le troisième il est resté à 54. La tension, loin d'augmenter, a baissé dans deux cas de 1 à 2 em. pour la maxima et de 1 em. pour la mi- nima. Avec la dose de 1,5 mgr. nous avons obtenu les deux phases sympathicotrope et vagotrope décrites chez l'Homme nor-

mal, mais la première est plus atténuée que normalement. Dans un cas le pouls a monté de 48 à 70, dans un autre de 45 à 60, dans un trosième de. 46 à 68, dans le quatrième de 62 à 74, dans le cinquième de 58 à 72. Dans les cinq observations, par conséquent, le pouls s’est accéléré, mais n’a pas dépassé le chiffre moyen normal. De même la tension ne s’est élevée pendant l’ac- célération que dans un seul cas, pour baisser pendant la phase vagotrope au-dessous du chiffre initial. Chez les quatre vagoto- niques, la tension est restée sur place ou n’a fait que diminuer. Mais nous avons remarqué que la phase vagotonique est aussi, en ce qui concerne le rythme, moins évidente chez les bradycar- diques que chez les normaux. Ce fait, à première vue paradoxal, se comprend aisément si l’on se cent compte que nos vagoto- niques étaient fortement bradycardiques, et que d'habitude la bradycardie vagotonique ne baisse pas, chez l'Homme, au-des- sous de 4o.

Nos vagotoniques ont présenté, en dehors des phénomènes cardiovasculaires, des troubles associés de nature vagotrope (nausées, vomissements, coliques, hoquets, sueurs), dont l'in- tensité n'a pas dépassé celle des phénomènes observés chez le sujet normal. Dans un cas ils ont fait presque défaut, même avec la dose de 1,5 mgr.

Sympathicotonie. Nous avons expérimenté l’ésérine ces une basedowienne fruste avec léger goître et tachycardie modé- rée et chez deux autres sympathicotoniques, dont l’un présentait

(9) SÉANCE DU 3 NOVEMBRE 1921 89

une lésion orificielle du cœur. Avec les mêmes doses l’action sympathicotrope a été plus prononcée que chez le sujet normal. Le rythme a monté de 100 à 126, de 84 à 126, de 80 à 112 et la tension de 11,5-10 à 16-12, de 10,5-7,5 à 14-10. Mais chez notre basédowienne 1 mgr. d'ésérine qui a accéléré le pouls de r00 à 126 n'a produit presque aucune élévation de la tension arté- rielle. Chez les sympathicotoniques aussi, la phase sympathico- trope est suivie d'une phase vagotrope prolongée. Dans le cas de Basédow, la dose de 0,5 mgr. n’a produit que des effets vago- tropes ; la tension a baissé et le rythme s'est ralenti de 104 à 78.

Les phénomènes associés vagotropes (vomissements, sueurs, etc.) ont été, dans un cas, tout aussi intenses que chez l'Homme normal, mais dans deux autres beaucoup plus forts.

Ces recherches ne font que confirmer l’amphotropisme de l'ésérine. Les deux actions dépendent du tonus respectif du vague et du sympathique. Ne parlant que des phénomènes cardiovas- culaires, l’action sympathicotrope est diminuée chez les vago- toniques, exagérée chez les sympathicotoniques. Mais le phéno- mène n'est pas général et varie selon l’organe que nous exami- nons. Ainsi dans notre cas de Basédow l’action sympathicotrope sur le cœur a été très intense, tandis que la tension est restée sur place. Chez un autre sympathicotonique, l’action cardiovas- culaire sympathicotrope a été des plus fortes, mais a coïncidé avec des phénomènes gastro-intestinaux très intenses dénotant une action vagotrope des plus prononcées sur les organes cor- respondants. Chez un vagotonique, l’action sympathicotrope sur le cœur a complètement manqué, la tension artérielle a baissé, fait à une hypertonie du vague, mais le sujet n'a présenté aucun des phénomènes habituels gastro-intestinaux.

Tous ces faits démontrent d’une manière évidente que les syndromes dénommés vagotonie et sympathicotonie ne répon- dent pas à un phénomène général portant sur tous les organes. Nous devons admettre l’idée de la vagotonie et de la sympathi- cotonie locale, modifiant dans un sens ou dans l’autre l’équi- libre des deux systèmes antagonistes. Beaucoup de cas, que nous “appelons communément vagotonie et sympathicotonie, répon- dent en réalité à un état d'hypertonie de tout le système végétatif, qui prédomine dans un organe sur le sympathique; dans l’autre sur le parasympathique:

(Deuxième clinique médicale de l'Université, Hôpital Filantropia).

90 RÉUNION ROUMAINE DE BIOLOGIE (10)

LA PÉRIODE LATENTE ET LE PHÉNOMÈNE DE LA SOMMATION DANS LES RÉFLEXES D'AUTOMATISME MÉDULLAIRE CHEZ L'HOMME,

par MariNesco, Rapovicr et Rascanu.

Nous avons étudié la période latente et le phénomène de la sommation dans les réflexes d’automastisme médullaire chez cinq malades, un tétraplégique par écrasement de la moelle dans la région cervicale, une hémiplésique à syndrome asie un adieu et deux hémiplégiques.

On sait, depuis les expériences de Setschenov (1868), qu'une. excitation isolée, quelle que soit son intensité, appliquée sur un nerf sensitif, ne peut pas produire un réflexe ; en la répétant plu- _sieurs fois, on peut obtenir ce réflexe. Dans la pratique clinique eo . la production des réflexes cutanés et des réflexes d’automatisme médullaire par l'excitation mécanique avec l’ai- guille, par le pincement de la peau ou par d’autres manœuvres mécaniques, n'est autre chose que la répétition successive de la même excitation sur une série de terminaisons nerveuses vai- _sines. Nous avons l'impression d'exécuter une seule excitation, mais, en réalité, il s’agit d’une série d’excitations qui se répètent _et qui, lorsque leur nombre est suffisant, font apparaître le mou- vement réflexe. . NOTE pour cette raison que, dans toutes nos expériences, on. avons utilisé comme excitant le choc d’induction appliqué sur la peau. De cette manière, nous avons pu étudier aussi bien la pé- riode latente que le phénomène de la sommation avec ses trois composantes : l'intensité, le nombre, et la fréquence des excita= tions. Strohl, dans son étude sur les réflexes (x), a utilisé aussi le” courant d'induction, mais enr pour apprécie l'intensité liminaire. :

- La période latente des réflexes, que nous avons étudiée avec soin, présente de grandes variations d’un réflexe à l’autre. Ainsi, dans la tétraplégie, elle varie, dans la Le. de la main, deo,r2 à 1,65; à la face dorsale du pied de 0”07 à 0 ‘4. Dans l'hémiplégie à syndrome thalamique, on trouve, à la . dorsale de la a 0705 à o’18.et,-à la face dorsale du pied gauche, ‘0 07-A;0 #9. Nous trouvons de petites valeurs o’’e7 qui se rapprochent de - la moyenne (0”04), trouvée par certains physiologistes (Waller, Sherrington, etc.), pour les réflexes tendineux. Mais, Piéron (2) et d’autres expérimentateurs ont trouvé aussi pour ces réflexes

(x) Strohl. Thèse, Paris, 1913. () H. Piéron. Journal de phys. et de path: gén., +, rg2r.

(14) SÉANCE DU 3 NOVEMBRE 1921 -94

une grande variation, de 0’04-0'4o de la période latente. Nous voyons donc, d'une part, que la période latente ne constitue pas un caractère distinctif entre les réflexes tendineux, les réflexes cutanés et d’automatisme médullaire, et d’autre part, que Ja briéveté de la latence ne peut pas être invoquée contre la nature réflexe des contractions musculaires dans les réflexes tendineux. On comprend cette variation de la période latente dans toutes les sortes de réflexes, si l’on tient compte du fait que l’influx ner- veux doit traverser des portions variables du névraxe et qu'il passe par plusieurs neurones.

Dans le fonctionnement des centres nerveux, le phénomène de la sommation est un fait essentiel, es a à peine en- trevu ce phénomène dans ses expériences ; mais L. et M. Lapic- que l'ont étudié complètement au cours de leurs expériences sur des animaux (1). Nous avons, dans nos études sur la sommation dans les réflexes d’automatisme, porté toute notre attention sur les trois variables : l’intensité, le nombre et la fréquence des ex- citations. Le résultat de nos recherches confirme en tous points les lois. établies par L. et M. Lapicque. En effet, nous trouvons

_ que l'intensité diminue en rapport inverse avec la fréquence, _ alors que le nombre des excitations sommées varie toujours en rapport direct avec la fréquence. Ainsi, dans l’hémiplégie à syn- drome thalamique, nous trouvons, à la face dorsale de la main gauche : intensité = division du chariot ; nombre d'’excita-

tions = 5 rr ; fréquence = 122 142 par seconde. À la face - dorsale du pied gauche: intensité = division du chariot ; nombré d’excitations = 6 ; fréquence 76-par seconde. Dans

la tétraplégie, à la face dorsale du pied, on trouve : intensité = division du chariot ; nombre d’éxcitations 30 ; fréquence D par seconde. L Loue.

Il semble résulter de nos recherches que la sommation cons- titue une différence physiologique entre les réflexes cutanés et d'automatisme et les réflexes tendineux. En effet, dans le réflexe patellaire, par exemple, chaque choc du marteau percuteur (pour- vu qu'il ait l'intensité liminaire nécessaire) est capable de pro- duire le mouvement réflexe d'extension de la jambe. Mais, nous ne connaissons aucun moyen pour provoquer un réflexe tendi- neux par la sommation de plusieurs excitations répétées d’inten- sité inférieure au seuil trouvé ; 10, 20 percussions tendineuses ‘_ d'intensité sous-liminales ne pourront jamais, par sommation,

déclencher un réflexe tendineux.

Nos recherches démontrent aussi que la période latente et les éléments de la sommation (intensité, fréquence et nombre) aug- -

niet ee

(r) L: et M. Lapicque. C'-R! de“lu Soc. de biol., LXXIT, 83r, 1912. .

92 RÉUNION ROUMAINE DE BIOLOGIE -(42)

mentent avec la répétition du réflexe. Après quelques répétitions

(2 ou 3), il arrive un moment les excitations, même très fortes, très fréquentes et très nombreuses, ne peuvent plus déclencher un mouvement réflexe si elles ne sont pas précédées d’un délai de 15-20 minutes de repos: Ce fait peut s'expliquer par l’épui- - sement rapide, consécutif à l'insuffisance de l'oxygène dont les centres nerveux ne peuvent être privés à aucun moment de leur activité. En effet, Verworn (1) et ses élèves ont montré que l'é- puisement des cellules nerveuses en état d'activité est avant tout une asphyxie, c'est-à-dire une paralysie par suite de la consom- mation de la réserve d'oxygène. Donc, chez nos malades, l’aug- mentation de la période latente et de la sommation jusqu'à la disparition des réflexes peut être un phénomène d’épuisement rapide des centres respectifs, déterminé par les troubles cireu- latoires et la lenteur des échanges gazeux dans ces centres ; sur- tout chez le tétraplégique. On pourrait encore expliquer cette augmentation de la période latente et de la sommation par une perturbation dans la. fonction dynamogénique des centres mé- dullaires à la suite de la lésion des connexions encéphalo-médul- laires ; alors la période réfractaire des neurones médullaires et consécutivement la période latente et la sommation des réflexes deviennent de plus en plus prolongées après chaque déclenche- ment de la réaction motrice.

En ce qui concerne la forme graphique des étleree obtenue par l'inscription de la contraction réflexe des muscles nous avons constaté des contractions soutenues sous la forme de tétanos complet ou dissocié avec une durée qui varie de 2-5 secondes en rapport avec la répétition du réflexe. |

(x) Verworn. Zeitschr. f. allg. physiologie, 1906.

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